12 août 2008
Seule la victoire est belle

Au 4ème jour des Jeux, le Japon a acquis trois fois de l’or. Trois fois contre des adversaires français.
Je suis cette France terrassée par ippon, délaissée là au bord du triomphe. Je suis cette France dont l’argent ne vaut rien, que des larmes, parce que seul l’or était beau.
J’ai moins de 66 kg et je suis Benjamin Darbelet face à Masato Uchishiba. J’ai moins de 63 kg et je suis Lucie Décosse face à Ayumi Tanimoto. Je nage la brasse en grand basin et je suis Hugues Duboscq face à Kosuke Kitajima. Je suis comme eux, comme elle, beau dans l’effort et anéanti dans l’échec.
私は66キログラム以下を持っている、そして私は Masato Uchishiba と対戦するベンジャミン Darbelet である。 私は63キログラム以下を持っている、そして私は Ayumi Tanimoto と対戦するルーシー Decosse である。 私は大きいたらいで胸衝撃泳ぐ、そして私は Kosuke Kitajima と対戦するユーグ Duboscq である。 私は(彼・それ)らとして、彼女としてで、努力で美しくて、そして失敗で気が動転している。
Je suis cette France sur le dos de laquelle un Japon exulte.
16:38 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : saiichi, jeux olympiques, japon, judo, natation, masato uchishiba, ayumi tanimoto
21 juin 2008
sacré suceur !
J'ai retrouvé l'autre jour dans ma ligne d'eau le beau black que j'avais évoqué ici (et que Fiso avait épinglé là - fiso, aide-moi, je retrouve pas ton papier pour y mettre le lien...).
A mieux l'observer, il s'avère que sa brasse n'est pas si hideuse que ça. J'ai même été surpris du coeur qu'il y mettait, et de la puissance qu'il dégageait.
Ce jour-là, c'était pour moi une séance crawl (c'est comme ça, j'essaie d'alterner les nages d'une fois sur l'autre). La ligne était
passablement encombrée. Eh! bien j'ai eu du mal à le semer. Parce que ce beau garçon, au sourire étincelant et au ras-du-cou en coquillage, est un vrai suceur de... roue. Il s'est mis dans mon sillage et ne l'a plus quitté pendant au moins 10 longueurs. Pas de remarque acerbe sur qui que ce soit, tout à son affaire, c'était lui la sensation du moment.
Bon, bien sûr, la brasse dans une ligne explicitement réservée au crawl, ça faisait désordre, mais l'application qu'il mettait, et surtout son rythme, l'a prémuni de tout rappel à l'ordre.
Nous ne nous sommes pas caressés en nageant, ni même effleurés ou guêtés, nous ne nous sommes pas retrouvés sous les douches. Quand j'ai eu fini ma séance, il était reparti depuis longtemps, ou était resté lézarder quelque part en terrasse.
Je dis ça juste pour t'éviter les questions malveillantes.
21:28 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : piscine, natation
01 juin 2008
le bourrin souverain

Ah ! les piscines... il y aurait des pages à écrire sur les piscines. Celles de Paris, celles de banlieue, celles de Province, celles de Budapest... Elles disent toujours quelque chose de la culture locale de l'eau. Et souvent aussi sur l'état des services publics municipaux.
Dans ma lointaine banlieue, il y en a une qui a toutes les qualités, le stade nautique départemental de Mennecy : bassin olympique de 50m, bassin d'entraînement de 50m aussi, horaires d'ouverture plutôt étendus. La seule chose, c'est qu'elle est fermée depuis Noël pour intervention technique ! Alors le week-end, j'écluse les établissements environnants. Avec horaires de chiottes garantis. Et pataugeoire familiale le dimanche matin. Bon, faut faire avec. A la plus proche de chez moi, ils ne se fendent même pas d'une ligne d'eau. T'es condamné à regarder droit devant à chaque mouvement, et à slalomer. Total, tu sors de l'eau avec la nuque en compote à force de relever la tête.
