06 mai 2008

la porte de la salle de bain (suite)

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Donc, j'en ai parlé. Ça doit être aussi un effet "blog". Et j'ai pu vérifier que ça n'avait jamais traumatisé que moi. J'avais entre 6 et 7 ans, lui entre 7 et 8, il avait refermé sous mon nez la porte de la salle de bain, avait revendiqué son droit à l'intimité, ou à simplement devenir grand, et j'étais resté seul avec ce manque, qui deviendrait une quête, où s'est peut-être nourrie mon attrait pour les hommes. J'en avais parlé là (voir le jour où la porte s'est fermée).

C'est ma mère que j'ai interrogée la première. Elle m'a confirmé qu'elle n'en avait gardé aucun souvenir. Elle s'est contentée de dire qu'on était vraiment très petits encore quand on prenait notre bain ensemble. Puis avant-hier, j'ai demandé à mon frère. Pareil. Effacé de son disque dur. Cet épisode n'a donc bien eu de sens que pour moi. Dans le secret.

Mais mon frère m'a par contre raconté une autre anecdote, qui n'est sans doute pas sans rapport.

Maman avait un collègue, prof d'EPS en collège. Il était venu un soir à la maison, accompagné de son fils, un poil plus âgé que nous. Il serait entré dans la salle de bain par inadvertance. Et nous voyant ensemble dans la baignoire, il se serait marré comme un tordu. Mon frère dit qu'il n'en ressentit pas de gêne, mais le seul fait qu'il s'en souvienne semble indiquer le contraire.

Sans doute, la honte qu'il avait ressenti n'était pas tant d'avoir été vu nu, mais d'avoir été vu plus enfant qu'il n'eut souhaité le paraître devant un grand ! En m'excluant de son bain, il franchissait un échelon d'âge. Dans mon esprit, il faisait de la nudité un graal, et donc très vite mon phantasme.

Et voilà comment j'arrive à me faire tout seul des petites séances de psychothérapie perso et pas chères à l'occasion de retrouvailles familiales...

21 avril 2008

une semaine dans la vie d'un blog

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Le nouvel outil statistique que j'ai installé sur mon blog il y a de celà quelques semaines, sur les conseils de Nicolas, commence à porter ses fruits. Il me permet de jouer un peu, à l'heure de la sieste avec mes visiteurs du vent.

Je lui ai demandé de me sortir les mots clés par lesquels on est arrivé jusqu'à mon blog ces derniers jours via les moteurs de recherche. Je suis plutôt pas mal instruit par ses résultats :

En sept jours (de samedi 0 h à samedi 0 h), 88 mots clés ont conduit jusqu'ici :

J'exclue d'enblée les quatre qui sont pipés, ceux de mes amis, ou connaissances (salut à eux), qui pour des raisons qui leur appartiennent préfèrent pour me rejoindre passer par google que par leurs favoris (seiji violoncelliste, entre2eaux, funde reivax, et oh entre deux eaux). A eux quatre, ces mots clés m'ont valu 76 visites.

Après, on rentre dans le vif du sujet.1163520554.jpg

Champion toutes catégories, avec ou sans accent, mais toujours sans article, le prépuce : 45 visites, sans compter, dans la même veine, les saloperie de circoncision, photo petite bite rasée cisrconcise, comment dérouler prépuce enfant, circoncis naturiste, branler circoncis, et même "blog des prépuces", comme si c'était un titre, ça, la mère de toutes les batailles : Oh!91, le père de tous les prépuces ! Si j'avais su provoquer ça en parlant un jour d'un petit détail anatomique anodin et des services qu'il me rendait. J'ai envie d'ajouter dans cette liste, le réservoir de Passy, même si pour le coup, là, ça fait un sacré prépuce !

Ensuite, on trouve - logique - la thématique de la masturbation, dans ses formulations les plus poétiques, du genre : technique de branle, blog branlette masculine, bonne branle entre vieux (pourtant...), branle aux vestiaires (alors là oui !), branle entre garçons, branle entre mecs, branle gay blog, branler circoncis (bis), je la branle, branlettes à deux (un truc que j'affectionne), branlettes douches (tout comme ça), comment branler un mec, plus précis : comment on fait pour branler un garçon (je t'épargne les fautes de syntaxe, c'est dingue, y'en a qui mettent un roman dans leur recherche google...), sauna branle première fois, vestiaire branler, et même pratiques onanistes, pour les plus raffinés.

Ensuite vient Lorenzaccio, commentaire de Lorenzaccio, de quoi parle lorenzaccio, lorenzaccio gérard philippe, preuve que ce blog est également un haut lieu de culture.

J'en veux pour preuve qu'on y trouve aussi Abou Nouasse ou Nouasse, et c'est pas donné à tout le monde de connaître ce grand poète arabe. C'est un résultat méritoire, d'ailleurs, parce que je n'en ai encore jamais parlé, ça ne reste qu'un projet. Mais la culture orientale ne s'arrête pas là, puisque dans la liste, on trouve Marcel Khalifé ya bahariyyeh et Omayma Khalil.

Budapest apparaît aussi une valeur sûre, dans le registre plan+tramway (moué), appartement gays ou gay friendly (quand même), ou plus cruement Budapest sexe.

916546586.jpgPour le reste, c'est un peu à l'avenant : mais avec une vraie place pour l'eau ou la nage : bain saunas, baise dans l'eau, laure manaudou troisième nageoire, nager nue en mer, piscine roger legall paris, savon dans douche de mec (ah ! le classique !)

