Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18 février 2013

la partouze et la scène

tragedie580.jpg

Finalement, je me suis échappé après une bière - une Gösser blonde au citron (le citron, c'est pour l'haleine !) - et quatre ou cinq bites. Pas de la première catégorie. Le plus mignon des garçons m'a sucé frénétiquement, tandis que derrière moi, un petit gars sec, sans âge, se laissait tripoter sans dénouer son ceinturon. C'était la meilleure séquence, ils m'ont accompagné jusqu'à la jouissance, puis je suis rentré. Il était 1 heure. Avant cela, il y avait eu d'interminables jeux de chats et de souris. Je te plais, je te fuis, tu me plais, tu disparais. Les écrans dégueulaient d'images pas du tout à mon goût, pleines de trucs bizarres rentrés dans des culs faussement lascifs. Je me suis surtout dégouté d'être là, et me suis rappelé que les bars à sexe n'ont jamais été mon truc.

Je préfère de loin les ambiances sensuelles, enveloppantes, où le sexe est moins un enjeu qu'une éventuelle bonne surprise. Au sauna, il y a au moins les douches, pour une illusion d'hygiène. Mais les bains turcs restent le must. Parfois, je me demande si mon attrait pour ces lieux tient au fait que j'y ai connu ma renaissance sexuelle, où si c'est là que je m'y suis ouvert parce qu'ils me correspondaient. La nudité est dépourvue de carapace : elle s'effeuille.

img0018.jpg


Je retourne tout-à-l'heure au Rudas, où malgré la discrétion imposée, j'eus quelques unes de mes belles rencontres. La partouze est passée de mode, depuis qu'elle est entrée dans les mœurs, qu'elle fait la une des journaux et que les grands de ce monde y sont pris la bite dans le pot de confiture.

Même sur scène, on partouze. Tiens, pas plus tard qu'hier soir, dans le grand auditorium du Palais des arts de Budapest. Yvan Fischer et l'Orchestre du festival de Budapest y donnaient une version (dé)concertante des Noces de Figaro. Les musiciens, les chanteurs et les régisseurs étaient ensemble sur scène, se  déshabillant et se costumant, se péruquant et se décoiffant,  se mêlant agilement les uns aux autres, jusqu'au 4ème acte où, au ras du sol pour ne pas être vus, dans le jardin obscurci par la nuit, les figurants se sont mis à se peloter, presque aussi frénétiquement que nous, la veille, au coXx, tandis que Figaro se jouait du comte et gagnait les faveurs de Suzanna. Bon, les organes sexuels sont restés cachés. mais tiens, prends la Walkyrie, que Philippe Jordan et Günter Krämer donnent actuellement à Bastille : les sexes s'affichent, sans honte, et parfois même - à dessein sans doute - vaguement gonflés sous les caresses des sœurs de Brünnhilde.

Humm, j'ai eu la chance d'assister à la Générale, à une place de choix, quel bonheur que cette Walkyrie : une musique somptueuse, profonde, jamais pompeuse contrairement à la réputation faite à Wagner. Et comme avec l'Or du Rhin, une mise en scène et une distribution à tomber. Krämer joue des couleurs par touches, crée des images. Quelques unes, pas trop, espacées de séquences sobres, comme surgies d'un album sépia.

J'avais vu toute la tétralogie à sa sortie, sauf la Walkyrie, d'où j'avais été arraché par la mort de mon oncle. Me voilà vengé, même si j'entends que les changements apportés à la mise en scène ont atténué la force de certains tableaux.

Mais c'est assez. Je viens de finir mon déjeuner dans ce bistro "tout à volonté" que je ne connaissais pas, près d'Oktogon. Je m'en vais repartir par les rues, et rejoindre mon bain préféré. J'ai deux-trois cartes postales à acheter en route, et peut-être une bonne surprise au bout du chemin...

28 juillet 2011

la marque du maillot

DSCN0978.JPG

J'aime bien écrire des billets qui me sortent des tripes, où je ne joue pas de rôle, où mes états d'âme sont aussi secs que le corps que j'aimerais me faire, aussi crus que les sexes étalés au Rudas, aussi sincères que je le suis. Car je le suis, sincère. Toujours. Surtout là, dans cet espace privé et public à la fois. C'est le seul défaut que je ne voudrais pas qu'on m'impute. Ca me donne l'impression de ne pas faire de remplissage, ni de maintenir le blog dans une survie artificielle.

Ca me rapporte des marques d'affection, d'amour, de la compassion, de la compréhension. Mails, plus que commentaires. Même au milieu de l'été, ça fait du bien. Continuer, me sortir les doigts du cul pour me laisser les entrailles sortir de la plume, c'est mon challenge de l'été. Parmi d'autres...

