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10 décembre 2007

Zoltan (3) la nuit étoilée

 

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Mes retrouvailles avec Zoltan (1ère partie)

Mes retrouvailles avec Zoltan (2ème partie)

Zoltan n'habitait pas très loin des bains Széchényi, où nous nous étions rétrouvés. Nous sommes d'abord passés rapidement dans son petit appartement, étriqué, au mobilier désuet et râpé, qui en disait long sur sa condition, tout comme ses chemisettes, souvent élimées et passées de mode. Zoli, il est professeur de collège où il enseigne le hongrois. Il gagne 340 euros net par mois. Les charges fixes de son logement (eau, gaz, électricité) lui reviennent à 140 euros, le remboursement de son crédit immobilier (il en a encore pour 6 ans) lui coûte 90 euros par mois. Il lui reste donc 110 euros pour vivre chaque mois, et dans vivre, il y a d'abord se nourrir. S'amuser passe forcément en dernier. Il y a dix ans encore, une ou deux fois par semaine, il pouvait s'offrir un resto. Les restos, c'est maintenant dans la zone rouge. Le coût de la vie y atteint des sommets, comparables à ceux que nous connaissons en France. Comment fait-il, comment font-ils, c'est une énigme. Seuls les prix des légumes, sur le marché, restent abordables. Et encore cette année, avec les chaleurs caniculaires et la sècheresse de l'été, ils ont été "csunya et dràga" (laids et chers), comme dit ma belle-mère.

dc3a7b6360cd98fbd34250d3cfa5dd16.jpgPourtant, lors de notre dîner de la fois précédente, il avait tenu à payer la moitié de la facture. J'avais eu beau insister, je n'avais rien pu faire. Question de fierté, d'honneur, forcément mal placé mais tellement compréhensible. Ne pas laisser penser que son intérêt pour moi pouvait être vénal. Ne pas laisser apparaître que sa pauvreté était à ce point structurante dans sa vie. Dissimuler sa honte, ou mieux, y échapper quelques instants, profiter jusqu'au bout sans altération du moment où nous étions ensemble. Sa fierté était sa dignité. Le hasard faisait que mon livre de vacance me plongeait dans l'Autriche de l'entre-deux guerres (L'ivresse de la métamorphose, de Stephen Zweig). J'y voyais le même itinéraire d'individus ordinaires et attachants, intelligents, qualifiés à un titre ou à un autre, passer de la condition modeste à une condition misérable, happés par la guerre et l'après-guerre. Dans son cas, avalé par la mondialisation libérale. La même histoire à vomir où à coté de cela des fortunes colossales se gonflent et se regorgent de cette misère humaine. Fortunes repues, qu'il faudrait encore d'avantage épargner, exonérer d'impôts, pour qu'elles ne désertent pas chez le voisin !

La plupart de nos amis hongrois ont vu décliner sérieusement leur niveau de vie. Quelques uns tirent leur épingle du 148248356df4fcefb59cd6673d8619cb.jpgjeu : des sociétés occidentales sont venus leur proposer des emplois dans des call-center, ou des centrales de management. La délocalisation leur apporte à eux un maigre sursis : ils peuvent encore se considérer comme relevant des classes moyennes, prévoir des vacances dans des pays voisins et sortir au resto de temps en temps. Pour combien de temps ? Et je ne parle pas des Gitans, du reste personne n'en parle : ils sont 11 % de la population, mais sont les pestiférés de la société. Le seul sujet de conversation qui pourrait te fâcher avec un Hongrois. Eux, ils ont été les premiers touchés. Dés la fin des usines d'Etat, de l'industrie lourde, ils se sont retrouvés sans rien. Certains villages comptent des taux de chômage de 80 %. Evidemment, t'imagines les problèmes qui vont avec, criminalité comprise. Alors, d'une situation d'intégration où la Hongrie faisait figure d'exemple, ils sont repassés dans le camp des boucs-émissaires, la racaille, leur racaille. Je te dis pas, au plan idéologique, les ravages que ça fait.

