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25 février 2011

la voix inhumaine

Mouammar-Kadhafi.gif

Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend fou absolument. Que Kadhafi, éructant un discours incohérent d'une voix désincarnée à travers les ondes hachées d'un vulgaire téléphone portable, abonde cette devise connue, c'est un fait. Ils ont été cinq, ou dix, au cours du siècle écoulé, à pouvoir ainsi prétendre au titre de monarque de divine folie : Ceausescu, Kim Il-Sung et lui, ajoutons-y pour la tâche d'horreur qu'ils ont répandue dans l'histoire, Pol-pot, Staline et Hitler, le roi des rois.

Mais ne laissons pas Kadhafi, arbre frêle, désormais, cacher la forêt des pathologies narcissiques du pouvoir : le perdre-pied avec la vie réelle est malheureusement un virus fréquent dans les palais et dans les cours. Des hommes intègres et de brillants révolutionnaires en ont été atteints. Presque tous, d'ailleurs, et une seule main suffit peut-être à compter ceux qui peuvent dire avoir été totalement immunisés : Mandela sans aucun doute, peut-être Gandhi... Y en eut-il vraiment d'autres ?

Kadhafi parlait hier soir d'une voix inhumaine. Et terrifiante. Franchement, je ne sais pas comment qualifier la voix de Xavier Bertrand défendant au même moment sa statistique tronquée du chômage. Ni celle d'Alliot-Marie volant, pour tenter de sauver sa propre peau, au secours de la vision sarkozienne du monde face à des diplomates français en rebellion.

La morgue hautaine et froide, docte et lointaine, n'est jamais humaine. Les dictatures ne sont pas toutes sanguinaires, car l'histoire y a mis des garde-fou, mais les allégeances piteuses, comme les lâchages en rase campagne font bien toujours partie de l'arsenal de la politique de cour. Ne voient-ils pas, MAM et Ollier, que leurs interventions sont aussi pitoyables que celle de Moubarak à son dernier discours ?

Je ne vois qu'une façon de s'en prémunir : dépersonnaliser le pouvoir ! Plus de roi, plus de président, plus de maire, plus de chef : ils sont tous promis à la folie-malgré-eux, et leur entourage à l'obséquiosité. Mais du collectif, du participatif, du non-cumulable, du non-renouvelable, de l'invention perpétuelle sous le seul contrôle du collectif.

Pourquoi notre système n'est-il jamais interrogé dans son essence ? Ni ses structures oligarchiques, ni les complaisances ou les compromissions avec les milieux d'affaire.

Pourquoi les médias jouent-ils constamment le jeu des hommes providentiels, pourquoi ne s'intéressent-ils qu'à la pseudo-facto Annonce faite à Marie de la candidature de DSK ? Pourquoi faudrait-il que l'avenir du monde dépende toujours du choix d'un homme ? Et jamais des choix des hommes ? Que l'on confie le soin de nous représenter à l'un ou à l'autre, le temps d'une conquête - sociale ou culturelle -, le temps d'une négociation, en raison d'un charisme ou d'une expertise, certes : l'autogestion a sans doute, elle aussi, besoin de prendre figure pour se penser. Mais comment éviter le syndrôme de la cheville qui enfle, de la tête qui grossit, de celui qui finit par croire son peuple redevable - au point de lui prélever son éco au passage et de doter sa famille - et ses descendants - d'une immunité patrimoniale ?

mam-ollier.jpgLes parallèles sont faciles, ou difficiles, ils sont sujets à caution, de toute façon. Soit. Mais à mes oreilles, les voix inhumaines qui braillent avant de s'effondrer sonnent comme un appel à tout renverser. A ne plus rien tolérer de ce qui, dans nos institutions, permet la constitution de pouvoirs oligarchiques, la confusion entre politique et affairisme, et nous prive nous, en définitive, de tout pouvoir. Le réveil des peuples arabes est peut-être un signal.