J'ai la marque du maillot. Un beau bronzage vient me hâler la peau. Pas de ces teintes un peu rougeâtres qui trahissent des crèmes accélératrices, ni de ces bruns foncés, forcés, surnaturels, obsessionnels, où perce l'insupportable culte de soi. Le mien est charpenté, profond, il résulte d'une exposition quasi quotidienne, oh pas très longtemps, une cinquantaine de minutes tout au plus, même par mauvais temps, juste le temps de mes longueurs de natation. C'est un brun mat, épais. Le brun du labeur. Le brun de la classe ouvrière, des hommes de chantier. Un vrai brun d'homme, un beau bronzage. Un bronzage beau.

J'ai la marque du maillot. Ça veut dire que j'ai fait peu usage des terrasses naturistes du Palatinus ou des bains Széchényi. C'est con, maintenant que j'en connais la longueur du bassin... La pluie, sans doute. Salope !

DSCN0954.JPGMercredi, mais pas une âme ! Je suis seul, putain de seul sur cette terrasse, où je suis finalement revenu. Seul. Comme depuis plusieurs jours dans mes lignes d'eau. Ils se sont passé le mot, ou quoi ?

Pas une paire de fesses, pas une couille, même pendante, pas un ventre... on s'en fout, pas forcément du body-buldé, pas forcément de la tablette de chocolat, juste un petit ventre, une surface un peu plate, un peu lisse, une arrête de poils au dessus du pubis, quelque chose d'un homme, quoi !

Le temps promet quelques généreuses bouffées de soleil, mais pas un nez, pas une peau. Pas un sourire aguichant, pas un regard ténébreux, pas une grimace non plus. Pas de signe que quelqu'un va venir, pas de signe du contraire non plus.

Il se passe quoi ? La veille, c'était fermé, soit. Je le sais, je m'y suis cassé les dents. Je suppose à cause de cette saleté de pluie ! Replié sur Hajós Alfréd je me suis fait une belles séance encore. Seul à seul avec ma ligne bleue, évidemment - ça devient une marque de fabrique - qui est noire, d'ailleurs, dans le 33 mètres de Hajós Alfréd. C'est à n'y rien comprendre. Mais ils sont où ?

Mercredi, c'est moitié prix, merde ! Remarque, ça a peut-être été fermé plusieurs jours, en fait. Je n'en sais rien, je n'avais pas tenté d'y mettre les pieds depuis plus d'une semaine - les derniers beaux jours. Et personne n'aurait eu envie de s'y casser les dents de nouveau, ça se tient... même pour ce timide retour de chaleur ?

Étalage désolé de transats blanches sur ce bitume vert délavé. Seul. Dans un désert. Un désert d'ombres. sans fantôme, ni vampire. Casquette et lunettes noires vissées, la chronique new-yorkaise d'Edmund White en main, City-Boy, que je dois à la fée, ma copine de blog et de ballet et de plein d'autres trucs.

Nu.
Seul, mais nu. Évidemment.
A l'ombre, mais nu. Quoi d'autre ?
Un livre à la main, mais nu.

Pas une âme sur cette terrasse, des plombes que j'y suis désormais, avec mon nouveau roman, ma casquette, mes lunettes de soleil, et moi. Moi brut. Brute épaisse, rendu au rang d'animal. Un singe, un singe savant, voilà ce que je suis. Aux pulsions d'un vieux mâle solitaire. Habillé de rien, surtout pas d'un regard, de quiconque, c'est plus simple. Le temps passe, la chaleur monte, toujours légère. Ma main n'en finit pas de parcourir mon corps et d'aboutir à ce point ultime, ce point unique, d'y revenir sans cesse, de vérifier qu'il y a toujours quelque chose qui vit à cet endroit. Sans pudeur, sans vergogne, ignoré de tous. Seul en cage.

Je joue, je joue avec moi-même, avec mes sensations, comme le jeune brun du Rudas l'autre jour. Je joue avec moi-même, avec mon image. Je sors mon appareil. A bout de bras, debout, assis, allez, bande, bande, espèce de con, vas-y, voilà, je m'excite tout seul. Je me mets droit face à l'entrée, déclencheur, retardateur, je provoque, l'idée de l'arrivée soudaine de quelqu'un au moment d'une pose obscène m'excite encore plus, mon appareil photo me branle, je fais l'amour avec mon image, ma seule compagne, avec mon nouveau joujou, on fait ce qu'on peut en matière de joujoux, je suis chaud, voilà, naturisme,palatinus,obcénité,sexe,masturbationc'est ça, quel con, non mais quel con je suis. Je pavoise pour moi-même. Je laisse des tâches blanches abondantes, des tâches sublimes, sur le vert décrépi de la terrasse, je suis à terre. Ma constellation. Un vieux singe n'aurait pas pu le faire.

L'eau des rêves n'est pas loin, juste cinq ou six mètres au dessous, un  bassin de quarante mètres, le seul bassin resté fermé toute la journée pour me garder reclus sur cette terrasse déserte...
Il faut que je te parle de l'eau des rêves (...)

