23 juin 2008

L'orgie

1025A_original.jpg

Ceci est ma 200ème note (en fait, c'était la précédente, mais pour une 200ème, il vaut mieux un feu d'artifice qu'un règlement de compte, non ?)

J'ai vécu récemment une nouvelle expérience, étonnante et délicieuse. J'aime autant te prévenir tout de suite, c'est un peu hard, et du coup pas simple à raconter. Par défi, je vais m'y essayer malgré tout. En toute (im)pudeur.

Un ami, ou plutôt une fréquentation, de celles qu'il m'arrive de contracter aux nocturnes de Roger legall, m'avait proposé le principe d'un dîner "en cercle resserré" histoire de faire plus ample connaissance. J'en avais accepté l'augure, mais fus néanmoins surpris, recevant l'invitation par courriel, de découvrir qu'il s'agirait d'un dîner "fesses à l'air". Était-ce une boutade ? Une provo ? Un vrai projet ?

Espérant pouvoir associer Seiji à cette invitation, je demandais à cet ami quoi emmener, glissant entre la suggestion d'une boisson ou d'un dessert celle de mon amant. Il me pria d'emmener du vin, je n'imposai donc point mon Seiji. En tout cas pas cette fois-ci.

Y., notre hôte, était effectivement tout nu derrière un tablier de cuisine en recevant ses invités les uns après les autres. Cadre au sein d'une structure qui oeuvre à la promotion de la culture française à l'étranger, je découvrai que j'avais le même jour - drôle de hasard - adressé un courrier à son propre patron, pour des besoins professionnels.

T., arrivé avant moi quoique toujours vêtu, préparait les caipirinhas avec de la glace pilée. Il s'avère qu'il travaillait dans le même siège social que ma copine Fiso. Les coïncidences s'arrêtent là.

Puis arrivèrent Fl., d'origine québécoise - d'où son discret accent et quelques expressions fleuries -, scénariste d'une série française qui fait un tabac depuis des années sur une chaîne du service public, et son ami Fr., fatigué d'expériences dans l'informatique et le marketting, qui s'exerce depuis peu à la maçonnerie sur le dos d'une ancienne maison normande.

Enfin, B. est arrivé, péruvien, ultime touche exotique à notre soirée, en partance trois jours plus tard pour Lima où il devait effectuer son stage de fin de master en sciences politiques.

La politique, justement, il en fut assez peu question. Peut-être valait-il mieux. Durant l'apéritif, on parla surtout de nos jobs respectifs (respectives en québécois, question de genre).

C'est au moment de passer à table que Fl. et Fr. donnèrent le signal, s'éclipsèrent en coup de vent dans la chambre à coucher et revinrent dans la tenue d'Adam. Caipirinha aidant, j'embrayai, suivi de T.,  puis de B., le plus hésitant, visiblement persuadé d'être le seul pour qui l'expérience était nouvelle.

Dans les premières minutes, on put observer chez chacun une érection légère et passagère, comme sous l'effet du premier trouble.

Pendant le repas, la conversation prit la tournure d'une galerie de portraits, chacun décrivant à tour de rôle des personnages fantasques de son entourage. On rit beaucoup sur la pasta aux coquilles saint-jacques.

Y., notre hôte, était assis à ma droite. Au fil du repas, nos contacts furent de plus en plus explicites, tout comme ceux de Fl. et Fr., ou ceuxbrutos6386.jpg plus tardifs de T. et de B., au dessert nous commençâmes à nous embrasser.

Ce fut le coup de sifflet.

Je suis absolument incapable de décrire ce qui suivit. Et comme les tours de tailles ou les longueurs de bite n'ont pas grande importance non plus, je vais me contenter de dire que ce fut une orgie, comme tirée de fantasmes fous, avec quelque chose d'antique dans cette capacité sublime à l'oubli.

C'est autour d'Y. et moi que les choses s'organisèrent d'abord, puis le centre de gravité se déporta sur l'érection magistrale de Fr. Il s'était écoulé sans doute pas mal de temps déjà quand on entendit une porte claquer : T. nous quittait se sentant délaissé. "Un courant d'air", dit Y. avec détachement.

