26 juin 2008

le héros et le maître chanteur

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Bon, ben Seji, c'est fait : il a sa carte de séjour. Un an ! Quel sésame !

Ça c'est fait au prix d'une longue et belle bataille : ton soutien, ta présence, l'engagement de son orchestre, des interventions de parlementaires... tout cela était dans le dossier des fonctionnaires qui ont traité son affaire. Quand il a été convoqué le 22 mai pour se voir remettre son récépissé de régularisation, c'était au "bureau des affaires réservées". Tu savais que ça existait, toi ?

Et hier, même bureau, enfin la carte, et la fin des ultimes doutes. Respiration...

Mais ça ne s'est pas fait sans une manoeuvre de dernière minute : il a fallu qu'il signe une attestation d'abandon de recours. Parce qu'il avait engagé une procédure contre la décision de la préfecture devant le tribunal administratif. Avec une audience programmée début juillet. Son dossier ayant été réexaminé, sur le fond, il était légitime de lever la plainte. Sauf que l'audience devait aussi examiner la demande de dommages et intérêt pour préjudice subi.

Eh! bien, non : la perte d'emploi, la suspension des l'allocations logement (alors qu'il paye TVA, impôts sur le revenu et taxe d'habitation comme tout le monde), le non versement des indemnités ASSEDIC (alors qu'il y a côtisé des années), les nuits sans sommeil et les coups de déprime... toute une année d'angoisse : en pertes et profits, la question ne pourra pas être posée.

Ça tombe bien, il avait l'intention de la lever, la plainte, préférant s'en tenir à sa régularisation. Mais y être obligé au terme d'un ultime chantage, ça le dégoûte, et ça me dégoûte !

Mais bon, disons qu'aujourd'hui, l'essentiel n'est pas là. Champagne pour le héro !

09 mai 2008

toujours Non à la Directive de la honte

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C'est finalement ce mois-ci que le projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen. Je t'en avais déjà parlé ici.

Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les sans-papiers.

Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression.

En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes. Des enfants en âge d'être scolarisés pourraient être concernés par ces dispositions dès lors qu'ils ne seraient pas isolés de leurs parents.

En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise 1778972264.jpgles sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.

Le projet de directive qui est présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.

Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l'éloignement forcé.

Tu peux appeler les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet, en t'associant à la pétition qui est en ligne là.

J'ajoute un lien vers une belle déclaration de Jeanne Moreau, au nom du collectif des innombrables, qui s'engage à soutenir et à protéger les enfants scolarisés, quitte à transgresser la loi, pour que notre pays n'ait pas que la figure de la haine et de la honte à montrer.