Mais avec Zoli, ce n'est pas de pauvreté dont on a parlé. Nous étions tout à nous-même. Après dîner, nous nous sommes retrouvés dans mon appartement vide et avons repris nos ébats. Sans crainte des regards, dans la liberté de l'espace, de la nudité. Nous étions étendus sur le lit, il a parcouru mon corps de courts baisers, de petits coups de langue. Il a embrassé les trois petites cicatrices repérées sur mes genoux ou mon abdomen, comme pour dire que c'est dans mon entièreté qu'il me prenait. C'est bizarre avec Zoli, tout passe par les extrémités, les bouts de doigts, les bouts de langues, les bouts de lèvres. Puis par moments, de grands mouvements d'enveloppement. J'ai aimé me plonger dans ses épaules, dans la rondeur de ses articulations. J'ai aimé sentir plus que ses frémissements, ses soubresauts sous certaines de mes caresses. Ce sont des moments qui auraient pu durer 651ac769ef59705efc41f1a0f1f79ca0.jpgdes siècles, et c'est étrange, mais j'ai pensé aux femmes, à cause de cette façon d'appréhender l'amour, dans la langueur et le toucher. Et c'est sans empressement, au moment où cela allait de soi, que nos sexes, l'un contre l'autre, saisis ensemble tour à tour dans mes mains, puis dans ses mains, ont joui, abondamment, l'un après l'autre. Zoli a regretté de ne pas avoir pu jouir en même temps que moi, s'en est voulu d'être resté trop concentré sur moi, je lui ai dit des mots doux, puis nous nous sommes endormis. Nous avons passés la nuit emboîtés littéralement l'un dans l'autre, nos mouvements se répondaient, ce fut notre tango à Budapest.

Au petit matin, Zoli avait une pensée triste dans la tête. Il m'a dit vouloir m'attendre, nous nous sommes bien revus douze ans après, la troisième fois serait peut-être la bonne ? Je lui ai dit qu'il avait tort, qu'il n'y avait pas d'espoir dans l'attente, que je voulais que la beauté de notre relation lui redonne la force de croire en la possibilité de l'amour et de la rencontre.

Lors de notre petit-déjeuner d'adieu deux ou trois jours plus tard, il avait retrouvé de la sérénité. Il m'a dit qu'il saurait puiser de la force et du courage dans notre aventure. Au moment de nous quitter, alors que je lui remettais une petite boîte de chocolats nommés "love", comme on offre des Mon-chéris, il m'a dit avoir réfléchi à ce qu'il pouvait m'offrir de très personnel. Et m'a remis son pendentif en or, marqué de son nom, Zoltan. J'ai pris longuement sa main et l'ai portée à mon visage, et je m'y suis frotté sans pouvoir le regarder. Avais-je honte ?

11e75f3fd5a0ffab990e7dc7cb3ca8dc.jpgAujourd'hui, l'écrin est près de mois, à portée de main, dans le premier tiroir de mon bureau...

03 décembre 2007

Zoltan (2) avant la nuit

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(mes retrouvailles avec Zoli, 1ère partie

Quelques jours après ma rencontre inattendue avec Zoli, nous avions donc convenu de nous retrouver. C'était un après-midi d'août, vers quinze heure. même strand, même terrasse. J'aurais sans doute du mal à entrer dans les détails, tant les choses se sont déroulées avec subtilité. Ce que je peux dire, c'est que nous avons passé plus de sept heures ensemble, sans nous quitter des yeux, des doigts, des lèvres, de la peau.

Nous sommes restés étendus sur la terrasse du Palatinus, à nous caresser, à explorer nos corps par effleurements, à nous blottir dans les creux l'un de l'autre. Il m'a regardé nager, m'a trouvé beau, me l'a dit, nous nous sommes attardés dans le bassin d'eau thermale et avons parlé. Avec des mots lentement saccadés, attentif à ce que je les bc226a0e932e09319a013392b97a5a21.jpgcomprenne, il m'a dit qu'il retrouvait mon corps tel qu'il l'avait laissé il y a douze ans. Nous nous sommes douchés ensemble, avons prolongé nos caresses, mais sans réussir à nous abstraire du monde environnant, nous n'avons pas joui, mais ne le souhaitions pas vraiment. Ne pas jouir pour rester ensemble encore un peu...