B. se tenait souvent à l'écart, toujours gêné, attendant d'être invité d'un regard ou d'un mouvement de la main pour se joindre au groupe. Fl. me jetait des regards continuellement souriants.

brutos5154.jpgNotre corps à corps dura bien trois ou quatre heures, sans grandes respirations. Sur le parquet de bois. Sur les tapis du salon. Couché, debout, accroupi, tu n'avais rien à faire, les bites venaient à toi, en toi, et toi, des bouches ouvertes et langoureuses venaient te couvrir d'attentions et te prodiguer mille attentions.

Après avoir joui respectivement une et deux fois, Fl. et Fr. nous quittèrent au milieu de la nuit non sans m'avoir l'un et l'autre, l'un puis l'autre, et dans l'autre sens, accordé de putains de bons baisers... d'amour ? d'adieu ?

Le jour pointait déjà. B. resta dormir dans le salon tandis que Y. m'ouvrit son lit pour m'offrir près de lui quelques courts instants de repos. A l'heure du réveil, c'est quand je fus en lui qu'il jouit, et j'en fus heureux parce que je dois dire qu'il a une queue agréable au toucher, au peser, au goûter, et que depuis qu'elle m'était passée en main j'avais eu en plusieurs NICKEVANS1.jpgcirconstances l'occasion d'en nourrir mon imaginaire pour parvenir moi même à jouir.

En route vers le boulot, les yeux en gelée et le corps en charpie, je n'eus pas une seconde de culpabilité, je ne me sentais pas sale, je ne me traînais aucune impression malveillante du doute. J'étais juste épanoui, plein d'images dans la tête et de sensations sur la peau, de goûts en bouche, souvenirs qui ont vocation, sans doute, à durer longtemps avant que l'on songe à remettre le couvert.

09 juin 2008

mon violoncelle couleur lila

rso.jpg

Il était beau, mon seiji, dans ses souliers cirés, son pantalon noir cintré, et son ample chemise lila. C'est la première fois que je voyais un orchestre symphonique tout en couleur. Il y avait des tâches vert clair, des pointes rouges, quelques touches jaunes, de grandes envolées orangées... Et dans le choeur de ce temple protestant du 8ème arrondissement, se déployait ainsi le Rainbow Symphony orchestra, dans une joyeuse proximité avec le public, venu nombreux écouter un répertoire de haut niveau.

Le concert était placé sous le signe du chiffre 5, car il s'agissait de célébrer le 5ème anniversaire de cette formation. La 5ème marche de d'Elgar (Pump and Circumstances), la 5ème symphonie de Beethoven (tu sais, le fameux pom pom pom pom !...), et puis après l'entracte la 5ème Symphonie d'un compositeur du 20ème siècle, plus obscure, le Finlandais Sibelius.

Igor et moi avions retrouvé Yohan en ville quelques minutes avant le début du concert. Fiso, occupée dans l'après midi par quelque programme d'agrément nous rejoint toute ébouriffée à 20h 10, pile poil sur la toute première note d'Elgar. Ouf ! Avant le début, j'arpentais les bancs et les allées à la recherche d' Olivier Autissier et son copain Jean-Michel, que je ne connaissais que de photos, mais qui avaient annoncé leur venue par blog interposé. Nous nous trouvâmes finalement à l'entracte, mais il fallut que je fasse preuve d'un peu d'extravagance dans mes recherches, pour me faire repérer.

Franchement, j'ai été bluffé. C'est un orchestre amateur, mais ils ont assuré. Et puis, pour la musique en général, mais pour le classique en particulier, rien de tel que le live pour vraiment en profiter.

Par exemple, là, je t'ai mis en écoute la 5ème symphonie de Sibelius. Ce n'est pas une partition facile. D'abord, contrairement à Beethoven, ce n'est pas une chose mille fois entendue. Et puis c'est une musique du siècle dernier, les mélodies ne te sont pas données sur un plateau d'argent, elles se mettent en place progressivement, elles se détachent lentement d'une zone trouble, comme d'un brouillard épais, qui se dissipe peu à peu, tu es d'abord comme englué, tu te sens opaque, légèrement instable. D'ailleurs, ce ne sont pas les violons ni les violoncelles qui font la mélodie. Les cordes forment cette espèce de basse vibrante, comme en bruit de fond. Ce sont les cors, puis les flûtes et tous les vents qui en apportent les premiers éléments. Et puis une amplitude se met en place, tu ne t'en rends presque pas compte, mais elise_jb.jpgtu te mets à distinguer des couleurs, des reliefs, ici et là des sonorités cristallines et légères.