04 décembre 2010

entre deux B (2) rallumer un cierge

IMG_4489.JPG

Je reviens à la Sagrada Familia, l'emprunte marquante de Barcelone, son signal, sa Tour Eiffel. Outre l'exubérance, c'est sans doute son état d'inachèvement qui en fait un monument unique au monde. Plus d'un siècle de travaux, pour une silhouette incomparable, visible de toute part. Un chanter interminable et mis en scène, des grues pour castelet, dans un ballet à sa démesure. On parle d'une fin de chantier vers 2025, le temps d'ériger la tour lanterne haute de 170 mètres où sera installée la croix, et d'achever la façade de la Gloire avec ses clochers à 100 mètres. Mais on ne voit pas bien quel premier ministre prendra le risque, en coupant un ruban, d'annoncer la fin des travaux. Et de tuer le mythe.

Tu rentres désormais dans la Sagrada Familia comme dans un temple de lumière. Les colonnes IMG_4495.JPGs'élèvent vers la voûte, légèrement penchées les unes vers les autres, en tiges raides. A leur brisure, elles se subdivisent, poursuivent leur montée vers une nouvelle ramification pour former les dômes des apôtres, à présent bien en place. Droites et fragiles, végétales, leur arborescence te rappelle ta condition d'homme aux pensées sournoises qui t'élèvent mais te rendent fragile.

J'ai moi aussi l'érection fragile. Je l'avais belle, assurée, oh! pas l'érection d'une cathédrale, même pas celle d'une basilique, comme j'en ai encore effleuré l'ogive hier, en retournant à Rudas : l'érection d'une belle église de campagne, constante et fiable, plutôt harmonieuse, bien proportionnée, la septième voûte à portée de main. Je pouvais m'y recueillir ou m'y ressourcer. Il m'arrivait aussi d'y communier. C'était avant ma brisure.

Depuis peu, elle me fait défaut quand je compte le plus sur elle. Les premières alertes sont devenues un ciel s'effondrant sur la tête, la voûte étoilée s'est étiolée, pour tomber à présent en décrépitude. Et si c'était une des raisons de mes fuites...

Qu'il y ait de l'enjeu - une inclinaison amoureuse à cultiver - ou de la culpabilité - la peur de transgresser des phobies, de fermer la porte à mon authentique désir -, la machine s'ensable. Et tu sais, un peu à la façon des escaliers hélicoïdaux des clochers de la Sagrada, mais dans le sens descendant : tu te vois dans le cercle vicieux, pris dans un flot descendant, glissant irrémédiablement vers le bas, précipité vers les Abîmes.

Mais une fois dans la Crypte, va-t-en la retrouver, toi, la colonne de marbre !

robert_recker_animale2_1.jpgJe profite de mes errances solitaires à Budapest pour me remettre à l'écoute de moi, tenter de desserrer l'étau infernal. Le premier jour, j'ai commencé par me raser, pour livrer mon sexe à de nouvelles sensations. Et puis au Rudas, où le système de verrouillage des cabines change tous les deux ans, on te remet à présent un bracelet magnétique qui se porte comme une montre. Dans le secret des eaux chaudes, au début sans même m'en rendre compte, j'ai joué à en faire un Cock's ring, tu sais, cet anneau de cuir que certains hommes se mettent autour de la verge - les saunas en pullulent - qu'ils enserrent avec leurs couilles pour stimuler leur érection. Je dois dire que ça n'a pas été inefficace ! Je me suis presque assoupi, l'agnus dei autour du trésor.

Marchant dans ces grands bains d'eau comme dans des fonts baptismaux, sanctifiant ainsi mon cierge reconquis, je me suis surpris à me suspendre à la rampe d'un des quatre escaliers du bassin octogonal. Imperceptiblement, je me suis vu m'y glisser, dans la position de la planche, puis m'enrouler, m'empaler même sur son embout métallique immergé, qui fait sous l'eau un demi tour pour remonter dans un angle à 45 degrés.

Il n'y avait, hier, que des hommes occupés à d'ordinaires conversations, personne vraiment en chasse à l'heure où j'y étais. Le Rudas n'est d'ailleurs pas un lieu de consommation sexuelle, ce n'est qu'une nef d'inégalée suavité. Je pouvais ainsi dans l'indifférence générale, dans une langueur appesantie et embrumée, me laisser aller à ces curieux jeux d'eau, dont j'étais seul à entendre les plaisantes résonances qu'ils avaient dans mon corps.

Ce soir, plus sage, j'ai opéra. Ma foi, il faut vraiment que je sois loin pour m'autoriser à écrire des choses pareilles, comme à l'époque où je sévissais en total anonymat ! Mais après tout, les églises ne sont elles pas faites pour que l'on y aille à confesse ?

