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02 mars 2008

le pacte de sperme

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Pour parler de mes sentiments, en employant une expression qui s'est retrouvée subitement galvaudée le week-end dernier : j'ai les défauts de mes qualités. Et parmi ceux-là (ou faut-il dire celles-là ?), il y a la fulgurance. Pas de la fulgurance du feu de paille : où ça prend, ça devient énorme, puis il n'y a plus rien. Mais plutôt - quelle image choisir ? - celle du pop-corn. Ca prend, ça devient énorme, et puis ça reste, ça s'installe, et l'on s'en délecte longtemps, surtout s'ils sont légèrement caramélisés.

Donc depuis peu, j'ai un nouvel amant et un nouvel amour. Et c'est encore à la magie de la blogosphère que je le dois.

Un lecteur de mon blog a ainsi pris contact avec moi par mail. Il n'est pas le premier à le faire, ni même le premier à m'y dire des choses gentilles. Mais il est allé plus loin, il a mis à jour des similitudes dans nos vies, des lieux, des dates, des postures, une certaine façon de vivre en couple, il a témoigné d'une connaissance étonnante de moi, troublante même, et ce faisant il exprimait une sensibilité que j'ai eu envie de percer.

Un dialogue s'est engagé, vite suivi de la promesse de se retrouver sur MSN. La rencontre a eu lieu un soir à 21h 30.

Nous nous sommes d'abord beaucoup interrogés l'un sur l'autre. Surtout lui, d'ailleurs, on aurait cru qu'il avait une liste de courses. Le tout ponctué de traits d'humour, on avait donc affaire à une personnalité espiègle. C'était sans doute une façon d'alléger la charge émotive qui s'installait subrepticement. Mais il m'avait prévenu, c'est un truc que MSN provoque chez lui : 12.000 vannes à la minute. Puis on s'est mis à évoquer notre trouble respectif devant les mots échangés par mail.

J'étais bien. Lui aussi. Nous nous le sommes dit. L'heure avançait. A mesure qu'il fallait d'évidence rendre l'antenne, il trouvait d'autres questions. Ou d'autres vannes. Il prolongeait, et j'en étais ravi parce que je n'arrivai pas à raccrocher. Les mots aimer, amour ont été prononcé plusieurs fois, suivis de lol ou de ptdr, et puis à 22h 45, nous nous sommes webcamés. La conversation, les questions et les vannes en images, avec des rires généreux qui n'avaient plus besoin de s'écrire.

Au moment de lui dire un dernier au revoir, j'ai lâché que "ça me faisait chier de le quitter", il a banalisé ma réponse mais a glissé une nouvelle vanne avec "faire l'amour" dedans, j'ai répliqué d'une phrase avec "te branler" dedans, on a évoqué nos érections à coup de points de suspension, et nous avons dérapé. Tout en évoquant le risque que l'on faisait courir à notre amitié si jeune, mais déjà si riche. "On mise gros, là", m'a-t-il dit.

A 23h 40, nous avons commencer à plan-camer, mais ça ne resssemblait à aucun plan cam déjà vécu, à aucun. A 23h 57, nous avons joui. Je lui ai dit que nous venions de sceller quelque chose de grand. Au même moment, nos doigts tapaient les mêmes mots chez lui et chez moi, qui sont 1193012389.jpgapparus simultanément sur nos écrans : nous écrivions que notre pacte était un "pacte de sperme".

On n'a pas pu d'avantage se séparer pour autant, nos doigts caressaient tour à tour l'écran pour s'approcher du visage et le clavier pour s'approcher de la peau. A minuit trente nous allions nous coucher. Il nous avait fallu trois heures pour passer ce contrat.

Le lendemain, dès 8h 30, nous nous sommes retrouvés dans le même plaisir des mots et des caresses. Deux heures le matin et plus encore l'après midi, j'ai joui encore de jets intenses, puissants, plus encore que la veille, et moins que la veille nos éjaculations mettaient un terme à nos conversations et notre curiosité. Ce jour-là, nous avons passé cinq ou six heures à dialer sans fatigue. Nous nous sommes échangés nos voix aussi. Et nous nous sommes trouvés sûrs de nous aimer.