Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19 janvier 2013

madjnûn WajDi

dbz-gay-hentai-yaoi-muscle-bara-erotic-trunksxgohan-naked-pool.jpg

Puisqu'on en est aux statistiques, celles de nageurs.com viennent de tomber pour 2012. nageurs.com, c'est une communauté, un réseau social. Une amie, qui s'est mariée cet été, me l'a fait connaître en début d'année. Je m'y suis inscrit, j'en parlais là, et mes statistiques sont tenues à jour, semaine après semaine, mois après mois. Il y a une part de futilité narcissique, dans le suivi régulier de la performance. Mais la nage n'est pas la boxe. S'il y a combat, ce n'est que contre soi-même. Dans un couloir, une rivalité occasionnelle peut s'instaurer, et elle stimule, mais pour l'essentiel, les choses se jouent avec soi-même. C'est cogner dans un sac. Décider d'y aller, alors que le froid pique dehors. S'encombrer des opérations d'habillage et de déshabillage, dans des vestiaires trop ventilés ou trop étuvés. Se lancer dans le grand bain le corps fébrile, mal réveillé, la digestion inachevée, le dos endolori, les articulations engourdies - les prétextes au renoncement ne manquent jamais. Puis s'astreindre à un rythme, à une distance, à un comptage. La piscine, on est toujours plus content de l'avoir fait que d'avoir à le faire. Même si une séance a toujours ses instants de grâce, de glisse, d'harmonie, et quelques fois à l'heure de la douche, de virilité partagée.

Nous avons donc été 1.809 nageurs à barboter en 2012, pour un total de 87.361 kilomètres parcourus. Avec 226 km, je me retrouve 95è de la communauté, loin derrière Grosse baleine, qui a inscrit 3.714 km a son compteur personnel, mais tout de même dans les 6% les plus endurants. Avec 137 sorties piscines en 2012, je fais mieux en nombre de séances, puisque je me classe 50è. Mais c'est dans le vagabondage aquatique que j'explose les statistiques. J'ai éprouvé l'eau de 25 bassins différents au cours de l'année passée, profitant de missions professionnelles, de week-ends et des vacances pour découvrir de nouvelles installations nautiques, en France et en Europe. Me voilà, sur ce terrain, 14è de la communauté. Pour une année d'entrée en piste, je ne m'en sors pas si mal.

Samedi dernier, feekabossee était à Paris pour les 40 ans d'un ami à elle. Elle m'a piégé dans une après-midi shopping, que mes collègues ensuite n'ont pas manqué de remarquer... Puis j'étais, moi, à une autre fête, des cinquante ans d'un blogopote, celle-là, qui a vu se recomposer un cercle rare, un tout petit cercle, celui par lequel je suis un jour entré dans la blogosphère. WajDi était là, et Yo, et Fiso et... Zarxas, celui qui s'était laissé fasciner, tant par WajDi, son charisme rayonnant que par la force de l'amitié en train de naître entre nous, et dont, à cause de la distance, il était resté à l'écart, quoi que dans la toute proche périphérie.

Ce regroupement, rêvé depuis déjà cinq ans, fantasmé à perdre haleine, se réalisait à l'occasion de cette petite cérémonie intime dont Fiso avait pris les rênes. C'était touchant de nous voir, tous, de nous toucher, de nous sourire, de nous remémorer cette aventure, aussi intense que virtuelle, aussi réelle qu'improbable, quasi-maçonnique dans ses codes. Entre mythomanie et mythologie, entre amour et amitié, impudence et imprudence, nous étions tous un peu - y compris son créateur - Madjnûn WajDi, fous de WajDi, l'homme blessé mais droit, offrant son corps à distance, dévoilant à petites doses son cœur tendre et ses attentes déçues. Enfermé mais libre.