Mais si tu veux nager le dos, pas d'alternative, il faut t'affirmer. Prendre possession d'une partie du bassin, marquer ta ligne, et ne pas en démordre, quoi qu'il arrive.
Évidemment, tu ne peux le faire que si tu es le plus fort. Il te faut avancer, comme un bourrin. Creuser ton sillon. Ne laisser personne s'y
immiscer, obliger tout le monde à s'écarter sur ton passage. Tu dois te blinder sur les premières longueurs, préparer ton corps, tes membres, à prendre quelques coups, tenir tes muscles en alerte, tout en leur gardant leur flexibilité. Et alors, alors le bourrin devient le souverain. Tout autour de toi le monde barbote dans un joyeux désordre, mais toi, toi, tu es craint, ou plutôt respecté parce que tu dégages de la puissance, tu incarnes l'ordre, la volonté, la rectitude et l'absolu. Tu n'as pas nié le désordre, tu lui a juste contesté son territoire. Tu t'es donné les moyens d'exister.
Et tu as pris une nouvelle revanche sur ton adolescence.
17:55 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : natation, nager, crawl, piscine
15 mai 2008
vingt-quatre heures, parmi d'autres
A la demande générale - et en particulier de Manu et de Bougrenette (putain, faites chier !), et pour légitimer si besoin un travail en cours de Balmeyer - voici une vraie note, écrite sur du temps volé, au milieu du défilé de mes collègues, et de mes dossiers qui restent en plan.
J'aurais pu appeler ça séquence récente (s'ensuivront, la note ne le dit pas, une nuit épouvantable à ne pas trouver le sommeil, et la voiture retrouvée à la fourrière au petit matin... et dire que demain mon blog a six mois). Avant ça, va jeter un coup d'oeil ici: y'en a encore une qui fait à l'eau un joli festival.
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Zéro heure trente : "Quand on veut biberonner, faut s'en donner les moyens". C'est sur cette phrase gentilment énigmatique que je m'endors avec le sourire.
Sept heures trente: je dépose Igor à l'aéroport pour 15 jours de vacances à Vienne et Budapest.
Huit heure cinq : mon rendez-vous de huit heure cinq - apaisé.
Huit heure trente cinq: je rentre dans le tunnel.
(Commence une séquence noire où se suivent réunions internes, réunions externes, relectures diverses, parapheurs et tutti quanti, prises de bec juste comme il faut, rencontre avec des associations...)
(Oups ! avec quand même la publication d'une petite note alibi en milieu d'après-midi - parce que j'ai pas pu résister)
Vingt heures trente: sortie du tunnel. Finalement, ç'aurait pu être pire !
Vingt-et-une heure: nocturne naturiste à la piscine Roger Legall. J'avais besoin de nager, et à cette heure-ci y'avait plus que ça. Et puis j'aime, même si je n'y vais pas souvent -rapport au fait que j'habite loin et que j'ai un Igor qui m'attend à la maison.
Qu'en dire ? Qu'il y a bien des mecs qui "bandent bas" - je confirme -, et que ça leur rend bien service (c'était encore le cas hier soir d'un magnifique métis au corps effilé, avec qui il m'était arrivé juste une fois, il y a de cela deux ou trois ans, de me branler de concert). Que le gel-douche magiquede ma copine Fiso, que j'expérimentais pour l'occasion, et son supposé effet Mr. Freeze, ne m'a pas du tout permis de contrôler ma bandaison, mais m'a au contraire provoqué un phénomène incontrôlable (tu parles d'une congélation ! Ça m'a rappelé la juvénile époque de mes éjaculations précoces), que j'ai bien et beaucoup nagé, dans des lignes pas trop encombrées - comme j'arrive peu à le faire ces derniers temps - sans me perdre dans d'inutiles batifolages (c'est l'avantage de s'être branlé avant, même malgré soi), qu'en sortant, un magnifique garçon chevelu et ébouriffé, Christophe, le visage jovial, un beau regard perçant, a eu du plaisir à se laisser regarder -et toucher-, qu'il m'a proposé de nous retrouver à la sortie, que j'ai sereinement décliné l'offre ayant d'autres projets pour la nuit, que mon dauphin palmé, Sylvain, arrivant sur ces entrefaites (de façon inattendue car il ne vient pas le mercredi en général), je lui ai laissé ma place sous la douche, les ai présentés l'un à l'autre, et que je ne sais pas ce qu'il est advenu de leur rencontre...
