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22 mai 2009

les hommes à l'histoire niée

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C'est à toi que j'écris. A toi seulement. Sans savoir si tu liras ces lignes, en sachant que tu ne les liras pas. Ce blog a quitté depuis longtemps ton univers alors que tu en restes le coeur et les reins. Et s'il t'arrive d'y passer, je suppose que ce n'est ni par nostalgie, ni par curiosité. Ni par simple amitié, ni sur un reste d'amour. Car alors tu m'en parlerais. Si tu t'y aventures, à pas feutré, je suppose que c'est en agent de surveillance, pour être sûr qu'aucune bribe de notre intimité n'y est plus égratignée, je me trompe ?

C'est dur d'être ainsi nié dans ce qu'on a de cher.

Mais sans doute n'y viens-tu simplement plus jamais, parce que ton caractère est ainsi fait qu'une fois les pages tournées, tu n'aimes pas revenir t'y perdre...

Les choses inutiles sont parfois les plus importantes, c'est donc pourtant à toi que j'écris aujourd'hui.

Tout juste un an après.

Je sais, tu répugnes aux dates anniversaires. Futiles symboles ! Mais où n'y a-t-il pas de symbole pour se représenter le monde ?

Moi je préfère les souvenirs aux voyages dans le noir.

Je me souviens combien tu étais tremblant en entrant dans le bureau de la préfecture, ce jour-là. Au Bureau des Affaires réservées, c'était un signe, mais ça n'avait pas suffi à te rassurer. La dame en face de toi expliquait que ton autorisation de travail et de séjour avait été rétablie par le ministre, mais tu n'étais pas sûr de bien comprendre. Tu étais tendu, à l'affût, tu aurais voulu embrasser dans le même regard la fonctionnaire, ton avocate et moi, pour être certain que les questions posées n'étaient pas des pièges. Que cette fois, l'histoire était vraiment finie, que tu pouvais respirer. Depuis trois mois, devenu sans-papier, tu t'étais tant de fois imaginé reprendre ta valise, et retourner sans projet ni envie dans le pays d'où tu étais sorti pour échapper à... A quoi, d'ailleurs ? Une pression sociale devenue trop forte ? En quoi ça les regardait ? C'était ton histoire, voilà tout.

Je n'oublierai jamais cette demi-heure passée à tes côtés dans ce petit bureau. L'aboutissement d'une bataille partie d'une incroyable injustice, si semblable à celles que vivent, dans toutes les couleurs, les migrants dont on nie l'histoire et leur singularité pour n'y voir que des affres à  anéantir. Ou des statistiques-épouvantail. Faciles bouc-émissaires.

Je n'oublierai pas les trois mois qui avaient précédé, les angoisses terribles qui avaient accompagné tes jours et tes nuits, le choc de la lettre assassine, d'abord, la confrontation avec un néo-esclavagiste à ton travail qui n'avait cure de tes problèmes de dos et de papier, ces dents que tu gardais serrées.

brutos828WEB.jpgEt puis surtout, et celà est désormais pour toujours inscrit sur ma peau et dans mes larmes, je me souviens de comment nous menions ce combat pour dépasser l'étreinte injuste : ensemble, entre deux caresses, entre deux jets de sperme. Moi entre deux amants, ignorant de ta souffrance, toi entre concerts et commentaires laissés sur mon blog, dans la proximité et la reconnaissance réciproque.

Je me souviens aussi que si nos rendez-vous étaient toujours tendres, attendus et fructueux, si tes caresses étaient toujours magiques, c'est dans le regard connivent de nos amis que nous étions solides.

Je ne les oublie pas, eux non plus, ceux-là-même qui s'attachaient à ce blog, y partageaient notre révolte, s'engageaient, témoignaient, participaient à ce combat. Combien de lettres as-tu reçues par leur entremise, qui suffisent à dire que cet exercice dépasse l'inconsistance virtuelle.

Nous rassemblions aussi des courriers de parlementaires, d'élus, la Préfecture avait commis des erreurs trop grossières, il était évident que tu aurais réparation, mais pourtant, jusqu'à ce rendez-vous, c'est le pire scénario qui s'imposait à tes rêves et te minait de l'intérieur.

Tu restais beau, pourtant, le regard rieur, traits d'esprit en alerte, et il n'en fallut pas beaucoup pour que mes amis deviennent les tiens quand, quelques jours plus tard, nous célébrions la victoire autour de plats gastronomiques de ton pays.

Dans tout juste un mois, tu repasses l'épreuve de la préfecture. Ce sera un 22, encore. Nombre maudit ! Après l'affront, et la réparation, la vie s'en va comme si rien ne s'était passé, un ministre a chassé l'autre mais on te demande encore de justifier de ta situation professionnelle, de t'expliquer sur le pourquoi d'un CDD. De récépissé en rendez-vous,  la course d'obstacle de l'étranger ne t'est pas épargnée davantage, même si cette fois, c'est toi qui est passé à l'attaque, en demandant qu'on te reconnaisse le droit à la sécurité administrative.

