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27 mars 2013

mariage pour tous : François m'a tuer

mariage pour tous

Et si le mariage pour tous venait à se fracasser sur François Hollande lui-même. C'est à dire sur la déception et le rejet qu'il suscite désormais.

On n'aurait pas pu y croire, même pas en cauchemar, il y a de cela encore deux mois, mais ce scénario devient de plus en plus probable : entre l'effilochage de l'électorat socialiste sur le sujet, la radicalisation de la droite, et les incidents planifiés par les groupuscules fascistes, la soi-disant "manif pour tous" fait le buz, et les médias ont beau agiter le hochet de la violence et de la manipulation, inviter les porte-parole les plus sulfureux sur les plateaux, le supposé élargissement populaire de la mobilisation est devenue de dont on parle le plus.

De fait, ce gouvernement porte en lui, dans ses entrailles, dans son placenta encore étroit, la promesse de la catastrophe homophobe annoncée. L'échec des visées économiques du Président, l'absence de toute considération pour les gens modestes et pour les services publics, l'envolée du chômage, l'abandon de l'emploi industriel, l'inconsistance sur la scène européenne... ramènent le mariage pour tous au rang d'une futilité de circconstance, limite indécente.

Du pain béni pour les culs bénis.

Il se murmure qu'en tenant bon face à l'adversité, Hollande se draperait des vertus qu'on lui prête le moins : la résistance et la décision. Un coup de com, en somme. Mais il se dit aussi qu'il ne prendrait pas le risque de rouvrir un débat sur les questions familiales une fois la loi votée : adieu donc la PMA pour toutes, c'est à dire ce qui aurait pu être la première conséquence concrète, authentique, pratique, incarnée, la seule voie réelle de parentalité pour au moins certains couples homo, tant on sait que pour l'adoption, entre la lourdeur des procédures en France, et l'interdiction pour les couples gays à l'étranger, qui va perdurer longtemps, ça restera un phénomène rare et marginal.

On peut aussi ne pas exclure une capitulation finale en rase campagne, habillée du vœux de pieux consensus à venir... Le syndrôme du fameux droit de vote des étrangers aux électiosn locales. Un serpent de mer, et des couleuvres à avaler.

Christiane, reviens ! Vivement le débat au Sénat, qu'en t'entende à nouveau défendre avec simplicité et conviction les principes qui fondent cette avancée de société et d'humanité, et que tu fasses taire ce brouhaha.

Voilà, j'ai fait mon papier. Le premier depuis dix jours. Ma flemme pour écrire est impardonnable. Il y a en moi un grand vide, un abyme. Mais c'est un autre sujet, chargé de peines. J'y reviendrai forcément.