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18 octobre 2012

l'eau des rêves

éditions luce wilquin,l'eau des rêves,manu causse,littérature,premier roman

Ah !, tiens, puisqu'on parle art, laisse-moi revenir sur un événement littéraire. Un événement à moi, à nous. D'abord, arrête tout ! Va lire ce lien puis reviens par ici : c'est un billet que j'avais écrit l'été dernier, en 2011, après avoir découvert en avant première le brouillon d'un premier roman. J'avais enfreint une règle de discrétion, sans superstition ni goût pour la transgression, mais je n'avais pas pu m'empêcher ce signe d'amitié pour son auteur. C'était aussi une manière de rendre la monnaie du privilège d'avoir été admis dans le cercle des lecteurs d'un précieux manuscrit. Surtout, je crois que je ressentais la nécessité de faire quelque chose d'une densité haletante et bouleversante par laquelle je m'étais laissé happer.

C'est bon, tu es allé lire, ou relire, le billet en question ?

Alors je poursuis : tu peux aussi aller voir du côté de ce que Manu en dit, de son roman : son blog est toujours un merveilleux laboratoire d'écriture et de partage (quoiqu'il se laisse aller à une certaine paresse, lui aussi...). Je l'ai un peu délaissé, ces temps-ci. Mais c'est que j'avais un rapport à rendre - ce qui est fait d'ailleurs, depuis hier, quel soulagement !

Comme c'est bientôt la Toussaint. Que tu vas partir, te mettre un peu au vert, ou simplement marquer la pause, forcément. Alors c'est le moment : tu files à la librairie la plus proche de chez toi, et tu y achètes L'eau des rêves.
 
Cette parution est une première victoire de son auteur, même si question livres, il n'en est plus à son coup d'essai. J'ai manqué à tous mes devoirs en n'en faisant pas la pub dès que j'en ai été informé. C'est réparé. Reste maintenant à espérer le succès littéraire. Ce ne serait pas démérité.

07 septembre 2009

ils vont tous bien, ne nous en faisons pas

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Il n'a échappé à personne que c'était la rentrée. Elle n'a évidemment pas la même odeur selon que l'on aie des enfants ou non, selon que l'on soit de ce côté-ci ou de celui-là du manche.

Une chose est sûre : le plus important se passe ailleurs que du côté de la grippe A.

Mon ami Manu fait à cette occasion un retour tourmenté au bercail. Prof par défaut, mais ambitieux, il livre ses doutes dans deux textes fascinants, une lettre à ses futurs élèves et le récit de sa première journée - qui ont sans doute fonction de le soulager de la pression qu'il s'inflige. Peut-on être prof sans s'interroger sur sa fonction ? La confrontation concrète avec des jeunes en pleine génération peut-elle éclairer plus que toutes les digressions sur la chose ?

Extraits en vrac :

"Dans quelle mesure être prof consiste-t-il à reproduire le système qui nous a façonnés ? À rêver de premiers de la classe qui deviendraient profs à leur tour ? Dans quelle mesure, au contraire, suis-je en train de scruter les programmes de la République en cherchant les sous-jacences et les failles, avec l'envie de vous mener au refus de tout système ?"

"Cette nuit, dans le rêve, un élève te tenait tête. Tu finissais par t'asseoir en tailleur contre un arbre, attendant sans doute que quelque chose se passe."

"Construire en kit, pas à pas, pour amener à l'indépendance."

"Quand ils sortent du collège, ils sourient s'interpellent allument des cigarettes parlent de vélos et de skate. Ils vont tous bien, ne nous en faisons pas."

"Sachez, mes chers élèves, que je ne sais rien. Je vous souhaite d'être les lumières qui me guideront vers le métier d'enseignant. Ou les panneaux rouges vifs qui m'indiqueront que je me suis fourvoyé."

12 mars 2009

à livre ouvert

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Il me faut encore te faire un aveu. Parce que c'est l'ouverture aujourd'hui du salon du livre, qu'il est de bon ton de lire, de mauvais goût de ne point le faire, et que je me traîne donc une honte que je m'en vais, une fois de plus, affronter devant toi. Comme ça, ce sera fait : je ne lis pas. Enfin, presque pas. Depuis des années. Juste comme ça, un ou deux livres par an, en général des Van cauwelaert, à l'occasion des vacances d'été, pour tuer le temps sur des plages naturistes de Budapest, ou pendant de longs voyages en train.

Sans doute par ennui. Par flemme aussi, c'est sûr. Sans doute aussi parce que je passe mon temps au travail à lire des notes et des rapports, et que je pensais atteint mon seuil de saturation.

Depuis un an, j'ai commencé doucement à m'y remettre. Avec des blogs, bien-sûr. Mais pas seulement, des rencontres m'ont fait ouvrir un peu plus de livres que je n'en avais pris l'habitude, et m'ont entraîné sur des territoires où je ne me serais probablement pas aventuré.

C'est donc toi qui m'y as invité, finalement. Qui m'as parfois presque forcé la main. Et c'est sans regret.