Ce combat encore, nous le menons ensemble, je suis fier de réussir ça dans notre nouveau contexte si plein de frustrations, et heureux de ta confiance.

Mon psy, à qui je demandais l'autre jour de discuter cette histoire de dette que j'éprouverais sans cesse le besoin de régler, m'a retourné l'appréciation, identifiant chez moi des stratégies qui consistent à mettre en dette.

Je ne sais pas, mon amour, si dans ce combat j'escompte te rendre redevable. C'est possible. Comme si l'amour pouvait se récolter en règlement d'une dette, à la façon d'une dîme de blé prélevée dans un champ fauché !... Je crois que je voudrais surtout te savoir une fois pour toutes en sécurité, donc autonome, totalement indépendant. Donc libre. De m'aimer un peu, de m'estimer beaucoup, de me supporter passionnément, de m'oublier à la folie. Seule cette liberté rendra au fond sa dignité à ton histoire.

Et m'affranchira.

27 septembre 2008

zone d'attente pour personnes en instance

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Il y a peu de temps, ma blogpote Fiso demandait à ses lecteurs et lectrices quel était leur musée préféré. Je ne crois pas que ce soit ma préférence, mais mon dernier musée "découvert" est la Cité de l'Immigration, qui se trouve Porte dorée, à Paris. J'y étais ce jeudi.

Au vrai, je ne m'attendais trop à rien. Un musée sur l'immigration, ouvert en pleine période de chasse aux étrangers, sur le site de l' Exposition coloniale de 1931... mais boudé lors de son inauguration par les membres du gouvernement... Politiquement correct, carrément hypocrite, ou plutôt rebèle et à contre-courant, audio-guide sur la tête, j'étais prêt à tout.

Bon évidemment, on sent que la sémantique a fait l'objet d'une attention pointilleuse, surtout si les sujets relevaient d'une actualité un peu brûlante, surtout dans les salles permanentes. Ainsi, quand sont évoqués les centres de rétention pour étrangers, ces camps où s'entassent à proximité des aéroports des sans-papier non-expulsables en raison de la situation de leurs enfants ou de l'imminence d'une décision de justice, ainsi que les déboutés du droit d'asile, on y parle plutôt de "zone d'attente pour personnes en instance" - le terme administratif officiel, je présume...

Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé que l'immigration était traitée de façon objective, à la fois dans ce qu'elle représente de richesse culturelle pour un pays, mais aussi à travers la simple humanité de chaque parcours de vie qui la constitue. Elle est dense de témoignages. Il y manque peut-être d'y approfondir les considérations sur le développement du monde, les contextes locaux des pays d'origine et les raisons qui fondent les vagues migratoires.

564ExpoColonialParis.jpgL'exposition temporaire "1931, les étrangers au temps de l'Exposition coloniale" est particulièrement réussie (elle est prolongée jusqu'au 5 octobre). Elle n'aborde pas tellement la question de la représentation de l'indigène dans l'imaginaire de l'époque, ni même l'Exposition coloniale en elle-même, mais plutôt la condition des étrangers vivant en France à cette époque.

On y découvre que si les ouvriers étrangers - les mineurs en particulier - étaient particulièrement prisés en raison de leur docilité et de leur faible coût dans le premier tiers du XXème siècle, ils furent, au déclenchement de la crise économique de 1929, la cible de rudes campagnes qui en appelaient à leur licenciement pour laisser le travail aux Français. On y voit même qu'une loi fut votée en ce sens par les parlementaires de toute couleur politique, à l'exception des communistes... La France tenait déjà ses bouc-émissaire et se dotait de dispositifs règlementaires, tels les "aides au retour" ou les expulsions par "wagons spéciaux" au prétexte de délits insignifiants, qui montrent que Hortefeux et compagnie n'ont décidément rien inventé.

Ainsi, on se pressait dans les allées de l'Exposition, en famille, les week-ends, sur le site qui allait devenir le zoo de Vincennes, où avaient été rassemblés des spécimens de tisserands indochinois, de vanniers sénégalais, de chasseurs amazoniens. On s'ouvrait à l'exotisme du monde, on se glorifiait de la puissance de la France, et en même temps, on chassait l'étranger venu prendre l'emploi des Français. A l'époque, l'étranger n'était ni africain ni maghrébin, mais plutôt polonais ou italien. Huit ans plus tard, la France basculerait dans le fascisme et collaborerait avec l'occupant nazi.