Encore une fois, on a bien ri de ce défi qu'il m'avait lancé un jour par Messenger : faire le 100m crawl en 1'21'', comme lui. La course effrénée derrière ce record me valut plusieurs fois des tendinites à l'épaule, mais je ne m'en suis jamais approché qu'à dix secondes environ, avant de découvrir la supercherie.

arton2663.jpgComme en écho à ces souvenirs et au personnage touchant de WajDi, Daniel Mermet a consacré cette semaine des émissions à Lionel Cardon. Détenu pour un triple meurtre, ex-ennemi public n°1, plusieurs fois évadé, il raconte aujoud'hui comment, une fois passés l'isolement et les quartiers de haute sécurité, il a reconstruit des repères dans la pratique de la boxe, jusqu'à prétendre devenir entraîneur et acteur de l'insertion. Sujet sensible, plein d'humanité parce que n'éludant pas ce que l'humanité a toujours de complexe.

Cette année, je nagerai 250 kilomètres.

24 septembre 2008

sortir des murs

illust_home.gif

Ils sont 150.000 chaque année, les mômes, à quitter le système scolaire sans qualification. Aujourd'hui est une journée de mobilisation nationale contre l'échec scolaire. On va sans doute en entendre parler. Entendre dire beaucoup de conneries, aussi. Y compris - surtout - de la part de ceux qui ont décidé cette année de supprimer 11.000 postes d'enseignants.

Moi je fais partie de ceux qui croient qu'il n'y a pas d'apprentissage possible sans plaisir. Qu'on n'aide pas à faire avaler une soupe insipide en en servant un deuxième service, que les heures d'étude ajoutées aux apprentissages traditionnels ne superposent que du dégoût au dégoût, que l'école doit au contraire s'ouvrir, que l'école doit aider les enfants à vivre des expériences que leur quotidien familial ne peut pas leur offrir, que le mal au ventre du matin avant d'entrer en classe n'a rien d'éducatif.

Tout ceci pour dire que j'ai hâte d'aller voir Entre les murs. Et qu'une des choses belles lues sur le sujet récemment, c'est chez WajDi.

21 mai 2008

Oh!91 au Pays de l’Or Noir

2127378859.JPG

Bon, ben je dois l'admettre, je suis pris à mon propre piège. Il fallait que ça arrive. A force de m'essayer à quelque chose qui serait une sorte d'intégrité d'écriture - et de démarche - à force de vivre une sorte d'inadvertance sexuelle, et d'en parler, je suis rattrapé par ma propre caricature. Balmeyer a lancé la légende, et force est de constater qu'il a réussi à bien faire se marrer tout le monde.

Et voilà que Zarxas reprend le personnage à son compte, dans un récit qui valait plus qu'une simple parution dans un commentaire. Bon, du coup, je suis mal, moi qui avait en préparation un récit plus vrai que nature sur la pleine lune de lundi dernier... En même temps, ça tombe bien, je n'avais pas trop de temps pour le finir là tout de suite, alors en attendant la suite des aventures de Oh!91 chez Balmeyer (c'est pour samedi soir, à minuit), je te propose de découvrir ici le récit de Zarxas :

(Comme quoi je ne suis pas bégueule).

_________________________

112388950.jpgTu te demandes ce que je fais tout seul en plein désert libyen. Je suis venu prospecter du pétrole pour une joint venture socialiste et fraternelle entre le Val-de-Marne et la Jamahiriya Populaire. Mais Fiso a compulsivement taxé mon portable avec GPS pour sa collection et j’erre désorienté sur les dunes, vague après vague.

Que ne suis-je resté entre deux eaux ! Sur ce fait, qu’aperçois-je ? Mais c’est la piscine de Roger Legall, fort à propos délocalisée en plein Sahara, où de jeunes et fournis éphèbes du désert nagent en me faisant signe !

J'accoure, je plonge ! Las, ma gorge, doublement assoiffée à la vue des adolescents bédouins naturistes reste désespérément sèche, mon visage dans le sable. "Relève-toi, étranger, et monte !" ouïe-je, fort surpris d’entendre céans cet arabe marocain populaire mâtiné d’accent parisien banlieusard. Je lève lentement la tête, incrédule. Mais ce n’est pas une vision : ma main tremblante me prouvant la réalité du dromadaire devant moi, monté avec noblesse par un fier homme du désert aux yeux noirs, perçants et pourtant rieurs. A son invitation, je retrouve toute ma vigueur et monte prestement sur sa croupe (du dromadaire). Il m’explique que je serai son hôte dans son camp, proche. Je l’en remercie profusément et me présente ; il me répond se nommer WajDi.