Nous sommes allés ensuite au restaurant, il m'a parlé de lui, m'a dit avoir peu d'amis, surtout un, son confident, Norbi. Par recoupement de récits, il est apparu que, il y a de cela trois ans, celui-ci a eu une liaison avec un Hongrois naturalisé français et vivant près de Paris, qui s'avérait être... mon mec - petit témoignage sans conséquence des excursions extra-conjugales que nous nous autorisons tacitement dans le principe sans jamais nous en parler dans le concret (mais que le monde est minuscule quand-même !)... Ca a créé un trouble, un temps, sa maladresse l'a gêné, il m'a fallu le rassurer, lui toucher la main, je lui ai proposé de nous retrouver le samedi soir suivant, mon ami resterait dans le village de sa tante, nous pourrions passer la nuit à la maison, il m'a dit sa peur de me voir m'installer trop profondément dans son cœur, je lui ai dit le comprendre, il a malgré tout accepté de prévoir cette nuit avec moi.

6a097a8f0cb800d654d246d2b6697215.jpgIl faisait nuit déjà depuis longtemps, nous avons marché un moment dans des rues calmes, sans pouvoir nous lâcher, plus le moment approchait où je devais rentrer, moins nous pouvions nous éloigner. Nous cherchions des coins obscurs, pour nous toucher avec violence, empoigner nos bites sous nos vêtements, nous rouler des pèles phénoménales, et puis une voiture ou un passant venait à nous séparer. Finalement, nous sommes partis chacun de notre coté, dans les deux directions opposées du même tram.

avant la nuit

Cette nuit aurait donc lieu. Nous nous retrouverions le samedi suivant dans les majestueux bains Széchényi. Retenu chez lui par des travaux de plomberie, il ne pourrait pas m'y rejoindre avant 17h. Je l'attendrais, il serait en retard. Il y aurait beaucoup de monde ce jour-là, beaucoup de jeunes Français, notamment, plutôt expansifs, avec des shorts de bain jusqu'au genoux, venus à Budapest profiter du festival Sziget et faire un peu de tourisme. Je craindrais de ne pas le retrouver au milieu de cette foule. En même temps que je guetterais l'entrée, je scruterais chaque visage dans le grand bassin à 37 degrés. Un moment, je m'arrêterais sur les traits fins d'un jeune garçon brun, à la barbe naissante, de longs cheveux noués en queue de cheval. Me voyant, celui-ci détournerait le regard, puis se remettrait plusieurs fois à vérifier si je le regardais encore, chaque fois plus longtemps, au point que c'est moi qui me mettrais à me détourner.

Ce pocker-menteur allait durer de longues minutes, à plusieurs reprises très explicite. Il serait manifestement heureux d'être regardé. J'arrêterais ce jeu pour me concentrer à nouveau totalement sur l'attente de Zoli. Puis je verrais mon beau brun, 25 ans à peine, sortir de l'eau en compagnie d'une fille, visiblement sa meuf. Et je me verrais, moi, à son âge, et lui souhaiterais secrètement d'avoir plus vite du courage et de la confiance que je n'en ai eu moi-même... Zoli finalement arriverait à près de 18h. La séquence avec lui durerait jusqu'à 9h le lendemain matin.


Nous allions d'abord ensemble essayer tous les bassins, de toutes les températures, passant de l'un à l'autre au gré de93e307539df5f0da645df964cd5b3c24.jpg nos envies, nous caressant discrètement sous l'eau, nous embrassant furtivement dans quelque recoin. Nos corps éprouveraient le plaisir de la relaxation, mais notre esprit serait entièrement tendu l'un vers l'autre. Quand au milieu du monde, j'oserais un geste un peu trop explicite, je verrais son regard craintif scruter si nous étions observés. Quel temps allions-nous passer à parler dans l'eau, lui et moi ? C'en est presque la marque de fabrique de notre relation. On aurait d'abord parlé d'amour, du cœur que je lui brisais, de sa crainte devant cette nuit promise, de son indécision : allait-elle lui être finalement plus douloureuse que d'y renoncer ? On déciderait de se donner du temps, nous pourrions encore parler, dîner, et puis nous serions libres, de toute façon, des limites que nous voudrions mettre.

