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04 décembre 2009

un partage des eaux, une expérience de théâtre

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A chacun son théléton... A partir de ce soir, et jusqu'à lundi soir, c'est à une expérience théâtrale que nous invite le théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine : il présente, dans une mise en scène de la Compagnie théâtrale de la Cité, les trois pièces de la trilogie de Gérard Astor (également directeur du théâtre) : le partage des eaux.

Je parle d'expérience en raison surtout de l'intensité du propos, souligné par le magnifique travail de diction, ciselé, scandé, conduit par Nicolas Hocquenghem. Mais j'aurais aussi bien pu évoquer une aventure à vivre, car il s'agit de se laisser embarquer dans un voyage intemporel, où des contextes familiers, ceux du pillage des pays du sud, de la marchandisation des ressources - y compris la plus vitale de toutes, l'eau - ceux des guerres, de l'occupation et de l'oppression, se mêlent à des projections futuristes. Les personnages sont les figures d'une mythologie réinventée, ils introduisent la distance et l'appréhension quasi psychanalytique des conflits.

En trois pièces et deux entractes (3 heures 30 en tout), il s'agira d'un moment dense et d'intelligence, producteur d'utopies, à l'heure où l'on en a bien besoin. Un peu comme la recherche a besoin de moyens...

J'ai eu le privilège, avant-hier, en création, d'assister à la représentation de la pièce qui conclut la trilogie, Aube. Et je serai ce soir à la première de la trilogie. J'ai hâte de redécouvrir Leïla~Enki dans sa version bilingue : entendre, au coeur du récit, de l'arabe déclamé, poétisé, claquer dans l'obscurité d'un théâtre, dans son mystère, cela fait bien longtemps que ça ne m'est plus arrivé.

Voilà ce que l'on peut lire sur la plaquette de présentation :

"Des personnages de mille ans, des hommes dieux, un espace-temps élastique, une ratonnade en Andalousie, la construction d’un mur de protection qui capture les eaux jusque dans les profondeurs, le pillage de l’Afrique et sa possible renaissance…

Le Partage des eaux réunit les trois dernières pièces de Gérard Astor. OEuvre humaniste et utopique, elle mêle l’Histoire en devenir et des mythes anciens issus du berceau de la civilisation, la Mésopotamie, le pays de l’invention de l’écriture et du premier déluge, aujourd’hui au
coeur de tous les conflits.

Des Siècles à Grenade jaillit de l’exode des Maures et des Juifs d’une Espagne reconquise par les Rois et les Reines catholiques. Leïla~Enki brûle d’une bataille pour l’eau qui est bataille pour la terre. Aube nous propulse, depuis les premiers jours de l’Humanité, en des temps et des lieux où, ensemble sans doute, nous pourrons nous réapproprier la planète bleue. Hocquenghem et ses comédiens franco-syriens, dans la rencontre des langues et des voix, s'emparent du texte comme d'une extraordinaire partition musicale."

Des critiques de presse aussi en parlent :

Jean-Pierre Léonardini, L’Humanité : « C’est une évocation poétique fervente, avec comme en sourdine, en palimpseste presque, l’idée de déluge et d’une immémoriale guerre des eaux, le tout sous le signe d’une fraternité à enfin réinventer. C’est une façon de traiter de ce qui brûle par le biais d’un lyrisme maîtrisé,
hors de l’actualité immédiate gorgée de sang.
»

Armelle Héliot, Le Figaro : « Pas d’effets spectaculaires, mais une ferveur contenue qui s’exprime dans des gestes précis, des intonations changeantes, tout un travail très intéressant sur la voix, le corps, les regards et le déplacement des uns et des autres. »

Critiques parues lors de la création de Leïla~Enki en Avignon 2005. (j'y étais...)

Si tu as un peu de temps ce week-end, offre-toi ce plaisir, et cette tranche de rêve éveillé.

_________________________

trilogieBD1.JPGLE PARTAGE DES EAUX / TRILOGIE

I : Des Siècles à Grenade

II : Leïla~Enki, version bilingue

III : Aube

durée 3h30 avec entracte, tarifs de 7 à 12 €, les 4, 5, 6 et 7 décembre 2009.

trois pièces de Gérard ASTOR

mise en scène : Nicolas HOCQUENGHEM

avec Bruno Argence, Didier Dicale, Christine Gagnepain, Nicolas Hocquenghem, Kamel Najma, Christine Narovitch, Claudius Nondelo, Hala Omran, Philippe Villiers, Ivan Kamenarovic

direction technique, lumières : Hassen Sider, photographie, décor : Yan Senez, traduction arabe de Leïla~Enki : Marie Elias, création sonore Leïla~Enki : Frank Ravail, musique : Société Française de Luth, Féline Ferru, Federico Yacubsohn,