Par Karl et Freiderich ! Mon émotion, à son comble, unie à la perception de son corps fin, dur et souple sous les vêtements amples, et la démarche de l’animal, ressuscite mes sens et mes organes, ce qui semble n’incommoder nullement mon généreux sauveur. Nous nous dirigeons droit vers sa somptueuse tente caïdale, parmi les joyeux cris de bienvenue et les premiers accords des musiciens.

A l’intérieur, un serviteur nous apporte le thé sur un plateau d’argent raffiné puis s’efface, me laissant seul avec mon héros. Il garde son turban et son écharpe : je ne connaîtrai pas encore son mystérieux visage. Ce n’est qu’alors que je remarque, à côté de la théière, les pièces disposées sur la table : "Vous aimez les échecs ?", m’exclame-je. "Certes", me répond-il, "désirez-vous jouer avec moi ?" "Oh, oui !" Alors que débute notre face à face silencieux, j’observe, au-delà de l’échiquier, que les vêtements lâches de mon hôte se tendent en leur partie centrale avec plus de force que sa tente caïdale. "Sidi WajDi, vous disposez là d’une fort belle pièce maîtresse", lui dis-je. "Vous de même, noble étranger", me répond-il, "Jouons donc une partie plus intime". Nous procédons à nous branler, au rythme des darboukas dont les échos nous parviennent feutrés, et dont l’accélération conduit notre transe sexuelle à son paroxysme : nous jouissons, de longs jets puissants, fournis.

Dans l’air du désert, nos spermes libérés se dessèchent en deux jets de sable dont les volutes s’entremêlent en de folles arabesques, tels deux serpents charmés par le son de la ney. C’est charmant, mais c’est fastidieux à nettoyer.

11 février 2008

le temps des larmes

aa5c5a70b2fbc7eabe5bf217b1bcacba.jpg

Après avoir accouché sous césarienne de mon billet d'hier, avoir parcouru des blogs en attendant le réveil d'Igor, avoir pris avec lui, encore tout groggy, un petit déjeuner tardif, être parti vers le Shopi du coin ouvert le dimanche matin et avoir ramené un bon poulet fermier de la rôtisserie, je me suis remis devant l'ordi. J'avais ce poids en moi, comme une lassitude, ou plutôt une oppression. J'ai d'abord découvert un commentaire de M., doublé d'un mail, puis le commentaire de Manue, et j'ai senti monter en moi un état bizarre, je n'ai pas compris tout de suite que c'était une envie de pleurer. Pas cette envie de pleurer que tu ressens en voyant un film, où les larmes précèdent le sanglot, et sèchent vite, mais de cette envie qui vient du thorax, de la gorge, qui s'est nourrie longtemps, qui attend que tu l'autorises à se libérer.

Igor était à l'étage, affairé sur l'autre ordinateur. J'ai relu le mail de M., et j'ai senti que j'étais prêt. J'ai pleuré, d'abord 27c7d6e30a75d16d6b9b3ce85d85fc25.jpgdoucement, puis par sanglots saccadés, j'ai pleuré en silence, longtemps, attentif à Igor, je ne voulais pas qu'il m'entende. Je ne contrôlais plus rien de cette mise en larmes, sauf son silence, et c'était putain de bon de sentir cette vibration sortir du plus profond.

Pourquoi avoir tenu Igor à distance ? je n'ai pas à lui prouver que j'ai besoin d'amour, que je sais recevoir l'amour, il le sait, mais il n'y a rien à faire, il ne comprend pas ce dont j'ai besoin. Nous sommes sur des planètes si différentes...

Depuis combien de temps n'avais-je pas pleuré ainsi ? Nous avons pris notre déjeuner devant "les guignols", un temps de sourire, puis WajDi est apparu sur MSN, il a accepté être devenu mon grand frère. Plus vieux que moi d'une semaine. Ça m'a rappelé ça de lui, même si ce que je suis en train de traverser n'a pas la même intensité, et porte en lui moins de germes.

