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06 juin 2010

musique au fil de l'eau

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Gee Mee, blogueur inclassable mais à l'utilité sociale avérée, à qui l'on devait plein de petites astuces sur lesquelles ces dames se précipitaient pour améliorer la décoration de leur blog, qui avait reconnu une fois le cobaye qui sommeillait en moi, et qui en blogueur-citoyen conséquent s'engage pour l'eau et promeut les manifestations qui la célèbrent, vient de pondre un billet qui, sans avoir l'air d'y toucher, constitue la note la plus utile jamais publiée sur un blog depuis que l'homme a marché sur la lune.

Puisqu'il ne s'agit pas moins que de musique.

La musique peut désormais revenir sur nos pages.

Deezer, grand pourvoyeur en ce domaine - beau catalogue, vraiment - qui après avoir alléché les blogueurs de magnifiques lecteurs importables s'en était pourléché d'un bras d'honneur, peut à nouveau venir égayer nos pages. Et ce, grâce au simplissime tutoriel que Gee Mee a conçu et exposé.

Un exemple ?

Exemple dédicacé à la fée, tiens, au goût immodéré pour la musique baroque, qui a besoin d'un petit remontant en ce moment. Water music, évidemment, puisque nous sommes rentrés dans le mois de l'eau, que Danielle Mitterrand vient de lancer la campagne des porteurs d'eau, que Chambly était en fête pour l'eau samedi et que le festival de l'Oh! se profile pour le week-end prochain.

Fiso t'y fait d'ailleurs de belles suggestions de programme, tout comme Nicolas, si tu as envie d'aller te perdre sur les berges de la Seine ou de la Marne.

Tu pourras, d'ailleurs, y écouter de la musique symphonique, Haendel, évidemment, mais aussi la Sirène, d'Auber, puisque les femmes en sont les invitées d'honneur, ou la Sicilienne, de Fauré (que je te mets en deuxième exemple. Quand on aime...).

Et tout ça parce que le Rainbow Symphony Orchestra y est invité, pour la première fois.

Je n'oublie pas qu'ailleurs, on célébrait la biodiversité, ce week-end. La faune et la flore étaient à l'honneur, et les jardins s'en donnaient à coeur-joie. Je crois avoir entendu un papillon voler.

19 octobre 2009

rebond sur une pudibonderie

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Tu connais Gee Mee. C'est lui qui fut à l'origine de la mise en forme des chroniques du Cobaye, cette réflexion introspective que je fus invité à accomplir dans le cadre d'une étude sur les blogs et les blogueurs, en début d'année. Blogueur atypique, calé sur un registre technique, il n'en est pas moins un lecteur attentif, sensible et, ce qui ne gâte rien, qui a des choses à dire. Mais une certaine réserve le conduit parfois à faire ses commentaires dans la confidentialité des messageries. C'est arrivé encore ces jours-ci, avec un point de vue qu'il a voulu m'adresser par mail concernant l'affaire Polanski, et le billet que j'en fis .

Avec son accord, bien évidemment, j'ai décidé de publier son analyse parce qu'elle complète intelligemment le regard que l'on peut avoir sur cette affaire, au delà de la seule question des mœurs.

"Bonjour Oh!91,

Je fais de tes notes une lecture maintenant régulière, pour ainsi dire instantanée. Je ne réagis qu'avec parcimonie, parce que la plupart du temps, je trouve mes idées dans les commentaires des autres. Quand je ne les trouve pas directement dans tes notes. J'évite donc d'abord la redondance, qui me semble être une forme de mépris. Je ne veux pas être de ces "m'as-tu vu quand je blogue", pour paraphraser Georges.

Ta note à propos de l'armée pudibonde, comme celle à propos de du PFG montre la profondeur de tes analyses, et de certains de tes parti-pris, que je partage.

Cela étant, j'ai quelques points de désaccord, de nuance tout du moins.

Je n'accorde pas plus quitus à la justice américaine que toi. Son fonctionnement n'est pas à la hauteur de ses prétentions universalistes, et il y a belle lurette que nous avons constaté que la population des prisons n'était pas révélatrice de la société, sinon de ses profondes inégalités. Dans l'affaire Polanski, on oublie souvent de dire que les juges impliqués sont dans un contexte électoral, et que la relance de cette affaire n'est pas pour rien dans l'évolution à venir de plans de carrière très personnels. Cela étant, seul le temps de prescription légal (là où l'acte a été commis) permet de savoir si l'on peut oublier. D'ailleurs, il s'agit plutôt de savoir à partir de quel moment l'on doit oublier. Si les crimes contre l'humanité ne sont pas prescriptibles, c'est bien parce que tous les autres le sont.

Ce n'est pas à la victime de dire si l'action doit s'éteindre en matière pénale. Car c'est la société qui est atteinte au-delà de la personne. Qu'il y ait plainte ou non, seul un retour sur un témoignage, donné ou obtenu dans des circonstances particulières peut le permettre. Accorder un pardon trop facile, ou un pardon monnayé ne vaut pas plus qu'un acte de vendetta. Le principe est le même, on ne se fait pas justice soi-même.