Vingt-deux heures cinquante: J'arrive chez Saiichi, il me prépare des spaghettis à la carbonara, il a déjà mangé, il est triste : l'incertitude de son rendez-vous à la préfecture la semaine prochaine, sa carte bleue piratée, son dos qui ne le lâche pas, et, à mots couverts, des questions sur où mène notre relation. Je le rassure, mais ne peux pas tout sur tout. Je suis content d'être chez lui, sa tendresse a un côté perpétuel, qui moi me rassure.
Zéro heure trente: Est-ce la lune, ou les images emmagasinées à Roger Legall, je suis à fleur de peau en lui faisant l'amour. Mais cette fois je n'y mettrai que quatre étoiles, parce que je n'ai pas joui de sa main alors que j'étais à deux doigts.
12:29 Publié dans eaux douces et autres amants | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : homosexualité, gay, bi, bisexualité, naturisme, natation, nager
10 avril 2008
à l'écoute de mon corps

J’aurais pu donner un autre titre à ce billet. Par exemple : le battement d'aile du papillon. En référence à ce célèbre principe de la théorie du chaos qui veut qu'un simple petit souffle d'air sur un coin du continent soit à l’origine, par une succession de hasards, d’un ouragan violent en plein océan.
Tu sais que nager est ma pasion.
Mais il y a dix jours, j'ai fait une connerie : c’était mon jour du papillon. J’aurais du renoncer en voyant le bassin blindé de monde, mais j’ai pensé que j’allais pouvoir maîtriser. Et en fait, j’ai voulu trop maîtriser. Tu sais, avec le papillon, tu dois faire très attention, l’amplitude du mouvement et sa rapidité peuvent à tout moment constituer une gêne, voire un risque pour les autres nageurs. Donc tu fais gaffe, tu es sur tes gardes, tu estimes la vitesse du nageur qui te précède, tu essaie de ne pas ramener tes bras vers l’avant au moment où tu croises quelqu’un en sens inverse. Et là, j’ai du compenser, trop, me cambrer un peu plus que d’habitude pour retarder le mouvement des bras, me raidir pour éviter un choc. Et je me suis provoqué je ne sais pas bien quoi, d’ailleurs, une contracture, une déchirure ?…
Je n’ai rien senti sur le moment. C’est le lendemain que j’ai éprouvé une gêne légère dans le bas du dos, j’ai dû plusieurs fois dans la journée me baisser vers l’avant pour étirer ma colonne vertébrale. Je croyais qu’à retourner nager le soir, j’en finirais avec cette douleur. On dit toujours que la nage, c’est bon pour le dos… Mais c’est le contraire qui s’est produit. Je n’avais encore jamais ressenti ça. J’étais complètement bloqué dans mes mouvements, les micro-ondulations qui assurent imperceptiblement d’habitude ton équilibre et ta flottaison me provoquaient de terribles douleurs, comme si un poignard s’enfonçait dans ma colonne. J’ai dû sortir de l’eau ce jour-là sans avoir identifié un seul mouvement qui m’aurait permis malgré tout de barboter une peu.
Et j’ai passé 10 jours dans le doute. A essayer de comprendre ce qui se passait : était-ce un muscle ? Une vertèbre ? Un calcul ? Un nerfs ? Pendant six jours, je n’ai perçu aucune évolution, la douleur était parfois lancinante.