Tiens, je voudrais compléter ce dialogue, que nous avons eu sur son blog tout récemment, en rapport avec son coup de calcaire à lui, si constructeur et si libérateur. Nous en étions là :

« - Je t'ai senti inkiet lorske l'arbitre comptait 5... Tu croyais kan meme pas ke j'allais rester à terre ? J'avais encore 4 secondes pour me refaire. C'etait bien assez pour un acharné comme moi. Bien plus k'il n'en fallait... Enfin, je frime, mais il s'en est fallu de peu ke je défaille vraiment. Mais des deux amis ke je te disais avoir perdu, je crois en avoir retrouvé un. Et ces (re)trouvailles m'ont donné l'énergie de tous les combats. Je crois éperdument dans la force de l'amitié.

« - Ce n'est pas tant histoire d'épaisseur, je n'ai jamais douté que tu en avais pour dix. Je sais que tu vas m'étonner, nous étonner. Donc je m'attends à tout, ou je préfère ne m'attendre à rien. Quand je suis inquiet, je sais que tu te prépares à te relever. Mais je n'aime pas quand tu souffres, c'est un fait, je suis fait comme ça et je l'exprime.

En fait, je ne suis pas un combattant, toutes mes cartes sont sur la table. Je n'étais pas sur un ring avec toi, j'étais au bord d'un fleuve, je ne t'ai pas vu à terre, mais déporté par un courant, je ne comptais pas jusqu'à 10 avec ma main, je te tendais juste une perche. "Je crois éperdument dans la force de l'amitié." Putain, moi aussi.

« - Un ami peut ossi etre celui ki te regarde te debattre avec bienveillance pask'il sait ke tu vas grandir, sans te tendre de perche kan tu n'en as pas besoin. J'avais pas hurlé ke je me noyais...

« - ...aussi. S'il a les moyens de comprendre la situation, ou si son champ de vision lui permet de voir qu'il n'y a pas de danger.  Ou s'il n'est pas aveuglé lui même par une peur, une culpabilité, sa responsabilité... Autrement, ce deuxième ami, es-tu sûr de le perdre ?

« - Oui »

b8aab882d8a7a35afcb78d3758aadb91.jpgEt là, même si je n'ai pas tout compris à ce qui lui est arrivé, mais que j'en aperçois l'essentiel, j'ai envie d'ajouter ça, avec une touche de sincérité :

« - Oublie tout, ce n'est pas ça que j'aurais dû, que j'aurais pu te dire, WajDi, et ce n'est que maintenant que j'en prends la mesure. Mais ça : nous y étions ensemble, dans ce courant. Je dérivai de mon côté. Je t'ai vu te débattre, je t'ai vu t'accrocher à une branche, je te voyais en train de t'en sortir. Je ne te tendais pas une perche, mais la main pour sauver ma peau. »

Voilà ce que c'est, quand on frime. Mais ça y est, je crois que je la tiens aussi, ma branche.

15 décembre 2007

un mois pour moi

6b97f80d892eb2f11caf6e169fb57510.jpg

Je voulais te préparer une note sur le premier mois de mon blog (ben oui, c'est aujourd'hui : 16 novembre – 15 décembre). Sans trop savoir sous quel angle l'aborder. Le temps passé à écrire ? La montée en puissance des statistiques ? Leur suivi en temps réel avec Blog-it Express, dans une frénésie pas encore tout à fait maladive ? Tes commentaires ? La recherche de connivences avec d'autres blogueurs, qui confine parfois au tapinage ? Les rencontres, celles qui ont eu lieu, celles qui sont promises ? L'état du regard sur moi ? L'état de ma ligne éditoriale ?... C'aurait pu te faire un billet à rallonge (déjà que j'ai tendance à pas faire court...)

