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10 décembre 2012

le repos de l'iguane

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Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour. Ça, c'était dimanche, ma petite visite avec la Fée à l'exposition sur les Enfants du Paradis, à la Cinémathèque française. Il y a des moments comme ça. Faut qu'on se parle d'amour, de patience, de l’œuvre du temps, de la confiance en des promesses jamais faites. Croire qu'à force de servir à quelque chose, d'être là tout simplement, ça finira par se voir. Alors viendra le pardon. A moins qu'il ne fut là dès le début, le pardon. Nouveauté ? La nouveauté, c'est vieux comme le monde. Les dialogues de Prévert sont incomparables. C'est un les-enfants-du-paradis.jpgastre lunaire quand on ne sait plus vers où se tourner.

A mon travail, je traverse des temps difficiles. Question de hiérarchies. D'incompétences, aussi, s'il n'y avait pas de suffisance à le dire. Une tension exacerbée par de douloureux choix budgétaires où la culture a comme chaque fois vocation à jouer les parents pauvres. L'esprit vengeur se réveille alors, part à la rencontre de l'oiseau chétif, le dépeint en iguane à quatre têtes pour parvenir à ses fins. Les contre-feux sont alors risqués, instables, hésitants à s'allumer. Saurai-je me replier à temps pour repartir la tête haute sans y laisser mes plumes ?
 
Mon ostéo m'a offert une belle heure et demi de détente et de lâcher prise en fin de journée. Je n'avais besoin que de ça.
 
Une inattendue prise en main, au vrai, un massage de pied en cape, d'abord étendu sur le ventre pour qu'il s'applique sur les épaules et le long de la colonne. De son avant bras tout à plat, qu'il faisait glisser et rouler perpendiculairement à mon dos, il s'est employé jusqu'à mes reins, a rabaissé mon slip à demi sans inutile précaution et a inclus mon bassin dans le champ de son travail manuel. J'avais la gaule quand il m'a fait mettre sur le dos et a manœuvré mes épaules et ma nuque. Le haut de mon 22779-503202b6aca24..jpgcrâne effleurait son pantalon à chacun de ses va-et-vient. Je ne le voyais pas mais l'idée que ce contact fut voulu aggrava mon cas. Il m'a délaissé quelques dizaines de minutes avec une cire chaude sous les omoplates, recouvert de deux grandes serviettes. Je ne changeais rien à la position impudique de mon slip, rêvassais, bandais, finalement somnolais. A son retour, il m'a ôté les chaussettes et s'est attaqué à mes pieds, travaillant les orteils avec sensualité, puis la plante, les chevilles et les mollets. Sa main remontait à quelques reprises jusqu'à mi-cuisse. L'idée qu'il tentait quelque chose ne m'a pas quitté de toute la séance, sans pourtant que ce ne fut assez explicite pour que je m'autorise une audace. J'ai fini alangui, seul, encouragé dans mes exercices habituels avant de me rhabiller et de laisser mon chèque. L’ambiguïté en guise de signature.

J'y retourne dans une dizaine de jours. Peu de chance que ce ne se soit arrangé, au travail, d'ici-là. Si ça ne fait pas de bien à mon dos, ça ne lui fait pas de mal non plus, et puisque le slip descend plus bas d'une fois sur l'autre, il finira peut-être un jour à mes chevilles...

Ah ! Vous avez souri. Ne dites pas non vous avez souri.