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23 septembre 2008

en attendant l'iftar (*)

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La voûte est bleue, elle pourrait être céleste. Il s'agit d'un bleu patiné, pigmenté de tons roi ou turquoise. Il fait chaud, lourd, la pièce est saturée d'humidité. Sur les banquettes de marbres, disposées en diwan tout autour des colonnes, les corps nus s'alanguissent. On entend des murmures, des bruits d'eau. La coupole centrale est parsemée de tessons transpercés de lumière teinte. La vapeur se condense à son contact, des gouttes y apparaissent, et tombent. Allongé sur le dos, je regarde cette voûte pleuvoir. Quelques concrétions calcaires assignent à l'eau ses parcours.

Trois mètres au dessus de mes yeux. Le temps de les voir, les gouttes sont déjà au sol. Certaines s'écrasent derrière mes épaules, d'autres sur mon front, sur le menton, mes yeux se croient visés. A deux pas, j'entends des seaux d'eau froide se verser sur les corps en sueur. A chaque goutte, mes yeux se ferment par réflexe. J'essaie d'en saisir une toutefois, la voir se former, se décrocher, filer à toute vitesse vers le sol, accélérer même, grossir démesurément à l'approche de l'oeil puis s'exploser la tronche en mille gouttelettes quasi microscopiques. Aussitôt j'essaie de me reconstituer cette chute comme au ralenti. Fixer en moi cette traînée blanche, ce fil d'Ariane, cet aplomb imperturbable, ce grossissement effrayant. Ici, il n'y a jamais de dernière goutte. Je me relève, m'accroupis.

Des odeurs d'essences, de gels aromatisés ou de shampoings s'immiscent dans cette vapeur. Un regard. Persistant. Un sourire affleurant. Un rapprochement. Il s'appelle Stéphane. L'iftar approche mais ne nous concerne pas.

Il fait chaud sous cette voûte.

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(*) L'iftar, c'est la rupture du jeûne. L'heure où, le soleil enfin couché, les Musulmans rompent le carême du Ramadan. C'est la délivrance et la fête.