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27 décembre 2008

je t'aime, pardon, adieu, à bientôt

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"- Que veux-tu que je te dise ?
- Rien.
- Tu mens.
- Oui.
- Qu'attends-tu de moi ?
- Rien.
- Tu ments encore.
- Non, pas cette fois.
- Bien sûr que si. Tu es là, tu es venu chercher quelque chose.
- Non, je voulais juste te voir.
- Tu aurais pu me voir à travers la fenêtre.
- Je voulais savoir comment tu vas.
- Tu aurais pu demander de mes nouvelles à la voisine.
- Je voulais t'entendre.
- Tu as un enregistrement de ma voix sur ton répondeur.
- ...
- Pas d'autre argument ?
- Je ne crois pas.
- Pourquoi es-tu là ?
- Je ne veux pas que tu m'oublies. Mais je sais que tu le dois.
- Tu me l'as demandé.
- Je sais.
- Tu as changé d'avis ?
- Non. -
- Tu ne m'aimes pas ?
- Pas assez.
- Que veux-tu ?
- Rien.
- Pas même moi ?
- Non.
- Moi je te veux, toi. Tu vois, on ne sera jamais d'accord.
- Non, jamais.


- Regarde, la lune est pleine.
- J'ai vu, elle est belle. Toi aussi.
- Merci. Un homme me l'a dit, ce matin.
- Que tu es belle ?
- Oui.
- Je le déteste.
- Tu es égoïste.
- Je sais.
- Alors ?
- Rien.
- Rien ne change, donc.
- Non, rien.
- Si, moi.
- Toi ?
- Oui, moi.
- Toi.
- Moi, je change.
- Ah ?
- Oui. J'ai appris à ne plus te détester.
- Tu me détestais ?
- Oui. Je t'en ai beaucoup voulu.
- Ah.
- Parce que tu aurais pu m'épargner.
- Quand ?
- Souvent. Toujours.
- C'est vrai.
- Oui, c'est vrai.
- Je suis égoiste.
- C'est trop facile.
- Je n'aime pas les choses difficiles.
- C'est pour ça que tu m'as aimée ?
- Peut-être.
- Tu savais que je t'aimerais fort, n'est ce pas ?
- Je savais que tu le pouvais. Je ne savais pas si tu le ferais.
- Je l'ai fait.
- Oui. C'était bien.
- Tu vois ? Tu en parles au passé, comme si la page était tournée.
- Elle est tournée. Je l'ai tournée en partant.
- Ta page à toi. Pas la mienne. Ni la nôtre.
- C'est vrai. Je suis égoiste.
- Tais toi.
- D'accord.


-Pourquoi m'as tu aimée ?
- Parce que j'avais besoin d'aimer quelqu'un. Et tu es très aimable.
- Pourquoi n'as tu pas pensé à moi ?
- Parce que j'avais besoin de penser à moi, pour une fois.
- Tu as toujours pensé à toi.
- Non.
- Tu ments toujours. Toujours. Comme tu as toujours pensé à toi. A ce toi que tu es pour les autres. Une statue que tu dores et redores et adores chaque jour. Tu as toujours tout fait pour que le monde entier te regarde et t'aime. Bravo, tu as réussi. Tout le monde t'aime, t'adore même. Tout le monde à part toi. Ceux qui t'aiment le moins sont ceux qui te connaissent le mieux.
- Tu es dure.
- Très. Pardon. Mais tu sais que j'ai raison. Et que tu as tort. Parce que les gens aiment ta statue, pas toi. Sauf moi.
- Sauf toi ?
- Oui, sauf moi....
- Tu me trouve toujours aussi dure ?
- Oui.
- Pardon. Je ne veux pas te faire de mal.
- Tu pourrais.
- Je sais, mais je n'en ai pas envie. Je n'ai que de bonnes intentions à ton égard, tu sais que ça m'agace parfois ? Je n'ai même pas envie de creuver les pneus de ta voiture, de taguer ta jolie maison...
- ...
- Et ne souris pas, s'il te plaît.
- D'accord. Pardon.
- Je te pardonne.