Il faut changer la constitution, modifier les règles de financement des partis politiques, et abolir le pouvoir présidentiel ! Il faut repenser les corps constitués, rebâtir les modes de représentation, décentraliser tous les lieux de la décision. C'est à ceux d'en-bas qu'il faut donner les droits et les pouvoirs, et si des cadres juridiques sont nécessaires, ce n'est qu'à l'aune de ce pouvoir populaire qu'ils doivent être érigés. A partir de là, on va pouvoir commencer à faire un peu de place aux jeunes, aux femmes, et changer le cours des choses. En s'épargnant au passage de nouvelles têtes coupées.

Mais nos dirigeants, s'ils sont moins fous, ont-ils seulement conscience qu'ils peuvent eux aussi trébucher ? Qu'ils vacillent déjà ? Mam est sur la route de Ben Ali, Ollier dans son sillage, Fillon sera sur celle de Moubarak. Sarko, le bain de sang en moins, nous la jouera-t-il à la Kadhafi ?

En fait, je voulais avec cette note déboucher sur une autre voix de téléphone, une Voix Humaine, elle, et déchirante, le texte superbe de Cocteau mis en opéra par Poulenc. Mais il est déjà tard. Ce sera pour demain.

12 février 2011

les pieds d'argile

les chaussures de la place al-tahrir.jpg

Allez, levons notre verre à ces géants aux pieds d'argile, à ces rocs inébranlables qu'une pichenette anéantit. Je crains qu'ils ne nous fassent une sérieuse dépression dans les jours qui viennent, et il y aura sans doute moins de médecins à leur chevet...

Les révolutions travaillent plus dignement que les guerres. Je vois plus de propreté dans les fins de Ben Ali ou de Moubarak que dans celle de Saddam Hussein. Et le peuple n'a pas la même tête quand il s'agit de penser aux lendemains...

J'en connais qui doivent regarder leurs pieds, et pas seulement au sud de la Méditerranée : on leur confie une part de l'avenir du monde, la nôtre en l'occurrence, mais ils vont se faire bichonner sans voir d'incongruité auprès de contre-modèles démocratiques. La démocratie leur est pourtant bien commode. Quel alibi, pour refuser d'entendre les contestations sociales ! Vous n'aviez qu'à pas nous élire, ou vous n'aurez qu'à choisir le concurrent la prochaine fois.

C'est vrai au fond, nous, nous avons le choix, alors de quoi nous plaignons-nous, pourquoi ces grèves à répétition qui empoisonnent tout le monde, pourquoi ces manifestations ? Les retraites, l'emploi, c'est tous les cinq ans que ça se joue puisque nous, nous avons le droit de choisir !

Mais c'est bien ça, le problème. On a le droit de choisir quoi, tous les cinq ans ? On y débat de quoi, dans cette élection présidentielle ? On s'y implique comment ? Des produits marketing, des bêtes de communication, des figures pour papier glacé nous imposent leur image fabriquée, et nous en abreuvent pendant des mois. Qu'on ne me dise pas qu'une confrontation Sarko-Ségo tous les cinq ans, même agrémentée de variations préliminaires Marine-Bayrou-DSK, nous dispense de l'action, de la contestation, de la pensée d'un autre-chose, et de la construction !

Finalement, ici, le système est à peu près le même que là-bas. On y devient juste président trop vieux pour rester au pouvoir trente ans. Ou alors - et c'est peut-être moins éprouvant, du coup - le passage par le trône vous laisse atterrir en douceur dans un fauteuil de confortable constitutionnaliste, ou de chargé de mission multi-fonction aux épais jetons de présence. L'essentiel pour les puissants y est exactement le même : que rien ne change pour leurs privilèges !

Alors oui, qu'ils regardent leurs pieds, qu'ils les touchent, même ! Et pas seulement en raison de leurs dernières vacances dorées. Juste pour vérifier s'ils ne sont pas aussi de sable. Et qu'ils n'ont rien de géant !

Quelque chose me dit qu'il y aura beaucoup de chaussures brandies, dans les prochaines manifs... Santé !

