17 septembre 2009

en panne d'essorage

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Les piscines ont donc réouvert. C'est la fête. Toi tu te dis : quinze jours de fermeture, c'est bon, au moins, ils auront eu le temps de réparer la douche obstruée, de replacer les porte-manteaux arrachés, de recoller quelques carreaux descellés... Deux looooongues semaines de fermeture, au moins, on va repartir à neuf !

Que nenni : une fermeture pour vidange, c'est une fermeture pour vidange, faudrait pas tout confondre. Pour la douche, l'appel d'offre doit être en cours. Pour le carrelage, sans doute une mise en concurrence infructueuse. Et pour les porte-manteaux, peut-être faut-il attendre l'exercice budgétaire à venir : plus de crédit pour les fournitures... Les travaux auront donc lieu plus tard, et si possible au milieu des nageurs.

Tu sais, c'est le coup des ouvriers de l'assainissement qu'on appelle toujours une fois que la voirie vient d'être refaite à neuf, histoire de tracer immédiatement dans le bitume rutilant sa tranchée baptismale.

Donc à Roger Le gall, si j'ai retrouvé dès lundi, puis mardi et encore hier, le chemin de mes lignes d'eau favorites, si j'ai renoué à l'heure de la douche avec les petits péchés fugaces qui finalement me suffisent, si j'ai renouvelé mon abonnement trimestriel pour seulement 37 euros, avec une photo toute neuve que je dois à Mlle Cigüe, l'essoreuse à maillots, eslle, est bel et bien toujours en panne.

L'essoreuse, c'est une petite machine toute simple, une centrifugeuse dans laquelle tu places ton maillot pour le récupérer, après une dizaine de secondes, presque sec. Ca évite qu'il traine tout mouillé dans ton sac, ça allonge sa durée de vie, et c'est bon pour les odeurs.

Je n'en ai jamais vu qu'à Roger Le Gall.

Mais va savoir. Y aurait-il eu un cadre administratif, dans un bureau, qui aurait émis une réserve d'ordre hygiénique sur cet appareil avant de signer l'ordre de réparation ? Se pourrait-il que quelque part une note, un rapport, ait soulevé un problème, jeté une opprobre, conduisant le Directeur de la piscine à préférer la suspension de la réparation, dans l'attente du résultat d'un audit complémentaire sur les vertus de l'essoreuse ?

Je m'attends à tout. Et je remballe mon maillot en le pliant soigneusement dans ma serviette, jusqu'au soir, où je peux enfin l'étendre.

14 juin 2009

battons ensemble !

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J'étais hier matin à la piscine des Halles. Aux heures fraîchement matinales, elle est largement fréquentable. Plus cher parce qu'elle n'accepte pas l'abonnement trimestriel de la ville de Paris, les lignes d'eau y sont clairement organisées, si bien que les usagers y coexistent pacifiquement, quel que soit leur pratique et leur niveau.

Il y a ainsi la ligne "palmes et plaquettes", la ligne "crawl et dos rapide", la ligne "quatre-nages rapide", et la ligne "quatre-nages lent et battements". Battements.

Habituellement, quand je nage, je ne pense pas, je compte. Je compte le nombre de mes longueurs, le nombre de mes mouvements, éventuellement le temps.

Mais curieusement hier matin, le mot "battements" s'est installé dans ma tête, s'est mis à vibrer, et j'en ai oublié de compter.

Dans le cas d'espèces, évidemment, il s'agissait des battements de jambes. Le mien est déplorable, tout juste me permet-il de me maintenir en équilibre sur la ligne de flottaison. Si je l'active à des fins propulsives, pour faire une longueur de sprint, je finis épuisé, et j'ai horreur de nager avec une planche. Alors que je sais, je devrais. Pour me faire de plus belles jambes.

Mais d'autres battements m'ont surgi aux oreilles.

J'ai d'abord pensé au battement du coeur, évidemment. Celui qui s'emballe dans la quête amoureuse ou dans l'examen de passage, disons dans l'épreuve de l'autre, et puis qui s'étiole dans le chagrin.

J'ai entendu aussi un battement de tambour, celui qui roule avant la sortie acrobatique, ou qui annonce l'avancée conquérante (et se finit dans une caserne, en général).

J'ai vu aussi un battement de cil. Le plus beau, Lisa Minelli, dans Cabaret. Va savoir pourquoi.

Le battement de l'aile n'a pas été difficile à repérer, il était en moi du côté du coeur, il devait s'agir de l'aile de l'amour. Ou alors d'un battement de papillon, qui déplace un petit rien pour réveiller un grand tout. La cause du chaos.

