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02 février 2013

la faute à la CGT

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Sous le titre "Le cas Goodyear, apprenez à argumenter", Jean-Luc Mélenchon rétablit, dans son blog, quelques faits têtus, qui font pièce à tous les articles, chroniques et reportages qui rendent les syndicats, et singulièrement la CGT, responsables du plan social et la fermeture du site d'Amiens chez Goodyear.

Avant de t'inviter à aller lire le rappel pédagogique de la situation, voilà ci-dessous quelques faits qui permettent de remettre à leur place l'eau, le vin, et les engagements de François Hollande, candidat du changement...

Goodyear, c'est 23 milliards de dollars de chiffre d'affaire par an (chiffre 2011, le plus haut depuis 2000) et 343 millions de bénéfice net. Une fois déduit le salaire du PDG (12 millions de dollars) et les charges afférentes.
 
Troisième fabricant de pneus dans le monde, c'est un groupe possédé presque en totalité par des fonds d'investissement, par définition sans projet industriel mais à la recherche de rentabilité constante et maximum.

Le repreneur Titan, dont on accuse les salariés d'avoir fait capoter l'opération de reprise, avait révélé dès 2011 dans le Monde que son ambition était de se séparer d'une partie de l'activité (pneus tourisme) et de délocaliser l'autre (pneus agricoles) : repreneur mes couilles ! Mercenaire du sale boulot, plutôt, que Goodyear, du coup, doit accomplir à visage découvert, escorté par l'armada des chroniqueurs économiques de la place...

goodyear,mélenchon,mouvement social,Le "plan de modernisation", quant à lui, refusé par la CGT, supposait, en échange de 52 millions d'euros d'investissement, plus de 400 suppressions d'emplois, une augmentation du temps de travail et une remise en cause de toute l'organisation du travail avec le passage en 4×8.

L'abandon du site d'Amiens-Nord correspond à une stratégie pensée de longue date : fermer un site où les salariés sont combatifs pour aller là où la main d'œuvre est moins chère et plus corvéable. La conjoncture n'est qu'un prétexte.

La direction prétend que la rentabilité du site aurait brutalement chuté de 23% fin 2012. Mais si le site rencontre des difficultés, c'est que la direction a elle-même organisé ces difficultés, sous-investi depuis des années, et constamment privilégié d'autres sites du groupe dans l'attribution des volumes de production. Pour mieux justifier aujourd'hui la fermeture.

Si, comme s'y était engagé François Hollande, une loi avait été votée interdisant les plans sociaux dans les groupes réalisant des bénéfices, la question de Montebourg ne serait pas de mettre ou d'enlever de l'eau dans le vin de qui que ce soit, mais juste de remettre de l'ordre social dans un monde de prédateurs qui menacent tous les équilibres de notre civilisation !

06 janvier 2013

Verdi vs Wagner

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Tout balance.

D'un côté à l'autre, comme un métronome.
 
Du meilleur au pire, du pire au meilleur.

Un coup à droite, un coup à gauche, un bras après l'autre. Pousser, battre des pieds, glisser, avancer coûte que coûte, que l'eau soit douce ou saumâtre. En 2012, j'ai nagé 220 km.

Se révolter contre la bêtise, mais pas se braquer. Ne pas renoncer, mais ne pas se perdre, ni s'isoler. L'équation est complexe.

Verdi et Wagner sont célébrés ensemble pour leurs bicentenaires, et les programmateurs ont hésité entre ces deux jubilés, ont pris parti ou se sont pliés aux règles du partage.

L'un est léger, l'autre ténébreux. L'un évoque l'histoire humaine, l'autre s'ancre dans ses mythologies. L'un est dans son époque, l'autre jette les prémices de la nouvelle. Populaire, l'un a essaimé toutes les places lyriques du monde et des siècles, et aussi la variété contemporaine, quand l'autre s'est sacralisé, sanctuarisé, souffrant qu'on entrât dans son œuvre comme en religion. L'un a accompagné Lady Di vers sa dernière demeure, quand l'autre lançait dans une flamboyante esthétique le sublime assaut héliporté des troupes américaines contre le peuple vietnamien.
 