Au sixième jour, j’ai donc décidé de retourner nager. Mais en utilisant un pullbuoy, ce petit flotteur qui se place entre les jambes, pour ne pas avoir à battre des jambes, j’avais identifié que ce mouvement m’était particulièrement douloureux. Mais cambrure aidant, je n’ai pu faire que mille mètre comme ça, la douleur était toujours bien là. Et le lendemain, évidemment, courbatures aux bras, aux épaules et aux omoplates. J’y suis retourné deux jours plus tard. En essayant cette fois non seulement d’utiliser ce flotteur, mais d’en profiter pour me relâcher vraiment, tirer sur les bras sans comprimer les reins, me débarrasser de toute contraction. On me disait : va voir un toubib, un chiropracteur, un ostéopathe ou autre somatothérapeute, mais ça m’embêtait d’y aller sans savoir dire exactement voilà ce qui me fait le plus mal, voilà ce qui me soulage le plus, voilà ce que je ressens.
Je me suis mis à l’écoute de mon corps. Je n’ai rien chercher à forcer, jamais, juste à éprouver ce que je pouvais faire, ce que je ne pouvais pas faire, approcher la limite de la douleur, sans la provoquer.
Au dixième jour, en fin de séance, j’avais l’impression que la douleur s’était mise en retrait à force de nager, j’ai laissé de côté le pullbuoy, et j’ai pu faire quelques longueurs normalement, sans trop appuyer les battements de jambes.
Curieusement, le soir et le lendemain, la douleur avait finalement presque disparu. Et hier, j’ai pu me faire un séance normale, j’avais vaincu le mal. Je me suis même offert, tout en souplesse, 25m d’un doux papillon. Je n’ai plus mal au dos.
C’est très satisfaisant, rassurant même, d’avoir pu ainsi maîtriser mon corps, dominer la douleur et finalement la vaincre.

Par moi même, rien qu’en refusant de m'y soumettre.
Mardi soir, plongé dans un océan de caresses, porté par un flot de tendresse comme sur une houle océanique, j'ai joui avec Saiichi au bout d’une longue croisière de baisers et d'effleurements, en n'écoutant que ma peau et la sienne, mes sens et les siens, sans recours à aucune image ni à aucune représentation fantasmée, en n’écoutant que mon corps au contact du sien.
12:04 Publié dans eaux douces et autres amants | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : nager, natation, douleur, kiné, homosexualité, gay, saiichi
31 janvier 2008
lendemain de grippe

Lendemain de grippe... C'est pas très bon, ça, comme titre. Enfin, pas très juste. Est-ce qu'une grippe a une fin, d'abord ? D'après le Docteur, oui. D'après le thermomètre, aussi. Sauf que depuis ma sortie-de-grippe théorique, mes jambes, elles, continuent à faire flagada, ma tête diling-diling, et que surtout, surtout, je n'ai pas retrouvé le goût de rien.
Ma grippe s'est déclenchée le mardi de la semaine dernière. Avec, peut-être, si je suis honnête, un arrêt des érections dès le lundi soir (ben oui, c'est un critère !). Eh! bien nous sommes le jeudi de la semaine suivante, et rien, oualou ! Si, dimanche matin, à l'heure du petit réveil, une toute petite, qui m'a fait croire à la guérison. Las, fausse alerte !
Donc depuis lundi, où le docteur m'a autorisé à reprendre mes activités normales, donc le boulot, je continue à me traîner une fatigue désagréable, un manque d'entrain épouvantable, je repousse tout à plus tard. Dès que la pression retombe, je suis gagné par la somnolence. Dès qu'une discussion s'anime, je n'arrive pas à m'affirmer. Mon esprit zappe d'un sujet à l'autre... Bref ! une grippe n'a pas de fin, mais une queue. Et je suis dans la queue. Du coup la mienne est aux abonnés absents. Et l'on ne sait pas où est le bout.
Un collègue ce matin m'a dit : "te laisse pas abattre, va nager !" Il m'a raconté toute une théorie sur la fabrication des globules rouges par le corps, en ajoutant : "y'a que le sport, pour ça."