J'ai pensé aussi au battement de pieds, mais je ne me suis pas senti concerné, je n'ai plus vraiment d'impatience. Aux battements de main, parce que je suis toujours bon public, aux battements de...

Et toi, à quels battements es-tu vraiment sensible ?

 

18 avril 2009

la tendinite et le papillon

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J'ai appris une chose, depuis que je nage. Face à une tendinite naissante, surtout ne pas opter pour l'immobilisation radicale et immédiate. Parce qu'alors, elle s'installe, et personne ne sait plus pour combien de temps. Ce qui suit, c'est le fruit de l'expérience, parce que j'en ai testé, des remèdes...!

Nous les nageurs, nous sommes particulièrement exposés au risque de tendinite de l'épaule. C'est rarement une séance qui va la provoquer directement, mais plutôt une gestion peu précotionneuse de l'après-séance : avec un mouvement inconfortable mais répété, la conduite prolongée d'un véhicule, le passage compulsif des vitesses dans un contexte d'embouteillage, la pratique excessive du clavier ou... de la masturbation. Bref, je suis un client à risque.

luxation-epaule-reci3.jpgRégulièrement confronté à des résurgences de ce type, je pratique deux choses : d'une part, faire attention : ne pas titiller inutilement la douleur, chercher au contraire à la détendre par des étirements bien pensés - bon, moi, je suis plutôt intuitif dans ce domaine... Et d'autre part, ne pas sauter de séance de natation. Aller nager malgré tout, en se mettant bien à l'écoute de sa douleur. Ne pas aller au point de rupture, mais ne pas endormir la bête non plus.

Les petite contrariétés avec lesquelles je te saôule depuis quelques jours - pour ne pas dire la dépression chronique dans laquelle je me vois sombrer - ne m'ont conduit pour l'instant ni à tomber en arrêt maladie, ni à lâcher la piscine, c'est bon signe. Mais j'en paye un autre prix : le retour de ma tendinite. C'était mardi. Eh bien mercredi, je n'ai fait ni une, ni deux : piscine, et tiens-toi bien, papillon : c'était le jour (oui, j'ai mes manies, et parmi celles-ci, mes séances sont ordonnées : une fois sur quatre, c'est dominante papillon). Papillon... franchement, c'était risqué pour un jour de tendinite, et je m'étais préparé à un éventuel repli stratégique, genre planche avec battement de jambes (exercice dont j'ai une sainte horreur, mais bon !).

Mais finalement, j'ai vu mon corps s'adapter presque de lui même à la situation : au moment où les mains sortaient de l'eau, embrassant la ligne pour partir à toute vitesse se jeter vers l'avant, le point dans l'épaule se faisait sentir. Alors peu à peu pour y échapper, mon corps s'est mis à onduler différemment, d'un mouvement plus ample, plus souple, comme pour prendre le relais des bras. Pour substituer une puissance de glisse à la puissance de poussée. Je crois qu'au cours de cette séance, j'ai beaucoup progressé dans la technique de cette nage exigente.

Dès la sortie de la douche, et depuis : plus de tendinite. Disparue, effacée, enfouie. Si seulement elle avait pu emmener ma déprime avec elle...!

17 février 2009

quand Joséphine Baker te tend le miroir

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Je croyais avoir tout expérimenté. Enfin, à peu près : le virage et le plongeon me demeurent revêches. Mais le reste, c'est à dire à peu près tout : les longueurs enchaînées, le demi fond, les pointes de vitesse en crawl, la brasse saccadée, ou coulée, les ballets érotiques, le dos en extension, le dos brassé, le papillon - avec désormais deux ondulations du bassin entre chaque battement d'aile - les petits plaisirs des vestiaires, la langueur des douches tièdes, les regards en coin ou les empoignades audacieuses... Je croyais connaître à peu près tous les enchantements de l'eau. Et pourtant.

Hier soir, Roger Le Gall étant en vidange hivernale, je m'étais rabattu sur Joséphine Baker. La fameuse piscine flottante, qui connut de nombreuses avaries ces derniers mois, mais qui a rouvert depuis peu.

