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14 décembre 2009

la lutte contre le sida otage de la propagande gouvernementale

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J'allais cet après-midi me livrer à un test de dépistage du Sida. Précaution. Pour moi, et pour les autres. Peut-être parce que j'ai découvert des statistiques alarmantes la semaine dernière : 18% de la clientèle des saunas gays déclarent être séropositifs. Avec ceux qui ne connaissent pas leur sérologie, on ne doit pas être loin des 25%. Pour ma part, je suis prudent, mais une capote à une pipe, je ne peux pas, sans saveur, c'est imbitable !

J'allais donc à l'Institut Fournier, connu pour la qualité de ses services et ses horaires étendus (expérimentés en banlieue, les centre de dépistage anonymes et gratuits imposent des horaires et des jours de consultation réduits à la portion congrue).

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis trente personnes attendre devant moi, puis une petite affichette annonçant qu'en raison de la réquisition des médecins pour les besoins des centres de vaccination contre le virus H1N1, un seul médecin procédait aux consultations de dépistage, et que, nous vous remercions de votre compréhension, le service était momentanément perturbé, avec interruption des consultations pendant deux heures. Déjà que j'ai l'Internet  perturbé à la maison en raison des défaillances Neuf-SFR... Si même la santé s'y met !

Lorsque je me suis présenté à son guichet, la secrétaire d'accueil s'est montrée extrêmenent gentille et compréhensive. Elle m'a proposé une alternative : une consultation ordinaire, sans anonymat et payante. Je l'ai acceptée. Seul le résultat m'importait. Mais j'ai pensé à tous ceux qui, en raison d'une liaison adultère, d'un écart accidentel, du fait qu'ils vivent encore chez leurs parents, ou pour toute autre raison ne peuvent pas s'offrir le luxe d'une feuille de remboursement de sécurité sociale à leur nom faisant apparaître l'acte médical en question, et qui n'ont donc pas le choix, combien sont susceptibles de se décourager devant l'épreuve ?

Notre pays connaît 7.000 nouvelles contamination chaque année, les pratiques de relapse tendent à se généraliser, on sait que l'on a insuffisamment recours au dépistage, et que la méconnaissance de leur sérologie par les séropositifs est l'un des grands facteurs de la contamination... mais l'on vide de leurs médecins les centres de dépistage au profit de l'opération de communication gouvernementale, qui n'a comme objectif que l'écoulement des stocks de vaccins indûments acquis !

Ainsi va la vie en Sarkozie et Rozalye.

Mais il est vrai que la journée mondiale de lutte contre le sida, c'était il y a déjà quinze jours...

31 décembre 2008

je me souviens que j'étais séropositif

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"Mais je ne veux plus l’être.

Comme l’enfant que je suis resté, je suis et me crois immortel.

Rien ne peut me tuer, me dis-je, rien ne peut m’atteindre, je ne mourrai pas, pas de ça, du Sida, ni d’autre chose d’ailleurs, croix de bois, croix de fer, si j’mens, j’vais rotir en enfer.

Je ne veux plus être séropositif, je veux vivre, m’envoler, m’extraire, m’aérer.

Je veux voir les gens comme avant, je veux les voir innocents, même si c’est pas vrai, m’en fous, je veux les aimer, comme quand j’étais vierge de tout, les serrer dans mes bras, leur montrer la Grande Ourse et la beauté d’une seconde, l’éternité.

Je veux retrouver mes vingt ans et demi, mon insouciance, ce trésor, je ne veux plus de "ça" dans mon sang.

Je veux partir pour d’autres contrées, t’emmener avec moi, dans le cou t’embrasser, ta main caresser, te faire rêver poulette, bord de mer, te conter fleurette, rire aux éclats, même d'obus, danser, virevolter.

Je me dis que voilà, si je décide que, alors tout, tout peut recommencer, je peux être à nouveau cet étrange garçon qui, sous la pluie, trouvait que tout de même, elle était belle, la Vie.

Je veux vivre comme c’est pas possible, tournoyer pour toujours et à jamais.

Je ne veux plus de "ça", de "ça" dans mon sang.

Comme on arrête de fumer, de boire, de trahir ou de se trahir, pour la nouvelle année, je voudrais, s’il vous plait, arrêter d’être.
Séropositif.

Tel l’enfant que j’étais, à nouveau, je voudrais être immortel.
Insubmersible.

Me baigner.

Aimer.

Puis, m’en aller.

Comme je suis venu.

Innocent.
"

Josey Wales

La Misamour, le 23 décembre 2008

"Je suis mort du Sida mais le Sida n'est pas mort avec moi" [Hervé Guibert] ... Mais il mourra avec moi, Hervé, je t'en fais le serment, sinon, croix de bois ....

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Y'a plusieurs façons de vivre avec, et autant de rêver en être libres : en avoir la phobie castratrice, l'avoir au creux de son lit chaque nuit, tout contre soi, au creux de sa vie - moi, ça fait exactement 11 ans - l'avoir dans le sang, dans le jus, s'astreindre aux médocs, à la traitresse de leurs diarrhées, aux piqures, aux contrôles, marquer la pause... Il est là, de toute façon, il rôde, il t'oblige à être vigilent. Chaque minute vigilent. Que tu l'aies, que tu l'accompagnes, que tu t'en prémunisses.

On la gagnera ensemble, la guerre, ou on la gagnera pas. Bonne année.