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13 décembre 2009

il n'y a que le sexe

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Allez, il n'y a pas que le sexe dans ma vie. La preuve, je vais aussi visiter des expositions, et il y a huit jours je passais trois heures avec Bougrenette dans les allées du Quai Branly. Aïe, non, c'est un mauvais exemple question sexe. Les statuaires africains et surtout océaniens en ont à revendre. Belles pièces, d'ailleurs, fièrement exhibées. On y pratique l'érection en ut majeur, on y encule sans dentelle et la fellation ne connaît pas de bémol... Mais bon, en même temps, il n'y a pas que ça. Derrière le renversement des tabous, on y aperçoit dans des conditions scénographiques idéales, certains aspects d'une cosmogonie qui nous échappe. Pour qui veut se départir de son regard de petit blanc, une riche matière à rencontre y est présentée.IMGP0516.jpg

Toutes les collections ne se valent pas, je me suis ennuyé dans certaines salles qui confinaient aux arts et traditions populaires, avec des tuniques brodées sans grand intérêt, sauf pour les spécialistes. Les collections de masques, en revanche, sont spectaculaires, sans doute parce qu'elles mêlent à une incroyable diversité de formes et de procédés, des dimensions expressives étonnantes.

Bougrenette en donne à voir deux specimens là.

Nous n'avons pas eu de temps de visiter l'exposition en cours consacrée au site archéologique de Teotihuacan, au Mexique. Nous avons juste pu apercevoir par dessus la rambarde une reconstitution spectaculaire du site. J'aurais aimé avoir le temps d'y faire un tour, y retrouver des parfums de la visite que j'eus la chance d'y faire, au printemps 2005. Mais honnêtement, collection permanente ou exposition temporaire, il faut choisir : impossible de faire les deux dans la journée. Au bout d'un moment, les jambes et le cerveau ne suivent plus.

C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je considère que les musées devraient être gratuits. Totalement gratuits. Que chacun puisse y aller butiner à son rythme, s'en échapper quand la fatigue le gagne, avec la certitude d'un retour simple lors d'une nouvelle envie. La gratuité, c'est la possibilité de n'y venir que pour 20 minutes, de voir une exposition en deux ou trois épisodes, c'est l'anti-bourrage de crâne. Ce n'est pas qu'une question d'accès de tous à la culture (et quand bien même ce ne serait que celà !...), c'est aussi une question de relation au savoir. Dans un cas, il faut en voir, en voir, le plus possible tant qu'on y est. On acquière du savoir, on se remplit, mais c'est fragile. Dans l'autre, on se construit son savoir, avec son propre parcours, et c'est sans doute plus solide.

Sans doute y faut-il aussi plus de médiation, la culture a besoin d'humain, pas pour se substituer à l'émotion, mais pour l'accompagner, pour donner les codes. Ce qu'il faut, c'est à peu près le contraire du non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux. Je serais agent d'accueil au musée d'Orsay, il est certain que je serais en grève aujourd'hui. Si au contraire j'étais ministre de la culture, je décrèterais le recrutement de deux agents pour chaque départ en retraite. En dix ans, j'aurais donné aux équipements culturels les moyens de se tourner vers tous les publics.

Mais bon, je parle trop de sexe pour espérer être un jour ministre de la culture.

Ou non ?...