J'étais disposé à la surprise, cette étrangeté posée là sur la Seine s'y prêtant. Depuis la grande Bibliothèque, descendant vers le quai dans le clair obscure de la fin d'après midi, j'entendis d'abord la transparence de la structure de verre, avec le quai de Bercy en arrière plan, la Seine paisible sans courant apparent, et poursuivant le travelling arrière, le bassin finalement assez petit, 25 mètres tout mouillé, puis ce jeune homme occupé à rassembler ses affaires face à la grande baie vitrée du hall d'entrée, en speedo noir, inconscient de sa beauté et des envies de coups-de-ciseaux qui s'agitaient secrètement tout autour de lui.

brutos8013.jpgLa deuxième impression que je décrochais était la blancheur du ciel, descendant se fondre dans la piscine au fond sans marque, sans céramique ni jointure. Nager dans cette ouate n'était pas des plus confortable, mais on s'y habituait, concentré qu'on était à marquer sa place et son tempo au milieu du trafic.

Et puis il y eut cette surprise. La nuit était tombée. Tu avais enchaîné cinquante trois longueurs, le nez tourné vers le fond du bassin. Puis te tournant sur le dos pour les sept dernières, tu vis au plafond un nageur élégant, élancé, ample et précis dans ses mouvements, véloce. Les lumières du bassin, une fois l'obscurité installée dans la ville au dehors, faisaient de ce plafond de verre un gigantesque miroir. Dans lequel tu te voyais évoluer au milieu des autres. Et tu réalisais que tu ne faisais pas que te mouvoir au milieu des gens, mais que tu faisais partie de ces gens. Occupant une place visible, sensible, pesante.

Ta place.

06 février 2009

le vieil ours

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Je poussais fort sur les bras, ce soir. J'appuyais sur l'eau comme on pousse sur des bâtons. Les pieds dépouillés des chaussures de cosmonautes, légers mais gourds, la cuisse toujours en bois. Il y avait du monde, plus de chahut que sur les pistes, assurément. Je m'attendais à des prouesses après un stage en altitude, à des débords d'énergie, à des performances hors norme. J'ai ramé comme un vieil ours.

Et je suis rentré. Sans chercher à savoir s'il y avait quelque chose à faire de ce jeune regard - oriental à l'extrême - accroché dans le bassin, son abord et les douches.

J'ai dîné d'une salade. Je suis passé chez Wajdi où Ferrat et Aragon se faisaient maltraiter, mais provoc pour provoc, je m'en suis écouté quelques tranches. Puis j'ai retrouvé le plaisir des commentaires chez Manu, et des moqueries de filles chez Bougre. Demain et tout ce week-end, je suis en mission, je mets mon coeur en bandoulière et avance au feu. Je pense que j'aurais dimanche matin pour poursuivre l'exploration de mes autres blogs amis.

Ah!, j'oubliais : depuis ce matin, et après presque sept ans dans la même tôle, me voilà CDI ! Champagne !

23 décembre 2008

c'est moi le boss

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Cafouillage, hier midi, à la piscine Roger Le Gall. Comme d'habitude, passé 12h 30, les clubs réquisitionnent les deux lignes de droite.

Mais les surveillants de baignade vacataires, qui assurent l'intérim pendant les fêtes, tardent à mettre en place les lignes d'eau pour le grand-public. Résultat, pendant un bon quart d'heure, nous nous retrouvons tous dans une seule et même ligne, là où il en faut trois en temps normal : celle des "nageurs avec matériel" (entendez palmes, tubas, etc.), celle des nageurs "détente", (entendez le papy et la mamie qui se font la brasse pépère version poids mort), et celle des nageurs "rapides" (entendez crawl, dos crawlé, et surtout, surtout, en temps normal : brasse interdite). Ça fait du monde, et du tangage.

Bon an mal an, je me lance. Dans un cas comme ça, j'opte pour le crawl, c'est la seule façon de se faufiler. Sur une longueur de 50 mètres, ça finit toujours par passer.

A un moment, je réalise que la jeune fille que je suis en train de dépasser est elle même en train de doubler quelqu'un, lequel se trouve également en situation de dépassement. Nous sommes donc quatre de front. Dois-je lâcher prise et me rabattre ? Rapide coup d'oeil vers l'avant, il reste 15 mètres à tout casser avant le mur, personne en sens contraire, c'est décidé, je mets les turbos, accélération maximum. Objectif : toucher le premier pour repartir en tête, et me gagner un horizon dégagé pour quelques coulées.

J'ai déjà vingt-quatre longueurs dans les pattes, des cent mètres ou des deux-cents mètres quatre nages. Mais il n'y a pas vraiment le choix, ou tu t'imposes, ou tu te laisses embourber. Et là, je suis chaud.