10 octobre 2010

le grand théâtre de l'obscène

FunPhotoBox_4701020804230.jpg

Désormais, la politique du parapluie s'applique donc au domaine de la culture. La rétrospective de Larry Clark parle de l'adolescence, de façon crue. Un peu comme les ados ont besoin qu'on leur en parle. Mais l'adolescence n'aura pas le droit de la voir. Les images incriminées datent, pour certaines d'entre elles, de mon enfance. Elles illustraient l'Encyclopédie de la Vie sexuelle que je consultais en secret bien qu'elle fût installée dans les rayonnages de la bibliothèque de la maison à l'intention de notre petite fratrie. Je n'y ai pas appris à être adolescent, j'y ai peut-être juste admis le pourquoi d'un mal-être et ainsi pu, avec d'autres repères, me situer.

Seulement voilà : il POURRAIT y avoir une plainte, un tribunal POURRAIT condamner la ville de Paris, 578721_sans-titre.jpgcela POURRAIT relever du pénal. Alors par précaution, on émet un arrêté d'interdiction pour les moins de 18 ans. C'est tellement plus simple, la lâcheté. Mais c'est tellement plus obscène ! On me dira que grâce à cette mesure, l'œuvre est montrée dans son intégralité pour la première fois. Oui, mais si on lui dénie ses vertus pédagogiques, à quoi sert l'art.

J'aurais préféré voir les talents de communication de la ville de Paris déployés dans un prétoire, si quelque détracteur avait osé l'y convier, pour y prendre le parti de l'art et de sa liberté, plutôt qu'ainsi étalés, défensifs, dans les journaux pour justifier la pudibonderie. Pour les jeunes, j'aurais préféré de la mise en garde, de la médiation, peut-être des espaces derrière un film opaque, comme l'avait fait la Cinémathèque pour présenter, dans l'exposition de la Lanterne magique, derrière l'épais rideau rouge d'un salon bourgeois, les premiers pas des films érotiques d'animation. Mais pas de l'interdiction.

homme-au-bain-de-christophe-honore-7942444plhmi.jpgOn a beaucoup reproché aussi au tout dernier film de Christophe Honoré, L'homme au bain, sa pornographie, voire une vacuité au seul service de fantasmes sexuels explicites. Oui, il y a du sexe, chez Honoré, de beaux sexes, d'ailleurs, en érection, en demande. Omar, jeune galérien du cinéma, chétif et éteint, anti-stéréotype sexuel par excellence, qui vit dans une cité de Gennevilliers, est lassé des infidélités et de la brutalité d'Emmanuel, son compagnon bodybuildé, joué par une star du X gay, qui cultive son image autant que son plaisir. Il profite d'un voyage professionnel à New-York auprès de Chiara Mastroiani qui pour l'occasion joue son propre rôle, pour prendre une décision de séparation définitive. Emmanuel a une semaine pour quitter l'appartement d'Omar. C'est le contrat.

Le film, c'est une semaine des trajectoires parallèles des deux garçons. Le premier, blessé mais libéré, fort de la décision qu'il a prise, se laisse charmer à New-York par un jeune cinéphile québécois à la grâce éthérée. L'autre multiplie les aventures mais s'enferme, à la dérive, dans le souvenir obsessionnel du compagnon parti. Pas beaucoup plus que la photographie du retournement du rapport dominant-dominé, un grand classique, où contrairement à ce qui s'est écrit sur le film, les clichés  homosexuels n'ont pas d'autres fonctions que d'y être dépassés. Les parcours, superposés l'un à l'autre, l'un tourné sur pied, l'autre en amateur, vidéo au poing, au cœur de deux formes opposées de consommation sexuelle, confrontent chacun des deux hommes à un trio inattendu en présence d'une femme, dans des situations de triolisme qui seront en définitive la seule vraie rencontre des deux amants au cours du film, le sens de leur recherche amoureuse leur étant ainsi virtuellement restituée, par delà le déterminisme de la pratique sexuelle.

C'est un cinéma de la vie, dans ses lenteurs comme dans sa crudité, qui rejoint l'hyperréalisme de Larry Clarck, mais qui, gorgé de sexe, est dépourvu d'obscénité.

Tout comme n'est pas obscène la longue masturbation à cru à laquelle se livre Stefan Konarske dans la pièce de Bernard-Marie Koltès que je suis allé voir à La Colline il y CombatNegre2.jpga - mon Dieu, déjà !... - bien quinze jours. On y reprenait Combat de nègre et de chiens. Superbe mise en scène, et jeu exceptionnel de tous les comédiens, extraordinairement vrais.

Une entreprise blanche de BTP en Afrique. Trois hommes, une femme. Horn, chef du chantier en cours de liquidation, fait venir Léone, sa jeune épouse auprès de lui. Cal, l'ingénieur en mal de femmes, en mal de vivre, vient de tuer, par dépit, un ouvrier africain dont le frère, Alboury, du village voisin, vient réclamer le corps. Caché derrière un arbre, tapis dans l'ombre, à l'abri des systèmes de sécurité, Alboury est joué par un cœur d'hommes : il pourrait être tout autre Africain, il est toute l'Afrique, il est tous les opprimés. Il dégage par la force de la scansion celle de son droit et de ses coutumes. Horn, le tout puissant impuissant, est pris dans l'étau, il ne pourra à la fois protéger son ingénieur et donner droit à l'Africain. Il bavarde, gagne du temps, cherche à corrompre, sans avarice pour les bouteilles d'alcool. Puis monte un stratagème de mort.

