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18 octobre 2012

l'eau des rêves

éditions luce wilquin,l'eau des rêves,manu causse,littérature,premier roman

Ah !, tiens, puisqu'on parle art, laisse-moi revenir sur un événement littéraire. Un événement à moi, à nous. D'abord, arrête tout ! Va lire ce lien puis reviens par ici : c'est un billet que j'avais écrit l'été dernier, en 2011, après avoir découvert en avant première le brouillon d'un premier roman. J'avais enfreint une règle de discrétion, sans superstition ni goût pour la transgression, mais je n'avais pas pu m'empêcher ce signe d'amitié pour son auteur. C'était aussi une manière de rendre la monnaie du privilège d'avoir été admis dans le cercle des lecteurs d'un précieux manuscrit. Surtout, je crois que je ressentais la nécessité de faire quelque chose d'une densité haletante et bouleversante par laquelle je m'étais laissé happer.

C'est bon, tu es allé lire, ou relire, le billet en question ?

Alors je poursuis : tu peux aussi aller voir du côté de ce que Manu en dit, de son roman : son blog est toujours un merveilleux laboratoire d'écriture et de partage (quoiqu'il se laisse aller à une certaine paresse, lui aussi...). Je l'ai un peu délaissé, ces temps-ci. Mais c'est que j'avais un rapport à rendre - ce qui est fait d'ailleurs, depuis hier, quel soulagement !

Comme c'est bientôt la Toussaint. Que tu vas partir, te mettre un peu au vert, ou simplement marquer la pause, forcément. Alors c'est le moment : tu files à la librairie la plus proche de chez toi, et tu y achètes L'eau des rêves.
 
Cette parution est une première victoire de son auteur, même si question livres, il n'en est plus à son coup d'essai. J'ai manqué à tous mes devoirs en n'en faisant pas la pub dès que j'en ai été informé. C'est réparé. Reste maintenant à espérer le succès littéraire. Ce ne serait pas démérité.

17 avril 2009

je devrais voir quelqu'un

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Me voilà bien, moi, à devoir me mettre le chagrin dans la poche pour écrire la critique d'un livre. Bon, quand on a écrit sur un opéra, on doit bien pouvoir parler d'un livre, non ? Surtout si on l'a aimé, qu'on s'y est vu, enfin, qu'on y a reconnu quelques unes de ses piteuses évidences. Et ses peurs.

Encore plus si c'est celui d'une amie.

silly - Copie.jpgUne amie. Justement, c'est sa meilleure amie qui conseilla un jour à Sarah d'aller voir quelqu'un. Quel cliché ! Elle pourrait s'en gloser encore, tiens ! Sa meilleure amie... Enfin, l'amie parfaite, quoi, l'exemple, l'irréprochable, la plus-que-parfaite, donc la plus-qu-insupportable, le contre-modèle total - et qui s'ignore comme tel, forcément.

Ce n'est pas qu'elle n'a pas cherché à s'en débarrasser, de ce petit monsieur tapis dans l'ombre, légèrement en arrière de l'orbite, avec son feutre noir. Avant finalement de se résoudre à s'en jouer. Alors maintenant qu'elle l'a domestiquée, sa folie, tu parles qu'elle va aller la brader sur un divan !

Il y a dans ce roman, fluide, trois personnages. Enfin, il y a toi, moi, elle, lui, tous ceux qui se sont frottés aux aigreurs de l'amour jusqu'à s'y perdre, et ceux qui ont cru atteindre le bonheur en s'affranchissant de ses escarpements. Je n'ai pas arrêté d'y voir des gens connus, et d'y croiser mon imbécillité d'homme. Dans Julien, tiens, qui a tout mais se silly - Copie (5).jpgperd dans... comme moi je m'écorche sur... Il y a aussi ce pouvoir magique de l'écriture, qu'en fait tu ne maîtrises jamais puisque c'est lui qui dicte sa loi. En écrivant, tu crois donner vie à un personnage, mais c'est lui qui prend possession de toi. Tu as le pouvoir de lui ouvrir toutes les voies, jusqu'au loufoque, mais c'est hors d'aspect qu'il construit son réel. Le tangible ne s'anime qu'une fois écrit, sinon l'intangible prend toute la place, et la folie s'instille, et les preuves s'inversent, attestant de ce qu'elles sont mais surtout de ce que tu es.

Ce trio te dis la vie et l'impossibilité de l'amour, comment n'y aurais-je pas été en résonance ?

silly - Copie (6).jpgJ'ai hésité à commencer cette note plutôt comme ça : il faudrait que moi j'aille voir quelqu'un. J'y pense sérieusement. Quelqu'un qui m'aiderait à comprendre pourquoi je laisse l'amour m'envahir et me détruire. Qui me ferait admettre que les hommes ne sont que ce qu'ils sont, et jamais ce qu'on voudrait qu'ils soient, quelqu'un qui me ferait digérer, intégrer, assimiler, une fois pour toutes, une bonne fois pour toutes, que je n'aime pas celui que j'aime, mais simplement l'idée que je m'en fais, que ç'eut pu en être un autre, et qu'au fond cette figure de l'homme aimé n'est qu'une chimère - fût-elle bien plantée là dans le champ de vision, ou juste un peu à l'écart. Une intrusion qui n'a d'autre fonction qu'aiguiser ton orgueil. Que te démettre la raison. La souffrance est son alibi.

Quelqu'un qui non seulement me dirait avec le poids de la science tout cela que je sais déjà, mais qui me ferait trouver absolument absurde et loufoque de persister, qui me ferait rire de moi, rougir de honte, me fendre carrément la poire, et ne laisser à la spirale destructrice que la liberté de s'absorber elle-même.

Je vais y aller, d'ailleurs, voir quelqu'un, avant d'être définitivement amouraché de ma folie. Avant qu'un de mes meilleurs amis ne me le silly - Copie (4).jpgsuggère, histoire de lui épargner cette incongruité.

Tout cela, donc, pour te dire - car je m'égare : file lire Tu devrais voir quelqu'un, le premier roman d'Emmanuelle Urien (Editions Gallimard). Heureux en amour ou pathétique dans les tourments, files-y, tu y trouveras ton enfant de Bohême. Et un réel plaisir de lecture.

9782070123568.jpeg(Une version sonore du chapitre premier s'écoute ici, performé avec la complicité de Manu Causse)

(Pourquoi ces illustrations ? C'est que, pour moi qui ne me suis remis à lire qu'à la faveur de mes aventures en blogosphère, je lui ai trouvé, à l'intrus du roman, avec sa silhouette noire et son chapeau sur la tête, une étonnante allure de Balmeyer. Y compris sous les traits du jeune homme naïf et lumineux qu'y dessinera Sarah tantôt. Parce que je connais aussi l'original. Voilà un avatar qui m'a accompagné tout au long de la lecture)