Je l'ai écouté, je suis allé à la piscine, et je me suis fait un programme modeste, de remise en route. Je l'ai fait sans souffrir. J'ai senti ma somnolence s'estomper, c'est déjà ça. Effet "blogules rouges" (pour reprendre la jolie expression lâchée par ma copine Fiso qui m'a accompagné dans l'efforrt, tout émoustillée par - par quoi, d'ailleurs ? - tu nous diras, hein ?).
En revanche, pas d'effet douche. Il va falloir que mes nouveaux globules tout neufs, rouges ou pas, se fassent dare dare un petit tour du propriétaire et découvrent le chemin de... l'ensemble des cavités spongieuses destinées à les recevoir ! Non mais !
Enfin, tout ceci pour t'expliquer la pauvreté du billet du jour. Je sais. Pardon.
08:00 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : grippe, piscine, natation, Fiso
25 janvier 2008
tirer son coup avant ou après l'effort ?
Je suis sûr que tu vas pouvoir m'aider sur ce coup-là, surtout que le sport, c'est un peu ton domaine (oui, oui, fais pas semblant, c'est bien à toi que je parle). Voilà donc une question qu'il m'arrive assez souvent de me poser : tirer son coup, c'est mieux avant, ou après une séance de natation ?
Comme tu le sais, parmi les petits vices qui m'accompagnent, et qui ne sont pas très loin de mes plus vieux fantasmes, j'aime à me laisser aller, dans les douches et les vestiaires de la piscine, à des érections partagées, des petites parties de touche-pipi, voire d'avantage quand le contexte le permet. (j'en parlais là)
En général, c'est après avoir fait mes longueurs que je m'y emploie. Mon partenaire, ou mon connivent, d'un clin d'oeil entendu, me dit un truc du genre : "après l'effort, le réconfort". Oh yeah !
Plus rarement, c'est dès mon arrivée, aux premières fringues enlevées, aux premières nudités observées ou éprouvées, que le désir se manifeste.
L'autre jour, je me suis ainsi retrouvé en arrivant sous la douche juste à côté d'un très beau garçon, brun, cheveux longs noués derrière la tête, abondamment mais élégamment tatoué : toute la cuisse gauche, un peu à la façon des Samoas, le biceps droit, et une délicate paire d'ailes partant de la raie des fesses et se déployant au niveau des reins. Nous nous étions déjà remarqués une fois précédente, mais nous avions été trop loin l'un de l'autre pour nous laisser aller.
Là, en silence, tournés vers le mur pour échapper aux regards, nous nous sommes branlés, les yeux dans les yeux. C'était bien, simple, rapide.
Et puis je suis allé nager.
En général, dans ces cas-là, ma rentrée dans l'eau est différente, totalement
relâchée, un peu comme si je n'avais pas besoin de m'échauffer. J'atteints d'emblée un mouvement puissant et propulsif. Par contre, je paye cash cette entrée en matière, et assez vite, je fatigue, ma nage devient poussive, et je dois reconstruire mes sensations pour aller au bout de ma séance.
En sortant de l'eau, cinquante minutes plus tard, par contre, c'est comme si les compteurs de mon désir étaient remis à zéro.
Je redeviens friand. Quel incorrigible je suis ! Avant ou après ? Du point de vue de la libido, du point de vue sportif ? Ma foi, je ne sais pas. Tu sais, toi ?
00:15 Publié dans eaux douces et autres amants | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : piscine, natation, homosexualité, branlette
24 décembre 2007
Toi Jane, moi Tarzan
Une petite perle dégotée par Manu Causse - Plisson, et déposée en cadeau avec un de ses commentaires, mais qui mérite d'occuper une meilleure place. Sauf la jungle alentour, et la petite pudeur de Johnny Weissmüller, c'est pas très loin de ce que je raconte là. Merci Manu.
Sinon, Noël, c'est la saison des Best-off. J'ai sélectionné quelques articles, sur un blog ami ou sur un autre, qui m'ont particulièrement touché, et je te les livrerai pendant les fêtes, jour après jour. Pour te faire croire que même pendant la trêve des confiseurs, je bosse ! Allez, joyeuses fêtes !