Il y a de la crudité, de la frustration, de la faim de sexe. C'est devant la jeune épouse encore vierge de son chef que Cal, parvenu aux confins de son cynisme, se livre à cette longue masturbation en plein milieu de la scène.

L'obscénité est pourtant ailleurs : dans la concupiscence de l'ingénieur, dans la condescendance du chef, dans la frivolité de l'épouse, qui, tombée amoureuse d'Alboury, pense qu'en s'offrant à lui il renoncera à sa quête. Dans ces regards qui n'ont pas tous de la cruauté, mais qui ne peuvent se défaire du statut néo-colonial qui leur colle à la peau.

Tu te rappelles de WajDi ? Ah ! C'était les grandes années de la blogo... Un jour où il nous arrivait de discuter, il m'avait dit qu'il trouvait beaucoup d'obscénité à s'entourer la taille d'une serviette pour se cacher le sexe, dans des vestiaires d'hommes.

Je trouve aussi que la violence est surtout, souvent, derrière ce que l'on cache.

27 octobre 2009

ma première lune

open-hearts-2002-02-g.jpg

Une chaîne a été lancée, et je remercie Zoridae de m'avoir invité à m'y associer. L'initiateur importe peu, au fond. Il s'agit de raconter sa première fois. Enfin, tu vois ce que je veux dire.

En fait, j'ai tardé à réagir, parce que je tarde toujours à réagir, attendant le moment propice, ou laissant maturer des choses dans ma petite tête. Et aussi parce que je l'ai déjà écrite, ma première fois, en fait, et encore il n'y a pas si longtemps. Il s'agissait de ma vraie première fois, celle où je rentrais dans une sexualité épanouie, qui me correspondait, où j'entreprenais la grande réconciliation avec moi-même.

Mais avant que l'on me marcha ainsi sur la lune, il y eut bien-sûr cette autre fois, mon so-called dépucelage.

Je n'étais pas précoce. Comment aurais-je pu l'être, alors que je n'avais pas d'attirance pour ce avec quoi le devoir m'obligeait à m'accorder. C'était donc à l'aube de mes 19 ans. Durant l'été, après une première année de Deug poussive en maths-physique, je m'élançais dans les centres de vacance d'un comité d'entreprise bien connu, au sud de la France, pour des animations sur le thème de l'astronomie.

Avec un collègue, pas beaucoup plus brillant que moi en maths, et assurément moins en communication avec le public, nous installions une exposition sur différents objets célestes connus : nébuleuses, galaxies, super novas, etc. Le soir, nous présentions un diaporama, il assurait la logistique et moi les commentaires, puis à l'aide d'un télescope, le temps en général le permettait, nous observions les anneaux de Saturne, les cratères de la lune, Jupiter, et puis nous envoyions tout le monde au lit. Le lendemain matin, nous fabriquions des cadrans solaires en carton avec les enfants les plus vaillants, et puis parfois, nous observions les projections solaires.

L'animation durait deux jours, puis nous partions dans un camp de vacances voisin. Nous avons tourné ainsi tout l'été sur six centres, retrouvant à chaque étape les équipes d'animateurs des fois précédentes, nouant avec eux des relations amicales empruntes d'adolescence.

Un jour de "permission", nous allâmes passer la journée à la plage. Nous étions cinq dans la voiture. La directrice du centre de Six-fours, ou de Sanary, je ne sais plus bien, nous accompagnait, car c'était aussi sa journée de repos.

Ma foi, de cette partie de plage je ne me souviens de rien, mais vraiment de rien. Le seul souvenir qui me reste, c'est le chemin du retour. La directrice - comment s'appelait-elle, déjà ? - avait jeté son dévolu sur moi. Je n'avais rien senti venir, mais sur le chemin du retour, elle s'était mise à laisser sa main glisser sur ma jambe, ou mon épaule, peu importe, et je ne sais plus comment les choses se passèrent dans ma tête, scène d'amour.jpgtoujours est-il que j'acceptais l'idée d'aller ainsi à mon dépucelage. Mieux, j'y voyais l'occasion à ne pas laisser filer. Du coup, tout s'effaça des alentours, les autres personnes qui nous accompagnaient, les paysages, les odeurs de sel, il n'y avait plus que sa main, de plus en plus insistante, la mienne qui maintenant lui répondait, les baisers d'abord intimidés, puis rapidement explicites qui se moquaient des rires gras.

Mon cœur battait à n'en plus pouvoir. Cette fille n'était pas belle, mais elle avait du caractère. Elle avait peut-être deux fois mon âge, en tout cas je le croyais, car avoir 25 ou 30 ans c'était déjà être bien vieux, de là où je voyais les choses, et je dois dire que durant ces quelques heures, je ne fus taraudé d'aucune question sur mon orientation sexuelle.