Dans une cabine de douche fermée, nos attouchements pourraient prendre un tour plus intime, nous resterions longtemps à nous embrasser, nos sexes libérés se gonfleraient, se redresseraient, nous prendrions goût l'un après l'autre, à les embrasser du bout des lèvres, à les laisser pénétrer avec lenteur dans notre bouche, à en jouer de la langue tandis que de nos mains nous nous masserions les jambes et les fesses. Je ne saurais pas combien de temps nous allions rester ainsi dans l'exiguïté de la cabine, mais en sortant, la nuit serait presque tombée, et les couleurs de ce crépuscules sur le grand bassin extérieur nous émeuvraient.

Bientôt, je livrerai ici la suite de ces retrouvailles : Zoltan (3), la nuit étoilée

30 novembre 2007

Zoltan (1) l'amant romantique

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Comment j'ai retrouvé Zoltan, un de mes premiers amants...

Dans mes étés à Budapest, il y a toujours une part de pélerinage. 2007 n'a pas dérogé, ça a même été l'occasion d'une plongée troublante dans des souvenirs sensibles, liés à un certain art de vivre, et à une libération sexuelle. Un jour d'août, j'ai ainsi été rattrapé par l'un d'eux.

J'étais allé passer une nouvelle après-midi dans cette strand familiale Palatinus, déjà évoquée sur ce blog. Avec mes deux visées habituelles : nager, et m'offrir un petit extra d'ordre sexuel. Encore sur la digestion, j'avais décidé de commencer par l'extra. Sur la terrasse naturiste, nous étions quinze, tout au plus. J'observais l'état des stocks et les mouvements d'un oeil distrait. Rien de très convaincant, il faudrait prendre son temps... Assez vite pourtant un homme est arrivé, du genre que j'aime : belle carure, pas enrobé, le port droit, et une bonne gueule, quasi-familière. Il est venu s'installer presque face à moi, les genoux ramenés vers l'avant le temps de fumer une cigarette. Il me regardait, avec plus d'insistance à la vue de mon érection naissante. En quelques minutes à peine, à vrai dire le temps de sa cigarette, nous n'avions plus de doute sur nos intentions. Il a renfilé son maillot, s'est levé, je l'ai suivi, il est descendu dans la direction des douches, puis a bifurqué comme pour descendre vers les bassins, mais lentement, s'assurant que je le suivrais. Un peu décontenancé par cette déviation, je décidai de poursuivre droit sur la coursive directement vers les douches, sans le regarder. Bien m'en a pris car à peine avais-je ôté mon maillot et pris possession d'un box de douche, que je le vis arriver à son tour. Malgré un mouvement de tête insistant de ma part pour qu'il me rejoigne dans mon box, il préféra s'installer dans celui d'à coté.

d17221984881db6fe34bf736192e32fb.jpgJ'ai fait ni une ni deux, j'ai empoigné mon gel-douche, mon maillot, et l'ai rejoint. A partir de là, tout reste assez classique : caresses, baisers langoureux, aimables érections, jeux d'épée avec nos bites, baisers encore, une tendresse incroyable se dégageait de ce mec. J'étais vraiment bien. Mais assez vite, il s'est dit gêné par les regards et les déambulations autour de nous, et m'a proposé de sortir pour aller dans une piscine. Frustrant. Mais ce mec me plaisait, alors j'ai acquiescé. Une fois sortis, il me demande comment je m'appelle, quand-même (...!), se présente lui-même : Zoli, me demande si je suis touriste, ce que je confirme, me demande d'où je suis, s'étonne de mon hongrois, ce à quoi je lui réponds avoir vécu à Budapest pendant quatre ans, de1995 á 1999. Là, un éclair semble traverser son regard : c'est marrant, me dit-il : il y a onze ou douze ans, il a eu un amant français, il vivait pas très loin de l'île Marguerite, il croit bien d'ailleurs qu'il s'appelait, lui aussi...