S'agissant de la délinquance sexuelle, mes limites sont claires. La sexualité est une affaire privée, tant qu'il s'agit d'adultes consentants. La formule, pour être simple, est exigeante. Le consentement doit être libre et éclairé. Cela ne va pas de soi, et mérite que des vérifications régulières soient effectuées. Personne n'a à dire quoique ce soit à propos des histoires de fesse des autres, à moins d'y avoir laissé traîner les siennes. Et encore.

Le statut d'adulte s'acquiert légalement, pas partout au même âge, d'accord. Que la majorité légale n'emporte pas maturité, je te l'accorde également. Nous-mêmes, Français, n'étions pas très clairs sur ces principes, puisqu'il était possible de marier une jeune fille de 15 ans jusqu'en 2006. Où était donc la vraie limite ? D'autres pays entretiennent des différences importantes entre majorité et mariage.  Ne raisonnons pas à partir de l'exception, la limite c'est 18.

Avant, des circonstances tenant à la nature du consentement peuvent très exceptionnellement être accordées. C'est difficile à interpréter, et dans le doute, on doit protéger la victime, parfois contre sa volonté.

Un genre de mécanisme similaire existe en droit social où les syndicats peuvent agir, sans ou contre la volonté d'un salarié particulier, pour que le reste de la communauté de travail n'ait pas à faire face à la même situation.

Je ne connais rien à l'affaire Polanski, je m'en tiens là.

Je n'ai pas plus lu Frédéric Mitterrand. Sur le plan pénal, soit on a des éléments et on poursuit, soit il n'y a rien, et on ferme sa gueule en le laissant se dépêtrer avec ses problèmes. Sur le fond, j'avais trouvé le principe du bouquin courageux, et humainement respectable.

Mais c'est la politique qui le rattrape. Que Le Pen ait exhumé ce texte n'a rien d'innocent. Polanski ou pas, cela aurait été fait. Les régionales approchent, il est toujours bon de discréditer les politiques "traditionnels" par rapports aux "intouchables" du FN. Et puis cela a foutu une vrai merde dans la classe politique. Le PS a enfin retrouvé la raison le week-end dernier en arrêtant de taper dessus et en disant que c'est à Notre Petitesse de régler le problème, le cas échéant, laissant cette dernière se débrouiller avec ses contradictions au sein de l'UMP.

Ça ressemble tout de même à un écran de fumée pour ne pas parler des vrais problèmes d'actualité, notamment.

Alors non, il ne faut pas hurler avec les loups, et pour cela ta note était très bien. Sans dec.
"

Gee Mee

06 septembre 2009

l'ovni et la nébuleuse blogosphérique

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Bien. J'ai mis du temps à trouver un angle pour ce billet. Mais je le tiens, et je me lance.

Je viens, avec quelques poignées d'autres, de traverser huit jours de conjonctions astrales blogosphériques, une sorte de nébuleuse. En faisant attention à n'être pas happé par un trou noir, ni à couper la trajectoire d'une météore.

A la charnière de cette traversée, il y eut la rencontre avec cette brouette, chargée d'une grenouille entre deux "O" : Gee Mee. L'Ovni blogosphérique. Celui qui dédie tout un blog à l'amélioration de la plateforme Hautetfort. A la délivrance de conseils techniques pour ses usagers, dont je suis. Mais qui reste néanmoins en alerte sur les contenus, et se montre sensible à la poésie et à l'esthétique des mots, à leur sens. Et qui, va savoir pourquoi, au détour de ses pérégrinations, s'est amouraché de moi, et de Bougre' - entre autres "amitiés sulfureuses" que la blogosphère sait parfois nouer.

N'eut été le plaisir que nous prîmes à nous découvrir, c'eût été un speed dating. Une heure douze chrono au Café du Nord, entre travail et train de banlieue. Nous avions peu d'indices pour nous reconnaître, et comme j'étais arrivé le premier, j'ai passé une gros quart d'heure à scruter chaque homme seul, installé ou arrivant, puis à en rire une fois rejoint par Bougre.

Un homme noir exagérément bedonnant, le regard perdu entre Le Monde et sa bière, un jeune homme ébouriffé, debout à la portière d'un taxi, que j'aurais bien débraillé davantage mais qui hélas fut vite rejoint par une femme, un professeur fou, deux fois l'âge de la retraite, qui traversait la terrasse avec impatience, un quinqua névrosé devant ses boules de glace... notre fantasmagorie s'agitait d'autant plus que seul lui avait les clés pour nous reconnaître. Bougre était sûre qu'il devait s'agir de quelqu'un de relativement âgé. Finalement, il arriva en retard, nous surprit par derrière. Ma foi jeune et beau garçon, un tantinet propre sur lui - contexte professionnel oblige. Et tout à fait sympathique.