L'un vient d'être joué à Rome, sous la baguette de Riccardo Muti, en résistance à Sylvio Berlusconi. Nabucco-5.jpgL'autre était adoré d'Adolphe Hitler. Ainsi, bien longtemps après la mort des créateurs, les sociétés assignent-elles des messages et des fonctions à des patrimoines qui pourtant transcendent toutes les valeurs auxquelles on veut les rattacher. Le balancier s'en va de l'un à l'autre, puis revient, sans décider ce qui est le pire ni où est le meilleur. L'Opéra de Paris fera la part belle cette saison à l'Anneau du Nibelung, pour rentabiliser les nouvelles productions des deux saisons précédentes. Gageons qu'au début de la prochaine, c'est Verdi qui sera porté au pinacle, et que nous aurons droit aussi à un magistral chœur des esclaves de Nabucco. Pour exorciser nos périls.

38741656.jpgLe tournant de cette année est aussi celui des trente ans de la disparition d'Aragon, et des quarante de celle de Picasso, deux créateurs de génie et d'engagement, ancrés dans un vingtième siècle tourmenté qui ne laissait que peu transparaître ce qu'il adviendrait du vingt et unième. Gageons qu'ils en ont vu suffisamment pour ne pas avoir à se retourner aujourd'hui dans leurs tombes.

Le vingtième avait été le siècle des barbaries. La sacro-sainte civilisation occidentale et son héritage judéo-chrétien, dont beaucoup voudraient qu'on reconnaisse une supériorité à ses vertus, ont produit la pire d'entre elles. On a cru longtemps que la Shoah nous préservait pour toujours des ténèbres, l'Europe unie des rivalités imbéciles, mais au vingt et unième, la haine se répand. La quête du pouvoir ne connaît pas l'éthique. La compétition est la règle commune et tire notre époque dans l'abîme. Sans que l'on apocalypse-now_01.jpgsache si face à l’inouïe violence des espoirs déçus et des promesses trahies, le balancier s'arrêtera sur la case révolution citoyenne ou sur celle de la contre-révolution conservatrice. La roulette est lancée, l'on trépigne autour du tapis vert où l'attrait du gain seul compte.

Nous n'aurons pas d'élection, en 2013. Et pourtant, une partie serrée se joue. L'austérité et la crise tiennent la corde, se légitimant l'une l'autre. Plus qu'un simple mauvais moment à passer, ou un tunnel à traverser, la crise donne l'impression, surtout, d'être un moyen pour les possédants de restructurer en profondeur la société française. Le fameux "modèle social européen" dont ils se gargarisent, est devenu incompatible avec l'objectif obsessionnel de la compétitivité. Je crains qu'on soit loin de percevoir les tréfonds de la régression sociale qu'ils nous promettent. Et il ne suffira pas de jouer la différence avec la droite en laissant traîner en longueur le débat sur le mariage homosexuel comme un hochet, pour nous distraire et dissimuler Machiavel.

20 milliards pour les patrons, 3 centimes pour les smicards. Tout balance et la gauche se perd.

Les 40 plus grandes fortunes du monde ont vu leur patrimoine augmenter de 241 milliards de dollars en 2012. A eux quarante, ils possèdent 1.900 milliards de dollars. Mais chut, faut pas y toucher, ça pourrait les faire fuir. Tandis que les taudis fleurissent le long du périphérique, sur les délaissés urbains, dans les interstices des échangeurs autoroutiers.

Tel le choeur des esclaves, le vent de la révolte finira peut-être par nous atteindre ? Tiens, un étonnant 3424555.jpgsondage, sur les personnalités préférées des Français, à Noël, plaçait Mélenchon ex aequo avec Hollande. Mélenchon, Hollande, Mélenchon, Hollande... J'espère que cette autre voix à gauche, celle qui a su se rassembler pour se constituer en front de gauche, ne va pas se perdre, pas se dissoudre, pas laisser le champ libre de la contestation à la seule illusion nationaliste.
 