Moi personnellement, il me faut plusieurs écoutes pour comprendre, percevoir, et aimer. Mais dans la salle de concert, tu les vois à la manoeuvre, tu observes les archers vibrer, vibrionner de mouvements courts ou larges, tu admets plus vite ce qui se passe, l'intention du compositeur et des interprètes, le sens, et finalement la puissance esthétique de la chose. La gestuelle du chef, la distribution des instruments dans l'espace te sont comme un guide qui t'aide à accéder à cette beauté rude.

A la fin du concert, on leur a fait un triomphe, j'ai comme d'habitude crié quelques "bravo", de ceux qui font toujours honte à mon homme, mais moi j'étais fier de mon Seiji. Malgré son dos, malgré ses papiers, malgré toutes les épreuves, il est allé au bout de ce projet-là, aussi.

08 juin 2008

laisser passer les années

photo-antonio-foncubierta.jpg

Il est comme ça, mon mec. Et c'est sans doute pour ça que malgré tout, malgré le poids, je poursuis ma route avec lui. Une fraîcheur et une spontanéité qui le font vivre à fleur de peau. Tout affleure, la révolte affleure, le dépit aussi. Et le besoin de les partager pour ne pas les laisser se gangrener. C'est ce qui le sauve.

Comme tu le sais, notre vie commune ne nous interdit pas des aventures ni des liaisons, elle les suppose même. Nous sommes dans l'extraconjugalité, elle est inscrite dans notre union. Sauf qu'en général, nous n'en parlons pas, c'est un principe, celui du jardin secret. De l'intimité cachée. Moi, j'y tiens. Non qu'il ne serait pas ouvert à entendre mes histoires, mais parce que je n'ai pas envie de l'y faire entrer. Mon jardin a besoin de rester inavoué, j'y perdrais cette part de liberté qui m'est devenue vitale. Lui a au contraire l'envie de m'entraîner dans son antre, de partager tout ce qu'il vit. Me le dire s'il est heureux d'une rencontre, qu'elle soit simple amitié ou plus engageante, me dire son désarroi quand il affronte une déception.

Il ne lit pas mon blog, c'est notre pacte. Et il s'y tient, mais il a toujours envie d'une réaction de ma part sur le sien.

Donc il a fait une rencontre lundi, une belle rencontre, tandis que j'étais à Toulouse. Qui s'est prolongée le mardi de longs messages et appels téléphoniques. Il y a vu plein de promesses. Il a cru cette relation déjà riche d'avenir, déjà solide, il y a vu pour lui la sortie de la quête frénétique de sexe et le retour à une certaine quiétude. A tel point qu'il a cru pouvoir, devoir, parler de sa maladie. Et puis avec la fin de la semaine, il a attendu de nouveaux contacts, de nouveaux échanges, il les a attendus en silence, puis en serrant des dents, il les as attendus les jours, les nuits, en pleurant. Je le voyait absent, le regard perdu, alors il m'a parlé.

Et le lendemain, ce poème dont il n'a pas su que faire, il me l'a envoyé. Il peine avec cette foutue langue française, mais quand il a une boule de douleur au fond du gosier à exorciser, il sait aussi la sublimer...

_________________________

Laisser passer les années

Tu viens comme une tempête,
Sûreté d’une vedette,
Avec les yeux brillants.

« Je n’ai que le voeux
De te faire heureux
Sur cette Terre. »

Je crois la minute
Comme une pilule
Contre la Vie.

Mais le parfait existe
Sur une autre piste,
Ailleurs.

Tu vois seulement
Le poison de mon corps
Encore.

Il est comme une prune
Séchée, tapée,
Mon âme usée.

Tu pars comme une soufflette,
Qui rien ne regrette,
Bulle de savon.

Il n’y a pas de reste,
Juste une prière
Amère.

Chaque chose me choque,
Je cherche donc le jour
Où je lâche les tâches.

Où est la possibilité de
Laisser passer les années
Derrière moi ?

05 juin 2008

Excusez-moi !

11-03-08%2B(6).jpg

Il y avait un beau black mercredi soir dans ma ligne d'eau. Je l'y voyais pour la première fois. Jeune, belle gueule, rigolard, le corps sec et musclé, petit moule-burne serré gris clair, mais avec ça plutôt malhabile dans l'eau... Je l'ai dépassé plusieurs fois, l'effleurant sans intention. A un moment, nous retrouvant côte à côte en bout de ligne, il me dit : "c'est drôle, vous dites tout le temps pardon" ! Et voilà, que c'était reparti, merde, putain ! Je m'en étais même pas rendu compte. "Oui je sais, je lui réponds, on me le reproche bien assez. Mais vaut mieux ça que de donner des coups dans tous les sens sans rien dire à personne, non ?"