Des quatre, je pars avec un léger handicap, quelques mètres tout au plus, mais a priori, je suis le plus rapide, c'est donc jouable, il suffit d'un coup de reins. Je donne le maximum et je touche.

Le challenge relevé, il faut ensuite s'en montrer à la hauteur, ne pas lâcher le rythme. Avoir tout donné dans une accélération improvisée t'a coupé le souffle, mais tu n'as pas le droit à la récupération, sinon tu perds le bénéfice de l'effort, alors il faut tirer, se trouver un mouvement adapté, qui maintient un minimum de vitesse tout en te permettant de reprendre le contrôle du souffle. A la relance, tu n'es pas loin de capituler, les bras semblent ne plus répondre, il faut leur trouver de nouveaux appuis, solliciter d'autres muscles, pousser plus court, essayer de sentir une vague sous toi, te la créer, n'importe quoi, quelque chose qui te porte.

Tu ne vois plus ce qui se passe derrière, mais tu devines la pression qui ne se relâche pas. Et sous la pression, ça marche, tu avances, ton souffle revient, tu glisses, l'eau s'ouvre devant toi, encore, encore une fois tu l'as domptée. Comme ce jour-là. Et sur ce retour, tu t'es vraiment affirmé comme le boss alors que tu étais à deux doigts de basculer dans le ridicule.

Arrivé au bout de la longueur, tu constates les dégats, le creux s'est fait, tu repars d'un mouvement léger, tu n'as plus rien à conquérir. A l'arrière, plus personne ne suit. Tu es en croisière.

29 novembre 2008

se rassurer à peu de frais

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J'avais besoin de me rassurer. Forcément, après la queue de poisson de ma sortie du sauna jeudi, ce "best friend" reçu en pleine poire le même soir, chargé de promesses et de frontières, de possibles et d'impossibles, d'éternel et de jamais, d'idées mêlées et emmêlées, après le billet d'hier qui découlait logiquement de ces doutes, et la morosité traînée ensuite la journée durant, dans une ambiance professionnelle mortifère...

Mon copain Yves, avec qui je partage le goût des sorties naturistes à la piscine Roger Le Gall m'avait sollicité, d'un courriel lapidaire dont il a le secret, au corps de texte vierge, la question simplement inscrite ainsi en objet : "vendredi ?"

J'avais dit oui, en précisant que j'avais besoin de tendresse, et le matin, au réveil, bien que passablement en retard, je pris le temps de me passer les poils pubiens à la tondeuse et de me raser les couilles.

Suffit-il vraiment de ces choses-là ? Je devais retrouver Yves vers 22h 30 chez lui. J'allais donc hier soir très innocemment à la piscine faire mes longueurs quotidiennes de maintien de forme. Mais à l'heure de la douche, puis au vestiaire, j'ai vu des garçons bander ostensiblement en me regardant. Des beaux garçons. Chercher à s'approcher. Et se palucher gentiment. L'un est même venu rejoindre ma douche voisine, et moyennant quelques jeux aussi discrets qu'érotiques, a lâché un jet puissant contre la paroi en carreaux de céramique.

Je me suis interdit de trop en faire, compte-tenu de mon rencart de la nuit, et me suis simplement étonné qu'un coup de tondeuse ait suffi à réhabiliter en moi un peu de sex-appeal.

A bien y réfléchir, j'ai joui. Mais une heure plus tard, devant un tartare sicilien à tomber par terre. C'était chez Félicie, la brasserie fétiche de Fiso où j'étais allé manger sur le pouce pour attendre 22h 30 pas trop loin de chez Yves. Là-bas, connecté à la wifi gratuite, j'ai appris d'Olivier Autissier une bonne nouvelle concernant mon ami-d'amour. Je ne m'étends pas sur les relations de cause à effet, mais à tort ou à raison, et au risque de perturber sa préparation au concert du week-end, j'ai tenté de le joindre à Londres pour la lui transmettre.

Auprès d'Yves, et de sa légèreté papillonne, j'ai ensuite trouvé ce dont j'avais besoin : de la tendresse, un sexe admirable, une couche hospitalière.

Et il m'a dit des choses des plus agréables sur mon postérieur : il faut bien commencer par une partie de son corps, pour se réconcilier avec soi-même...