Bougre et lui avaient plein de choses à se dire, sur un terrain professionnel commun d'abord, puis parce que Bougre bouillonne de l'envie de faire évoluer son blog. D'ailleurs, depuis cette rencontre, elle s'essaye à le garnir de divers branchages dont - soyons honnêtes - on peut dire qu'ils n'en facilitent pas la lecture. Il y a du travail, n'est-ce pas, Gee Mee ? Il nous a manqué du temps pour revenir sur les épisodes du cobaye, ou pour parler de mon toit, mais ce n'est pas plus mal, les histoires d'internet et de coming-out familiaux étaient bien plus intéressantes.

Avant cela, donc, il y avait eu un déjeuner avec le couple de l'année. Le plus improbable qui soit, des écorchés vifs mieux qu'attachants. Une auteure qui n'a plus à faire ses preuves, mais qui souhaite refermer le livre de ses aventures policières après en avoir tourné toutes les pages, et nourrit déjà de nouveaux projets, et le chroniqueur politique talentueux, au verbe acéré et explosif, mais documenté et toujours exigent, qui a tout quitté pour rejoindre sa belle. Leur écriture ne connait pas la complaisance, alors ils ont fâché, Bénédicte surtout, qui a un jour dans un pamphlet mémorable - que Gee Mee a adoré, tiens ! - réglé son compte au paradigme du blogueur malade. Certains s'en sont offusqués, s'y reconnaissant, forcément. J'y ai moi-même vu tous mes travers, et j'ai trouvé salutaire d'être ramené à ma désuète condition dans ma pratique du blog. J'en suis accessoirement reparti avec un petit pot de baume du tigre, et j'en parle parce qu'il m'a servi pas plus tard qu'hier à apaiser un claquage derrière la cuisse gauche que je me suis fait à la caisse de mon Carrefour-Express de quartier.

Il y avait eu aussi, dans un tout autre registre, le rendez-vous du KB. A l'initiative de l'inénarrable Nicolas, l'homme qui parle comme il écrit, et 462.jpgqui écrit plus vite que son ombre. Toujours avec bonhommie. Cinq ou dix blogs, je ne sais plus, cinq à dix billets par jour sur chacun d'eux, une vie professionnelle, pas de vie familiale connue mais : l'animation bénévole d'un café de quartier appelé à un grand destin wikisphérique : la comète. Le rendez-vous était annoncé politique, et j'avais redouté baigner dans une ambiance de gauche bien pensante pleine de politicaillerie. Mais l'assistance était bien plus diverse que ne le laissait présager le contexte, et le plaisir des retrouvailles a vite relégué les chicanes sur Bayrou, les primaires au PS ou les stratégies d'alliance à une petite table du fond de la salle.

J'y ai partagé un apéritif de dames avec des dames qui tiennent des blogs de dames, c'était drôle. J'en ai été arraché par le politicien local des Verts, qui a monopolisé mon attention pour me dire toute son ambition locale et régionale. C'est lui qui m'a appris l'existence du projet de loi sur la fin des Départements - qu'il applaudit - et c'est donc un peu à lui que je dois le billet que j'y ai récemment consacré.

On trouve profusion de comptes-rendus chez les participants (Manu, CCMrs Clooney, Mtislav, Eric, Falconhill, Gaël, Gularu, Hypos, Louis, Luciamel, Olympe, Sarkofrance, Mathieu L, Yann Savidan, Wallen) qui n'intéresseront sans doute que ceux qui en furent. Moi je retiens surtout que l'on m'a trouvé ici craquant, et bel homme. Et que ma réputation fastidieuse à nettoyer me colle encore aux basques. Au fond, je n'en demandais pas tant.

IMG_2141.jpgLa traversée s'est terminée ce mercredi à l'Assassin (photo de Franck). C'était le rendez-vous des Paris-Carnet, plus installé mais qui mit un certain temps à s'animer. Philippe s'y offrait sa première. Et d'évidence, depuis qu'il explore le monde de la police de l'intérieur, il s'en éprend de plus en plus. J'étais content de lui faire rencontrer Igor. J'y ai aussi revu mes prosélytes lyriques et ai promis de contribuer à en réactiver le cocotier. Les filles se sont fait un truc de filles, une sorte de noeud, j'espère qu'elles dépasseront. Enfin, c'est leur affaire... J'ai retrouvé le Noé de mon premier Paris-Carnet, à la fois plus beau, parce que plein de projets, mais plus fragile aussi. Il aimerait réussir à travailler moins bénévolement. La société ne l'aidera pas sur ce plan. Et puis j'ai partagé en riant un bout de soirée avec Deftones, un petit nouveau lui aussi, emmené là par Fiso.

Autrement, je me suis encore fait avoir : pourtant, je le sais que les frites n'y sont pas bonnes !

Voilà. Huit jours en perdition dans le monde de la blogosphère. Il y eut quelques secousses, mais le temps de remettre mon vaisseau sur son orbite ordinaire, et de reprendre mes esprits, j'ai finalement été en mesure d'en dire quelques mots. Trois siècles après tout le monde, mais que valent les siècles à la vitesse de la lumière (c'est par contre la dernière fois que je mets autant de liens dans un billet : quelle plaie !).