Un coup à droite, un coup à gauche, un bras après l'autre. Pousser, battre des pieds, glisser, avancer coûte que coûte, que l'eau soit douce ou saumâtre. Qui sait où s'arrêtera la balancier ? Et si, à l'heure de la douche, un belâtre n'aura pas plaisir à se laisser caresser du regard ou de la peau ? Pousser encore !

27 avril 2012

et voilà le résultat !

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Dire qu'on aurait pu avoir un second tour où les candidats se seraient sentis obligés de parler salaire, sécurité sociale, retraite, qu'on aurait pu se pencher sur la transition énergétique, entendre des annonces à faire pour renforcer les droits des salariés dans les entreprises. Qui sait si on n'aurait pas flatté le métissage, promis le mariage gay pour avant la fin de l'année et si Hollande n'aurait pas annoncé la convocation d'une Constituante pour préparer la VIè République... Ou promis un référendum avant de ratifier les derniers traités européens.

Ah! s'il s'était agi de caresser les électeurs de Jean-Luc Mélenchon dans le sens du poil...

Tu disais vote utile ? Voilà le résultat : un deuxième tour où l'on ne parle plus que de vote des étrangers, de mosquées et d'islamisme, de présomption de légitime défense, d'assistatanat, où les seconds couteaux de Le Pen pérorent, se proclament centre de gravité... Le vote utile du premier tour devait accessoirement mettre Hollande sur sa rampe de lancement, mais surtout nous libérer de la pression Le Pen. Il a donné la vedette aux fascistes : un effet de trompe l’œil qui régale le gotha médiatique mais nous asphyxie. Une soirée électorale pourrie, lancée à dessein sur les rails d'un score démesuré à 20%, et depuis lundi, les thèmes au cœur des tactiques et des commentaires sont toutes à gerber. Les yeux sont rivés sur un FN qui exulte, tandis que les candidats en applaudissent les thèses ou en convoitent subtilement les voix.

On a mangé notre pain blanc !

Bien sûr, 6 millions de voix et des brouettes, ça fait peur. Mais quelle manipulation ! Ramené à 2002, la blondasse réalise avec 17,9% un score en dessous de celui de son père et de Bruno Mégret rassemblés (19%). Dans la plupart des grandes villes et près des grands bassins d'emploi, sa progression ne doit qu'au retour des voix siphonnées par Nicolas Sarkozy en 2007. Du donnant-donnant, rien de plus. Un simple aller-retour. C'est dans les campagnes, dans des zones rurales pas vraiment concernées par la violence, ni par l’immigration, qu'une progression est enregistrée, mais seulement là... C'est à dire là où Chasse-pêche-nature et tradition faisait ses gros scores en 2002 (tiens, pourquoi personne ne parle de ces 4,5 % d'alors ?). Et accessoirement là où le Front de gauche ne dispose d'aucun relais d'opinion pour allumer des contre-feux...

Mais ça semble arranger tout le monde de dissimuler que le seul véritable événement de cette élection, c'est que Mélenchon est celui qui apporte à la gauche sa dynamique positive, bien plus que Hollande qui ne progresse pratiquement pas sur Ségolène, ou d'à peine un point en cinq ans. Que la percée du Front de Gauche ressemble à quelque chose comme l'émergence d'une vraie seconde force à gauche.

Silence radio. Voix déjà acquises, inutile d'en parler ! La loyauté se paie cher... Dire qu'il aurait peut-être suffi d'un 13 ou d'un 14 % pour que l'on troque un événement pour un autre. Mais 11,11% c'est terne, donc c'est mort. Médiatiquement, s'entend.