Donc c'est comme ça : je suis en trop. Jamais à la bonne place. Jamais au bon moment. Une espèce de bidule encombrant au milieu des jambes, la contrebasse dans un studio d'étudiant, le cheveu sur la soupe, l'éléphant dans un magasin de porcelaine, le chien dans le jeu de quilles, que sais-je ? C'est comme ça, j'arrive pas à me percevoir autrement.

Alors je m'excuse tout le temps. Et forcément, ça énerve. Et pour le coup, je n'ai pas besoin de passer des heures sur un divan pour savoir d'où ça me vient... Ah! sacrée maman, tu nous as peut-être pas si mal réussis, mon frère et moi, mais si tu avais pu te la garder pour toi, cette putain de saloperie de culpabilité à la con, toujours mal placée, cette gêne aussi idiote que permanente, je te jure, on t'en aurait pas voulu tant que ça !

Si je fais un peu de prospection dans mes souvenirs, je me suis toujours vu soit complètement transparent, invisible, un peu comme si ma complexe-males-250x175.jpgprésence quelque part, parmi des amis, ne comptait pour rien, juste une truc comme ça, sans impact d'aucune sorte, dépourvu de sens, incapable de s'installer dans un champ de vision.

Soit totalement encombrant. A m'excuser à tout bout de champ.

L'invisibilité avait un mérite : elle alimentait des rêves érotiques dans mon enfance : je circulais parmi d'autres garçons. Parfois exhibitionniste, j'étais au milieu de tous les autres, mais seul moi me savais nu. D'autres fois en mateur acharné, j'avais la faculté de voir les autres nus grâce à des lunettes magiques. Il y avait surtout des garçons dans ces rêves-là, sauf une grande et mince fille noire, je ne saurais trop dire pourquoi. Mais bon, là n'est pas mon propos.

Encombrant ou invisible, en tout cas, j'ai toujours pensé que où que je fus, le mieux était de ne pas y être. Au pire ça ne changeait rien, au mieux ça soulageait.

Pourquoi suis-je ainsi incapable de me voir comme un élément de la scène, un personnage dont le rôle conditionne celui des autres ? Voire comme simplement quelqu'un qui compte ? Qui n'a pas besoin de s'excuser d'être là, mais juste de vivre là au milieu des autres. J'ai beaucoup compensé ces travers. Avec de l'action publique. Avec du militantisme, des convictions, avec de la prise de responsabilités. Il y a ainsi de nombreux contextes où je dissimule ce travers, où on ne le soupçonne même pas. C'est dans ces cas là que je me vis dans l'usurpation. Mais très régulièrement, il ressurgit. Et un beau black musclé dans une ligne d'eau, sans complexe, peut même s'en étonner ouvertement... Excusez-moi.

31 mai 2008

grosse fatigue

2004126295.jpg

C'est toujours méchant, les lendemains de fête. Je n'aime pas leurs vents contraires.

D'un côté, tu as l'impression qu'une fois la partie dans le dos, tu vas avoir du temps pour reprendre ton souffle, tu vas être à nouveau disponible pour toi et pour les autres, mais tu réalises que tu as tellement repoussé de choses à plus tard, qu'elles se rappellent toutes à toi en même temps, et qu'au milieu des premiers bilans, tu n'as toujours le temps de rien...

D'un autre côté, à la première RTT venue, au premier vrai moment de relâchement, c'est le coup de blues qui s'installe. Pas vraiment de la tristesse, mais plutôt comme une grosse fatigue qui te submerge. Tu ne sais pas vraiment la nommer, tu ne sais pas vraiment quoi en faire, tu t'étais dit "chouette, je retrouve de l'espace pour faire ce que j'aime", mais le temps entre tes mains, tu le laisses s'échapper bêtement, et tu te rends compte que tu restes sec.

Ceci pour te dire que là, je me sens un peu con. Même les quelques bites qui se sont offertes à mon regard et à mes mains, hier, dans les recoins du vestiaires de la piscine, même les caresses d'un homme ou le sourire de l'eau chaude, même une éjaculation prise à la dérobée (tiens, c'est bizare ce lapsus, j'avais d'abord écrit évacuation...), comme un sevrage qui échoue, m'ont laissé le moral dans les chaussettes.