Quelques sujets spécifique ont été décelés, ce qui me fait évidemment plaisir, parce qu'ils correspondent à de vrais centres d'intérêt pour moi : robert Davezies, gran Scala, déesse des eaux, c koi l'ambition, crâne de hottentot.

Enfin, des coups d'épé, parfois limite dégueu, parfois incompréhensibles, parfois pleins de poésie. D'ailleurs : yeux noisette, trois mois, texte cicatrice, tatouage d'ailes, sof° infidélité (M., fais gaffe à ta copine), sarkosiland, qui aime avoir le pubis homme rasé, premier sauna sperme récit, parole d'une courte scène entre deux hommes, je voudrais qu'on me prenne par derrière (moi aussi, tiens, mais je passe rarement par google pour ça), je t'aime avec un grand a blog (oui, Patrick, j'oublie pas, je rame, c'est tout !), etre deux (d'ailleurs, tu vois !...), coin chaud entre les jambes, blogs naturistes, blog sauna hétéro, et, last but not least : papy baise mami.

Moralité, heureusement qu'il y a des visiteurs réguliers pour réhausser le niveau, parce que les surfeurs de hasard, c'est vraiment souvent raz des pâquerettes ! Je te dis merci ?

dernière minute

Avant de poster mon billet, je consulte les mots clés de ces toutes dernières heures. Je les cite aussi, malgré la triste désoltation la branlette du 4 à 8, parce qu'ils vont malgré tout me permettre de te renvoyer sur deux de mes billets parmi ceux que j'aime le plus :

Au milieu de mes habituels blog première au sauna (15h 11), plonger sexy (15h 21), plusieurs façons de se branler (16h 14), branle masturbation (16h 20), branlette manuelle (17h 21), branlette main (18h 54), PREPUCE (en majuscules pour de vrai, à 18h 54), branle entre voisins (19h 20), branlette douce (19h 46), je bande gay (20h 34), et aire de repos gay (21h 10) - comme quoi, on est vraiment en période de pleine lune ! - j'ai trouvé puybrun, qui renvoie à ça, et castelet pour marionettes, qui renvoie à ça.

23 février 2008

Quelques petites choses sans importance (quoique)

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J’ai été tagué ! Et j'ai tout lieu d'en être fier. D'abord parce que je l'ai été par céleste, dont j'apprécie et le blog et le regard qu'elle porte sur le monde, sans concession mais jamais désespéré.

Parce que je l'ai été sous ce titre-là, me rappelant le plaisir que je prends presque chaque jour à plonger dans l'univers des petites choses de M., toujours battant et sensuel.

Et parce que je l'ai été en compagnie, entre autres, de Fiso et de Fauvette, deux autres femmes qui tiennent des blogs si sensibles et si justes que je m'y réfère souvent pour apprendre à manager le mien.

Tout ceci pour dire que j'ai beau dire et j'ai beau faire : parler de bites, dire mon goût pour la branlette, raconter mes petits délires sous les douches de ma piscine préférée, ou mes grands élans dévastateurs avec des mecs de choix, moi et les femmes c'est quand-même une belle histoire d'amour.

Je m'en vais donc participer, non sans une certaine légèreté, à cette petite chaîne.

Le règlement du jeu stipule qu’il faut :

* Mettre le lien de la personne qui vous tague
* Mettre les règlements sur votre blog
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées

Voilà, ça, c'est fait : je me lance sans trop y réfléchir, mais en m'offrant de le faire un peu trash, parce que j'ai toujours peur, à mesure que je te connais mieux, de ne plus oser parler suffisamment de sexe sur ce blog. Alors je me force un peu.

Donc dans la catégorie "mes six petites perversions (ou petits travers) que je ne t'avais pas encore dévoilé(e)s" :414ad089af6c0da873abbeadde988422.jpg

1 - Sous la douche, j'aime bien siffloter le petit air que j'ai dans la tête : j'ai l'impression de me donner du détachement (mais je me donne surtout l'air con - tu as déjà essayé de siffler quand l'eau te coule sur le visage ?). Je commence sage, t'as vu ? ;

2 - Chaque fois que je me tonds les poils pubiens et que je me rase les couilles - cérémonial rare que je ne m'offre qu'avant une sortie au sauna - ça me file une trique d'enfer ;

3 - J'aime bien les plans à plusieurs. En général, ça me remplit pour plusieurs semaines. Mon mec aime bien aussi paraît-il, mais c'est chacun de son côté. Ensemble, ça serait pas possible ;

4 - S'il y a une chose que je n'aime pas, c'est bien de me faire pincer les tétons : le plus souvent les mecs se jettent dessus en croyant bien faire, or c'est chez moi une zone hyper douloureuse et pas du tout érogène ;

5 - Quand je me branle face à un mec, je peux y mettre tellement du mien que j'en chope des crampes aux lobes fessiers... Non mais tu le crois, ça ?

6 - Enfin, pour mes petites parties en solitaire, il y a un site que j'affectionne tout particulièrement, et tu vas tout de suite comprendre pourquoi : c'est le club des branleurs.

Je passe le relais (et hop !, à vous messieurs) à Anydris, L'Eléphant, Monsieur Dimanche, Chrisbi, lancelot et Alex (une façon de te signaler d'autres blogs que j'aime et dont je n'ai pas encore beaucoup parlé ici).