Une fois arrivés, je crois vaguement me souvenir que c'est moi qui ne la lâchais plus, je jouais le pot de colle, mais elle se noyait dans mes caresses et mes baisers où ma langue explorait de nouveaux horizons.

J'avais l'impression que mon inexpérience lui sautait au visage, et je ne saurai jamais si elle se délectait de mes maladresses juvéniles, ou si elle n'en perçut rien.

Sous sa tente à la nuit tombée, il était évident que je partagerai son lit, mais elle m'annonça qu'elle avait son truc de filles, et que, je comprenais bien-sûr, elle ne pourrait pas me donner tout ce que j'en attendais. En fait, elle me suça. Elle me suça et me suça encore. Et je me perdais en caresses dans ses seins, qu'elle avait généreux. Je me souviens aussi de ce détail qui n'en est pas un : je n'ai pas joui alors, bien qu'elle y mit du cœur - trop concentré que j'étais à la découvrir. Mais ma trique ne me quitta pas de la nuit.

A un moment, au milieu de son sommeil, feignant de me rendre aux sanitaires, je me finis seul. En pleine nature. Éclairé d'un simple croissant de lune montante. (ce détail est une pure invention, ajoutée là pour les besoins du récit, l'état de la lune m'intéressait alors autant que la dernière chemise que mon père avait pu mettre dans le panier de linge sale)

Au matin, j'étais collé encore contre elle, avec cette même vigueur qui ne m'avais finalement pas quitté. Elle me dit : "évidemment, c'est pas comme ça que je vais réussir à me lever". Et c'est drôle, parce que quand je suis bien dans les bras d'un amant, il m'arrive de ressortir cette expression, et de la dire exactement de la même façon...

Quelques semaines plus tard, alors que je devais passer non loin du camp où elle travaillait, j'essayais de l'appeler pour demander à la revoir, sans sons truc de fille, espérè-je. Je crois que sa réponse me refroidit. Je ne la revit plus jamais.

Voilà.

Il y eut ensuite les autres premières fois, déjà partiellement évoquées : celle avec mon premier flirt, qui resta platonique malgré nos mésaventures de Vauvenargues, celle avec ma première compagne, libanaise, bien six mois plus tard : ce fut ma première pénétration. Et ma première fécondation.

Et notre première IVG.

Puis mon entrée sur la grande scène des hommes.

Quant à moi, j'invite mes copines Fiso, Véro, Bougrenette, Princess on Line, Petite Française, Gicerilla, Multi-sourire, et Quine à se lancer dans l'exercice. Et pourquoi pas Dalyna, tiens ? Côté garçons, je crois que j'aimerais bien découvrir la première fois d'Olivier Autissier, et de deef. Mais aussi de Manu, parce que ça fait longtemps que je ne l'ai relié. Ou encore de corto74, parce que quelque chose me dit que je pourrais y croiser quelques uns de mes fantômes...

Allez, les p'tits loups, ça s'appelle être tagué. Au boulot ! (les autres - suivez mon regard - ne me remerciez pas...)

26 mai 2009

égalité hommes-femmes

Gravelines+24-01-2007+00089.JPG

Un curieux point d'équilibre a sauté à ma figure dimanche après-midi, en roulant seul sur l'autoroute A5, livré à la déambulation de mes pensées : aujourd'hui, enfin, ces jours-ci, ma vie sexuelle, ou plutôt mon vécu sexuel, se partage entre deux moitiés égales : une moitié hétérosexuelle - les 13 premières années de ma vie d'adulte, non assumées, où je connus comme par défaut de premiers attouchements avec des femmes et deux longues expériences de vie commune avec elles - et une moitié homosexuelle - 13 ans de relations amoureuses débridées, heureuses ou piteuses, mais vécues dans l'immense soulagement de la sincérité.

Ça me fait un peu bizarre de réaliser ça : deux fois treize ans. D'un côté, quatre femmes : celle d'une nuit, qui me dépucela de sa bouche gourmande ; ma première copine libanaise, qui essuya à peu près toutes mes immaturités six ans durant ; une amie en détresse, qui m'attira à son lit un soir d'égarement ; et ma bretonne, une histoire de huit ans, qui traversa finalement avec moi le séisme du coming out.

De l'autre, des histoires qui se succèdent, se ressemblent, ne mènent nulle part, mais dans l'éclate. De la tendresse à revendre, mais aussi beaucoup de lâcheté et d'inconséquence. Quelques centaines de queues goulûment avalées, d'autres simplement masturbées dans quelque recoin sombre - une porte cochère à La Havane, un jardin public à Budapest, un hôtel de luxe à Tel-Aviv, les toilettes en sous-sol d'un restaurant de La Bastille, des douches publiques d'ici et d'ailleurs - ou en pleine lumière dans des saunas, des clubs naturistes, ou des soirées privées très "open". Assez peu de pénétrations, en fin de compte, ni dans un sens ni dans l'autre. Quelques beaux élans amoureux, de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, une vie commune de plus de onze ans qui perdure - ce qui devrait me rendre fier, sauf que je ne lui trouve plus de sens. Et enfin une vraie histoire d'amour, construite dans le partage et le combat, mais en fait sur du sable, qui n'a que faire de mes digues et ne débouche nulle-part.

