Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11 février 2009

la rumba du médiateur

photo_1234194143416-1-original.jpg

C'est la nouvelle méthode de gouvernement. Comme elle plaît au Prince, elle est mise à toutes les sauces. Et du coup est déjà usée avant d'avoir servi : nommer des médiateurs.

Naïvement, j'attribuais à la notion de médiation divers attributs, comme l'arbitrage ou la conciliation. La fonction me supposait appeler une certaine neutralité, une implication dans le dossier mais sans parti pris - une règle de base, pensè-je. La nommination même du médiateur me paraissait relever d'une sorte d'autorité morale incontestable - une cour de justice, au pire le Parlement - voire résulter d'un consensus entre les deux parties en conflit.

Eh bien non ! Valérie Pécresse peine à convaincre les chercheurs et les milieux universitaires de l'inocuité de son décret. No problemo, on va lui désigner un "médiateur", choisi par le seul gouvernement - laissant penser que la ministre serait ainsi gentilement déjugée par le Premier ministre ou par le Président - mais dont le mandat se limite à la conduite d'une "concertation" autour d'une charte d'interprétation du décret.

Un "médiateur" en somme, choisi par l'une des parties - la partie au pouvoir - sans marge de manoeuvre, au mandat vide mais impératif.

Yves Jégo, lui, après sa retraite conspuée en métropole, se voit flanqué de deux médiateurs pour retourner en Guadeloupe après trois mois de grève générale. Il est vrai que dans les Antilles, il n'y a pas une île, mais deux. Attends que la Guyane s'y mette aussi après la Martinique, il lui en faudra un troisième.

En situation de crise, le recours à un médiateur peut constituer une voie de sortie. Histoire de préparer des concessions sans perdre la face. Il y faut de la parcimonie. Mais à dévoyer un tel recours, pour masquer une incapacité à gérer le conflit, et surtout une détermination à ne rien concéder, c'est prendre un risque plus grand encore : ne préserver aucun pan de crédibilité.