Et t'étonnes pas si je suis irrrégulier dans mes réponses à tes commentaires ! Oups, je file, j'ai un train à prendre...
02:00 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : natation, nageur, Tarzan, naturisme
21 décembre 2007
Sylvain, la danse des dauphins

Comme tu sais, la piscine Roger Le Gall est ma piscine de prédilection (je te parle là de ma passion pour la nage). Elle a de nombreux atouts par rapport à la moyenne des piscines parisiennes. Mais elle a surtout une particularité : trois fois par semaines, elle t'accueille pour des nocturnes naturistes. Le découvrant par hasard au début de ce printemps, il m'est arrivé d'y aller quelques fois profiter de ce grand bonheur qu'est nager en liberté au début de l'été. Jusqu'à ce lundi, je n'y étais pas retourné.
Je dois à la vérité de dire que 90 à 100 % du public y est en général de sexe masculin (100 % même en ces jours de grand froid), et probablement dans les mêmes proportions gay. Je me dois donc - pour prévenir les déceptions - d'ajouter que les jeunes et sémillants garçons se rencontrent dans des proportions un peu différentes. Parmi ceux-là, il y a Sylvain.
Avec Sylvain, nous nous étions déjà trouvés lors des ouvertures estivales. Deux ou trois fois, il nous était arrivés de nous caresser sous l'eau, dans des effleurements provoqués, de nous attarder en bout de ligne en laissant traîner nos mains, de nous faire bander et d'en rire plus que simplement d'en sourire. Puis de nous finir sous les douches, une fois même en compagnie d'un certain Yves, en vedette américaine...
Ce lundi, après avoir réalisé une partie de mon programme de nage, en sortant la tête de l'eau j'ai vu de loin mon Sylvain arriver. A dire vrai, je l'avais espéré. Il a devancé mon sourire, et nous nous sommes rapprochés.
Je ne vais pas évoquer ici nos premières caresses, elles furent d'emblées denses et explicites, dépourvues de la petite hésitation habituelle. Nous aurions pu l'un comme l'autre décider d'aller directement nous réfugier dans une cabine de déshabillage et nous livrer l'un à l'autre. Il m'aurait proposé de le raccompagner chez lui, je l'aurais suivi immédiatement. Mais il me restait à nager, et lui n'avait pas
commencé, alors je vais plutôt vous parler d'autre chose : cet étrange ballet qui s'est instauré entre nous. Ces nages que nous avons inventées lundi soir pour parvenir à avancer dans l'eau sans nous quitter des yeux, pour rester - en plein mouvement - l'un sur l'autre, l'un sous l'autre, ou côte à côte, dans un contact subtil fait d'effleurements, d'affleurements. Nous nagions et nous jouions. Nous avancions et nous tourbillonnions. Nous étions en surface et dans la profondeur. Quand il nageait sur le dos, je le suivais d'un crawl abstrait, chaque retour de ma main balayait son flanc. Il avait un dos brassé que je poursuivais d'une simple ondulation. J'ai joué à lui gober le sexe en pleine nage et y ai réussi. Nos érections ne nous quittaient pas. Quelques regards bienveillants, des sourires ou des mots gentils nous arrivaient sans nous troubler, ne stigmatisaient aucune gêne, comme pour dire l'évidence du partage, du plaisir.