Et puis il y a Seiji, devenu mon tendre amant, avec qui nous commencions à prendre l'habitude de nous retrouver chaque soir, et que le retour de mon mec éloigne de mon quotidien.

Bon, je ne voulais pas vraiment me plaindre. Mais trop tard, c'est fait. J'espère qu'au moins tu me pardonneras ce temps mort, et que tu le laisseras filer avec moi, le temps que je revienne vraiment.

15 mai 2008

vingt-quatre heures, parmi d'autres

903188612.jpg

A la demande générale - et en particulier de Manu et de Bougrenette (putain, faites chier !), et pour légitimer si besoin un travail en cours de Balmeyer - voici une vraie note, écrite sur du temps volé, au milieu du défilé de mes collègues, et de mes dossiers qui restent en plan.

J'aurais pu appeler ça séquence récente (s'ensuivront, la note ne le dit pas, une nuit épouvantable à ne pas trouver le sommeil, et la voiture retrouvée à la fourrière au petit matin... et dire que demain mon blog a six mois). Avant ça, va jeter un coup d'oeil ici : y'en a encore une qui fait à l'eau un joli festival.

_________________________

Zéro heure trente : "Quand on veut biberonner, faut s'en donner les moyens". C'est sur cette phrase gentilment énigmatique que je m'endors avec le sourire.

Sept heures trente: je dépose Igor à l'aéroport pour 15 jours de vacances à Vienne et Budapest.

Huit heure cinq : mon rendez-vous de huit heure cinq - apaisé.

Huit heure trente cinq: je rentre dans le tunnel.

(Commence une séquence noire où se suivent réunions internes, réunions externes, relectures diverses, parapheurs et tutti quanti, prises de bec juste comme il faut, rencontre avec des associations...)

(Oups ! avec quand même la publication d'une petite note alibi en milieu d'après-midi - parce que j'ai pas pu résister)

Vingt heures trente : sortie du tunnel. Finalement, ç'aurait pu être pire !

Vingt-et-une heure: nocturne naturiste à la piscine Roger Legall. J'avais besoin de nager, et à cette heure-ci y'avait plus que ça. Et puis j'aime, même si je n'y vais pas souvent -rapport au fait que j'habite loin et que j'ai un Igor qui m'attend à la maison.

Qu'en dire ? Qu'il y a bien des mecs qui "bandent bas" - je confirme -, et que ça leur rend bien service (c'était encore le cas hier soir d'un magnifique métis au corps effilé, avec qui il m'était arrivé juste une fois, il y a de cela deux ou trois ans, de me branler de concert). Que le gel-douche magique de ma copine Fiso, que j'expérimentais pour l'occasion, et son supposé effet Mr. Freeze, ne m'a pas du tout permis de contrôler ma bandaison, mais m'a au contraire provoqué un phénomène incontrôlable (tu parles d'une congélation ! Ça m'a rappelé la juvénile époque de mes éjaculations précoces), que j'ai bien et beaucoup nagé, dans des lignes pas trop encombrées - comme j'arrive peu à le faire ces derniers temps - sans me perdre dans d'inutiles batifolages (c'est l'avantage de s'être branlé avant, même malgré soi), qu'en sortant, un magnifique garçon chevelu et ébouriffé, Christophe, le visage jovial, un beau regard perçant, a eu du plaisir à se laisser regarder -et toucher-, qu'il m'a proposé de nous retrouver à la sortie, que j'ai sereinement décliné l'offre ayant d'autres projets pour la nuit, que mon dauphin palmé, Sylvain, arrivant sur ces entrefaites (de façon inattendue car il ne vient pas le mercredi en général), je lui ai laissé ma place sous la douche, les ai présentés l'un à l'autre, et que je ne sais pas ce qu'il est advenu de leur rencontre...

Vingt-deux heures cinquante: J'arrive chez Seiji, il me prépare des spaghettis à la carbonara, il a déjà mangé, il est triste : l'incertitude de son rendez-vous à la préfecture la semaine prochaine, sa carte bleue piratée, son dos qui ne le lâche pas, et, à mots couverts, des questions sur où mène notre relation. Je le rassure, mais ne peux pas tout sur tout. Je suis content d'être chez lui, sa tendresse a un côté perpétuel, qui moi me rassure.