Ouais, je sais, je masculinise le truc, là. Mais compte tenu de ce que j'ai écrit, j'ai pas osé...

 

31 décembre 2007

Tires-toi, 2007, on t’a assez vue !

En 2007, année pourrie, je n’ai pas aimé :

-les rafles d’enfants et les reconduites à la frontière,
-la suppression de Paris-Budapest sur Sky-Europe,
-la dvision de la gauche anti-libérale à la présidentielle,
-que la température de la planète ait encore augmenté de quelques fractions de degré,
-la mort de Lucie Aubrac et l'assassinat de Benazir Bhutto,
-l’installation d’une droite décomplexée au pouvoir,
-la mort de 24.000 enfants, chaque jour, à cause du manque d'eau propore,
-Les yachts de luxe et les jets privés de Vincent Boloré,
-le choix d’une diva pour porter les couleurs de la gauche,
-les 15 milliards d'euros de cadeau fiscal aux plus riches,
-que les journées ne fassent que 24 heures,

En 2007, j’ai aimé :

-découvrir WajDi,
-m’introduire dans la blogosphère,
-rencontrer Sophie, Boby, Valérie, Christophe, Franck, Yo, Nicolas…
-mon été à Budapest,
-retrouver Zoltan et faire l’amour avec lui,
-la célébration de Guy Môquet et de la Callas,
-nager, danser, faire l’amour dans la même eau,
-me noyer dans des yeux bleu cristal,
-raconter mes frasques et mes états d’âme,
-faire la connaissance de Seiji,
-faire grève quand les média nous crachaient à la gueule,
-notre trio explosif avec Alek et Teddy,
-la victoire de Brahim Asloum aux championnats du monde de boxe,
-Cabaret, Ibrahim Maalouf, Romain Gary…
-que Boby décide de continuer la route,
-me branler plusieurs fois par jour à la lune montante,
-recevoir la confiance de mes supérieurs,
-tout te dire. Sans rougir.

 

14 décembre 2007

le pouvoir du prépuce

5def4a3f1d80e7ff4246d7fd226aaf05.jpgAttention, petite fiche technique à l'usage des initiés, façon manuel d'utilisation (ça fait suite à mon éloge de la branlette, ). Âmes sensibles ou cœurs à jeûn, s'abstenir, y'a un peu de trivialité dans les lignes qui suivent...

C'est un tout petit bout de quelque chose, de chair ou de peau, selon d'où on en parle, qui paraît-il ne sert pas à grand chose, au point que dans des civilisations entières, on le supprime purement et simplement à la naissance, ou dans la tendre enfance, comme ça, slash, d'un coup de couteau...

C'est bizare pour moi de dire ça, parce que ce petit bout de machin, si insignifiant, si inutile, j'ai l'impression qu'il occupe une place gigantesque dans ma sexualité. Et donc dans ma vie. Et ce depuis que je suis tout petit. Disons depuis ma puberté.

Pendant longtemps, dans mon sommeil d'enfant, à l'heure de mes premiers rêves érotiques, du bout des doigts je pinçais cet appendice, le titillais , je le faisait vibrer avec l'extrêmité de l'urètre, et cette caresse m'était devenue familière. Je pense qu'elle m'a souvent accompagné, machinalement, pour trouver le sommeil. Jusqu'au jour, où... Je me souviens exactement du jour où cette caresse instinctive s'était chargée d'une ivresse soudaine et provoqua l'expression de ce liquide inconnu et sale. J'étais allongé sur le ventre, mon sexe dirigé vers le bas, ma jambe droite à peine repliée, mon bras passant par derrière, au dessus de mes fesses, et mes doigts engagés dans cette caresse instinctive. Je n'avais pas trop su quoi faire de cette substance et de cette situation. J'avais presque 14 ans.

Il a fallu que l'expérience se répète deux ou trois fois pour que je comprenne que j'en étais rendu à un autre âge de 7847a4c8e9f71c541cb21659cd005f19.jpgma vie. Je ne laissais plus alors le hasard me diriger, je trouvais des positions plus confortables, je découvrai qu'allongé sur le dos, je pouvais user de mes deux mains, faire rouler mon gland entre le pouce et l'index à travers le prépuce. Et très longtemps, ce fut ma seule façon de me masturber. C'est quelques années plus tard, qu'instruit par quelque littérature lue en cachette, j'essayai l'empoignement et le mouvement plus classique dit de l'astiquation. Le prépuce alors protégeais mon gland d'irritations douloureuses. 

Sur un plan pratique, mécanique presque, j'ai dès l'adolescence pris l'habitude d'utiliser mon prépuce comme d'un réservoir pour contenir les effusions de sperme. Au moment de l'éjaculation, il s'agit d'en recouvrir complètement le gland, de le pincer de sorte qu'il constitue une poche hermétique, pour retenir le liquide sans laisser de trace nulle part. Le temps de tout balancer dans un kleenex ou de rejoindre un lieu d'aisance. Je m'excuse, c'est forcément un peu technique, mais j'ai toujours trouvé ça hyper pratique - et hygiénique par dessus le marché. Ca offre, dans l'exercice masturbatoire, une liberté d'éjaculation totale, presque en toutes circonstances... Ce qui ne veut pas dire, pour  rassurer les classiques, qu'il n'y a pas un plaisr plus grand, quand même, à se laisser gicler à l'air libre. Comme dans tous les sports au fond.