Nous avons nagé ainsi pendant près d'une heure en nous séduisant comme dans le balet nuptial des dauphins. A chaque arrêt en bout de ligne, j'aimais entourer sa taille de mes jambes, éprouver délicatement son érection, sentir ses mains sur mes jambes. Plus tard dans le sauna, Sylvain m'a massé le dos, la nuque en points d'accupuncture, les omoplates. Puis
nous sommes allés nous doucher, nous isolant dans une cabine individuelle, le rideau simplement tiré. Son sexe était circoncis, délicieux à sucer, plein. C'est loin d'être la première fois que je faisais l'amour avec un homme circoncis. Mais d'avoir écrit ce billet l'autre jour sur le prépuce, et lu certains de tes commentaires, ça m'a fait réaliser que j'éprouvais un plaisir spécial à enbrasser une verge circoncise, même si j'ai en revanche plus de difficulté à la branler qu'une bite ordinaire. Nous avons presque joui ensemble, presque dans la main l'un de l'autre, presque, mais finalement avec nos mains respectives, et lui juste après moi. Comme à cause d'un embarras, d'une connaissance maladoite du sexe de l'autre, de la sensibilité de l'autre. Juste une petite question d'ajustage.
Un presque pas beaucoup plus gros que la taille d'un prépuce, si ça se trouve.
00:05 Publié dans eaux douces et autres amants | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : natation, homosexualité, piscine, vestiaires, nageur
30 novembre 2007
Zoltan (1) l'amant romantique

Comment j'ai retrouvé Zoltan, un de mes premiers amants...
Dans mes étés à Budapest, il y a toujours une part de pélerinage. 2007 n'a pas dérogé, ça a même été l'occasion d'une plongée troublante dans des souvenirs sensibles, liés à un certain art de vivre, et à une libération sexuelle. Un jour d'août, j'ai ainsi été rattrapé par l'un d'eux.
J'étais allé passer une nouvelle après-midi dans cette strand familiale Palatinus, déjà évoquée sur ce blog. Avec mes deux visées habituelles : nager, et m'offrir un petit extra d'ordre sexuel. Encore sur la digestion, j'avais décidé de commencer par l'extra. Sur la terrasse naturiste, nous étions quinze, tout au plus. J'observais l'état des stocks et les mouvements d'un oeil distrait. Rien de très convaincant, il faudrait prendre son temps... Assez vite pourtant un homme est arrivé, du genre que j'aime : belle carure, pas enrobé, le port droit, et une bonne gueule, quasi-familière. Il est venu s'installer presque face à moi, les genoux ramenés vers l'avant le temps de fumer une cigarette. Il me regardait, avec plus d'insistance à la vue de mon érection naissante. En quelques minutes à peine, à vrai dire le temps de sa cigarette, nous n'avions plus de doute sur nos intentions. Il a renfilé son maillot, s'est levé, je l'ai suivi, il est descendu dans la direction des douches, puis a bifurqué comme pour descendre vers les bassins, mais lentement, s'assurant que je le suivrais. Un peu décontenancé par cette déviation, je décidai de poursuivre droit sur la coursive directement vers les douches, sans le regarder. Bien m'en a pris car à peine avais-je ôté mon maillot et pris possession d'un box de douche, que je le vis arriver à son tour. Malgré un mouvement de tête insistant de ma part pour qu'il me rejoigne dans mon box, il préféra s'installer dans celui d'à coté.
J'ai fait ni une ni deux, j'ai empoigné mon gel-douche, mon maillot, et l'ai rejoint. A partir de là, tout reste assez classique : caresses, baisers langoureux, aimables érections, jeux d'épée avec nos bites, baisers encore, une tendresse incroyable se dégageait de ce mec. J'étais vraiment bien. Mais assez vite, il s'est dit gêné par les regards et les déambulations autour de nous, et m'a proposé de sortir pour aller dans une piscine. Frustrant. Mais ce mec me plaisait, alors j'ai acquiescé. Une fois sortis, il me demande comment je m'appelle, quand-même (...!), se présente lui-même : Zoli, me demande si je suis touriste, ce que je confirme, me demande d'où je suis, s'étonne de mon hongrois, ce à quoi je lui réponds avoir vécu à Budapest pendant quatre ans, de1995 á 1999. Là, un éclair semble traverser son regard : c'est marrant, me dit-il : il y a onze ou douze ans, il a eu un amant français, il vivait pas très loin de l'île Marguerite, il croit bien d'ailleurs qu'il s'appelait, lui aussi...