Je préfère retenir qu'il s'en est fallu de peu qu'on en sorte autrement, de cette tranche dense de la vie politique. Et je n'ai aucun regret de l'enthousiasme que j'y ai mis. Je crois qu'il en restera quelque chose.

Philippe Torreton, de son côté, a mis le feu à mon blog, avec sa lettre à Jean Ferrat. Depuis deux jours que je l'ai publiée, mon blog bat tous ses records de connexion. Si cela ne suffit pas à dire qu'il y a de l'espoir !... Alors le 6 mai, on vote Hollande, mais vraiment pour se débarrasser de l'autre enculé, hein !. Et puis on passe à autre chose.

22 avril 2012

sois belle et rebelle

présidentielle 2012,mélenchon

C'est à toi que j'écris ce billet. A toi, ma France, insoumise par mission. A toi qui chantes aux accents de Jean Ferrat ou de Zebda, à toi qui désespères depuis des lustres de ce jour qui ne vient pas, ni sa couleur d'orange, toi ma France étourdie par des décennies d'impuissance. Ma grande France, ma petite France aux minuscules égratignures.

A toi que font vibrer les airs de nos classiques ou les audaces de nos contemporains, mais qui vois se fermer la porte des opéras. Ma France assourdie par l'élitisme des cultures. Assoiffée de beauté.

A toi mon monde, passé par là depuis bientôt cinq ans, partager des larmes, des révoltes ou des instants coquins. Ma France d'amants, d'ami(e)s, de frères et sœurs lyriques, secrets, impétueux.

Quelque chose peut se passer, quelque chose comme une soudaine accélération. Tout ne sera pas réglé alors, mais un chemin nouveau pourra être ouvert. Avec sur ce chemin des espaces pour discuter, pour inventer, pour expérimenter, pour chaparder aux marchés le monopole des idées et de l'action. Pour se considérer autrement entre hommes et femmes du monde.

C'est à toi que j'écris, dans tes hautes montagnes, tes bruyères d'Ardèche, sur les lèvres tendres de notre Méditerrannée à Oran ou à Grenade, au milieu de tes dossiers, de tes budgets à boucler, de ta famille à aimer, de tes misères à consoler. A toi qui crains les groupes les ligues ou les processions. A toi qui te méfies du rouge mais qui aimes le rouge. A toi qui crées chaque jour des images. A toi, partagé entre la déraison du raisonnable et le réalisme de l'utopie. Qui veux être authentique.

A toi ma France que j'aime : sois belle et rebelle, c'est le jour ! Prends le pouvoir !

présidentielle 2012,mélenchon

21 avril 2012

aide-mémoire d'avant dimanche

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Et moi, j'ai le droit de continuer à mener campagne pour Mélenchon ? Je ne sais pas bien, mais après-tout, je vois plein de trucs sortir encore sur le net, et puis il faut bien s'occuper d'ici dimanche, et en plus...

Tiens, cet ultime argument, paru sur Agora Vox sous le titre Les cinq raison d'un vote indiepensable. Au vrai, un pense-bête qui s'en tient à l'essentiel :

  1. Voter pour le programme du Front de Gauche, c'est d'abord rappeler une évidence honteusement occultée par les deux candidats favoris des sondages et leurs médias : l'urgence pour les générations futures n'est pas de rembourser une dette financière due aux plus riches, mais bien de rembourser la dette écologique. Organiser la transition énergétique et écologique de notre économie à travers la planification écologique et la règle verte, voilà le coeur du programme du Front de Gauche.
     
  2. Voter pour le programme du Front de Gauche, c'est dire non à l'affaiblissement de notre démocratie. La dérive oligarchique est en effet rendue évidente par les diktats de la troïka (FMI, BCE, Commission européenne non élue) en Europe, les ultimatums à répétition des marchés et agences de notation, et par le mépris avec lequel notre vote au referendum de 2005 a été traité. En faisant élire par le peuple une assemblée constituante composée de citoyens non éligibles par la suite, qui seront chargés de rédiger une nouvelle Constitution plus démocratique pour la France, nous pourrons commencer à reprendre le pouvoir dont nous nous sommes laissés peu à peu dessaisir.
     