Zéro heure trente: Est-ce la lune, ou les images emmagasinées à Roger Legall, je suis à fleur de peau en lui faisant l'amour. Mais cette fois je n'y mettrai que quatre étoiles, parce que je n'ai pas joui de sa main alors que j'étais à deux doigts.

06 mai 2008

la porte de la salle de bain (suite)

1512033563.jpg

Donc, j'en ai parlé. Ça doit être aussi un effet "blog". Et j'ai pu vérifier que ça n'avait jamais traumatisé que moi. J'avais entre 6 et 7 ans, lui entre 7 et 8, il avait refermé sous mon nez la porte de la salle de bain, avait revendiqué son droit à l'intimité, ou à simplement devenir grand, et j'étais resté seul avec ce manque, qui deviendrait une quête, où s'est peut-être nourrie mon attrait pour les hommes. J'en avais parlé là (voir le jour où la porte s'est fermée).

C'est ma mère que j'ai interrogée la première. Elle m'a confirmé qu'elle n'en avait gardé aucun souvenir. Elle s'est contentée de dire qu'on était vraiment très petits encore quand on prenait notre bain ensemble. Puis avant-hier, j'ai demandé à mon frère. Pareil. Effacé de son disque dur. Cet épisode n'a donc bien eu de sens que pour moi. Dans le secret.

Mais mon frère m'a par contre raconté une autre anecdote, qui n'est sans doute pas sans rapport.

Maman avait un collègue, prof d'EPS en collège. Il était venu un soir à la maison, accompagné de son fils, un poil plus âgé que nous. Il serait entré dans la salle de bain par inadvertance. Et nous voyant ensemble dans la baignoire, il se serait marré comme un tordu. Mon frère dit qu'il n'en ressentit pas de gêne, mais le seul fait qu'il s'en souvienne semble indiquer le contraire.

Sans doute, la honte qu'il avait ressenti n'était pas tant d'avoir été vu nu, mais d'avoir été vu plus enfant qu'il n'eut souhaité le paraître devant un grand ! En m'excluant de son bain, il franchissait un échelon d'âge. Dans mon esprit, il faisait de la nudité un graal, et donc très vite mon phantasme.

Et voilà comment j'arrive à me faire tout seul des petites séances de psychothérapie perso et pas chères à l'occasion de retrouvailles familiales...

01 mai 2008

l'autre et l'esprit de la fête

1173083957.jpg

Y a-t-il une façon française de faire la fête ? De se retrouver entre potes ? De brasser des mots, des rires, d'occuper le centre en balançant des blagues potaches ? De se couper la parole allègrement pour ne pas se laisser distancer ? d'être dans le cynisme, dans la vanne à deux balles, à l'encontre toujours de quelqu'exutoire consentant ?

Nous dînions l'autre soir avec Igor et seiji, deux étrangers, à l'apprentissage francophone tardif, mais désormais établis en France, tournés vers la France, "intégrés", comme on dit, plutôt bien que mal, dans la société française. Des gens avec qui il est agréable de discuter, qui connaissent bien notre langue, quoiqu'ils la pratiquent avec des degrés de compréhension ou de maîtrise de la syntaxe parfois aléatoires.

Ils me disaient la difficulté qu'ils avaient à être dans un groupe, parce que dès que la conversation ne se déroule plus dans le face-à-face, le débit s'accélère, les phrases ont du mal à se terminer, les mots se mangent, la langue elle-même se familiarise, s'argotise, et rapidement, le rire vient fermer tout ça, et si ce n'est le rire la polémique, la dynamique du groupe dissout l'attention à l'autre, à l'étranger. Celui-ci s'efforce de suivre au début, perd pied peu à peu, se démène seul pour se raccrocher à quelque récif, y parvient une fois, deux fois, mais s'épuise, et finit par se noyer dans l'ennui ou le sommeil.