Enfin, voilà pourquoi j'affectionne le prépuce. Le mien, en fait. Parce que dès qu'il s'agit de chérir une tierce queue (tiens, c'est joli cette expression), prépuce ou pas prépuce, le désir est bien le même.

Putain, c'est intime, ce que je viens d'évoquer, là, non ? tant pis, je publie.

08 décembre 2007

Seiji, un violoncelle aux yeux noisette

47cdf6e78c0d3ff1d4b3f935e5aba9a5.jpgLundi. Il m'attendais au café de l'Industrie en fin d'après-midi, il souffrait d'un lumbago.

Seiji, je t'en ai déjà parlé ici, très brièvement. Nous ne nous étions pas revus depuis le mois d'août à Budapest, où nous nous étions fait expulser d'un établissement thermal par un surveillant zélé qui n'avait pas trouvé très convenants nos attouchements. Pourtant, nous avions tâché de nous isoler, de rester discrets, nous avions tourné plusieurs fois avant de nous décider à entreprendre un contact. Nous nous étions donc sentis piteux. Seiji avait même été bouleversé, je crois, choqué par cette fuite pitoyable, j'étais sorti fissa en regardant mes pieds. Je m'étais laissé abuser par la facilité de ma rencontre avec Alejandro, quelques jours plus tôt, et j'éprouvais une culpabilité particulière d'avoir ainsi plongé Seiji dans cet embarras, avec cette irruption de la honte, violente comme une perte fulgurante de l'orgueil.

J'ai retrouvé son sourire énigmatique, ses yeux noisettes, son crâne n'était plus totalement rasé, et ses cheveux en brosse, grisonnants, te disaient seules des choses de son âge.

Seiji, c'est maintenant mon ami japonais. Il est violoncelliste, je ne l'ai encore jamais entendu jouer. Il est aussi musicologue, mais dans une vie précédente au Japon, avant de venir en France rejoindre son ami d'alors, il était mèdecin psychiatre. Il a tout quitté pour vivre librement sa vie affective et amoureuse. Sauf la musique. Aujourd'hui, il vit seul, et se débat pour rester en France : la course à la carte de séjour, l'incompréhension quand on lui remet des papiers pour trois mois seulement, qui l'obligent à travailler pour des patrons abusifs, pour simplement être sûr de sécuriser trois fiches de paye consécutives et obtenir le renouvellement de son titre de séjour. Un cercle vicieux qui l'empêche d'entreprendre des projets plus ambitieux. Je suis désolé si ça t'agace de me voir glisser de la politique dans des récits de rencontre, mais je ne peux pas taire ces absurdités révoltantes qui dénient aux gens leurs savoirs, leurs talents, leur potentiels pour en faire de la chair à expulsion... Et encore, il n'est pas métèque !

Nous étions heureux de nous retrouver, trois mois et demi après. Nous avons parlé de Budapest, une ville qu'il aime c299d54dfa6feda169a48dbca07461a1.jpgautant que moi, où il retourne souvent parce qu'il y aime, comme moi, un certain art de vivre, une sensibilité. Et la musique. Béla Bartok est son compositeur. Le seul pour lequel il soit jamais allé déposer des fleurs sur une tombe. Un maître, au sens le plus noble.

Il habitait tout près. Il m'a demandé de le raccompagner. Nous avons marché main dans la main. Je suis monté dans son 18m2, au troisième étage. Il y régnait une atmosphère agréable, saine. Son violoncelle était sorti de son coffre. Nous nous sommes étreints. Nos vêtements à terre, il est allé dans la salle de bain, et m'a demandé de l'attendre, debout, nu, au milieu de la pièce, les yeux fermés. J'entendais des bruits d'eau. Puis il est revenu et m'a attaché autour de la taile un carré de drap mouillé, ce pagne en cache-sexe traditionnel des bains de Budapest. Il en avait donc récupérés. Nos jeux interrompus là-bas allaient pouvoir continuer ici, ce soir, la honte allait être effacée !

b1b4c33c250a2e9f76c808690c3c31cd.jpgLe contact avec le froid m'a fait un temps débander. Pas lui. Il s'est étendu sur le lit, le corps lisse, fin, doux, le sexe dur. Son dos l'handicapait, à peine. Nous nous sommes longuement caressés, embrassés, il restait étendu sur le dos, j'ai eu un plaisir particulier au contact de sa peau glabre. Et dans ma main, l'un après l'autre, nous avons joui.

Il m'a dit qu'il aimait mon blog, qu'il s'était masturbé à sa lecture, il a hésité dans la façon de dire entre deux eaux en japonais, et m'a offert sa version la plus juste, futatsu no mizu no aida.

Quand je suis rentré chez moi le soir, il avait moins mal au dos. Il me l'a laissé croire.

05 décembre 2007

Attila, le soleil en bandoulière


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Encore un petit flash-back, tiens, histoire d'ensoleiller la grisaille du matin.

Attila (ça, c'est un nom, hein ?) : il avait 19 ans, il étudiait la chimie à Veszprém, en Hongrie. Il est le premier de mes amants à avoir accédé au statut de petit ami officiel : durant l'été 97, je l'emmenais en vacance chez ma mère près de Marseille. Ma pauvre mère, je ne lui ai pas épargné grand chose sur ce coup-là. Déjà, mon coming out, je lui avais fait par téléphone, tout juste 24 heures après ma copine, lui disant simplement que elle et moi, c'était fini, mais que c'était pas grave, puisque c'était simplement parce que j'aimais les hommes. Et deux mois plus tard, je ramenai ce jeune mec à la maison... Qu’est-ce que je pouvais être centré sur moi-même à cette époque, tu parles d'une phase de libération!...

