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12 novembre 2010

jeux autour d'un piano

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Ils sont entrés l'un après l'autre, chacun accompagnés jusqu'au bord de la scène. Fébrilement, ils ont d'abord regardé le public. Ils avaient l'air timides. La lumière les gênait, visiblement. Puis ils se sont assis en face du piano. Un piano droit, très assourdi mais doté d'un amplificateur. Un bastringue au son rond. Etouffé et enflé, enrobé. A la touche délicate. Pas de ceux que l'on trouve habituellement au Palais Garnier.

Tournant le dos au public, ils ont joué. Au sens propre. Et si leur seule présence l'un avec l'autre, timide était touchante, si leur proximité nous donnait à tous l'impression d'être simplement installés dans leur salon, autour d'une tasse de thé, dans une villa désuette de Budapest, c'est musicalement qu'ils nous ont impressionnés. Retrouvant Bach dans son intention, à la façon de Glenn Gould. Et Bartok, et d'autres. A deux ou à quatre mains, improbablement croisées.

L'Opéra national de Paris rendait hommage le 2 novembre à György Kurtág, l'un des grands compositeurs du 20ème siècle, et c'est avec sa femme Martha qu'ils interprétèrent Játékok, "Jeux", en hongrois, adaptation de pièces de divers compositeurs, tentatives d'accès à l'essence de la musique. Avec la simplicité comme seule règle.

C'était la première partie de ce concert. Tante Margot venait de mourir, mais je ne le savais pas encore.