10 février 2011

c'est beau, un peuple en révolution

el-tahrir.jpg

C'est beau de voir un peuple rassemblé. La place al-Tahrir est belle, occupée par une foule qui s'essaye à un bonheur nouveau, celui de porter ensemble un même combat.

Mon Caire s'est transfiguré, jour après jour, se transforme encore et n'est qu'à la lisière de sa mue. Ma Tunis se cherche toujours, dans une actualité occultée par un Orient plus incertain. Ma Damas gronde-t-elle aussi sous cape ? En tout cas des espoirs ont claqué dans le ciel : un peu flous, sans doute, mais qui sortent le monde arabe des clichés où l'enferment dictateurs et islamophobes confondus : des Moubarak-dégage1.jpgespoirs de dignité, de justice, d'intégrité, de liberté ! De ces petites choses simples si malmenées de par le monde, si contrariées jusqu'à nos propres portes.

Le grand cirque de la politique se poursuit dans l'incrédulité, attise la colère, brouille les cartes, et se répète, sans frontière, à l'infini. Ses maîtres, où qu'ils soient, sont les mêmes acrobates. Qu'ils fuient en turbojet à la première alerte, qu'ils mettent en scène un transfert flou du pouvoir. Qu'ils occupent deux heures durant face à des âmes innocentes les ondes de la compassion sur la chaîne du populisme télévisuel, ils gèrent au mieux le même bastringue de la corruption, poussés par les fortunes puissantes qui ont besoin de ces dérisoires 1309602_photo-1297373954037-1-0_640x280.jpgmurailles, mais avec de belles valises à sauvegarder pour leurs propres compte. Ou honteux des pommes où ils ont croqué. Dans le secret défloré de jets privés.

Tunis exhale aujourd'hui un jasmin printanier, Le Caire des chichas douces-amères, et au moins l'on respire. Pendant ce temps, mal-prévoyant sans doute, Paris agite l'épouvantail brun d'un multiculturalisme coupable, pas beaucoup plus malin que les autres mais tablant sur une haine bonne conseillère pour les cyniques et les désespérés.

Intriguer pour brouiller les cartes, décourager les peuples d'intervenir, les tenir loin des manettes... Ils sont les mêmes. Sauf que leurs peuples expérimentent et retrouvent le sens de l'histoire.

07 août 2009

Lajos Batthyány, ou la débandade hongroise

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Il avait 42 ans quand ils l'ont assassiné. Premier Président du Conseil d'une Hongrie qui s'essayait républicaine et indépendante. Entre 1848 et 1849. Ce n'était pas rien, pour cette nation, de s'affranchir d'un même mouvement du joug féodal et du joug impérial. Ni pour ce jeune homme issu d'une famille noble de prendre le parti des républicains. Il y avait alors de puissants courants de pensée qui donnaient corps à ces rêves, des artistes s'engageaient, des poètes regardaient l'Europe et lui vouaient un avenir.

C'était le Printemps des peuples, dont le vent avait pris naissance en France. Partout, des révolutions libérales, à qui il manquait de reconnaître leur place aux ouvriers, ce qui inspira à Marx et à Engels le Manifeste du Parti communiste, qu'ils publièrent, anachroniques visionnaires, à cette même époque.

De quelle utopie ils étaient capables nos Victor Hugo, Sándor Petőfi et toutes cette intelligentsia qui ne se résolvait pas à l'enterrement des Lumières ! L'armée des Habsbourg fit appel aux armées du Tsar pour écraser la République hongroise naissante, mais l'Empire austro-hongrois ne serait plus jamais le même, la Hongrie avait conquis sa maturité, et la nouvelle position qu'elle occupait dans l'Empire lui permettrait de jouer les premiers rôles dans le développement bourgeois de la fin du XIXè siècle. Le millénaire de la Hongrie serait célébré avec un faste incroyable en 1896, avec une Exposition Universelle, la première ligne de métro d'Europe continentale, de grandes artères et un raffinement qui font encore le cachet du Pest d'aujourd'hui...