29 septembre 2008

Sylvain, le dauphin affranchi

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Sylvain, c'est mon partenaire occasionnel des nocturnes de Roger Le Gall (voir là). Je ne devrais pas dire mon, c'est un peu possessif. Ce que je veux dire, c'est qu'en dehors de nos jeux, je le connais peu. Il est arrivé  trois ou quatre fois tout au plus, au terme de voisinages chorégraphiques dans l'eau, que nous nous offrîmes l'un à l'autre, avec ou sans l'assistance d'un complice, des prolongements sensuels, sexuels, et un plaisir connivent.

Je ne l'avais pas revu depuis la fin du printemps. A cause de l'été, à cause du chagrin.

Après avoir nagé mes presque deux kilomètres, vendredi soir, après avoir hésité à rentrer en vitesse à la maison car il était fort tard et que j'étais attendu, j'ai finalement fait le choix du détour par la cabine de sauna, qui se trouve à l'étage, en quête de chaleur sèche.

Il y était depuis un moment. Un peu comme s'il m'avait attendu, ou même gardé la place près de lui. Comme si nous nous y étions donné rendez-vous. Il y avait beaucoup d'évidences dans le salut "langue-oureux" que nous nous sommes donné (Laurent, pardonne-moi l'emprunt), et dans la façon que nous avons eu d'immédiatement nous toucher. De l'évidence et du besoin.

Je le trouvais changé. Quelques questions et son langage, sa parole libre, épanouie, confirmaient qu'il changeait.

Sylvain, pas mon dauphin dansant, mais l'homme, j'ai commencé à le découvrir ce vendredi soir. Et je m'en vais te parler de lui parce qu'il m'en a donné l'autorisation.

Sylvain, d'abord, il est beau : il a de grands yeux généreux où tu lis que la méchanceté lui est étrangère. Il est jeune. Enfin, il fait jeune. Je lui brutos6430_Alex_ChaosMen.jpgdonnais une trentaine d'années, avec quelques brouettes, il se trouve qu'il est mon aîné d'une bonne vingtaine de mois. Il a été marié pendant vingt ans. Il a trois enfants - trois garçons - dont le plus jeune a 17 ans. A donner le vertige...

Son coming out est très récent, deux ans tout au plus, si je compte bien.

Il y a quelques mois, il est rentré dans une démarche - comment pourrais-je la qualifier ? - de réappropriation de lui-même, ou de réconciliation de son corps et de son mental. C'est étonnant, je me rends compte que depuis quelques mois, le hasard de mes rencontres me font me rapprocher de tels profiles. Je crois que j'en parlerai.

Il s'est rendu compte qu'il s'était tant imprégné du schéma de vie qui avait été le sien dans son mariage, fait de renoncements douloureux, par la force des choses - j'en sais quelque chose - qu'il en était arrivé à le reproduire quasi à l'identique avec son nouveau partenaire de vie. Il a commencé un apprentissage des massages, avec une visée professionnelle, il a entrepris un travail de développement personnel, et le garçon jeune et timide a disparu.

Vendredi soir, il était souriant, spontané, ouvert, heureux et assumé. Son regard avait la clarté du bonheur, la petite étincelle craintive avait disparu de sa pupille, et moi, j'étais heureux de sentir chez lui un plaisir sincère à me retrouver.

Les remarques d'une partie de l'entourage teintées d'un brin de légitime puritanisme nous ont empêché d'aller au bout de nos caresses, mais le sexe n'était plus indispensable dans ce partage. Il me parlait de sa vie, il me donnait, il m'incluait dans cette phase nouvelle de libération dans laquelle il se trouvait... Nos longs baisers d'adieu sur le boulevard des Maréchaux, dans ma voiture, suffirent à promettre à cette découverte un certain lendemain.

03 septembre 2008

à sec

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Celui qui te parle est un défenseur du service public. Devant l'éternel. Mais que veux-tu, il demeure parfois immensément perplexe devant certaines conceptions à la française du service au public.

Ainsi en va-t-il des équipements sportifs, et notoirement des piscines.

Donc lundi soir, comme à l'accoutumée, sortant du boulot je me dirige vers Roger Le gall, ma piscine de prédilection dans le 12ème arrondissement de Paris. Et là : fermée pour vidange, jusqu'au 14 septembre. Je suis un peu énervé, forcément. Contre moi-même, surtout, de ne pas avoir été suffisamment attentif à cette information, pourtant affichée depuis 15 jours paraît-il à côté du guichet : après tout, il faut bien faire des vidanges de temps en temps : question d'hygiène. Et puis Paris a tant de piscines.