Il y eut d'abord Les oiseaux vont mourir au Pérou. Des nouvelles prêtées par Fiso pour me dire sa passion de Romain Gary, qui nous conduisit dans les premières semaines de notre rencontre à aller voir aussi La vie devant soi au théâtre.

Puis il y eut Yukio Mishima et sa Confession d'un masque, qui accompagna ma campagne amoureuse en terre japonaise. Et s'y fracassa.

Ce choc fut paradoxalement prolongé par ces opportuns Bruits du coeur, du Danois Jens Christian Grøndahl, offerts par un de mes lecteurs préférés, riche d'une sensibilité perspicace, que je retrouve souvent tout près de mon coeur même si ses pas se sont tristement éloignés de ces pages. Par acquis de sagesse, je crois.

A la rentrée d'automne, je me suis plongé dans les chroniques de Bénédicte Desforges devenue à son tour une amie. Avec Flic, je m'immergeais dans un univers étrange et étranger, et trouvais de l'humanité là où je n'étais pas préparé à en reconnaître.

Puis titillé depuis longtemps par le style détaché et tendrement sarcastique de Manu Causse, je saisis l'occasion de la parution de son recueil de nouvelles, Visite au purgatoire, pour découvrir quel auteur se cachait derrière le blogueur, et ne fus pas surpris d'y retrouver cette plarton11860.jpgume mâle si jalouse de sa féminité. J'y ai donc loué un emplacement.

Et m'apprête, à l'occasion du salon, à me plonger dans l'univers de sa compagne Emmanuelle Urien, qui vient de publier chez Gallimard son premier roman, Tu devrais voir quelqu'un, parce que quelque chose me dit que j'entendrai scintiller du talent de ce côté-là encore.

Je viens aussi de finir un Thriller, J'ai épousé un inconnu, de Patricia MacDonald, parce que Laurent me l'avais offert à la suite d'un dîner mémorable à Paris, en présence de la traductrice, par ailleurs sa grande amie.

Et puis, à l'invitation de mon ami d'amour, à travers d'abord une adaptation théâtrale, puis surtout, quelques heures après, l'écoute audio d'une lecture par Mickaël Lonsdale, je me suis laissé glisser dans la prose d'Albert Camus, par la porte de L'étranger. Que dis-je, glisser. Je m'en suis laissé pénétrer, et là je suis au comble de ma honte en t'avouant n'avoir découvert cet incontournable qu'à l'orée de mes quarante-cinq ans.

Mais qu'importe la honte. Seul le plaisir, le transport comptent. Le verbe léger de Camus, son mot acéré, son personnage dépouillé des inutiles fioritures morales, brut et par ce fait étranger au monde et à ses codes. Splendide. Je comprends qu'il ait enjambé le siècle, dommage qu'il ait eu à passer par la case "école", qui m'a éloigné de lui. "C'est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait de toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur."

Faut-il me plonger dans La chute à présent ?

 

22 juillet 2008

la troisième mêlée

Après la grande fête de l'auto-célébration, le 12 juillet dernier, des vertus sociales et solidaires du sport, du grand mythe, ou je préfère dire du grand rêve de 1998, une petite dédicace spéciale à  mon auteur-blogueur-rugbyman préféré, Manu Causse-Plisson (ça fait longtemps qu'on n'a pas de niouses, tiens ?), et cette célébration des vertus tendres de la confrontation sportive, bienvenue à quelques jours de l'ouverture des JO :

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J'en profite pour reproduire ce billet, qui en son temps, forcément, m'avait ravi :

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Action men

publié par Manu Causse-Plisson, le 17 avril 2008

Tiens, et si je parlais un peu de poésie, de littérature et de douceur, bref, de rugby ?
Hier, les Gonins (nous, quoi) affrontaient les Tou'win ; on s'en est bien sortis, après un départ en demi-teinte, en particulier grâce à notre réserve de joueurs, si pléthorique que nous prêtâmes quelques éléments à l'adversaire qui souffrit de nombreuses blessures (la maffre, les gars).


Si je vous informe ici de résultats sportifs dont vous vous tapez peut-être la paupière, c'est que l'équipe des Tou'win, nos honorables adversaires, possède une particularité qui ne cesse de m'enchanter : c'est en effet la première équipe Gay & Friendly de la région toulousaine.

Et moi, bin, je ne sais pas pourquoi, je trouve ça génial, de remettre en question le côté "onépadépédé" du sport, et du rugby en particulier - où le délicat terme de "gros n'enculé" s'utilise (s'utilisait ?) couramment pour décrire des sentiments inamicaux. Oh, ça ne nous a pas empêché les plaisanteries plus ou moins fines, mais on les fait de toute façon, alors hein... l'année prochaine, si tout va bien, on les échangera avec nos adversaires - là, on était encore un peu empruntés.

Bon,
Oh!91 et son pote WajDi risquent de me dire que tout le monde sait déjà qu'on peut être homo et sportif (p'tain, deux subordonnées, c'est lourd comme phrase, faut que je me surveille, moi) ; mais voilà, hop, c'est dit. Et vous, vous en pensez quoi ?