Et puis un déjeuner hier, une de ces rencontres, justement. Avec un bougre d'ange (vas voir comme elle parle de moi, elle dit des choses si gentilles, et attardes-toi à l'occasion, j'aime sa façon d'assembler les mots). Et à la fin d'une merveilleuse discussion où le dire et l'écoute tournaient en orbite autour de nos vies, cette question : « mais au fond, avec ton blog, tu cherches quoi ? » Putain! Je cherche quoi ? Sec, le bonhomme. Complètement pris à défaut : je cherche quoi ? J'engage tout mon être dans cette aventure, entêtante, obsédante, j'y laisse des heures de sommeil, je fragilise ma concentration au boulot, je mets en péril quelques uns des équilibres de ma vie, et je ne sais pas ce que j'y cherche ? Allez, un effort.

801c74e7bb1f5903a027323270f81881.jpgJe me suis avancé : « pouvoir me dire dans mon entièreté, peut-être : avec du superficiel et de l'intime, du privé et du public, du personnel et du professionnel, des valeurs et du sexe, de l'engagement et de la lâcheté, de la force et de la failesse, de la bienveillance et des règlements de compte ». Relier ainsi les deux eaux qui sont en moi, celle qui boue et celle qui gèle – c'est important pour entretenir mon intérieur à 37 °C - l'eau qui dort et celle qui court, celle qui y croit et celle qui n'y croit pas, celle qui doute et celle qui fonce, celle qui s'expose et celle qui se cache. (Bougrenette, tu vois, j'ai paufiné ma réponse depuis hier...)

Et me dire ainsi pour être accepté ainsi.

Elle m'a demandé : « Pour être reconnu comme ça ? ». Etre reconnu, oui. Dans les deux sens du terme. Gagner de la reconnaissance (tu m'en apportes beaucoup, tu sais, tes commentaires, ta présence régulière, si tu savais ce qu'ils représentent), et être découvert. C'est vrai que j'aime cette idée de jouer avec un anonymat ébrêché, disséminer ici et là mille indices, prendre le risque, plus ou moins consciemment, qu'un collègue, un supérieur, un ami d'avant, un membre de ma famille découvre mon blog, et donc me reconnaisse derrière le masque. Prendre le risque d'y perdre toute ma crédibilité. Et d'y gagner autre chose, de plus grand, de plus authentique. Vivre à travers le blog cette petite peur-là.f58d57d22170f694284d8dc8bdcf8f5e.jpg

J'ai remarqué que la notion de honte était très présente dans mes billets. J'affirme ne plus en avoir dès la présentation que j'ai faite de moi le premier jour. Et je passe mon temps et mes lignes à vouloir m'en laver. Alors oui, je crois vouloir vivre ce besoin d'être accepté pour ce que je suis, tout ce que je suis.

Et puis il y a WajDi, Fiso et Boby. Mes trois matrices. Celui qui m'a attiré dans l'oeil du cyclône, celle qui m'a montré le comment faire - ma coach, quoi ! - et celui dont l'épreuve m'a obligé. Le petit cercle, cet anneau fusionnel que je voudrais tant préserver quand le cercle s'élargit. Que je voudrais emmener avec moi partout, arracher au virtuel, sans en même temps m'y enfermer pour ne pas devenir fou.

J'ai fait le plus facile. J'ai parlé de mes souvenirs, j'ai raconté des choses vues, des moments fugaces, j'ai déséroticisé le sexe pour arriver à en parler, et j'ai dans mes souvenirs des choses plus profondes encore à livrer. Bientôt.

Mais je parle peu en fait de ce qui est au fond de moi. De la souffrance présente, de mes doutes présents. Je t'implique peu, en fait, dans mon fort intérieur. Je voudrais y arriver. Arriver à t'en parler pour arriver à me les avouer. j'ai besoin de temps encore pour m'écouter plus au moment présent, pour ne pas jouer de rôle. J'ai des faux-semblants encore à abattre.

Je crois que j'y suis : avec ce blog, je voudrais que tu m'aides à soritr de mon mentir-vrai.

13:25 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : blog, homosexualité, WajDi, Boby, Fiso

23 novembre 2007

Libérons nos soeurs, elles nous le rendront...

Après six jours d'existence, va savoir pourquoi, j'ai remarqué que ce blog avait surout attiré des lectrices. En cadeau de première semaine, je vais donc vous livrer ce petit texte, publié il y a plusieurs mois sur le blog de WajDi.

