19 août 2008

la moitié du ciel

 

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A ce jour, et probablement jusqu'à la fin des Jeux, la Chine est le pays qui conquiert le plus grand nombre de titres olympiques. Et 60 % des médailles qu'elle a acquises jusque-là l'ont été par des femmes. Quel beau symbole dans le pays de l'enfant unique, où les familles redoutent la naissance d'une fille, mais où Mao disait des femmes qu'elles pouvaient soutenir la moitié du ciel.

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(et là, c'est pas du japonais, c'est du chinois. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit...)

La France est à l'inverse : sur 29 médailles obtenues ce jour, 32 si l'on tient compte des trois dores et déjà acquises par nos boxeurs, seules trois se vivent au féminin. Et les 4 médailles d'or sont toutes masculines. Sur la piste d'athlétisme, les Aron, Pérec, Barber ont laissé place aux Doucouré, Baala, Mekhissi. Dans le grand bassin, Manaudou et Métella ont laissé la leur à Bernard, Leveaux et Duboscq. Sur le tapis de gymnastique, le sourire d'Emilie le Pennec s'est éclipsé derrière celui, non moins radieux, de Thomas Bouhail ou de Benoît Caranobe. A Sydney surtout, puis encore à Athènes, l'olympisme français se conjugait au féminin. Il se compresse désormais au masculin.

Il n'y a pas de secret, pour promouvoir le sport féminin, il faut une politique. Il y faut de la volonté. Les médias et l'argent, pour ne pas dire la nature humaine, privilégient en toute circonstance le sport au masculin parce qu'il est symbole de force et de performances. La discrimination est partout : l'exposition médiatique, le montant des primes et des salaires, la part de gloire... C'est comme pour la parité en politique, ça ne se contrebalance pas de soi même. Il y faut une politique. Avec Jean-François Lamour, et maintenant avec Bernard Laporte, ce dossier est à l'abandon, et on en récolte les résultats ravageurs.

Je suis à peu près sûr que les filles n'ont pas encore dit leur dernier mot. Mais en attendant, j'ai envie de rendre hommage aux trois Françaises du tir à l'arc, qui ont ouvert le compteur à médailles au deuxième jour des Jeux (Virginie Arnold, Sophie Dodemont et Bérengère Schuh), et aux deux judokates Lucie Décosse et Stéphanie Possamai, respectivement en argent et en bronze. L'avenir leur appartient.

12 août 2008

Seule la victoire est belle

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Au 4ème jour des Jeux, le Japon a acquis trois fois de l’or. Trois fois contre des adversaires français.

Je suis cette France terrassée par ippon, délaissée là au bord du triomphe. Je suis cette France dont l’argent ne vaut rien, que des larmes, parce que seul l’or était beau.

J’ai moins de 66 kg et je suis Benjamin Darbelet face à Masato Uchishiba. J’ai moins de 63 kg et je suis Lucie Décosse face à Ayumi Tanimoto. Je nage la brasse en grand basin et je suis Hugues Duboscq face à Kosuke Kitajima. Je suis comme eux, comme elle, beau dans l’effort et anéanti dans l’échec.

私は66キログラム以下を持っている、そして私は Masato Uchishiba と対戦するベンジャミン Darbelet である。 私は63キログラム以下を持っている、そして私は Ayumi Tanimoto と対戦するルーシー Decosse である。 私は大きいたらいで胸衝撃泳ぐ、そして私は Kosuke Kitajima と対戦するユーグ Duboscq である。 私は(彼・それ)らとして、彼女としてで、努力で美しくて、そして失敗で気が動転している。

Je suis cette France sur le dos de laquelle un Japon exulte.

04 mai 2008

des rivières pour les vivre

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Un kayakiste, porte drapeau de la délégation française à Pékin. Si ça, c'est pas un beau symbole, une façon de promouvoir les sports nautiques, je n'y connais rien.

(Attention, tu l'auras compris, ceci n'est un billet si sur l'amour olympique, ni sur les droits de l'homme au Tibet)

C'est drôle, parce qu'avec Igor, nous rassemblons les deux nations du kayak. La France, qui brille en eau vive, et la Hongrie, en ligne.
Dans toutes les eaux, on tire notre épingle du jeu, et à nous deux, on rafle un maximum de médailles à chaque fois.

Autrement, question pratique, disons qu'il ne se passe pas une année sans qu'on descende un petit tronçon de Dordogne du côté de ma région "natale" (je l'évoquais ici). C'est un plaisir rare, celui d'être perdu au milieu du gué dans des paysages féeriques, sans autre bruit que celui de sa pagaie dans l'eau, s'orienter à la force du poignet, franchir de petits rapides sans perdre le contrôle, marquer la pause sur des plages de galets et se baigner dans le courant. Nus même, lorsqu'il n'y a personne...583067243.jpg

Tony Estanguet sera en course pour un troisième titre. S'il pouvait donner l'envie aux jeunes de s'essayer à cette pratique, sur la Dordogne, sur la Marne, sur la Deûle, sur la Vienne, sur la Seine, partout : nos rivières sont faites pour être vécues !