C'est dur de se laisser couler dans la fête et de ne pas y perdre l'autre. De rechercher jusqu'au bout son bonheur à soi, surtout qu'on le sait éphémère, de se construire dans un rapport au groupe, dans "des" rapports au sein du groupe, sans être dans l'abandon de "l'autre". Ça n'est sans doute pas vrai que pour les problèmes de langues, ni que pour les étrangers, d'ailleurs. Je suppose que quand tu te laisses tarauder par ces histoires de fidélité et d'exclusivité, tu t'y confrontes aussi des fois dans le quotidien de ton propre couple.1097344927.jpg

Sur le chemin vers la maison ce soir-là avec Seiji, alors que le soleil était à se coucher, nous nous sommes à nouveau laissés envahir par nos désirs et nos caresses. Dans l'habitacle de la voiture, avant d'arriver à la maison sous un ciel d'orage crépusculaire aux ourlets flamboyants, à l'abri d'un acacia à travers lequel perçait la majesté d'un arc-en-ciel souverain qui nous donnait son absolution, au fond du grand parking vidé de la gare-RER, pantalon et boxer ramenés à nos chevilles, nous nous sommes observés et aimés. Il m'a pris en bouche pour la première fois. Je me regardais et me trouvais dans cette pause incroyablement sexy. Dans ma main, son sexe avait cette résonance familière, ce goût de velours et de soie au contact duquel je me perds. Nous avons joui, et jouissant encore le soir avant le coucher, enivrés par de nouveaux attouchements, j'ai su que la lune était entrée dans sa phase croissante. C'était lundi soir.

27 avril 2008

mes ragnagnas

1386612259.jpg

J'ai un bonne copine - une copine spéciale, plutôt - elle me racontait l'autre jour comment, avant un rencart important pour elle, programmé - pas de bol ! - juste le jour de ses dérèglements menstruels, elle avait utilisé un bloqueur de je sais pas quoi pour se les retarder et préserver jusqu'au bout la magie espérée de sa nuit.

J'aurais pu me dire : on a du bol, nous les hommes, on est opérationnel 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Et pourtant. J'ai bien noté chez moi l'existence d'un cycle, assez précisément calqué sur celui de la lune.

A la lune croissante, je bande pour un oui pour un non. J'ai l'amour érectile. Plus la lune se fait grande, plus j'ai l'éjaculation abondante, puissante, facile. Une caresse d'un dos de la main, un simple souffle, peut m'envoyer au 7ème ciel. Même du volant de ma voiture. Puis à la lune décroissante, ma libido se met en RTT, j'ai l'érection laborieuse, il faut aller la chercher loin, renouveler sans cesse l'effet de surprise pour la tenir en éveil, sinon j'ai la bandaison qui se disperse. Et la jouissance qui joue à Colin-maillard.

Mardi dernier, Seiji m'a pris pour la première fois. Nous étions bien l'un et l'autre, l'un dans l'autre, à connaître cette fulgurance fusionnelle. A nous abandonner. Mais tout le temps où il était en moi, je n'ai pas réussi à jouir. Comme déconnecté de mon corps. Il nous a fallu passer d'un jeu à l'autre, nous surprendre longtemps, caresser son visage de mon sexe, nous glisser entre les jambes l'un de l'autre, puis nous empoigner ensemble, nous oublier pour que s'échappe la pression et revenir à notre écoute, longtemps, pour que j'y parvienne.

Cette observation m'est en fait assez personnelle. Je n'ai pas eu l'occasion d'en discuter avec d'autres mecs. Serait-ce incongru de demander à ceux qui lisent ce blog : et toi, tu fais comment avec tes ragnagnas ?

21 avril 2008

une semaine dans la vie d'un blog

1506369022.gif

Le nouvel outil statistique que j'ai installé sur mon blog il y a de celà quelques semaines, sur les conseils de Nicolas, commence à porter ses fruits. Il me permet de jouer un peu, à l'heure de la sieste avec mes visiteurs du vent.

Je lui ai demandé de me sortir les mots clés par lesquels on est arrivé jusqu'à mon blog ces derniers jours via les moteurs de recherche. Je suis plutôt pas mal instruit par ses résultats :

En sept jours (de samedi 0 h à samedi 0 h), 88 mots clés ont conduit jusqu'ici :

J'exclue d'enblée les quatre qui sont pipés, ceux de mes amis, ou connaissances (salut à eux), qui pour des raisons qui leur appartiennent préfèrent pour me rejoindre passer par google que par leurs favoris (seiji violoncelliste, entre2eaux, funde reivax, et oh entre deux eaux). A eux quatre, ces mots clés m'ont valu 76 visites.