- Alors ?
- Alors ?
- Que veux-tu ?
- Je voudrais que tout soit comme avant.
- Avant quoi ?
- Avant nous. Je voudrais t'aimer de loin et presque en silence. Je voudrais t'écrire des mots tendres que je ne t'enverrai pas, je voudrais composer des musiques pour toi sans que tu les entendes, je voudrais te parler, rarement et tard dans la nuit, entendre ta voix pour t'imaginer et rêver de toi.
- Tu voudrais que je ne sois qu'une chimère... ?
-  Un rêve, oui.
- ...
- Et toi ?
- Moi ?
- Que veux tu, toi ?
- Ne me le demandes pas.
- Si.
- Tu vas le regretter.
- Tant pis.
- Moi, je te veux toi. Toi pour moi et moi seule. Je te veux près de moi tous les matins et tous les soirs, je veux que tu me fasses le café et l'amour, je veux te voir lire en souriant, je veux choisir la musique de nos dîners, je veux écrire en te regardant pour que mes mots soient plus beaux.
- Un rêve.
- Une chimère, oui.
- Je ne peux pas t'aimer dans l'ombre, tu le sais bien.
- Oui, je le sais bien.
- Ça me tuerait.
- Et je ne le veux pas.
- Ça tombe bien.
- Tu as d'autres choses à vivre, de belles choses.
- Je l'espère.
- Je déteste cette idée, pourtant je te veux heureuse. Même si c'est sans moi.
- Tu veux que ce soit sans toi.
- C'est vrai, je veux que ce soit sans moi.
- Je ne sais pas si je pourrais aimer encore.
- Bien sûr que tu le pourras.
- Pas comme je t'aime toi.
- Peut-être pas...
- C'est dommage. Je suis sûre que quelqu'un, quelque part, mérite cet amour-là.
- Sûrement.
- Il peut donner des ailes, mon amour, tu sais... ?
- Je sais...

- Alors ?
- Alors je m'en vais.
- Comme toujours.
- A jamais.
- Menteur.
- Oui, je mens. Je ne pourrais jamais t'oublier.
- Moi non plus.
- J'aurai envie de t'écrire.
- Alors écris moi.
- J'aurai envie de t'aimer.
- Alors aime moi.
- Merci.
- Mais je ne sais pas si je pourrais t'aimer en retour. J'espère, j'aimerais, t'aimer sans souffrir, de loin, dans l'ombre, en secret et silence. Mais je ne sais pas si j'y arriverai. Je ne t'oublierai pas, mais peut-être un jour ne t'aimerai-je plus.
- Je sais.
- Alors il sera trop tard.
- Je sais.
- Tu t'en moques ?
- Oui. Je veux juste t'aimer. De toutes façons, il est déjà trop tard, trop tard pour tout.
- Peut-être...
- Adieu.
- Tu ments toujours...
- Toujours.

- A bientôt.
- A demain.
- Non, à bientôt.

- Je t'aime.
- Je t'aime.
"

M.

Les petites choses, le 22 septembre 2008

_________________________

Ce dialogue, je l'ai rêvé, je l'ai craint, je l'ai illustré, je l'ai écrit, je l'ai gommé, je l'ai réécrit, je l'ai joué, je l'ai déjoué, je l'ai rejoué, je l'ai surjoué, il m'a pénétré, et malgré des litres de larmes et de sueur, la fin depuis six mois m'en échape. La fin. Il y a six mois aujourd'hui. Tout juste. Six mois de chagrin avec au milieu l'impossible tentative de construire autre chose, et les idées belles qui malgré tout survivent, inconsistantes et froides. Six mois. C'est avec des violons en larme qu'il me consolait et me disait mon importance. Si dérisoire, comme ces dates symboliques qui soulignent un pitoyable fétichisme. Six mois.

22 novembre 2008

mon tournesol

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Vous la prenez là où vous la trouvez, enfin, elle vous trouvera peut-être la première, vous la cueillez, vous la regardez de temps en temps, vous n'oubliez pas de l'arroser, elle en a besoin quelque fois, vous la voyez s'épanouir, se livrer, vous l'entendez rire, vous la laissez un peu vous guider, conduire à vous ses jeunes pousses, et puis vous l'emmenez avec vous en vacances. Pour quelques jours, au moins. Dans des lieux où ne se trouvent que des gens que vous aimez. Vous n'oubliez pas de lui donner du coucher de soleil. Un par jour, c'est un minimum. Alors vous vous laissez flotter, vous êtes comme en apesanteur, le cœur est léger et reconnaissant. Et vous n'avez plus que des envieux autour de vous. Vous vivez.

Voilà. J'avais écrit ça avant hier sur le blog de Bougrenette, en commentaire de la mosaïque - de mots et d'image - par laquelle elle racontait nos quelques jours de vacance en Provence. Et plutôt que d'en dire à mon tour les plaisirs, d'y rendre à mon tour hommage à ma mère et à nos hôtes, je vais plutôt t'inviter à aller y voir par toi même : tout y est.