Putain, c'était moi ! Zoli, Zoltan, cette familiarité du visage, cette tendresse. Incroyable. Oui, c'est sur, je le connaissais, nous nous étions connus. Tout était trouble malgré tout, des amants, j'en avais eu tant, dans cette ville où je me suis découvert, où je me suis libéré, où j'ai quasiment vécu mon adolescence homosexuelle. Etait-il un amant de la première époque, quand j'avais encore tout à apprendre, quand j'ignorais tout de là où j'allais ? Avait-il été un amant plus tardif, quand je sombrais dans une frénésie de sexe, mais toujours en quête de l'âme sœur ? Chez lui au contraire, les souvenirs étaient limpides : notre rencontre aux bains Kiraly, nos retrouvailles le lendemain, puis le surlendemain ce dîner au Malomtó, cette nuit entière passée chez moi... une nuit entière, ce qu'il peut y avoir de plus beau, pour lui comme pour moi, au delà de tous les coups à la petite semaine qu'on ramasse ici ou là...
Nous avions été bien ensemble, au moment présent, j'en avais l'absolue certitude. Et plus nous parlions, plus des choses revenaient à la surface. Combien de temps nous étions nous vus ? Je ne sais plus le dire, lui non plus. Assez vite, c'est lui qui aurait mis fin á la relation. Pourquoi ? Il semble que lui était insupportable l'idée que je sois avec une femme. Ou alors c'était sur le plan sexuel, j'avais parait-il la manie de vouloir reproduire avec lui ce que je faisais avec elle. C'est lui qui le dit, mais c'est possible, j'étais novice, sans imagination, mais c'est drôle parce que j'ai bien changé alors !... mais surtout, ça faisait de moi un mec marié comme les autres : qui s'assume pas, qui aime tirer son coup, mais avec qui il n'y a pas d'avenir. Il avait donc mis fin à la relation. Pour se protéger. J'avais souffert, parce que j'avais besoin à cette époque d'être accompagné dans la découverte de moi-même, et parce que cet homme m'avait plu. Il avait souffert parce qu'il s'était attaché, et je restais dans sa tête l'inoubliable souvenir du seul amant français qu'il avait jamais eu. En apprenant que ma relation avec ma copine était finie, que je m'assumais désormais totalement, que je vivais même depuis dix ans avec un amant hongrois, il s'est défait, je l'ai vu se décomposer. Il s'est senti bête, c'en était immensément touchant. Seul encore aujourd'hui comme il y a douze ans, il porte un regard dépité sur les hommes en général, surtout ceux de son pays et de sa génération : toutes ses tentatives de vie commune ont échoué, de son fait ou d'un autre.
Et d'un coup, je l'ai vu voir en moi la grande occasion ratée de sa vie, l'occasion dérobée par un autre, mais par sa faute, parce qu'il n'avait pas voulu croire, pas voulu être patient, qu'il avait préféré se protéger quand moi pourtant j'étais prêt pour le grand amour, quand j'avais besoin du grand amour pour avoir la force de dévaster derrière moi plus de quinze ans de vie usurpée...
Notre conversation a bien duré deux heures dans les eaux tièdes de la piscine, c'était intense, des petites caresses discrètes nous maintenaient en tension. Mais je devais partir pour rejoindre mon mec chez des amis communs. Nous sommes remontés dans les douches. Ce qui s'y est alors passé est indescriptible. C'était beau, dense, intense, nous étions fermés á tous les regards, au point que je crois bien qu'il n'y en eut même pas. A la
fin, il me dit : ce que l'on vient de faire, ce n'est pas tirer son coup, n'est-ce-pas ? Non, ce n'était pas tirer son coup. Nous nous sommes revus, j'avais l'impression de sauter dans l'inconnu, mais je voulais replonger dans son regard et ses caresses. J'allais y aller les yeux fermés. j'en reparlerai.
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12:50 Publié dans Zoltan, l'amant romantique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : amant, homosexualité, bisexualité, sexe, nager, natation, hongrie