Au fond, si l'Empire n'avait pas été du mauvais côté du manche pendant la Première guerre mondiale, et si - cruelle humiliation infligée aux perdants - la Hongrie n'avait pas été dépecée des deux tiers de son territoire, qui sait quel rôle elle occuperait aujourd'hui en Europe ?

Mais c'est ainsi. L'indépendance fut écrasée en 1849, Batthyány fut exécuté le 6 octobre, et la Hongrie perdit la guerre. Par dessus le marché, une guerre plus tard, elle fut mise au régime Traband et komsomols.

Il reste de ces époques des vestiges.IMG_3693.JPG

La place Batthyány, à Budapest, est de fait l'une des plus intéressantes. Située sur le bord du Danube, ouverte sur lui, elle fait face au Parlement sur la rive opposée, et c'est de là que l'on peut en apprécier le mieux son architecture victorienne dans toute ses dimensions. Une petite  église pittoresque côtoie une halle de marché en brique, et la statue de Janos Batthyány se dresse comme à la proue d'un navire.

C'est près d'elle que m'a rejoint Attila, mardi soir, et que nous avons bu un verre sur la terrasse du café Angelina. C'est drôle, notre moyenne d'âge était justement de 42 ans : l'âge des martyres !

Attila, je l'avais rencontré aux bains Szechény l'avant veille, avais approché mon transat du sien après avoir constaté son attirance, et avait pris plaisir à lui caresser les jambes et le torse. J'avais compris qu'il n'était pas adepte des petits coups consommés sur place. Nous n'avions pas parlé, sauf lorsque je dus partir pour un dîner chez belle-maman ! Le hasard avait voulu que nous nous rencontrions le lendemain sur une autre terrasse, à Palatinus. Cette fois, je lui avais offert de nous retrouver le lendemain pour passer une soirée ensemble, il avait accepté et nous y étions.

Il avait en lui beaucoup de douceur, qui parfois confinait au flegme et qui n'était pas toujours simple à interpréter. Nous avons parlé moitié en hongrois, moitié en anglais. Il venait de passer une dizaine de jours en Croatie. Tiens, à Trogir, justement, où j'avais été moi-même en vacances l'année de la canicule, en 2003. Nous avons aussi confronté nos expériences d'appendicites. J'en avais moi une marque laide et boursouflée, à cause d'une péritonite évitée de justesse en 88. Lui avait été opéré durant des vacances en Égypte, il y a trois ans. Mais une infection subite lui avait valu de retourner sur le billard une semaine plus tard, il en portait une cicatrice discrète mais spectaculaire, verticale, au milieu du ventre.

Je te parle d'Attila parce qu'il s'est produit une chose troublante, que je redoutais un peu. Alors que nous étions chez lui en pleine étreinte, je me suis mis à penser au billet que j'allais en faire pour ce blog. A sa structure, à la petite page d'histoire avec laquelle j'avais envisagé de l'introduire, dès la lecture au pied de sa statue des dates de naissance et de mort de Batthyány, à nos deux rencontres précédentes dans un contexte naturiste, à certains détails de son anatomie : ses cicatrices, la tâche de vin brune qu'il lui dévorait le flanc, ses testicules qui lui pendaient à mi-cuisse.

brutos11754.jpgCes pensées me faisaient débander, et cet épisode-même vint aussitôt trouver place dans mon projet de billet, me piégeant dans un dérisoire cercle vicieux. Cela m'était déjà arrivé une fois dans un sauna parisien. Et je n'aime pas du tout ce sentiment d'être ainsi dominé par mon sujet, l'impression de ne plus vivre les choses pour ce qu'elles sont mais pour pour ce que je pourrais en dire.

Curieusement, lui-même s'excusait de ne pas avoir d'érection plus vaillante, et mettait sa défaillance sur le compte de la fatigue. Il se mit à me parler de son petit copain, Zoltan, avec qui il était dans une relation "ouverte" qui ne l'épanouissait pas. Une relation d'un an, qui n'a jamais connu de phase fusionnelle. Je lui ai parlé de ma relation avec Igor, vieille de maintenant presque douze ans, et qui en était à sa phase... comment la qualifier, tiens, ma phase avec Igor ? ce sera peut-être l'objet d'un prochain billet...