07 mars 2008

dans la peau de Laurent (C)

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Dans Laurent, il y a de la poésie aussi. Tu l'as perçue dans mes lettres, et tu m'en as donnée. De la poésie de situation, de la poésie de littérature. De la poésie de vie. Une poésie que j'ai aussi plaisir à trouver et à retrouver dans les pages de ton blog. Ou dans tes mails. Tu m'as déjà offert du Abou Nouas, et maintenant du René Char. Tu m'as donné une matière enracinée dans la vie, sans époque, éternelle. J'en ferai quelque chose dans ces pages, c'est un serment. Comme tu as su en faire, par défi, du Laurent. Du Laurent au masculin ou au féminin, au passé ou au présent, au réel ou au virtuel...

_________________________

Dans la peau de Laurent

proposition N° 3

par M.

O.,

Ta lettre entre les mains il y a une minute encore. Maintenant posée sur la table, près de la feuille blanche que je viens de me décider à sortir. Pourtant, j'ai hésité...

Je l'ai lue et relue, ta lettre. Tiens, je la relis encore...

Si je la lis autant, c'est que je ne sais comment réagir. Ou plutôt faire le choix entre les deux sentiments qu'elle m'inspire. Faire un choix, ce que toi, tu ne fais pas.

Que veux tu, O. ? Me parler franchement de toi, ou joliement du Sahara ? J'ai besoin de le savoir, pour te répondre. Dans le premier cas, je te lirai avec attention, avant de chercher puis peser mes mots, je les voudrai justes, pour soutenir les tiens. Dans le second, je garderai ta lettre précieusement, avec les autres, pour les relire un jour, plus tard, quand j'aurais envie de voyager depuis mon rocking-chair.

O., O., O...

Que te dire ?

Tes lettres me touchent, elles démontrent l'amitié que tu as pour moi, et en même temps elle me frustrent, parce que tu ne me fais pas confiance. Pas assez pour me parler ouvertement. Pour abandonner ces chemins détournés que tu empruntes par... Par quoi, au fait ? Par jeu ? Par peur ? Par...oserais-je le dire? Par lâcheté ?

Oh, je sais que c'est difficile de faire un choix. Mais c'est souvent nécessaire. Et je crois que ça l'est, maintenant, pour toi.

Je t'avoue que jamais je ne t'aurais écrit ainsi sans ta dernière lettre. Je t'ai dit avoir hésité. Oui, j'ai beaucoup hésité. Entre rester silencieux, parce que ce serait bien plus simple pour toi d'oublier cette lettre, ces fausses moitiés d'aveux, et poursuivre sur la voie que tu as choisis, celle de la facilité, ce dont je ne peux te blâmer. Et te répondre, comme je le fais, pas comme tu l'attends mais comme tu as besoin que je le fasses, je le sens, et je crois que tu le sens aussi. Je crois qu'un peu malgré toi tu me pousses à te brusquer. De toutes façons, je ne pouvais te répondre sans te brusquer.
O., je suis toute à toi.

Si tu choisis de me parler, fais le franchement. Je serai là pour t'écouter, et bien sûr te comprendre. Je dis bien sûr, parce que je ne peux que te comprendre, tu le sais bien. Si tu veux faire ce premier pas, vers moi et vers les autres, je te tiendrai la main.

Si, au contraire, tu choisis de te taire, de me parler sans le faire comme tu sembles t'y obstiner, je t'informe dès à présent que je ne te répondrai pas. Parce que je n'ai pas ton goût de l'écriture et des descriptions, je ne saurais te parler de rien sur des pages et des pages, comme tu le fais si bien. Parce que tu le fais bien, c'est indéniable, il est toujours très agréable de te lire. Mais pour moi le fond a toujours plus d'importance que la forme.

Si tu le permets, je vais terminer en te retournant tes propos : "C'est à toi, à présent, de déterminer ton – ou tes – attitude(s). Quant à moi, je me retranche dans le silence et l'attente. L'attente de ton signal, quel qu'il soit. Pour continuer notre amitié. Pour la dépasser. Pour la suspendre. Pour inventer autre chose...?"

A ton choix,

M.


19 janvier 2008

M., ma blogueuse jumelle

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J'ai lu et relu. Avant ma réunion, entre deux réunions. J'aurais voulu, là, tout de suite, comme ça, du temps pour lui répondre, autre chose qu'un accusé de réception. Tout me parlait, me flattait. J'étais comme face à un miroir déformant, ou plutôt re-formant.
 