Attila, il aimait la fantaisie, étaient-ce des jeux de son âge ? Par exemple, au début, ce qu'il adorait, c'était enduire mon corps et mon sexe de crème dessert, et me lécher, me sucer goulûment, après quoi il se tartinait lui-même de crème et attendait de moi que je le dévore. Plusieurs fois, il m'avait proposé de faire l'amour avec lui devant sa copine Barbara, elle le lui avait demandé, elle aurait voulu se branler en nous regardant, mais cette idée était vraiment trop farfelue, et j'y avais toujours résisté. A Marseille, nous allions sur les plages gay. A nous deux, nous devions avoir une vraie puissance divinatoire. Les mecs nous regardaient, nous enviaient, nous finissions chez l'un ou chez l'autre dans des plans á trois. Une fois, étrange anecdote, un de ces mecs cueillis là s'était vanté d'avoir couché avec Jean-Claude Gaudin. Beurk !

5f929c1a913db02b963fa895d3e087d8.jpgAttila, je l'avais rencontré dans un bain turc de Budapest. Le Rácz, qui aujourd'hui n'existe plus, promis à une opération hôtelière d'envergure. Ce fut fulgurant. C'est dans l'espace sec et boisé du sauna que nous nous étions immédiatement cloués l'un dans l'autre du regard. Puis dans les eaux du bain, à peine dissimulés, nous avions rapidement éprouvé nos érections, simulant des pénétrations, et avions aussitôt décidé de sortir pour nous retrouver seuls chez moi. Le tout, en 5 ou 10 minutes ? Pour parler entre nous, c'était pas très commode, il ne connaissait aucune langue étrangère, et le hongrois, je n'en étais qu'à mes premiers rudiments. Mais il s'en foutait, il me regardait, il souriait d'un soleil comme ça, et il me baisait, il ne voulait que du sexe, encore du sexe, et moi, qui n'en demandais pas tant, exultais. Une fois seulement, si ma mémoire est bonne, je l'ai rejoint à Veszprém en semaine, au tout début, la semaine de notre rencontre. Le week-end, c'est lui qui venait à Budapest, notamment pour voir sa sœur, auprès de qui il m'introduisit également. Nous avons emmené une fois ses nièces au zoo. En retournant à Veszprém pour la première fois l'été dernier, en voiture, je m'appliquais à reconnaître la cité universitaire où je l'avais retrouvé, et la promenade de cette soirée exotique.

Avec Attila, c'est moi qui n'ai pas pu tenir le rythme, les envies de son âge me dépassaient, mais je n'avais pas le droit de l'en priver. Alors peu de temps après la fin de l'été, nous nous sommes séparés. J'ai pensé à ma mère, qu'a-t-elle jamais pensé de cette relation, elle qui revoyait son fils pour la première fois sous ce jour inconnu ? Quant à lui, 29 ans aujourd'hui, mon Dieu !, je ne sais pas ce qu'il est devenu.

03 décembre 2007

Zoltan (2) avant la nuit

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(mes retrouvailles avec Zoli, 1ère partie

Quelques jours après ma rencontre inattendue avec Zoli, nous avions donc convenu de nous retrouver. C'était un après-midi d'août, vers quinze heure. même strand, même terrasse. J'aurais sans doute du mal à entrer dans les détails, tant les choses se sont déroulées avec subtilité. Ce que je peux dire, c'est que nous avons passé plus de sept heures ensemble, sans nous quitter des yeux, des doigts, des lèvres, de la peau.

Nous sommes restés étendus sur la terrasse du Palatinus, à nous caresser, à explorer nos corps par effleurements, à nous blottir dans les creux l'un de l'autre. Il m'a regardé nager, m'a trouvé beau, me l'a dit, nous nous sommes attardés dans le bassin d'eau thermale et avons parlé. Avec des mots lentement saccadés, attentif à ce que je les bc226a0e932e09319a013392b97a5a21.jpgcomprenne, il m'a dit qu'il retrouvait mon corps tel qu'il l'avait laissé il y a douze ans. Nous nous sommes douchés ensemble, avons prolongé nos caresses, mais sans réussir à nous abstraire du monde environnant, nous n'avons pas joui, mais ne le souhaitions pas vraiment. Ne pas jouir pour rester ensemble encore un peu...

Nous sommes allés ensuite au restaurant, il m'a parlé de lui, m'a dit avoir peu d'amis, surtout un, son confident, Norbi. Par recoupement de récits, il est apparu que, il y a de cela trois ans, celui-ci a eu une liaison avec un Hongrois naturalisé français et vivant près de Paris, qui s'avérait être... mon mec - petit témoignage sans conséquence des excursions extra-conjugales que nous nous autorisons tacitement dans le principe sans jamais nous en parler dans le concret (mais que le monde est minuscule quand-même !)... Ca a créé un trouble, un temps, sa maladresse l'a gêné, il m'a fallu le rassurer, lui toucher la main, je lui ai proposé de nous retrouver le samedi soir suivant, mon ami resterait dans le village de sa tante, nous pourrions passer la nuit à la maison, il m'a dit sa peur de me voir m'installer trop profondément dans son cœur, je lui ai dit le comprendre, il a malgré tout accepté de prévoir cette nuit avec moi.