  3. Voter pour le programme du Front de Gauche, c'est se battre pour résorber la crise sociale qui fracture notre pays. En redonnant du pouvoir d'achat aux travailleurs sous-payés par le biais d'une augmentation de 20% du SMIC, d'un encadrement des loyers, d'une limitation des marges des intermédiaires et grandes surfaces, et de l'instauration de tarifs progressifs pour l'eau et l'énergie, c'est l'économie tout ensemble qui se retrouvera relancée par la consommation.
     
  4. Voter pour Jean-Luc Mélenchon, c'est l'aider à réussir son pari de passer devant le Front National de la famille Le Pen, et éloigner ainsi le danger que constituerait une droite tentée de se recomposer autour d'un Front National alors en position de force.
     
  5. Enfin, Hollande a au minimum 12 points d'avance sur le troisième dans tous les sondages. Cette différence est largement supérieure à leur marge d'incertitude et donc c'est maintenant une certitude : François Hollande sera au second tour. Un plébiscite en sa faveur serait équivalent à lui faire un chèque en blanc, lui dont les tendances néolibérales sont connues. Assurer un gros score au Front de Gauche lui rappellera que la gauche est forte et sera fortement mobilisée au cas où il serait tenté par une dérive néolibérale du type de celles initiées par ses camarades Papandréou, Schroeder, Blair ou Zapatero.

20 avril 2012

les cartes en main

prenez le pouvoir.jpg

Voilà, chacun a les cartes en main. J'aurais beaucoup donné dans cette campagne du premier tour, dans la vie comme sur ce blog. Reste à attendre le verdict.

Hier à la Porte de versailles, Jean-Luc a donné son dernier meeting. Brillant, argumenté, éloquent, étoilé d'humour. Un style où tu trouveras ton compte ou non, mais qui a contribué à la réussite du rassemblement avec le Front de gauche. Au même titre que l'espoir de changement.

Les derniers sondages de ce jour placent Hollande à 27, 28 ou 29 %. Sarkozy dévisse. Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont au coude à coude, avec un léger avantage à la première, miraculeusement ressuscitée par une certaine presse cette semaine quand Mélenchon était vilipendé.

Le seul enjeu de ce premier tour sera donc celui-là. Le Pen et sa haine resteront-ils à la place qu'on leur prédit : 3èmes, c'est à dire à l'affut, prêts à mordre, demeurant l'insupportable verrou de la démocratie française ? Ou Mélenchon, dont l'alternative est porteuse de solidarité, de générosité et de réalisme, qui rappelle à la gauche quelles sont ses obligations à l'égard des hommes et de la justice, feront-ils à la place la percée attendue ?

La vie politique de notre pays sera-t-elle, à l'avenir, faite d'un débat sur les véritables choix de société, ou entretiendra-t-on dans sa cage le chien de garde qui interdit de penser l'alternative au libéralisme ?

C'est le seul enjeu. Mélenchon devant ou derrière Le Pen. Le seul.

Les jeux sont faits. Mais toi, tu as encore une carte à jouer.

Jean-Luc Mélenchon - Discours de Paris Porte de Versailles

18 avril 2012

"une occasion extraordinaire de tout changer"

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Cette campagne m'entête. A mesure que la cime approche, l'oxygène manque. Dans le tourbillon des ultimes effets de manche, quand la boussole des sondages perd ses pôles, on pourrait négliger ses repères, oublier l'essentiel, bref... se laisser avoir.
 
Nicolas Sarkozy est à la peine, semble-t-il. Les girouettes "d'ouverture" qu'il avait ralliées à sa cause quittent son navire en perdition, espérant sans doute trouver à rebondir, ou sauver leur honneur sali, auprès du rival en vogue. Pas sûr que l'afflux de tant d'anciens ministres sarkozistes vers le giron de François Hollande, dans le sillage du "clan" Chirac, ne soit de nature à rassurer sur le contenu de gauche de son projet politique.