Il m'a aussi appris à dire "caresser" en hongrois : simogatni. En parlant ainsi, en l'écoutant, en caressant ses mains solides et ses larges épaules, en laissant mes lèvres trainer sur ses bras et sur son cou, j'ai enfin recommencé à bander, et il a souhaité que je jouisse avant de le quitter.

Nous avons prévu de nous revoir ce soir.

20 avril 2009

séquestrations : les jacqueries modernes

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Il y a une dizaine de jours, me rendant à pied au musée d'Orsay et traversant le terre-plein des invalides à une heure où les touristes ne manquent pas, mon attention fut attirée par un étrange spectacle : des bataillons de CRS en plein exercice dans le sous-bois de l'esplanade : un pas en avant, un pas sur le côté, bouclier, carapace, accélération, assaut, arrêt, repli, position de la tortue. Repos, on va le refaire, plus de nerfs, les gars !... Aucun adversaire en face, mais des badauds à peine étonnés de cette nouvelle attraction touristique.

L'assemblée Nationale était à deux pas. Avec sur les bureaux la fameuse loi anti-cagoule prête à être examinée. Et ainsi va la vie, en notre beau pays, on s'occupe de réprimer, sans s'interroger sur ce que cela coûte à la société. Il en va de la protection des puissants.

Parce qu'ils ont peur, au vrai, nos puissants. Depuis des années, avec des médias complaisants et flagorneurs, des disours bien rodés, ils détenaient la pleine puissance idéologique. Le monde était injuste, certes, parfois cruel, soit, mais qu'y pouvions-nous : c'était le lot de la concurrence à l'échelle internationale. Il fallait être compétitif, question de survie. Tout au mieux pouvions-nous nous réjouir d'avoir encore à la tête de nos fleurons économiques quelques managers talentueux, qui n'avaient pas encore quitté le navire pour des Paquebots étrangers plus luxueux, et grâce à qui l'espoir demeurait. Pour peu que nous fûmes disposés à travailler plus, l'avenir nous souriait.

Las, la crise est passée par là, et en guise de talent, on n'a découvert chez ces capitaines d'industrie que de la vénalité et de l'apreté au gain.

Alors la gabelle ne passe plus.

Voilà nos provinces françaises secouées par des jacqueries modernes : les séquestrations de patrons !

3M, Sony, Caterpillar, Scapa, Faurecia… Mécontents, inquiets et frustrés, les salariés cherchent des formes nouvelles, directes, physiques, ils veulent du face-à-face, du les-yeux-dans-les-yeux pour mettre leurs patrons au pied du mur, les empêcher de se défausser derrière des discours, les obliger à délier les cordons de la bourse.

Les bonus, stock-option et autres parachutes dorés, mais aussi les dividendes, l'actionnariat lui-même, sont vus comme les privilèges d'aujourd'hui. Les grands patrons et la haute fonction publique comme l'aristocratie.

Et l'on apprenait la semaine dernière que les entreprises du CAC 40 possédaient plus de 1.500 filiales dans les paradis fiscaux.

Les Jacqueries avaient leurs cachots, leurs bagnes et leurs bains de sang. Eux ont aussi leurs tribunaux pour réprimer les actions collectives, les Caterpilar en savent quelque chose, ils ont Edvige, les lois anti-solidarité, et désormais leur loi anti-capuche. L'Etat de droit lui-même va finir par être vu comme un symbole de régime à abattre.

Le clergé médiatique n'a plus de crédibilité, et plus de prise.

Hier Dominique De Villepin, revenchard, plus lucide en observateur aux aguets qu'aux commandes de l'appareil, a affirmé qu'il y avait dans notre pays "un risque révolutionnaire". Et cette fois, ils ne s'en sortiront pas avec de bons mots : tu te souviens où la brioche a conduit Marie-Antoinette ?