Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29 novembre 2010

des nouvelles d'Hélène Grimaud

1Grimaud.jpg

Apparemment, beaucoup de monde s'inquiète de l'état du poignet d'Hélène Grimaud. Depuis que j'annonçais sa défection pour le concerto N°2 de Rachmaninov, sous la baguette d'Alexandre Ashkénazy, il y a près d'un mois, et mon regret de n'avoir pu alors l'entendre en raison d'une faiblesse articulaire, un nombre incalculable d'intenautes, en quête de nouvelles sans doute, ont échoué par ici. Et n'auront appris que ce que tout le monde en a dit : ses médecins lui recommandaient de se ménager.

Elle était bien au rendez-vous de ce vendredi, par contre, pour un récital très centre-européen au Théâtre des Champs-Elysées, comprenant des sonates de Mozart, de Berg, de Liszt et les danses roumaines de Bartók.

J'ai adoré son interprétation de Mozart, très personnelle, tout en contrastes. Beaucoup de musicalité dans son jeu. Beaucoup de vélocité aussi, dans Berg et Liszt, notamment, même si je me faisais rappeler à l'ordre lorsque je la qualifiais de virtuose : ce n'est pas sa technique qui la caractérise, mais sa sensibilité, ce qui n'empêche pas sa prestation de relever de la performance.

Le Bartók, qui concluait son récital était sautillant et léger. Un joli clou (que tu pourras écouter ci-dessous) au spectacle de cette artiste qui réussit à être, en plus de tout, une très très belle femme.

Et je te le confirme : son poignet va visiblement très bien.

24 octobre 2010

poignet blessé et pied levé

Parmi les figures qui comptent, dans le piano d'aujourd'hui en France, il y a Hélène Grimaud. Elle devait jouer au Théâtre des Champs-Elysées, vendredi dernier, le 2ème concerto de Rachmaninov, invitée par Vladimir Ashkenazy, avec l'Orchestre Philharmonia.

Je m'étais fait moucher pour ne pas connaître Hélène Grimaud, même de nom, lorsque j'avais acheté les places de ce concert, à la fin du mois d'août dernier. Preuve que si j'adore ce concerto de Rachmaninov, d'un romantisme déchirant, avec de sublimes envolées sonores, où le piano est grave, ample, dense, abandonnant souvent la mélodie à l'orchestre pour lui en constituer les bases, je reste profondément inculte dans ce domaine, comme dans d'autres.

Seulement voilà, poignet blessé, Hélène Grimaud s'était faite porter pâle et fut remplacée au pied levé par le jeune et brillant pianiste russe, Nikolaï Lugansky, spécialiste de Rachmaninov, invité  d'Eshkenazy pour le concert du surlendemain dans le cadre des trois concerts qu'il lui dédiait ce week-end.

Nous étions au perchoir. Une petite loge de côté, au premier rang, vue sur la moitié de l'orchestre et quelques touches du clavier, une octave et demi tout au plus. Près du plafond. Nous y avons perdu du son, et j'ai été déçu de ne pas être transporté par le cœur sonore du premier mouvement, trouvant le piano étouffé sous le poids de l'orchestre, à la traîne. Et ce n'est pas le brio du jeune talent qui fut en cause, car il eut l'occasion de nous en montrer d'autres facettes dans le bis qu'il nous offrit avant l'entracte.

On perd toujours de l'acoustique, perché dans les dernières loges de galerie. Le mariage piano-orchestre repose sur une alchimie subtile et se laisse affecter plus sensiblement que d'autres alliages.

Les violons ne doivent pas se fondre, ils ne sont pas un prolongement de la touche, ils doivent être soutenus pas l'effet percussif du piano. Le piano ne doit pas être donné avant les autres instruments, mais juste après. Une micro-seconde après. Pas plus, sinon l'orchestre semble être poussé, lourd, alors qu'il doit juste être porté.

Or le son du piano et celui de l'orchestre ne voyagent pas de la même manière dans la salle. Les cordes et les vents s'en vont résonner contre les parois de l'arrière scène, s'envolent vers la voûte avant de redescendre occuper l'espace acoustique. Le piano, lui, est projeté par son couvercle relevé, il arrive directement sur les fauteuils d'orchestre, puis remonte, atténué, vers les balcons successifs, jusqu'aux galeries du plafonnier. Il appartient au chef d'anticiper, de lancer l'orchestre en avance, en veillant à ne pas se laisser pousser.

J'ai été un peu déçu de la prestation de vendredi soir, mais je ne sais pas si je dois en accabler Hélène Grimaud, Vladimir Ashkenazy, Nikolaï Lugansky ou nos sièges...

C'est drôle, j'en étais juste à ces regrets quand sur Mezzo, ce dimanche matin, était diffusé cet enregistrement du 2ème concerto par Hélène Grimaud, accompagnée par l'orchestre du festival de Lucerne, avec Claudio Abado à la baguette. Admire, l'expressivité de son visage.

J'ai prévu de la revoir, en récital cette fois, le 26 novembre prochain, avec nos places dans une baignoire, à hauteur de scène. J'espère que son poignet sera réparé, et qu'elle n'aura pas à lever le pied.