Cela me fait donc 26 ans de vie sexuelle ! Wouah ! Non, attend, laisse moi recompter... C'est bien ce que je me disais : 25 ans, seulement, 25 ans de vie sexuelle, puisque je me compromis durant toute une année dans une double vie avant de parvenir à sortir du trou.

Cela nous fait donc un quart de siècle, pour une égalité presque imparfaite.

23 avril 2009

de la dissociation du sexe et de l'amour (tryptique - 1)

brutos8333_by_TIM.jpg

Je suis allé nager à Roger Le Gall, hier midi. A une dizaine de mètres de moi dans le vestiaire, un garçon se séchait tandis que je me déshabillais. Il me regardait, je le regardais. J'enfilais mon maillot, lui son boxer. Nos sexes étaient lourds et se gonflaient.  Nous avons tous deux marqué un temps d'arrêt, effleuré nos sexes pour en souligner les marques du désir, les avons empoignés l'un et l'autre en nous regardant toujours. Les choses auraient pu en rester là, j'aurais pu finir d'ajuster mon maillot, rejoindre les douches et filer nager. Comme souvent cela arrive. Mais je suis allé me glisser dans une cabine de déshabillage, et il m'y a rejoint quelques secondes plus tard. Il a ôté son boxer, j'ai conservé mon maillot à mi-cuisse, il s'est accroupi et s'est livré à une fellation magistrale. J'aurais pu jouir dans sa bouche, n'eussent été mes principes dans ce domaine, et j'ai pensé que je ne m'étais pas laissé aller ainsi depuis longtemps. Il a appuyé son visage contre ma hanche, a observé mon sexe se ranger doucement, mon sperme couler sur mon ventre, s'est astiqué quelques minutes encore, deux ou trois, pas plus, et a joui à son tour. Je suis sorti le premier de la cabine pour aller me doucher. Nous n'avons pas échangé un mot.

brutos12845.jpgJ'avais souvent vu ce garçon auparavant par ici. Au tout début, il était un peu rondouillard, mais son assiduité au bassin lui a donné un abdomen agréable. J'ai moi-même retrouvé des rythmes et des fréquences de nage plus soutenus, et mes petites fossettes abdominales se sont reconstituées. Ce qui me donne au moins un peu de confiance en moi, mais ne rend pas mon chagrin moins douloureux.

Mon ami Manu, celui qui me touche toujours tant par cet à-fleur-de-peau qu'il se trimbale partout et lui interdit la paix, m'a assez profondément troublé dans un commentaire, l'autre jour. Il a repris cette phrase où je disais que "l'essentiel de ma vie se (jouait) ailleurs" pour constater : "le lecteur que je suis pourrait le regretter, ou regretter au moins que cet essentiel ne passe plus par le filtre de ce blog. C'est égoïste, un lecteur. Ça voudrait tout partager, tout savoir, épauler quand il faut, rassurer quand c'est bien, piquer quand ça s'amollit, être ému, tourmenté, intrigué "à la place de"... Les manques risquent de se faire vifs si les deux eaux se séparent, si l'Oh vivant et l'Oh écrivant s'éloignent l'un de l'autre."

Alors je lui ai répondu ceci, qu'il me vient à présent à l'esprit de préciser : "Ce que je veux dire, manu, c'est pourquoi parler d'un écart libertin s'il n'a ni sens ni saveur ? Le blog continue à livrer l'essentiel de moi, rassure-toi. C'est l'essentiel qui n'est plus le même."

Des anecdotes comme celles que je viens de te raconter, que j'appelais avec délice mes petits péchés du jour, il m'en est arrivées quelques unes ces derniers temps. Et pas seulement à Roger Le Gall. Je ne suis même pas sûr qu'il m'en arrive moins que l'an dernier, quand je te donnais à voir l'homme exultant que j'étais. Le chagrin n'y a pas fait grand chose.

Ce qui a changé est différent. Mais pour l'expliquer, il me faut revenir là-dessus : j'avais une vie terne, rangée, sans passion, sans élan, une vie de couple d'où le sexe avait disparu depuis, quoi, au moins cinq ans. Au point que de crise en crise, nous avions repoussé les frontières du libertinage que nous nous autorisions l'un à l'autre. Et ces petits péchés devenaient le sel de ma vie. Il me plaisait de les partager avec toi, parce que ton regard me rassurait, extirpait de moi le sentiment peut-être de n'être que pervers et libidineux, il restaurait le droit à un intime désocialisé. Il me permettait de me jouer du grand comme du petit amour, parce qu'au fond le droit au plaisir autorisait qu'on déplaça les tabous. Et je pouvais continuer à me dire amoureux d'Igor, puisque nous n'avions jamais envisagé de remettre en cause notre union ou notre vie commune.