Dans la dernière salle de l'exposition, qui retrace à grands coups de dates un peu toute l'histoire du rapport de notre pays aux étrangers de 1931 à aujourd'hui, au milieu de grandes bâches tendues où sont évoquées y compris l'occupation de l'Eglise Saint-Bernard en 1996, les manifestations anti-Le Pen de 2002 ou la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale en 2007, trône... une cocotte minute !

23 avril 2008

toujours entre deux eaux

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Ils ont eu l'affront de sortir de l’ombre. Sans droit, d’aucune sorte, clandestins mais exploités, ils se sont mis en grève. Ils ont eu le courage de se montrer, d’affronter le regard des autres. Et celui si hostile de l’administration. Le sombre Hortefeux annonce un examen au cas par cas, pour ces 700 salariés sans-papier. La CGT déclare que ce faisant, c’est tout un cadre de négociation qui se dessine, et qu’ils seront plusieurs milliers à en tirer les marrons du feu.

Y’a pas à dire, la grève, pour les ouvriers, ça reste l’arme du progrès. Saiichi, les lignes bougent, la préfecture, contre toute attente, te convoque pour un réexamen de ton dossier. Et te voilà de nouveau entre deux eaux. Mais le contexte n’est plus le même.1269735376.jpg

Autrement, Mumia Abu-Jamal a 54 ans aujourd’hui. Dont 26 passés en prison. La moitié de ses anniversaires. La chose nouvelle cette fois, et ce n'est pas anodin, c’est qu'il n'est plus dans le couloir de la mort, sa condamnation à la peine capitale ayant été cassée, fin mars, par une cour fédérale américaine. Même s'il est encore entre deux eaux, les chefs d'accusation n'ayant pas encore été abandonnés, c’est le moment de ressortir mes T-shirts.

Et puis tu as vu ? L’Huma et Libé ont la même manchette à leur une, aujourd’hui : Manaudou entre deux eaux… C’est peut-être moins important pour l’avenir de l'humanité, mais ne crois pas que ça m'affecte moins.

06 avril 2008

La Marne, pas pour y mourir

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J'aurais voulu passer à des choses plus légères. Evoquer mon corête du Japon qui brille de mille soleils dans mon petit jardin chéri. Te parler de mon impatience à passer ma nuit de mardi avec Saiichi. Du goût que j'ai aux lèvres de son sexe et de sa peau. Des haïkus écrits avec malice par mon copain Manu où les noisettes ne sont pas forcément celles que l'on croit, de ces photos reçues de monts enneigés et de la promesse de belles vacances au ski l'année prochaine...

Mais ce sont les sans-papier qui se rappellent encore à moi. De la pire des manières, comme en écho à mon dernier billet.

La Marne n'est pas faite pour qu'on y meure, surtout pas à Joinville. La Marne, ce sont les guinguettes, ce sont les clubs de kayak et d'aviron, c'est la vision d'une rivière urbaine encore apte aux loisirs, à la détente et à l'art. Une rivière, bien que tout près de Paris, où de joyeux possibles existent encore : ce sont des escales du festival de l'Oh!, ce sont les impressionnistes... Ce sont de grandes traditions populaires autour de l'eau, des anciennes baignades, et peut-être demain de futures baignades, bref, c'est un fleuve fait pour la fête.

1596986406.jpgEt pourtant, la Marne est en deuil. Un tout jeune homme de 29 ans, malien et sans papier, poursuivi par la police, s'y est jeté du pont de Joinville pour échapper à un contrôle. Il en est mort. C'était vendredi après-midi. On ne connaît pas encore son identité exacte. Depuis l'été dernier, il est la quatrième personne dont la mort peut directement être imputée à la politique de traque des sans-papier, comme le rappelle cette dépêchede Reuters. Sans parler d'Elisabeth, Béninoise résidant légalement en France, travaillant sous CDI, mais dont le mari français est décédé d'un cancer et qui du coup est l'objet d'une mesure d'expulsion (la pétition reste disponible ici). La politique du chiffre montre toute son absurdité, ses limites et son inhumanité.

La moindre des politesses

J'ai bien souri d'ailleurs en voyant l'insigne choisie par le mouvement sportif français pour signifier en toute discrétion l'attachement des athlètes français aux droits de l'homme lors des jeux olympiques de Pékin. Au dessus du mot France, on pourra y lire :"pour un monde meilleur". Pour qui 955665869.jpgse prend-on, honnêtement, à vouloir donner des leçons de "monde meilleur" au reste du monde, tout en traitant les étrangers de cette façon. Pays des droits de l'homme mon oeil ! Quelle mystification ! Cassée pour cassée, arrêtons d'exploiter cette image. Ou alors reconstruisons-là, mais dans les faits, pas dans les coups de marketting !

