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05 novembre 2011

le retour du juste

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C'est pour ce soir. Puis encore dimanche. Un programme juste magnifique. Les tableaux d'une exposition, et un Rachmaninov enivrant de romantisme. John Dawkins, le chef, a juste obtenu le meilleur de ses musiciens, que j'entendais déjà hier soir pour leur générale.

Sur un autre sujet, l'abandon du référendum en Grèce est juste hallucinant. A croire que que les grands de ce monde n'ont qu'un  problème : les peuples, juste les peuples.

L'incendie de la crise grecque n'est pas éteint, il est juste mis sous le couvercle. Le modèle capitaliste productiviste n'est pas défait, il s'est juste offert un sursis. Pour juste laisser passer les prochaines élections en croisant les doigts très fort ?

As-tu remarqué le retour de ce juste dans nos façons d'aborder le monde ? Un juste qui devrait être un simple bémol, n'introduire qu'une nuance, un soupir entre deux blanches pointées, mais qu'on emploie deux blanches pointées.pngà contre-temps pour faire du grand majeur le détail qui tue. Un juste qui te fait passer de l'à peine au rien à ajouter.

Mon patron est juste incompétent. Il n'a pas à peine moins d’acuité que le précédent. Il n'est pas non plus totalement imbu et fuyant. Il est juste incompétent. Un rien, en somme, mais qui veut tout dire.

Ce juste-là avait déjà conquis nos langages dans les années 2000, puis s'était replié. Et le voilà de retour, gravement épidémique. En une semaine, je l'ai vu fleurir dans d'innombrables bouches. Le dernier Chéreau ? Juste le meilleur spectacle qu'elle ait vu ces dernières années, dixit une collègue. Polisse, dixit un autre, juste le film à ne pas rater parmi les derniers sortis. L'automne, juste la saison qu'elle préfère, à en croire une troisième. Les Grecs, on sait désormais pourquoi ce sont des empapaoutés depuis des siècles, parce que là ils se le font mettre juste profond ! Ça, c'est de notre grand Fred au langage enturbané.

On aurait voulu le retour d'une autre juste. D'un vrai, d'un grand, d'un juste authentique. D'un qui filerait des claques aux hypocrites. D'un qui dresserait des digues protectrices. D'un Robin-des-bois de notre temps qui se révolterait contre l'hyper-richesse, l'hyper-accumulation, contre l'accaparement du monde par ceux à qui l'on ne demande juste aucun compte, jamais, et qui s'accrochent à leur système. D'un Docteur justice ressuscité qui règlerait leur compte aux hommes politiques pour qui la gauche n'est qu'une posture, qui remettrait à leur place ceux qui sacrifient le réel à leur carrière, qui balaierait la pitoyable médiocrité des barons intermédiaires, qui ne sont là que pour endiguer l'indignation.
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D'ailleurs, c'est peut-être bien chez eux qu'il se trouve : parmi les Indignés des grandes places du monde, qui construisent des réponses en dehors du système politique en place.

Il mérite un bel hommage, le plus grand des justes, ignoré du G20 alors qu'il a mis des millions de personnes dans les rues : ce vieil homme de 94 ans, qui a su en toute modestie, d'un livre sans prétention à 3 balles, trouver l'intuition du mot-étincelle.

Juste un coup de génie !

 

03 avril 2009

G20 : les anti-pathiques

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Bah ! Il y a bien sûr l'euphorie générale : personne n'a claqué la porte, ils ont triplé le budget de DSK, ils ont confié à leurs ministres des finances le soin d'établir une liste noire, ils vont fixer un cadre à la rémunération des traders... c'est un "nouvel ordre économique mondial" qu'ils nous disent, c'est décidé, on change tout, on ne les prendra jamais plus la main dans le sac, plus rien ne sera comme avant. Sourire, champagne, discours satisfaits... (Tiens, je crois que personne n'a prononcé les jolis mots de travailleurs, ou salariés, salaires, ni même des gros mots comme licenciements boursiers, démocratie dans l'entreprise, sécurité professionnelle... ou alors j'ai mal entendu ?) Tout ça, salué sans coup-férir par l'ensemble des places boursières - et hop, un petit coup de spécul' en passant ! - ce qui nous incline clairement à partager l'allégresse ambiante sans barguiner.

Il y a eu aussi le sourire ultrabrite de Barak, l'étincelante Michele, et donc cette Amérique nouvelle dont on piaffe de voir ce dont elle sera véritablement capable.

Il y a eu aussi ces manifestations. Un mort, mais pas à cause de violences policières, parait-il. Fab pourtant, qui vit sur place, nous a écrit ici-même dans ses commentaires qu'elles étaient très "bon-enfant", ces manifs, mais que le dispositif policier était plus que hargneux.

Bref, il y a eu tout ça. Et puis il y en a eu le traitement par les journalistes. Par nos journalistes à nous qu'on a et qu'on adore. Et alors là, je t'invite à aller voir le billet de Philippe, à qui mon titre emprunte le jeu de mots, sur la lecture systématiquement faite par nos medias de ceux qui résistent et qui s'expriment, de Nous, les méchants, quoi !...