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25 septembre 2009

le vol d'Olympe

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Hier, un tableau de valeur, d'un peintre connu, a été volé dans la maison de l'artiste pourtant bien gardée, dans une grande capitale européenne. Le fait est suffisamment rare pour qu'on s'y intéresse, et pour que j'en fasse un billet, même si le nu dont il s'agit est féminin.

Le peintre est Magritte. Je visitais il y a moins de huit jours le musée qui lui est désormais dédié (j'en faisais une note ) mais pas la maison où il vécut. Question de temps plus que de goût, puisque les maisons d'artistes ont été une thématique des visites de fin d'été que je me suis offertes pour prolonger l'illusion des vacances : Triolet et Aragon à Saint-Arnoult, Millet à Barbizon, Van-Gogh à Auvers sur Oise... j'aurais pu faire Magritte à Bruxelles

Je n'ai donc pas vu cette Olympia-là. Je m'en serai souvenu, même si d'autres toiles m'ont saisi au Musée, par la puissance de la poésie surréaliste. Ainsi que de nombreuses citations de l'auteur.

Tiens, en voici une pour agrémenter ce court billet, et te laisser méditer pour la journée : "Le mot Dieu n'a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystère, pas au néant".

21 septembre 2009

ceci n'est pas une pipe

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Je rentre d'un séjour à Bruxelles. Il fut un temps où j'y allais souvent, à Bruxelles. Pour le travail, aller-retour dans la journée. La commission européenne, le Conseil européen, le Parlement européen... j'en avais rarement vu autre chose que la gare du midi, le métro et des bureaux dans le quartier des bureaux. Une fois si, participant à un séminaire de deux jours et logeant sur place, nos hôtes belges, qui assuraient la présidence de l'Union européenne, nous avaient emmenés dîner près de la Grand' Place, et j'avais pu me rendre compte que Bruxelles était vraiment une ville. Avec son centre de caractère et ses travers touristiques. Mais j'étais trop préoccupé par quelque négociation délicate pour y prêter vraiment attention.

Je me suis donc offert une excursion culturelle pour profiter de la conjonction d'une RTT avec un programme musical rare à la Monnaie, le théâtre royal de Bruxelles. Je crois n'avoir plus d'amour pour mon ami-d'amour, mais autre chose qui s'affranchit de ses caprices. Lui n'a du coup plus d'oppression, et de telles virées semblent redevenir possibles. Tant mieux.

J'aime la musique sans en conaître beaucoup, et je dois admettre que l'oreille s'affûte avec le temps et les rencontres. Il était question de musique française, à la charnière des 19è et 20è siècles. Légèreté, transparence, délicatesse... Sous la direction de Marc Soustrot, l'Orchestre philharmonique de la Monnaie interprêtait des extraits de Pelléas et Mélissande, de Gabriel Fauré, dont la célèbre Sicilienne, le Poème de la mer et de l'amour, de Chausson, chanté par Measha Brueggergosman à la métisse exhubérance, puis une oeuvre de jeunesse de Debussy, l'Enfant prodigue, encore académique dans sa composition, mais déjà admirable dans la rupture de certains équilibres.

D'une loge à peine surélevée, presque à hauteur des derniers violons, nous étions dans une proximité exceptionnelle avec l'orchestre. J'ai perçu pour la première fois, accompagné par des textes écrits dans le programme acheté à l'entrée, les spécificités d'interprétation qu'appelait cette musique, qui ne craint ni la lenteur ni les pianissimo parce qu'elle cultive la clarté acoustique. Peu de percussion, des timbales courtes et une caisse claire assourdie, des cuivres et des bois au son lent, fragiles, à l'improbable maîtrise, et des harpes pour dispenser sur l'orchestre des notes virevoltantes en confétis. Bien loin des grands élans romantiques russes parfois assommants de Rachmaninov, entendus le week-end précédent à la fête de l'Huma.

Encore sous le charme, nous avons concédé quelques moules chez Léon de Bruxelles - oui mais l'original, donc un incontournable - une petite balade dans les vieilles rues pavées sous la lumière de lampadaires à l'ancienne, au milieu de tablées dégueulées par la myriade de restaurants qui envahissent ce quartier. Puis un retour nocturne à l'hôtel pour remarquer que nous étions, par hasard, au coeur du centre gay.

magrittepipe.jpgLe lendemain, nous avons visité le tout nouveau Musée Magritte et voyagé au coeur du surréalisme. Avant juin, Magritte n'avait encore ni musée ni site de référence. GDF-SUEZ y affiche avec ostentation son "mécénat de compétence" à qui l'on doit les travaux de rénovation et d'aménagement de l'hôtel qui abrite le Musée, une dépendance des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Mais disons que ceci n'est pas une publicité.

Dans le hall principal des musées royaux, qu'il faut traverser pour rejoindre le Musée Magritte, j'étais saisi de me trouver face la La fontaine de l'inspiration, de Montald Constant, dont je n'aurais jamais imaginé qu'elle puisse être si grande.

Le Musée Magritte se visite à l'envers. Du troisième étage au rez-de-chaussée. Et de droite à gauche. La salle d'ouverture est agrémentée d'une musique de fond qui te plonge dans l'époque, les salles sont sombres, la lumière concentrée sur les oeuvres. L'exposition est parsemée de textes de l'auteur, qui expriment mieux que de longs discours les moteurs de son travail et lui donnent sens.

J'ai surtout été captivé par l'oeuvre de dissociation des objets et des mots par laquelle naît la poésie. Il y aurait des livres à écrire sur le sujet. D'ailleurs, il en fut écrits de nombreux.

A la fin du séjour, comme pour parachever la découverte culturelle de Bruxelles, il y eut une visite à un sauna gay. Ma foi, mauvais plan, question garçons, à peine une poignée, surtout des laiderons ou des snobs. J'ai du tripoter, quoi ? Trois quéquettes qui en valaient la chandelle - dont deux absolument pas à la façon d'une pipe, Magritte oblige.

Par contre, question convivialité, voilà un lieu qui assurait vraiment : pour 18 euros l'entrée, le patron offrait buffet à volonté dans une salle à manger vaste et aménagée avec goût à partir de 19h. Histoire sans doute de remplir les murs. Hélas, après quelques tranches de haddock et de saumon, il était l'heure de rentrer.

Je te reparlerai de Bruxelles, il y a encore beaucoup à en dire.