Hier soir sur France 3, j'entendais Youssou N'Dour rappeler : "il faut que le gouvernement sache que la France a cessé d'être considérée comme accueillante, elle n'interresse plus les gens pour chercher des visas. Elle a été supplantée depuis longtemps par la Chine, ou par l'Amérique. L'immigration, c'est un problème qui n'existe pas. Arrêtez d'utiliser l'immigration comme un thème pour vous faire élire."

Un peu plus tard, sur une autre chaîne du service public, Zazie avait cette élégante réponse à une question sur son engagement au profit de l'association sol en si :

"- Diriez vous que vous êtes une artiste engagée ?" lui était-il demandé.

"- Non, répondit elle, c'est la moindre des politesses quant on a une voix qui porte".

J'aimerais que tous les artistes, tous les sportifs, toutes les personnalités qui ont de la voix ou de l'audience aient cette politesse de s'associer à l'appel lancé hier par les associations et les collectifs de sans papier et demandent un moratoire sur toutes les expulsions de sans papier !

03 avril 2008

Saiichi, la saison des Sakura

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Au Japon, c'est la saison des Sakura (les cerisiers). et Saiichi est devenu un sans papier.

Ordinaire ressortissant étranger quand je t'en ai parlé pour la première fois, Japonais d'origine et de nationalité, il menait une petite vie parisienne paisible, travaillant dans le secteur marchand, en CDI, plus pour justifier d'un emploi et sécuriser son statut de résident que par vocation. Il attendait le moment de rechercher une vraie activité, pleinement connectée à la musique, ou au médical, ses deux vocations et domaines de qualification.

Mais une brusque machine administrative s'est rappelée à lui, lui confisquant en deux mois tout statut : autorisation de travail, carte de séjour, emploi.

Il n'a plus rien.

Dois-je préciser qu'il n'a évidemment commis aucune faute, aucun crime, aucun délit ? Il a juste changé d'emploi, et perdu 50 euros de salaire : aussi incroyable que cela puisse paraître, ça a suffit à un fonctionnaire de la DDTE (Direction départementale du travail et de l'emploi) de Paris pour considérer qu'il avait connu une "modification substantielle de ses conditions d'emploi et de rémunération" justifiant l'annulation de son autorisation de travail. D'où a découlé le non-renouvellement de son titre de séjour et son arrêt d'expulsion.

Où en est-il aujourd'hui ?

Avec son avocate, un recours a été introduit auprès de l'affreux Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, contre l'annulation de son autorisation de travail. Puis un autre recours, auprès du tribunal administratif celui-là, contre l'arrêt de la préfecture de Paris qui l'obligeait à quitter le territoire français sous un mois.

Le premier recours n'est pas suspensif, donc il reste sans autorisation de travail jusqu'à l'aboutissement du recours (normalement deux mois 993830486.jpgmaximum). Le second est suspensif, donc il n'est pas expulsable mais reste sans papier. Enfin, une procédure de licenciement a été engagée, il est donc en période de préavis jusqu'au 11 avril, après quoi il n'aura pas droit aux ASSEDIC car en situation irrégulière.

Un sans papier en situation de non droit. Voilà ce qu'ils en ont fait et où il en est...

Bon, il tient le coup malgré tout. Avec des hauts et des bas. Les hauts, il les tient surtout des soutiens qu'il reçoit. Une sénatrice de Paris est intervenue, deux députés, dont le vice-président du groupe d'amitié France-Japon, un maire adjoint de Paris, des contacts ont été activés auprès des directeurs de cabinet de ministres par le biais d'amis ou d'amis d'amis... la filière entre2eaux lui a valu une petite dizaine de courriers (merci de tout ce que tu as déjà fait - même si apparemment quelques lettres se sont perdues, parce que pour couronner le tout il y a de graves problèmes de distribution de courrier avec La Poste dans son quartier), et les amis de son orchestre sont très mobilisés. Les bas, il se réveille souvent avec quand sa situation lui saute à la figure, ou quand il peine à communiquer avec son avocate.

Jusque là, la compréhension des procédures, la préparation des recours, leur relecture, leur correction, la collecte et l'organisation de ces soutiens l'ont beaucoup occupé et l'ont aidé à tenir bon. Il entre maintenant dans une période difficile, où il doit s'inscrire durablement dans la précarité et l'absence de ressources. Il doit attendre le résultat des démarches. Son avocate l'encourage à rechercher dès à présent un nouvel emploi, mais tu imagines, toi, convaincre un employeur de te faire une promesse d'embauche quand tu es sans papier, sans autorisation de travail, en cours de procédure judiciaire ?...

Mardi soir, je passerai la soirée et la nuit avec lui, ma deuxième nuit. J'ai hâte de ce nouveau moment de tendresse, et il a hâte aussi. Parce qu'entre nous, même si tu me gloses, il y a plus que simplement des "jets d'oreiller."