6a097a8f0cb800d654d246d2b6697215.jpgIl faisait nuit déjà depuis longtemps, nous avons marché un moment dans des rues calmes, sans pouvoir nous lâcher, plus le moment approchait où je devais rentrer, moins nous pouvions nous éloigner. Nous cherchions des coins obscurs, pour nous toucher avec violence, empoigner nos bites sous nos vêtements, nous rouler des pèles phénoménales, et puis une voiture ou un passant venait à nous séparer. Finalement, nous sommes partis chacun de notre coté, dans les deux directions opposées du même tram.

avant la nuit

Cette nuit aurait donc lieu. Nous nous retrouverions le samedi suivant dans les majestueux bains Széchényi. Retenu chez lui par des travaux de plomberie, il ne pourrait pas m'y rejoindre avant 17h. Je l'attendrais, il serait en retard. Il y aurait beaucoup de monde ce jour-là, beaucoup de jeunes Français, notamment, plutôt expansifs, avec des shorts de bain jusqu'au genoux, venus à Budapest profiter du festival Sziget et faire un peu de tourisme. Je craindrais de ne pas le retrouver au milieu de cette foule. En même temps que je guetterais l'entrée, je scruterais chaque visage dans le grand bassin à 37 degrés. Un moment, je m'arrêterais sur les traits fins d'un jeune garçon brun, à la barbe naissante, de longs cheveux noués en queue de cheval. Me voyant, celui-ci détournerait le regard, puis se remettrait plusieurs fois à vérifier si je le regardais encore, chaque fois plus longtemps, au point que c'est moi qui me mettrais à me détourner.

Ce pocker-menteur allait durer de longues minutes, à plusieurs reprises très explicite. Il serait manifestement heureux d'être regardé. J'arrêterais ce jeu pour me concentrer à nouveau totalement sur l'attente de Zoli. Puis je verrais mon beau brun, 25 ans à peine, sortir de l'eau en compagnie d'une fille, visiblement sa meuf. Et je me verrais, moi, à son âge, et lui souhaiterais secrètement d'avoir plus vite du courage et de la confiance que je n'en ai eu moi-même... Zoli finalement arriverait à près de 18h. La séquence avec lui durerait jusqu'à 9h le lendemain matin.


Nous allions d'abord ensemble essayer tous les bassins, de toutes les températures, passant de l'un à l'autre au gré de93e307539df5f0da645df964cd5b3c24.jpg nos envies, nous caressant discrètement sous l'eau, nous embrassant furtivement dans quelque recoin. Nos corps éprouveraient le plaisir de la relaxation, mais notre esprit serait entièrement tendu l'un vers l'autre. Quand au milieu du monde, j'oserais un geste un peu trop explicite, je verrais son regard craintif scruter si nous étions observés. Quel temps allions-nous passer à parler dans l'eau, lui et moi ? C'en est presque la marque de fabrique de notre relation. On aurait d'abord parlé d'amour, du cœur que je lui brisais, de sa crainte devant cette nuit promise, de son indécision : allait-elle lui être finalement plus douloureuse que d'y renoncer ? On déciderait de se donner du temps, nous pourrions encore parler, dîner, et puis nous serions libres, de toute façon, des limites que nous voudrions mettre.

Dans une cabine de douche fermée, nos attouchements pourraient prendre un tour plus intime, nous resterions longtemps à nous embrasser, nos sexes libérés se gonfleraient, se redresseraient, nous prendrions goût l'un après l'autre, à les embrasser du bout des lèvres, à les laisser pénétrer avec lenteur dans notre bouche, à en jouer de la langue tandis que de nos mains nous nous masserions les jambes et les fesses. Je ne saurais pas combien de temps nous allions rester ainsi dans l'exiguïté de la cabine, mais en sortant, la nuit serait presque tombée, et les couleurs de ce crépuscules sur le grand bassin extérieur nous émeuvraient.

Bientôt, je livrerai ici la suite de ces retrouvailles : Zoltan (3), la nuit étoilée

02 décembre 2007

Eloge de la branlette

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Bon, sujet à la fois banale et délicat, frivole et graveleux : mais j'ose ! Dans la version masculine, la seule que je connaisse. D'ailleurs, je ne saurais que trop conseiller à certaines dames de passer, question de réputation, ou d'aller voir par . C'est aussi une façon d'anticiper sur ceux qui se disent - et il y en a, jai eu des échos : Ah!, Oh!91, c'est celui où y'a une branlette à chaque billet ?!? Donc autant aborder le sujet frontalement, et si ça peut te rendre service, toi qui te retrouve seul ce dimanche matin, y'a pas de quoi ! En plus, c'est bon pour la santé (la preuve ici).


Pour une bonne branlette, tu le sais, y a pas besoin de beaucoup plus que de trois ingrédients : une tige, une main, un stimulant.
6c15e08383874b551f699171b422d606.jpg1/ La tige (ou le sbib, ou la teub, ou comme tu voudras - je te renvoie à un forum qui s'est déroulé fin juillet sur le blog de Fiso, et auquel tu peux accéder ici - tu y trouveras des suggestions et toutes sortes de particularismes locaux) : le mieux est de faire avec celle que t'a léguée la nature, c'est celle que tu connais le mieux, et qui te connait le mieux aussi. Ca veut pas forcément dire qu'elle est docile en toute circonstance, mais si tu te mets à son écoute, vraiment, tu dois pouvoir en faire quelque chose... Tu sais quand l'effleurer, quand la brusquer, où la frôler, par quels sentiers la tenir en tension, comment la réfreiner aussi, pour que ce ne soit jamais trop lent ni jamais trop rapide.
 