J'aimerais vous faire aimer son auteur (très présent sur ce blog, et pour cause, même si je peine moi-même à m'en gagner toute l'amitié), son parcours, son histoire, mais surtout ce langage forgé dans les cités, revisité, patiné dans la confrontation, et qui dit avec économie et efficacité des choses poignantes, rebelles, constructrices.

Prenez le temps de dépasser le choc du premier contact, revenez-y, et laissez-vous prendre par cette quête de reconnaissance, cette volonté - si dure à porter parce que devant être mille fois remise sur le métier à cause d'une simple couleur de peau - d'être tout simplement accepté en égal.

______________________________

"Je suis le frère sur lequel on peut compter kan on a besoin d'une couverture. Du moins kan il s'agit pour une de mes soeurs, de voir le bogoss qu'elle a dans la tête.

Je suis partisan de la franchise et je préfère en general ke les choses se disent. Je n'aime pas mentir a mes parents par simplicité. Mais fo reconnaitre ke sur ce theme, sans mensonge, ya pas d'issue possible.

619d073578673dfef0ef7b89ce6ebf31.jpgC'est le drame de nos renps, je crois, de préférer k'on leur mente, plutôt ke de savoir. Kel manque d'ouverture ils ont sur nos fréquentations... Je trouve ke nous, les frères, on n'est pas obligé d'être aussi cons k'eux sur ce thème. Sinon, c'est évident k'en voulant se controler les uns les autres, on ne fait ke s'éloigner et se mentir.

J'ai imposé a mes parents le choix de ma meuf avec laquelle je vis. Première pilule a avaler : elle n'est pas musulmane. Deuxième : il n'est pas question qu'elle se convertisse si c'est pas son desir. Troisième : on fait des gosses hors mariage. Quatrième : je ne suis pas sûr de circoncire mon fils, j'y réfléchis (mais j'ai droit à une question ou une allusion à ça à chaque visite).

Dans mon style et mon assurance, ils sentent ke c'est à prendre ou à laisser. Ke j'entends pas les laisser diriger ma vie. En échange de ça, j'accepte de leur épargner mon kiff pour les meks. Ca les tuerait littéralement. Ils comprendraient pas. Aussi je sais ke je le nierais, même s'ils me surprennaient en train de défoncer un keum.

C'est plus dur pour mes soeurs d'imposer leur vision de la vie. Je la trouve pourtant bien soft : "un mari ki m'aime et ke j'aime, des enfants...". La soeur avec ki je m'entends le mieux, on a ce lien ki nous rapproche. Elle sait que je la couvre dès k'elle veut voir son pelo. Ca m'a vallu la dernière dérouillée paternelle de ma vie (pour le principe).

C'est elle aussi ki avait tout preparé, la premiere et la seule fois ou j'ai amené une fille a la maison, pendant ke les parents étaient chez des cousins. Elle m'avait parfumé les cheveux et les draps à la fleur d'oranger, je l'oublierai jamais. C'est elle aussi ki me faisait des tatouages au hénée sur la cuisse, avant chaque grand combat, à un endroit ki ne pouvait pas se voir sur le ring, mais ke ma meuf aurait le privilège de découvrir plus tard dans la nuit ou le lendemain. "Comme ça, tu déchireras deux fois !" elle me disait, avec toute l'affection et le sourire complice d'une soeur.

Qu'est-ce qu'on aurait été l'un sans l'autre ? C'est aussi elle, avec sa douceur et son équilibre, ki m'a un peu appris à parler. C'est elle qui m'a rassuré sur les femmes, sur leur sincérité, ke par dépit je ne voyais plus. "On est francs, elles sont hypocrites", c'est des paroles d'homme blessé...

Dans la merde sociale où on était, on aurait pu se déchirer. Se battre pour les miettes comme des meskins qu'on étaient. Au lieu de ça, on a su se tenir par les coudes, même si là, j'idéalise un peu. Mais cet exploi-là n'était pas dû au hasard ou la magie. On a su se voir tels qu'on était les uns les autres, différents, et respecter cette diversité dans la même fratrie, au lieu de fantasmer qu'on était tous pareils."

