12 juin 2008

Budapest en pièces ?

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L'article ci-dessous est paru dans Le Monde du 24 janvier dernier, mais il a encore toute son actualité. Je l'ai trouvé il y a quelques jours sur un blog consacré à la lutte contre la destruction du patrimoine ancien de Budapest, sauvez Budapest !

Tu sais que j'aime Budapest. Un capitale européenne, au sens le plus noble. Avec un cachet, une âme, un esprit, des lieux... Des lieux dont certains disparaissent aujourd'hui, ou sont menacés de l'être. J'ai déjà vu ces dernières années engloutir les bains thermaux Ràcz dans un projet de vaste complexe hôtelier. Ces bains Ràcz où j'avais rencontré Attila dans une voluptueuse fulgurance amoureuse avant qu'il ne devienne le premier de mes petits amis présentés à ma mère. Aujourd'hui, ce sont les quartiers juifs qui sont menacés. Avec eux, un pan d'histoire. Plusieurs. L'histoire de l'Europe, notre histoire.

Ce blog documenté s'en prend avec clairvoyance au pouvoir maffieux des promotteurs, aux pratiques de la corruption politique, à la main mise des groupes de la grande distribution qui tuent le petit commerce traditionnel qui fait la vie des quartiers... Il dénonce la gangrène de l'argent qui étouffe un merveilleux art de vivre, impose à cette ville magnifique un mode de développement dévoyé, uniformisé, inspiré du nôtre, hélas !, qui écrase l'histoire et la mémoire pour conduire à l'impasse où nous sommes.

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hongrie_quartier_juif.jpgpar Jean-Pierre Frommer

"Nous suivons depuis maintenant quelques années, avec beaucoup de tristesse, de stupéfaction et parfois de colère, ce qui se passe dans le quartier juif de Budapest. Ce que la guerre, le nazisme et le stalinisme n'ont pas réussi à détruire est en train de disparaître sous nos yeux. Il s'agit de pans entiers de l'architecture et de l'urbanisme du XIXe siècle et du début du XXe qui partent en poussière. Selon l'association hongroise Óvás !, à ce jour, 40 % des édifices du XIXe siècle, de style néoclassique et Art nouveau, ont été rasés ou transformés en constructions qui nuisent au caractère du quartier. C'est tout un tissu urbain, architectural, historique, social, cultuel et humain, ayant valeur de patrimoine mondial, qui est ainsi dénaturé, abattu, perdu à tout jamais. Comment admettre que le dernier vestige du mur du ghetto de Budapest ait été détruit, ses pierres vendues dans une frénésie de démolition spéculative ?

Comment admettre qu'à 20 mètres de la grande synagogue, on démolisse des bâtiments classés pour y bâtir un immeuble de sept étages rivalisant par sa taille et sa dimension avec le monument historique voisin ?

Ma virulence pourrait sembler exagérée mais elle est à la mesure du scandale, et je ne peux comprendre que les Hongrois laissent ainsi disparaître ce qui n'appartient pas seulement à eux, mais à l'humanité entière. Il semble que les décideurs n'en mesurent absolument pas la considérable valeur culturelle et économique. Une partie du quartier juif se trouve d'ailleurs dans la zone de protection du site de l'avenue Andrássy, inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco.

L'argument communément avancé par les décideurs justifiant ces démolitions est un argument économique. N'y aurait-il pas d'argent pour faire les réhabilitations nécessaires ?

En réalité, on sacrifie l'intérêt économique à long terme de la collectivité à des profits à très court terme d'une minorité, sans égard pour les habitants qui sont chassés de leurs logements. L'argument économique mérite d'être réexaminé. D'autant que les investisseurs actuels pourraient gagner de l'argent en réhabilitant ces immeubles de valeur plutôt qu'en les démolissant pour les remplacer par des constructions sans âme.

à l'image du Marais

Ce quartier recèle un potentiel touristique extraordinaire et pourrait constituer un pôle de développement à l'instar d'autres quartiers du même synagogue_00.jpgtype. Ce qui a été possible par exemple dans le quartier du Marais à Paris ou dans bien d'autres villes européennes ne le serait-il pas à Budapest ? La loi Malraux a permis de sauver le Marais, quartier riche en histoire et en architecture, notamment par des mesures fiscales. Et pourtant, le Marais était constitué d'immeubles en plus mauvais état et disposait de moins d'atouts quant à la structure des bâtiments que ceux du quartier juif de Budapest. Aujourd'hui, le Marais draine une affluence touristique et commerciale parmi les plus importantes de Paris.