Et puis j'ai connu l'amour, et puis le chagrin d'amour. Et c'est ça qui a tout changé. Je n'ai pas moins batifolé en étant amoureux. Et des bites ont continué à croiser ma route au cœur de mon chagrin. Un tout petit peu moins qu'auparavant, peut-être. Mais dans tout cela, ce n'est pas le sexe, qui a changé - même si dans le chagrin, une fois passée la fulgurance des rencontres, la relation qui se prolonge me plonge dans une affreuse incongruité, voire un terrible ennui. Ce qui a changé, c'est la place que je lui accorde, au sexe. Être privé de mettre du sexe dans mon amitié amoureuse me déchire à présent, alors que mes petits péchés du jour sont devenu subalternes, pitoyables, pathétiques.

Vois-tu, Manu, je n'ai rien de plus à cacher aujourd'hui qu'hier. L'Oh! vivant et l'Oh! écrivant sont toujours les mêmes. Quand l'essentiel se joue ailleurs, ce n'est pas qu'il se cache à présent derrière la porte d'une cabine pour expurger son sperme, c'est simplement que ce sperme n'a plus vraiment "ni sens ni saveur", c'est ça, et qu'il m'apparait dérisoire d'en rapporter ici les éclats. Et du coup, ce que je te livre à présent y est beaucoup plus précieux, car beaucoup plus intime, je ne suis plus devant toi arrogant, mais le cœur à vif, et bien toujours totalement nu.

J'ai eu une longue discussion l'autre soir avec mon ami d'amour. Nous parlions de l'extinction du désir comme d'un phénomène inéluctable dans un couple. Et pour autant de la foi dans les envies de construire de l'en-commun, du sous-le-même-toit. Dans lequel de ces deux termes se trouve l'amour, dans le désir ou dans l'envie de construction ?

Si l'amour n'était voué, pour durer, qu'à se libérer du sexe, si ce n'était que ça, alors il devrait être possible. C'est donc qu'il y a d'autres hic. Je vais poursuivre cette exploration de mes doutes du coup, avec deux billets peut-être, dont j'ai déjà les titres :

de l'impossible réciprocité de l'amour

et voir l'amour et mourir

à suivre, donc...

29 novembre 2008

se rassurer à peu de frais

medium_hommes_nus.jpg

J'avais besoin de me rassurer. Forcément, après la queue de poisson de ma sortie du sauna jeudi, ce "best friend" reçu en pleine poire le même soir, chargé de promesses et de frontières, de possibles et d'impossibles, d'éternel et de jamais, d'idées mêlées et emmêlées, après le billet d'hier qui découlait logiquement de ces doutes, et la morosité traînée ensuite la journée durant, dans une ambiance professionnelle mortifère...

Mon copain Yves, avec qui je partage le goût des sorties naturistes à la piscine Roger Le Gall m'avait sollicité, d'un courriel lapidaire dont il a le secret, au corps de texte vierge, la question simplement inscrite ainsi en objet : "vendredi ?"

J'avais dit oui, en précisant que j'avais besoin de tendresse, et le matin, au réveil, bien que passablement en retard, je pris le temps de me passer les poils pubiens à la tondeuse et de me raser les couilles.

Suffit-il vraiment de ces choses-là ? Je devais retrouver Yves vers 22h 30 chez lui. J'allais donc hier soir très innocemment à la piscine faire mes longueurs quotidiennes de maintien de forme. Mais à l'heure de la douche, puis au vestiaire, j'ai vu des garçons bander ostensiblement en me regardant. Des beaux garçons. Chercher à s'approcher. Et se palucher gentiment. L'un est même venu rejoindre ma douche voisine, et moyennant quelques jeux aussi discrets qu'érotiques, a lâché un jet puissant contre la paroi en carreaux de céramique.

Je me suis interdit de trop en faire, compte-tenu de mon rencart de la nuit, et me suis simplement étonné qu'un coup de tondeuse ait suffi à réhabiliter en moi un peu de sex-appeal.

A bien y réfléchir, j'ai joui. Mais une heure plus tard, devant un tartare sicilien à tomber par terre. C'était chez Félicie, la brasserie fétiche de Fiso où j'étais allé manger sur le pouce pour attendre 22h 30 pas trop loin de chez Yves. Là-bas, connecté à la wifi gratuite, j'ai appris d'Olivier Autissier une bonne nouvelle concernant mon ami-d'amour. Je ne m'étends pas sur les relations de cause à effet, mais à tort ou à raison, et au risque de perturber sa préparation au concert du week-end, j'ai tenté de le joindre à Londres pour la lui transmettre.

Auprès d'Yves, et de sa légèreté papillonne, j'ai ensuite trouvé ce dont j'avais besoin : de la tendresse, un sexe admirable, une couche hospitalière.

Et il m'a dit des choses des plus agréables sur mon postérieur : il faut bien commencer par une partie de son corps, pour se réconcilier avec soi-même...