Hymne aux corps libérés

"Vous êtes belles mes soeurs et mes cousines ! kan vous laissez vos corps au naturel, bouger et ressentir au rythme de la danse ou de l'amour sauvage.

A 26 ans, je peux me permettre de faire le grand frère maintenant : Vivez votre sensualité ! Laissez votre corps jouir et parler. Kesk'il ya d'haram là-dedans ? C'est l'Amour !

Si vos frères vous font chier avec ça, c'est sûrement k'ils n'arrivent pas à prendre leur pied avec leur teub et leurs corps crispés. Conduisez-les vers la douceur, l'échange... Faites confiance à l'ouverture, au respect. Non pas au respect de principes débiles, incompris, mais au respect de Soi et de l'Autre. Tout le monde préfère la douceur du coton à un matelas de clous.

Lorsque chacun et chacune aura libéré son corps au lieu d'en avoir peur. Le monde sera plus beau. Au nom de quoi j'interdirais à mes soeurs le plaisir et l'amour ?"

19 novembre 2007

Ces femmes que j'ai malmenées

Alors ça, ça reste le truc qui m’intrigue vraiment : la bisexualité. Elle rentre pas dans mes cases. Quand je dis ça, attention, ça ne veut pas dire que j’y connais rien. Quatorze ans, je suis resté quatorze ans avec des meufs : deux relations. La première, elle a duré six ans. b05a9f4aeea1e31a14bcc67d871cf5b9.jpgUne Libanaise. Ma première expérience sexuelle, pour elle aussi, puis une première longue vie de couple. Je sais aujourd’hui – et au fond de moi je l’ai toujours su – que j’étais avec elle pour être en fait avec ces jeunes et beaux Libanais que la guerre crachait vers nos facs au milieu des années 80. Ils étaient sensibles, à fleur de peau, mais pétris d’un vécu qui me fascinait. Auprès d’eux, j’ai appris beaucoup de la vie, et me suis ouvert aux cultures arabes. Avec elle, je croyais me lier à eux pour toujours.

Ma deuxième expérience, c’est avec ma Bretonne : huit ans elle a duré, quand je suis venu m’installer en région parisienne. On a rompu quand je lui ai annoncé que j’avais découvert que j’étais homo et que seuls les garçons m'attiraient. Elle a souffert, mais a accepté, et au fond ça l’a soulagée parce que ça battait de l’aile depuis longtemps, surtout au lit. Du coup elle n’était plus en cause.

Evidemment mon attirance soudaine pour les garçons était une fable. C’est vrai qu'à notre rupture, mon passage à l’acte était encore récent, mais j’avais depuis tout petit fantasmé sur les mecs nus. J’avais lu dans une Encyclopédie de la vie sexuelle, que mes parents - c'était des modernes - laissaient discrètement à notre disposition, mon frère et moi, que si ce genre d’attirances existait, généralement, elles passaient. Alors j’attendais que ça passe. Et ça durait, et je souffrais. Et je m’obligeais, en me branlant, à me représenter des meufs, et chaque fois un mec s’immisçait dans ma rêverie, mais au moins, tant qu’il y avait une meuf, je pouvais me croire sur la bonne voie.

ff217c22a1013f3f3f9e0611bfa48fb8.jpgBref, il m’a fallu 15 ou 20 ans pour m’assumer, dont quatorze ans en couple… Des enfants, j’ai toujours résisté : et là, la pression a été forte à chaque fois : de l’entourage, et surtout de mes compagnes. C’est d’ailleurs cette pression qui a accéléré la fin, dans les deux cas : j’aurais eu l’impression qu’ils auraient été les enfants du mensonge. Ou qu’ils auraient rendu à tout jamais impossible ce coming out, certes tardif, mais qui tout au long de cet enfermement restait néanmoins possible tant qu’il n’y avait pas de môme. Aujourd’hui que je m’assume, que je vis en couple avec un autre homme, je regrette de n’avoir pas d’enfant. J'en reparlerai. J’aurais aimé voir grandir un p’tit bout. Lui permettre de comprendre, à travers le parcours de son propre père,  qui l’aurait aimé comme personne, toute la complexité de la vie, des sentiments, des sexualités. Fiso a écrit un beau billet (ici) sur l'homoparentalité.