Mais ça fait une dynamique. Et de fait, il décolle. Il prend des couleurs. Pas tant lui, toujours aussi fade, même la voix éraillée, mais sa campagne. Chaque fois que j'écoute François Hollande, j'ai l'impression d'entendre un bulletin météo de Joël Collado : c'est précis, la syntaxe est alambiquée mais irréprochable, je comprends tout. Sauf qu'à la fin, je me demande quel temps il va faire.

Au moins, ça nous donne une certitude : la gauche peut gagner, il est même probable qu'elle gagnera. La question, à cet instant, la seule question, c'est de savoir pour mettre en œuvre quelle politique. Sortir de l'entêtement grisant de cette perspective si longtemps attendue pour se projeter sur l'après. Car il s'agit évidemment d'effacer le terrible cauchemar de ces cinq années ahurissantes de violence et de bêtise, de rude déshumanitude.

Mais il s'agit aussi de mettre notre vieille Europe sur de nouveaux rails - sinon, à quoi sert de voter pour le changement ? Faire de l'Europe un levier pour désincarcérer le monde de l'étau mortifère de la financiarisation où l'a enfermé le capitalisme.

Il s'agit donc d'ouvrir une brèche, d'enclencher la désobéissance aux marchés, d'envoyer des méluche.jpgsignaux à tous les peuples d'Europe sans qui rien n'est possible. De résister.

Je prends le vote Mélenchon comme le seul capable de donner du tonus à la gauche pour rentrer, vaillante, dans cette bataille, au lieu de louvoyer en croyant pouvoir passer au travers des goutes, et finalement succomber à ce qui serait une sorte d'austérité à visage humain. Comme le vote qui ira parler au cœur des hommes et des femmes qui, en proie aux mêmes craintes austéritaires, regardent notre pays avec des yeux d'espoir.

Il s'agit de reléguer l'extrême-droite, malgré le visage souriant dont elle s'est affublée, dans les catacombes de l'histoire de France. Au moins à l'arrière scène. Pourquoi Mélenchon est-il le seul qui se soit engagé comme il l'a fait pour démasquer l'opération de dédiabolisation des Le Pen ? Pourquoi a-t-il fallu, à chaque fois, que ce soit lui et lui seul qui dénonce leur programme rétrograde pour les femmes avec la fin du remboursement de l'IVG, qui combatte leurs obsessions haineuses à l'égard des étrangers, qui démasque leurs références persistantes à la littérature collaborationniste ? Qui d'autre l'aura affrontée, la Marine, dans cette campagne ?

Je prends le vote Mélenchon comme celui qui achèvera le travail. Mélenchon avant Le Pen, dimanche soir, ça aura de la gueule, et notre pays ne vivra plus les débats politiques de la même façon, ça c'est sûr ! Avec un Sarkozy qui dévisse, le FN a repris du poil de la bête dans les sondages ces dernières heures, alors je compte sur toi pour contribuer à faire passer Mélenchon devant.

Il s'agit d'affirmer comment nous voulons vivre. Voulons-nous nous tuer au travail, accumuler des heures supplémentaires, renoncer à des vacances, au temps libre, à la culture, aux sorties, à une retraite paisible et méritée ? Courir derrière l'emploi, vivre l'humiliation de précarités imposées ? Ou nous épanouir, au travail et dans la vie, disposer d'un revenu décent, profiter de la retraite dès 60 ans, avoir du temps pour aller au spectacle ou participer à la vie associative ?

Je prends le vote Mélenchon comme celui qui met l'humain en avant, dans une rupture radicale mais concrète des hiérarchies politiques et économiques, les banques étant mises au service d'un cercle vertueux, avec une écologie, une sobriété, une démocratie à échelle humaine qui deviennent des clés partagées. "Une occasion extraordinaire de tout changer", selon les mots du généticien Albert Jacquard.