Après, on rentre dans le vif du sujet.1163520554.jpg

Champion toutes catégories, avec ou sans accent, mais toujours sans article, le prépuce : 45 visites, sans compter, dans la même veine, les saloperie de circoncision, photo petite bite rasée cisrconcise, comment dérouler prépuce enfant, circoncis naturiste, branler circoncis, et même "blog des prépuces", comme si c'était un titre, ça, la mère de toutes les batailles : Oh!91, le père de tous les prépuces ! Si j'avais su provoquer ça en parlant un jour d'un petit détail anatomique anodin et des services qu'il me rendait. J'ai envie d'ajouter dans cette liste, le réservoir de Passy, même si pour le coup, là, ça fait un sacré prépuce !

Ensuite, on trouve - logique - la thématique de la masturbation, dans ses formulations les plus poétiques, du genre : technique de branle, blog branlette masculine, bonne branle entre vieux (pourtant...), branle aux vestiaires (alors là oui !), branle entre garçons, branle entre mecs, branle gay blog, branler circoncis (bis), je la branle, branlettes à deux (un truc que j'affectionne), branlettes douches (tout comme ça), comment branler un mec, plus précis : comment on fait pour branler un garçon (je t'épargne les fautes de syntaxe, c'est dingue, y'en a qui mettent un roman dans leur recherche google...), sauna branle première fois, vestiaire branler, et même pratiques onanistes, pour les plus raffinés.

Ensuite vient Lorenzaccio, commentaire de Lorenzaccio, de quoi parle lorenzaccio, lorenzaccio gérard philippe, preuve que ce blog est également un haut lieu de culture.

J'en veux pour preuve qu'on y trouve aussi Abou Nouasse ou Nouasse, et c'est pas donné à tout le monde de connaître ce grand poète arabe. C'est un résultat méritoire, d'ailleurs, parce que je n'en ai encore jamais parlé, ça ne reste qu'un projet. Mais la culture orientale ne s'arrête pas là, puisque dans la liste, on trouve Marcel Khalifé ya bahariyyeh et Omayma Khalil.

Budapest apparaît aussi une valeur sûre, dans le registre plan+tramway (moué), appartement gays ou gay friendly (quand même), ou plus cruement Budapest sexe.

916546586.jpgPour le reste, c'est un peu à l'avenant : mais avec une vraie place pour l'eau ou la nage : bain saunas, baise dans l'eau, laure manaudou troisième nageoire, nager nue en mer, piscine roger legall paris, savon dans douche de mec (ah ! le classique !)

Quelques sujets spécifique ont été décelés, ce qui me fait évidemment plaisir, parce qu'ils correspondent à de vrais centres d'intérêt pour moi : robert Davezies, gran Scala, déesse des eaux, c koi l'ambition, crâne de hottentot.

Enfin, des coups d'épé, parfois limite dégueu, parfois incompréhensibles, parfois pleins de poésie. D'ailleurs : yeux noisette, trois mois, texte cicatrice, tatouage d'ailes, sof° infidélité (M., fais gaffe à ta copine), sarkosiland, qui aime avoir le pubis homme rasé, premier sauna sperme récit, parole d'une courte scène entre deux hommes, je voudrais qu'on me prenne par derrière (moi aussi, tiens, mais je passe rarement par google pour ça), je t'aime avec un grand a blog (oui, Patrick, j'oublie pas, je rame, c'est tout !), etre deux (d'ailleurs, tu vois !...), coin chaud entre les jambes, blogs naturistes, blog sauna hétéro, et, last but not least : papy baise mami.

Moralité, heureusement qu'il y a des visiteurs réguliers pour réhausser le niveau, parce que les surfeurs de hasard, c'est vraiment souvent raz des pâquerettes ! Je te dis merci ?

dernière minute

Avant de poster mon billet, je consulte les mots clés de ces toutes dernières heures. Je les cite aussi, malgré la triste désoltation la branlette du 4 à 8, parce qu'ils vont malgré tout me permettre de te renvoyer sur deux de mes billets parmi ceux que j'aime le plus :

Au milieu de mes habituels blog première au sauna (15h 11), plonger sexy (15h 21), plusieurs façons de se branler (16h 14), branle masturbation (16h 20), branlette manuelle (17h 21), branlette main (18h 54), PREPUCE (en majuscules pour de vrai, à 18h 54), branle entre voisins (19h 20), branlette douce (19h 46), je bande gay (20h 34), et aire de repos gay (21h 10) - comme quoi, on est vraiment en période de pleine lune ! - j'ai trouvé puybrun, qui renvoie à ça, et castelet pour marionettes, qui renvoie à ça.