Quand je dis que ça rentre pas dans mes cases, c’est peut-être là que je me plante, et que je suis prisonnier de mon vécu  à moi : je me dis, dans le bi, y’a la partie sociale, le paravent qui permet l’intégration, la socialisation, l’acceptation de soi – d’un soi faux, mais d’un soi quand même - par tous, familles et cercles divers ; et y’a la partie vraie, où y’a l’éclate, parce qu’il faut bien que le corps exulte… Boby a parfois semblé dire le contraire, mais ça reste pour moi une énigme, et je ne peux m’empêcher de penser que la bisexualité – assumée comme dans son cas, ou cachée comme dans celui de WajDi – est surtout le prétexte à conserver une branche de normalité sur laquelle s’asseoir, le résidu, en quelque sorte, d’une homophobie intériorisée, d'un conformisme de façade.

Je me suis déjà pris une volée de bois vert à ce sujet avec WajDi, donc je le lui redis par précaution : oui, tout celà n'est qu'une lecture, fausse comme toutes les lectures, induite par ma propre histoire.

 

17 novembre 2007

Fiso, une belette devenue reine

dcec37913573ae8e6ff6fbd9c07cb0e5.jpgComment te parler de Fiso ? D'abord, te dire que sans elle, ce blog n'aurait pas vu le jour. Si WajDi en est le César (voir ici), elle en est la césarienne. Bon, l'image est douteuse, mais c'est elle qui a fini par me convaincre d'aller au bout de cet accouchement difficile. Fiso, elle est LE truc bien qui m'est arrivé au cours de ces derniers mois, LA fille qui pourrait me faire croire que même douze ans après, je serais peut-être capable d'aimer encore des femmes d'amour.

Va savoir pourquoi, elle faisait partie des très rares lectrices du blog de WajDi, et à ce titre notre furieux boxeur lui avait mis le grapin dessus. Mais pendant ce mois d'août où il avait déserté la place, elle réagissait aux récits que je postais, presque chaque jour. Et un dialogue s'était instauré. Je l'émouvais, elle se livrait, nos histoires se faisaient écho. Au bout de ce mois, comme d'évidence, nous devions nous voir. Nous appartenions à la même communauté des WajDi friendly, mais nous n'avions, ni elle ni moi cette impérieuse obligation de rester enfermés dans la bulle virtuelle. Alors nous nous sommes vus. Timidement d'abord, puis plus franchement, nous nous sommes invités mutuellement au théâtre, au resto, dans nos maisons respectives, et nous voilà totalement addictes l'un de l'autre. On s'appelle chaque jour plusieurs fois, on passe des plombes sur MSN, je ricane tout seul devant mon écran quand elle glousse sous le regard bienveillant de son frangin, son coloc. Moi qui croyait avoir passé l'âge de ce genre de choses...!

Fiso, comment te dire, c'est un puits de vie. Son regard est une étincelle. Son sourire respire l'enfance, il est l'innocence totale. Sa voix gouailleuse pourtant te dit un parcours rocailleux. Partout où elle passe, elle est la reine. Etre son ami fait donc de moi un roi.

Pourquoi a-t-elle si vite pris une telle place ? Un lien vers WajDi, l'intouchable ? Non, pas ça, plus ça. Les circonstances font qu'elle a été introduite dans ma vie par le biais de ma plus profonde intimité. Le reste - c'est à dire mon moi social, ma famille, mon boulot, mon mec, ma respectabilité, quoi ! - est venu après. Le contraire d'à peu près toute amitié normale où l'intime ne se dévoile jamais complètement. Ca fait de Fiso la seule avec qui je puisse évoquer sans rougir une petite branlette dans les douches après une séance de natation sur le même ton que mon pot-au-feu de la veille. Une amie comme je n'en ai jamais eu, en fait. Est-ce ça aussi le miracle des blogs ?

12:05 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Fiso, blog, WajDi