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01 juin 2010

de l'intérêt du micro sans fil

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Je suis autour d'une table, une table rectangulaire, sombre, nous y sommes quatre ou cinq. Sur un bureau à côté, plus étroit, surélevé, sombre aussi, se trouvent deux ordinateurs, les écrans sont éteints, l'un est le mien. Nous nous tournons vers eux, nous ne sommes plus que deux. Que ferons-nous, si le premier ne fonctionne pas ? Sera-t-il permis d'utiliser le mien. Je prends peur. Et mes dossiers privés, et mes fichiers pornos, s'ils venaient à être ouverts par hasard, en pleine projection publique ?

D'ailleurs, ce n'est pas autour d'une table, que nous sommes, mais bel et bien sur une scène. Deux collègues m'accompagnent, deux femmes, alertes, l'une de chaque côté de moi. Face à nous, un public d'enfants. Nous nous avançons vers le devant de la scène. Mes collègues ont toutes les deux en main un micro sans fil, comme pour en organiser la circulation dans l'assistance. C'est moi qui parle. Mon micro est filaire. Je suis le Maître de cérémonie, mais suis subitement stoppé dans mon avancée par un câble trop court. Mes collègues ne se rendent compte de rien, d'un air réjoui elles continuent à s'avancer. J'ai l'air con, seul avec la parole mais arrêté dans mon élan presque dans les coulisses.

Soudain, une musique se met à jouer puis s'arrête. Une musique courte mais enlevée. "Les enfants, savez-vous ce que nous venons d'entendre ?" J'attends qu'ils me disent "une virgule", ou "une respiration". C'est qu'auparavant, ils ont été beaucoup sollicités. La salle rit, chante, danse même à nouveau sur cette musique. Quelqu'un me crie le nom du chanteur, ou du groupe, ou du morceau, je ne m'en souviens plus. Mais j'ai l'air con, avec ma virgule.

C'est là dessus que je me suis réveillé. Trois vents dans la nuit. Dans le même rêve. Pour quelqu'un qui ne rêve jamais !...

"Cette histoire de câble trop court, surtout j'aimerais entendre ce que ça vous inspire..." Et là, un flash d'évidence au seul énoncé de sa question, le souvenir récent d'une voiture, d'une rencontre, d'une excitation haletante, émotive, contrariée, d'une main à peine glissée jusqu'au pubis, d'une envie hésitante, impatiente entre deux rendez-vous, ma mère qui m'attend dans un musée.

Je lui réponds, la voix tremblante : "La peur de l'impuissance, sans doute".Biosphoto_609652.jpg

Quinze jours après, Pentecôte oblige, j'ai revu mon psy, hier. Il a juste décelé dans ce que je sécrétais que j'avais besoin que l'on prenne soin de moi.

Syndrôme de la sortie de chrysalide ?

05 novembre 2009

mes sales rêves

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Sans plus trop savoir ce que je cherche à soigner, et même si je ne t'en ai plus parlé depuis longtemps, je poursuis mes séances hebdomadaires chez le psy. De toute façon, ça ou autre chose, je finis mes mois dans les ultimes recoins de mes découverts autorisés...

J'ai (presque) arrêté d'avoir peur des silences. J'ai (quasiment) réussi à ne plus préparer mentalement mes séances, à ne pas me laisser (complètement) envahir la tête par leur échéance. Il est (toutefois) un symptôme qui se manifeste à une ou deux nuits de chaque lundi : je fais des rêves, ou plutôt des cauchemars, dont je parviens à ne plus effacer les traces.

Une fois, je roulais dans un marais, à bord de ma toute nouvelle voiture, et bien que le temps fut clair, je me déportais sur ma gauche, et me précipitais irrémédiablement vers le bas côté, mon bras paralysé ne parvenant à redresser la trajectoire. Une autre fois, Paris devenait un musée géant à ciel ouvert, chaque fenêtre haussmanienne une toile de maître, et le bus dans lequel j'avais pris place pour une visite un bolide fou qui dévélait sans retenue les larges rues en pente, derrière le Panthéon je crois, et partit se perdre dans le vide abyssal de ma nuit.

La dernière fois, ce n'était pas vraiment un rêve, mais une séquence courte qui se répétait, lancinante, alors même que je n'étais pas en état de complet sommeil. Une femme enceinte se tenait debout, nue ou à moitié nue, j'en distinguais juste le buste et son gros, très gros ventre rond. Une main s'approchait de ce ventre, pas à proprement parler dans une position de caresse. Elle s'avançait par le haut, à la verticale, et les doigts, au contact de ce ventre, le pénétraient, un peu comme s'ils traversaient sa peau. Ou plutôt comme s'ils dissociaient le ventre de son buste et l'en écartaient à la façon d'une coque. Et la main s'enfonçait ainsi profondément dans ce corps. Puis mon image se focalisait sur le ventre, qui à ce moment-là se transformait en nez, ou plus précisément sous la paroi duquel un nez, un très gros nez s'agitait comme pour s'en libérer au point de se confondre avec lui. Tout cela se passait très vite évidemment, et se répétait deux ou trois fois avant que je réalise qu'il s'agissait d'images irréelles dont j'étais l'auteur et la proie. Je tenais mon rêve pour la séance à venir.

Alors sans vraiment me réveiller, une autre image venait me hanter : j'étais dans une pièce de petite taille, on aurait dit un moulin peut-être, ou un atelier, une sorte de réduit. Un incendie se déclenchait de l'intérieur et je cherchais à m'enfuir.

Le nez ? Je n'eus aucun mal à reconnaître qu'il s'agissait du mien : ce sacré nez que je ne supporte pas de croiser dans un miroir. Et le ventre, êtes-vous sûr qu'il ne s'agit pas non plus du vôtre ? J'ai évoqué les questions de parentalité qui sont venues me visiter à la faveur de rencontres familiales à mon retour du Brésil. Il a parlé de ma façon d'appréhender les autres, mes amants notamment, dans un rapport de maternement.

L'incendie ? On n'en a pas parlé, j'ai juste rappelé qu'en branchant mon ordinateur un soir à même son sac, l'idée de provoquer ainsi un incendie m'avait traversé l'esprit.

Reste à nous expliquer pourquoi il semble vous falloir y mettre la main...

Ce sera sans doute pour une prochaine séance.