Allez ! Si tu le veux, il peut se passer quelque chose de neuf, d'assez sensationnel, de porteur de sens, dans cette élection. Battre Sarkozy, ce sera déjà bien. Entendre pulser une petite musique de révolte, de confiance retrouvée, c'est aussi ce qui nous aidera le plus pour traverser ces prochaines années.

Voici ce que dit de Jean-Luc Mélenchon le grand écrivain humaniste Patrick Chamoiseau : "Il a le discours qui me paraît le plus acceptable, le plus revitalisant, le plus chargé de futur. Il me semble en effet qu’il nous faut de la radicalité. La raison d’Etat, la responsabilité d’Etat, le sérieux de gestion, ça doit commencer par une radicalité de la pensée. Comme disait René Char : "Les plus belles récoltes, les plus pures, émergent de sols qui n’existent pas encore."

Il faut refuser le sol capitaliste, ne pas entrer dans les petits accommodements, changer complètement le sol. Mélenchon est proche de l’humain, il fonde sa radicalité sur l’humain. Il y a quelque chose qui relève du poétique."

17 avril 2012

vu de l'étranger, Mélenchon ça le fait

front-de-gauche.jpg

Mélenchon est une énigme. Pas l'homme, mais la dynamique qui s'est mise en mouvement dans une élection présidentielle dont la fonction est pourtant plus d'enfermer que de lever des verrous.

Un éditorialiste économique du Guardian, l'Américain mark Weisbrot, estime même dans les colonnes du prestigieux journal qu'il est le candidat idéal pour la France. Et c'est argumenté avec clairvoyance :

" (...) Mélenchon veut aussi réduire le temps de travail, augmenter le salaire minimum, ainsi que les impôts pour les plus riches. Il rejette l’absurdité de l’équilibre budgétaire - comme d'ailleurs la plupart des économistes aux États-Unis - et fustige l'absence d'engagement de la Banque centrale européenne en faveur du plein emploi. Cette démarche est pertinente d’un point de vue économique puisque, notamment en période de récession, la BCE peut créer de la monnaie. C'est ce qu'a  fait la Réserve fédérale américaine en créant 2 300 milliards de dollars depuis 2008 sans craindre une inflation excessive.

Mélenchon veut aussi faire sortir la France de l’OTAN. Ce serait là une très bonne chose pour la France, mais aussi pour le monde. Initialement, l’OTAN a été créée pour contenir l’Union soviétique qui, au cas où certains ne l’auraient pas remarqué, n’existe plus. Les Américains n’ont plus besoin d’  « alliés » qui aident nos gouvernements à occuper d’autres pays comme l’Irak ou l’Afghanistan, ou à entamer une autre guerre dangereuse et déraisonnable, comme nous semblons nous préparer à le faire en Iran.  (...)"

Et puis un chef d'Etat, rien que ça. Pas le Secrétaire général du parti communiste chinois, pas Hugo Chavez, mais le président équatorien, Rafael Correa, celui qui a impulsé et qui défend les principes de la révolution citoyenne, par des voies pleinement démocratiques dans son pays. Celui qui a été le premier à inscrire le droit à l'eau dans la constitution de son pays :

" (...) Le nouveau Front de Gauche que tu mènes est une référence pour les mouvements progressistes de toute l'Europe, nous sommes sûrs que vous saurez affronter les défis posés par ce moment historique de la réalité européenne. Ce soutien populaire croissant est une preuve que l'Europe peut, elle aussi, surmonter le fondamentalisme néolibéral qui fait subir aux citoyens le coût de la crise, repoussant ainsi les aspirations sociales et enracinant les inégalités. (...)"

D'autres journalistes étrangers s'exprimaient il y a peu sur cette bizarrerie : à suivre là.

Et puis ce petit montage qui remet quelques idées au clair à propos des éternelles hésitations et regrettables divagations de Michel Onfray :

 Alors, d'ici dimanche, ne lâchons rien !