Donc, et pour ne pas risquer de me casser le nez une seconde fois, je prends mon  téléphone : Georges Vallerey dans le 20ème ? fermée pour vidange, jusqu'au 14 septembre. Piscine de Reuilly  dans le 12ème : les horaires d'ouverture pendant la période scolaire vous seront communiqués ultérieurement. Joséphine Baker dans le 13ème : avaries toujours pas maîtrisées, ouverture reportée...

Argh ! Je ne suis pas allé plus loin.

J'avais déjà passé le samedi, dans ma banlieue, à galérer au milieu d'horaires tous uniformes pour arriver à nager quelque part malgré la fermeture de la piscine de Mennecy depuis huit mois.

Voilà : il y a le public familial (et accessoirement les centres de loisir), qui justifient l'ouverture  estivale ; il y a les obligations liées aux usages scolaires, qui imposent que tout soit à nouveau en état au 14 septembre. Et puis les autres, eh! bien ils n'ont qu'à aller se faire voir ! Toi, pratiquant anonyme, sans pouvoir et sans parole, dépourvu de club, libre mais ligoté, tu attendras, comme tout le monde. Et tu iras nager où on te dira, quand on te dira !

Et je ne parles même pas de celles qui sont fermée pour travaux : Mennecy, dans l'Essonne : depuis huit mois et travaux.pngpour une période indéterminée. Montrouge, qui devait rouvrir en septembre aprés trois ans de fermeture, mais dont l'ouverture est reportée. Villejuif, qui devait ouvrir au printemps, mais qui est maintenant annoncée pour l'été de l'année prochaine. Le Kremlin Bicêtre, fermée depuis plus de 9 ans... A croire que ni les ingénieurs-concepteurs, ni les élus qui ont en charge la gestion de ces équipements ne savent ce que c'est qu'une piscine, ce que c'est que nager, ce que c'est qu'un entraînement, et quelles peuvent être les attentes du public.

Il se trouve que j'ai vécu 4 ans à Budapest. On ne peut pas dire là-bas que les scolaires soient moins pris en considération, bien au contraire. Mais quand une piscine ferme, ils s'assurent toujours que celle d'à côté sera ouverte. Et puis les horaires, c'est pas entre 12h et 13h 15, suivi de deux soirs par semaine. Elles ouvrent à 6h du matin, elles ferment à 22h, l'accès du public est continuel, dimanche et jours fériés compris. Tous les bassins sont  équipés de lignes d'eau pour que tu puisses faire tes longueurs, sans être dérangé par les mouflets qui, trés légitimement, sont là pour s'amuser ! Je ne sais pas comment ils font. Disons que le premier critère dans la gestion, c'est le public : le reste, les horaires, le roulement des équipes, les arrêts pour maintenance, c'est organisé en fonction de celui-ci. Et pas le contraire.

C'est dingue comment chez nous, des fois, il faut toujours qu'on fonctionne sur le rythme imposé par l'administration, comme des moutons, sans prise sur la réalité de la vie et des pratiques. Et merde !

P'tet que c'est le moment d'aller noyer ça à la comète !

21 juin 2008

sacré suceur !

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J'ai retrouvé l'autre jour dans ma ligne d'eau le beau black que j'avais évoqué ici (et que Fiso avait épinglé là - fiso, aide-moi, je retrouve pas ton papier pour y mettre le lien...).

A mieux l'observer, il s'avère que sa brasse n'est pas si hideuse que ça. J'ai même été surpris du coeur qu'il y mettait, et de la puissance qu'il dégageait.

Ce jour-là, c'était pour moi une séance crawl (c'est comme ça, j'essaie d'alterner les nages d'une fois sur l'autre). La ligne était511390502_small.jpg passablement encombrée. Eh! bien j'ai eu du mal à le semer. Parce que ce beau garçon, au sourire étincelant et au ras-du-cou en coquillage, est un vrai suceur de... roue. Il s'est mis dans mon sillage et ne l'a plus quitté pendant au moins 10 longueurs. Pas de remarque acerbe sur qui que ce soit, tout à son affaire, c'était lui la sensation du moment.

Bon, bien sûr, la brasse dans une ligne explicitement réservée au crawl, ça faisait désordre, mais l'application qu'il mettait, et surtout son rythme, l'a prémuni de tout rappel à l'ordre.

Nous ne nous sommes pas caressés en nageant, ni même effleurés ou guêtés, nous ne nous sommes pas retrouvés sous les douches. Quand j'ai eu fini ma séance, il était reparti depuis longtemps, ou était resté lézarder quelque part en terrasse.

Je dis ça juste pour t'éviter les questions malveillantes.

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