Putain, c'était moi ! Zoli, Zoltan, cette familiarité du visage, cette tendresse. Incroyable. Oui, c'est sur, je le connaissais, nous nous étions connus. Tout était trouble malgré tout, des amants, j'en avais eu tant, dans cette ville où je me suis découvert, où je me suis libéré, où j'ai quasiment vécu mon adolescence homosexuelle. Etait-il un amant de la première époque, quand j'avais encore tout à apprendre, quand j'ignorais tout de là où j'allais ? Avait-il été un amant plus tardif, quand je sombrais dans une frénésie de sexe, mais toujours en quête de l'âme sœur ? Chez lui au contraire, les souvenirs étaient limpides : notre rencontre aux bains Kiraly, nos retrouvailles le lendemain, puis le surlendemain ce dîner au Malomtó, cette nuit entière passée chez moi... une nuit entière, ce qu'il peut y avoir de plus beau, pour lui comme pour moi, au delà de tous les coups à la petite semaine qu'on ramasse ici ou là...7de321897086c9df6a1ed2f9bfb39555.jpg

Nous avions été bien ensemble, au moment présent, j'en avais l'absolue certitude. Et plus nous parlions, plus des choses revenaient à la surface. Combien de temps nous étions nous vus ? Je ne sais plus le dire, lui non plus. Assez vite, c'est lui qui aurait mis fin á la relation. Pourquoi ? Il semble que lui était insupportable l'idée que je sois avec une femme. Ou alors c'était sur le plan sexuel, j'avais parait-il la manie de vouloir reproduire avec lui ce que je faisais avec elle. C'est lui qui le dit, mais c'est possible, j'étais novice, sans imagination, mais c'est drôle parce que j'ai bien changé alors !... mais surtout, ça faisait de moi un mec marié comme les autres : qui s'assume pas, qui aime tirer son coup, mais avec qui il n'y a pas d'avenir. Il avait donc mis fin à la relation. Pour se protéger. J'avais souffert, parce que j'avais besoin à cette époque d'être accompagné dans la découverte de moi-même, et parce que cet homme m'avait plu. Il avait souffert parce qu'il s'était attaché, et je restais dans sa tête l'inoubliable souvenir du seul amant français qu'il avait jamais eu. En apprenant que ma relation avec ma copine était finie, que je m'assumais désormais totalement, que je vivais même depuis dix ans avec un amant hongrois, il s'est défait, je l'ai vu se décomposer. Il s'est senti bête, c'en était immensément touchant. Seul encore aujourd'hui comme il y a douze ans, il porte un regard dépité sur les hommes en général, surtout ceux de son pays et de sa génération : toutes ses tentatives de vie commune ont échoué, de son fait ou d'un autre.

Et d'un coup, je l'ai vu voir en moi la grande occasion ratée de sa vie, l'occasion dérobée par un autre, mais par sa faute, parce qu'il n'avait pas voulu croire, pas voulu être patient, qu'il avait préféré se protéger quand moi pourtant j'étais prêt pour le grand amour, quand j'avais besoin du grand amour pour avoir la force de dévaster derrière moi plus de quinze ans de vie usurpée...

Notre conversation a bien duré deux heures dans les eaux tièdes de la piscine, c'était intense, des petites caresses discrètes nous maintenaient en tension. Mais je devais partir pour rejoindre mon mec chez des amis communs. Nous sommes remontés dans les douches. Ce qui s'y est alors passé est indescriptible. C'était beau, dense, intense, nous étions fermés á tous les regards, au point que je crois bien qu'il n'y en eut même pas. A la 99b4a8e9a8e06d7b3a8f674aad5bfd01.jpgfin, il me dit : ce que l'on vient de faire, ce n'est pas tirer son coup, n'est-ce-pas ? Non, ce n'était pas tirer son coup. Nous nous sommes revus, j'avais l'impression de sauter dans l'inconnu, mais je voulais replonger dans son regard et ses caresses. J'allais y aller les yeux fermés. j'en reparlerai.

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