2/ La main : bon ben là, l'alternative est simple, c'est la droite ou la gauche. Moi, par exemple, a0889e9713b3b328a569e302c522ecff.jpgavec la gauche, je peux pas. Elle peut prendre brièvement le relais si la droite est momentanément occupée par autre chose, mais sinon, rien à faire. Elle peut aussi aider à caresser d'autres zones du corps, simuler une tierce présence, étonner ta peau à l'insu de ton corps... Tu peux aussi prendre la main d'un autre, mais alors là tu flirte avec le concept, c'est plus tout à fait dans la légitimité de la branlette. C'est du touche-pipi, ou alors tu es déjà dans l'acte d'amour, c'est autre chose. Ou avoir recours à un ustensil, mais c'est pas mon truc, je zappe. Donc bref, dans son principe, tu fais avec les moyens du bord, c'est même le principal intérêt de la chose...
 

8c8abe3e44ebb5e50689414f2d45adb3.jpg3/ Et le stimulant. C'est là que le jeu s'ouvre. Le stimulant, il peut n'être que dans la tête, comme quand t'étais jeune ado accroché à l'intimité de ton lit, et que tu appelais à la rescousse tes copains d'école, que tu les dessapais et que tu les contemplais à l'envie, sans comprendre alors comment leur simple présence donnait une tournure nouvelle à tes caresses. Ou alors, c'est une image fixe, une photo dans un magazine, un dessin que tu as fait en secret, un graffiti sur un mur, dans des toilettes publiques, les variantes sont infinies. L'image peut aussi être animée, c'est souvent plus efficace, mais ça épuise les fantasmes, la mécanique est souvent répétitive et c'est la limite du porno. On peut aussi sortir de l'image imprimée ou enregistrée, et avoir recours à du live. Une webcam, par exemple, les initiés se reconnaitront...! On est toujours dans l'image, l'écran protège, mais il y a déjà une dose, un petit poil d'intéraction. Ton alter réagit en fonction de toi, et réciproquement. Ca laisse une place à l'inattendu, et puis il faut s'entendre, il y a besoin d'une connivence ou de son illusion. c'est un truc qui m'amuse de temps en temps, et j'ai des partenaires de cam qui sont devenus des relations durables.

afd784d60af55773f2bd1250bd4303c0.jpgEnfin, il y a le stimulant vivant, en chair et en os, celui que tu chippes à la dérobée, que tu mâtes derrière un mûr, à une embrasure ou par le trou d'une cloison. Ou celui qui sans te toucher, en face à face, va partager ton plaisir, celui qui va se branler devant toi, en se laissant observer, nourri de ton regard, d'autres regards alentour, ou qui va même te fixer, les yeux dans les yeux. Là, ta main gauche peut rentrer dans le jeu de la stimulation, elle peut aller se poser sur ce torse en vis à vis, caresser une fesse, saisir cette autre bite qui s'offre à toi, et la masser, délicatement, éprouver cette fausse dureté de l'érection, lui arracher son sperme et ses soubressauts, et la masser encore durant sa débandade, jusqu'à te conduire à jouir, enfin, faisant de l'autre ta chose l'espace de quelques secondes.

Jeudi soir à Roger Le Gall, il portait le chiffre 07 sur son slip de bain. Il a été mon ingrédient n°03.

N'hésites pas à me dire ici quel rapport tu entretiens avec la branlette, ta fréquence, décris ta pratique préférée, comme Bas-ventre l'a fait sur son blog ... J'ai besoin de me rassurer : suis-je vraiment obsédé ?

 

30 novembre 2007

Zoltan (1) l'amant romantique

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Comment j'ai retrouvé Zoltan, un de mes premiers amants...

Dans mes étés à Budapest, il y a toujours une part de pélerinage. 2007 n'a pas dérogé, ça a même été l'occasion d'une plongée troublante dans des souvenirs sensibles, liés à un certain art de vivre, et à une libération sexuelle. Un jour d'août, j'ai ainsi été rattrapé par l'un d'eux.

J'étais allé passer une nouvelle après-midi dans cette strand familiale Palatinus, déjà évoquée sur ce blog. Avec mes deux visées habituelles : nager, et m'offrir un petit extra d'ordre sexuel. Encore sur la digestion, j'avais décidé de commencer par l'extra. Sur la terrasse naturiste, nous étions quinze, tout au plus. J'observais l'état des stocks et les mouvements d'un oeil distrait. Rien de très convaincant, il faudrait prendre son temps... Assez vite pourtant un homme est arrivé, du genre que j'aime : belle carure, pas enrobé, le port droit, et une bonne gueule, quasi-familière. Il est venu s'installer presque face à moi, les genoux ramenés vers l'avant le temps de fumer une cigarette. Il me regardait, avec plus d'insistance à la vue de mon érection naissante. En quelques minutes à peine, à vrai dire le temps de sa cigarette, nous n'avions plus de doute sur nos intentions. Il a renfilé son maillot, s'est levé, je l'ai suivi, il est descendu dans la direction des douches, puis a bifurqué comme pour descendre vers les bassins, mais lentement, s'assurant que je le suivrais. Un peu décontenancé par cette déviation, je décidai de poursuivre droit sur la coursive directement vers les douches, sans le regarder. Bien m'en a pris car à peine avais-je ôté mon maillot et pris possession d'un box de douche, que je le vis arriver à son tour. Malgré un mouvement de tête insistant de ma part pour qu'il me rejoigne dans mon box, il préféra s'installer dans celui d'à coté.