Ce qu'elle m'y disait était personnel, mais ce reflet flatteur qu'elle m'y tendais, j'ai eu cette envie rageuse de le tourner vers toi. C'était trahir un peu sa démarche personnelle, alors je lui en ai demandé la permission, elle me l'a donnée. C'était hier.

Avec M., on se commente depuis quelques semaines déjà, j'ai été saisi par ses histoires, j'y ai retrouvé un ton, des récits brefs teintés d'ambiances, de "pudiques impudeurs" comme je lui ai écrit une fois, des pris sur le vif, ou dans les souvenirs, qui sont proches de ma façon d'écrire, au point que ça m'a troublé et que je le lui ai dit. Elle y ajoute des moments musicaux, où je retrouve chaque fois une sensibilité toute proche de la mienne.

C'est la seule qui ait jamais commenté ce tutoiement pluriel que je pratique pour te parler depuis le début. Le nom de son blog, les petites choses, dit l'humilité qui l'anime. Si semblable, elle a déjà presque tout compris de moi.

"Hey toi ! 
une dernière cigarette en écoutant Jeff Buckley, et un mail pour toi, puisque tu m'as autorisée (invitée ?) à le faire.24bf59e09a49fc26e40e8e14faccce43.jpg
Je me sens toute...timide, là. C'est que le contact est soudain plus direct, c'est toi et moi, ou plutôt moi à toi, et sans personne d'autre pour nous espionner, enfin nous lire quoi, et ça fait tout bizarre (et mes phrases commencent à se faire longue, faut que je me calme).
 
Je voulais donc revenir sur tes mots, ces mots :

"Cela fait aujourd'hui deux mois que je tiens ce blog. Je m'y absorbe et m'y noie parfois, je crains aussi d'écluser peu à peu mes souvenirs et mes états d'âme, de frôler l'assèchement. Chaque fois pourtant, tu me tends la main et je repars."

Ils m'ont interpellée. Ce n'est pas la première fois que tes mots m'interpellent, tu le sais, mais là... Je ne pouvais pas ne pas réagir.

Quand tu parles, divinement bien, d'écluser tes souvenirs... si tu savais combien de fois j'ai ressenti cette crainte...

Je parle tellement de tout, tellement de moi, je ne suis pas un puits sans fond, j'aimerais mais... et je n'ai pas envie de poser le mot fin, encore moins envie d'écrire pour écrire, sans rien avoir à raconter. Le jour où je n'aurais plus d'histoires, courtes ou pas...

Mais ce jour n'arrivera pas, n'est ce pas ?!

On le sait (l'espère?) toi et moi.

Des passionnés ? Des gens entiers ? Des curieux, des gourmands ? Comment dit-on ? On ressent... on vibre... on rit, on pleure, on aime, on a un coeur et on s'en sert, tout simplement.
 
4c6584d738a1a2d6f47a593ca7d80adf.jpgJ'aime quand tu me parles de toi. Quand tu te racontes. Ta façon de vivre est proche de la mienne, même si ce que tu vis est différent. J'aime ce que tu gardes de tes souvenirs, et ta façon de nous les offrir. J'ai souvent eu un frisson, et une larme en te lisant. Dernièrement, lorsque tu m'as raconté Laurent, j'étais bouleversée, mais dans le meilleur sens du terme, j'étais émue, touchée, c'était si beau... et si personnel, un bout de toi que tu m'offres, comme ça, simplement, gratuitement.

Et puis, il y a ta façon de faire. J'aime tes mots. Oui, j'aime tes mots.

Et... je vais m'arrêter là pour ce que j'aime, ce n'est qu'un premier mail après tout ;-)
 
Tu dis "
tu me tends la main et je repars".

Le tu c'est toi et le je c'est moi, ;-)

Tu m'as tendu la main. Tes premiers commentaires m'ont touchée, encouragée, et les autres ont continué sur cette lancée. Quelques mots de toi sur mes mots à moi et j'ai envie de t'en donner d'autres. Peut-être parce que je sais que tu sais les lire.

Peut-être parce que j'ai l'impression que tu les veux, les attends.

Ou peut-être parce que j'aime m'en persuader, tout simplement.
 
Enfin, bref. ;-)
 
Voilà, je me suis lancée, et pour le moment ça ne fait pas trop mal. Je vais me lancer un peu plus loin, jusqu'à toi par exemple, en cliquant sur "
envoyer" mais avant, je voulais te remercier une nouvelle fois pour... tout ça, et, si tu le permets, t'embrasser.
 
Au plaisir de te lire,

 
M."

00:30 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : blog, M.