Il faut de l'argent, certes, mais la réhabilitation est un processus à long terme et les dépenses sont ainsi lissées sur plusieurs années. Il faut surtout une volonté politique. La décentralisation de l'urbanisme en Hongrie a donné, semble-t-il, trop de pouvoirs aux maires d'arrondissement. C'est donc à l'Etat hongrois et à Budapest-capitale de mettre les garde-fous qui protègent l'intérêt national et le patrimoine mondial.

Cette volonté politique pourrait se manifester par une réglementation stricte adaptée à la nature de patrimoine mondial du secteur. Il faut instaurer un moratoire sur toute démolition et toute construction neuve dans le secteur concerné, le temps d'établir un plan de réhabilitation urbain soucieux de la préservation et de la mise en valeur du quartier juif. Je ne fais pas seulement appel au sens de la culture des autorités hongroises, mais aussi à une compréhension de leurs intérêts économiques à long terme."

02 avril 2008

Nicolas Hulot critique sévèrement le libéralisme

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Dans un accès de lucidité et de vérité, et au risque de heurter ou d'écorner ses amitiés politique, Nicolas Hulot pointe du doigt l'incompatibilité du libéralisme économique avec les enjeux de préservation de la planète. Des extraits de son interview au Journal du Dimanche sont à lire ici.

Si c'est lui qui le dit...

11 janvier 2008

Quelle eau boira-t-on en région parisienne ?

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Est-ce qu'il t'arrive, quand tu portes un verre à tes lèvres, de t'interroger sur cette eau, si belle, si claire dans ce verre, si bonne en bouche, alors qu'elle sort à peine de ton robinet ? "C'est parce que tu n'as pas connu la guerre", aurait répondu ma grand-mère... Moi ça m'arrive, quelque fois, de m'interroger, et alors je suis toujours stupéfait qu'on n'en parle pas d'avantage, de l'eau. De sa gestion. De sa fabrication, de ses traitements, de son prix... (enfin si, moi, j'en ai déjà parlé ici)

Sous le titre La bataille du Sedif a commencé, Marc Laimé vient de publier un article qui devrait tous nous concerner (enfin au moins toi, si tu habites la région parisienne - sans faire mon Parigo - et si tu bois de l'eau - j'en profite pour te rappeler que, même dans le pastis, il y faut de l'eau ! Ca y est, là, tu te sens concerné ?...)

Il y parle du Syndicat des eaux d’lle-de-France (le Sedif) - présidé depuis 24 ans par M. André Santini, député-maire d’Issy-les-Moulineaux, actuel ministre de la Fonction publique, président du Comité de bassin Seine-Normandie (les a202fdc4749bc6abb8de1acddcae9664.jpgmauvaises langues prétendent qu'il ne cumule pas que les fonctions, cet homme-là, mais bien les primes qui vont avec) - qui regroupe pas moins de 144 communes de la région parisienne, et alimente en eau potable plus de 4 millions de Franciliens. (Pour savoir si ta ville en fait partie, tu as un lien )

Il y rappelle que le Sedif, donc, a confié sans discontinuer depuis 1923 à la Générale des Eaux (filiale de Veolia) la gestion de la production et de la distribution de l’eau potable. Sévèrement mis en cause depuis plusieurs années, notamment par l'UFC-Que Choisir, le mode de gestion du Sedif, qui conférerait des marges exceptionnelles au leader mondial de l’eau Veolia, pourrait évoluer à l’expiration de l’actuel contrat, le 31 décembre 2010. En coulisses tous les acteurs concernés retiennent leur souffle. Car des décisions doivent être prises dès le second semestre 2008. Demain matin, en somme. En as-tu entendu parler ?

Moi, ce silence me fait drôle. L'eau, c'est quand même vital, non ?

La bataille du Sedif, qui s'annonce rude, est donc à lire ici. Et c'est instructif.

Je ne sais pas si tu as l'intention de t'en mêler. Mais moi, je serais toi (ben oui, mon petit village de la grande couronne n'appartient pas au Sedif) je crois que je demanderais à mon futur maire ce qu'il compte faire.