d17221984881db6fe34bf736192e32fb.jpgJ'ai fait ni une ni deux, j'ai empoigné mon gel-douche, mon maillot, et l'ai rejoint. A partir de là, tout reste assez classique : caresses, baisers langoureux, aimables érections, jeux d'épée avec nos bites, baisers encore, une tendresse incroyable se dégageait de ce mec. J'étais vraiment bien. Mais assez vite, il s'est dit gêné par les regards et les déambulations autour de nous, et m'a proposé de sortir pour aller dans une piscine. Frustrant. Mais ce mec me plaisait, alors j'ai acquiescé. Une fois sortis, il me demande comment je m'appelle, quand-même (...!), se présente lui-même : Zoli, me demande si je suis touriste, ce que je confirme, me demande d'où je suis, s'étonne de mon hongrois, ce à quoi je lui réponds avoir vécu à Budapest pendant quatre ans, de1995 á 1999. Là, un éclair semble traverser son regard : c'est marrant, me dit-il : il y a onze ou douze ans, il a eu un amant français, il vivait pas très loin de l'île Marguerite, il croit bien d'ailleurs qu'il s'appelait, lui aussi...

Putain, c'était moi ! Zoli, Zoltan, cette familiarité du visage, cette tendresse. Incroyable. Oui, c'est sur, je le connaissais, nous nous étions connus. Tout était trouble malgré tout, des amants, j'en avais eu tant, dans cette ville où je me suis découvert, où je me suis libéré, où j'ai quasiment vécu mon adolescence homosexuelle. Etait-il un amant de la première époque, quand j'avais encore tout à apprendre, quand j'ignorais tout de là où j'allais ? Avait-il été un amant plus tardif, quand je sombrais dans une frénésie de sexe, mais toujours en quête de l'âme sœur ? Chez lui au contraire, les souvenirs étaient limpides : notre rencontre aux bains Kiraly, nos retrouvailles le lendemain, puis le surlendemain ce dîner au Malomtó, cette nuit entière passée chez moi... une nuit entière, ce qu'il peut y avoir de plus beau, pour lui comme pour moi, au delà de tous les coups à la petite semaine qu'on ramasse ici ou là...7de321897086c9df6a1ed2f9bfb39555.jpg

Nous avions été bien ensemble, au moment présent, j'en avais l'absolue certitude. Et plus nous parlions, plus des choses revenaient à la surface. Combien de temps nous étions nous vus ? Je ne sais plus le dire, lui non plus. Assez vite, c'est lui qui aurait mis fin á la relation. Pourquoi ? Il semble que lui était insupportable l'idée que je sois avec une femme. Ou alors c'était sur le plan sexuel, j'avais parait-il la manie de vouloir reproduire avec lui ce que je faisais avec elle. C'est lui qui le dit, mais c'est possible, j'étais novice, sans imagination, mais c'est drôle parce que j'ai bien changé alors !... mais surtout, ça faisait de moi un mec marié comme les autres : qui s'assume pas, qui aime tirer son coup, mais avec qui il n'y a pas d'avenir. Il avait donc mis fin à la relation. Pour se protéger. J'avais souffert, parce que j'avais besoin à cette époque d'être accompagné dans la découverte de moi-même, et parce que cet homme m'avait plu. Il avait souffert parce qu'il s'était attaché, et je restais dans sa tête l'inoubliable souvenir du seul amant français qu'il avait jamais eu. En apprenant que ma relation avec ma copine était finie, que je m'assumais désormais totalement, que je vivais même depuis dix ans avec un amant hongrois, il s'est défait, je l'ai vu se décomposer. Il s'est senti bête, c'en était immensément touchant. Seul encore aujourd'hui comme il y a douze ans, il porte un regard dépité sur les hommes en général, surtout ceux de son pays et de sa génération : toutes ses tentatives de vie commune ont échoué, de son fait ou d'un autre.

Et d'un coup, je l'ai vu voir en moi la grande occasion ratée de sa vie, l'occasion dérobée par un autre, mais par sa faute, parce qu'il n'avait pas voulu croire, pas voulu être patient, qu'il avait préféré se protéger quand moi pourtant j'étais prêt pour le grand amour, quand j'avais besoin du grand amour pour avoir la force de dévaster derrière moi plus de quinze ans de vie usurpée...

Notre conversation a bien duré deux heures dans les eaux tièdes de la piscine, c'était intense, des petites caresses discrètes nous maintenaient en tension. Mais je devais partir pour rejoindre mon mec chez des amis communs. Nous sommes remontés dans les douches. Ce qui s'y est alors passé est indescriptible. C'était beau, dense, intense, nous étions fermés á tous les regards, au point que je crois bien qu'il n'y en eut même pas. A la 99b4a8e9a8e06d7b3a8f674aad5bfd01.jpgfin, il me dit : ce que l'on vient de faire, ce n'est pas tirer son coup, n'est-ce-pas ? Non, ce n'était pas tirer son coup. Nous nous sommes revus, j'avais l'impression de sauter dans l'inconnu, mais je voulais replonger dans son regard et ses caresses. J'allais y aller les yeux fermés. j'en reparlerai.

(lire la suite ici)