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19 novembre 2009

de la fidélité

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Il y a quelques jours - mais elle n'écrit plus si souvent, c'est donc sa dernière note - feekabossee livrait ses réflexions sur la fidélité prédatrice. Je t'invite à lire son papier, mais aussi certaines des réponses laissées en commentaire. Où l'on découvre que la fidélité se définit souvent par défaut, et que l'infidélité en amitié est souvent la plus blessante.

Moi, je suis fidèle. Fidèle en amour. Fidèle en amitié, quoi que parfois négligent. Fidèle en valeurs et en engagement, même au delà des doutes. Fidèle en adultère. Fidèle en fautes et en chagrins. Fidèle à moi-même, indifférent aux leçons de la vie. Je m'accroche aux mêmes yeux, aux mêmes mains, aux mêmes soupirs consentants. Fidèle à mes héros imaginaires, à leurs apitoiements ingrats, je m'avilie dans les mêmes humiliations, et me désespère des mêmes égoïsmes.

Fidèle à ma mémoire, à mes symboles, à mes travers. Comme l'ombre de moi-même.

Fidèle à mes fardeaux. Je me défonce à la même came de l'inutilité amoureuse, me relève des mêmes KO, m'épuise dans les mêmes rêves.

Et si je meurs un jour, ne cherchez pas docteur, ce sera de fidélité !

17 janvier 2008

fidèles infidèles, je vous aime

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Je n'aurais pas imaginé que quelques questions existentielles, que je ne croyais concerner que moi, puissent susciter un tel débat. Depuis une semaine, où j'ai publié ce billet (Moi et les bi) je te vois intervenir et débattre de la bisexualité avec passion. Je voulais rebondir, tes remarques me faisaient réfléchir, je m'étais dit, comme Manu causse, qu'il fallait dé-sexuer ce débat, y ramener le goût des gens. Mais y a-t-il pulsion sexuelle asexuée ?

Je voulais aussi interroger cette idée de complétude, évoquée à demi-mot par un WajDi conscient (presque fier) de sa part d'homophobie : n'est-on "abouti" qu'en connaissant la sexualité avec le sexe opposé ? Je l'ai connue. Qu'en y prenant du plaisir ? Alors je ne suis pas complet. Je voulais répondre qu'on était abouti quand on avait identifié les ressorts par lesquels on exulte, qu'en s'épanouissant dans sa sexualité, et que se construire, c'était se découvrir, et s'accepter. Mais Bougrenette arrive avec cette idée : "Ne pas être abouti, Oh!, n'est ce pas une richesse ? tu as peut être mille fins à vivre encore ... la classe !" Alors oui, nous sommes tous inachevés, en fait, cette lecture me va mieux, parce qu'elle nous propose de poursuivre l'histoire...

Et puis Fiso a posé la question de la fidélité. Ah ! la fidélité ! Question mille fois soulevée par Boby sur son blog. Ou par Christophe ici. Où il est souvent question de dédouanement facile : tant qu'on baise avec le même sexe, c'est qu'on n'est pas infidèle.

8a5c50e76544131017bc0ec340ae1598.jpgMoi, je peux dire que je suis resté six ans fidèle à ma première compagne, et que je l'ai quittée fidèle.

Je peux dire que je suis resté sept ans fidèle à ma deuxième compagne, et que lorsque j'ai commencé à coucher avec des hommes, je me suis senti immensément infidèle. Pire : traître, indigne, goujat, menteur, salaud... J'en étais tellement désemparé que je me raccrochais à elle comme un dingue, et oui WajDi, si elle occupait une place unique dans ma vie et dans mon coeur, cette Armelle qui m'est encore si chère, elle l'a occupée encore plus quand j'ai commencé à la tromper. Mais je lui étais infidèle et je devais extirper ce salaud en moi. Ce mensonge, je n'ai eu de cesse que de vouloir en sortir, il m'était un enfermement insupportable, et j'en suis sorti - après plus d'un an de gestation douloureuse où, n'en voyant pas l'issue, je pensais à la mort - par la vérité et la rupture. Je le lui devais par respect. Et j'ai bien sûr la nostalgie des enfants qu'en rompant, je renonçais à jamais à avoir.

Je ne recherchais pas mon double, Bibi, dans les coucheries avec les hommes, je ne recherchais qu'à m'épanouir, enfin, dans ma vraie sexualité. A moins que les "gens" hors milieu (Yohan), encore connectés à la vie ordinaire (Dan-Omega), obnubilés par autre chose que la braguette (Patrick), soient des reflets de moi même ?

Je peux dire aussi que je vis depuis dix ans avec un homme. Et je lui suis infidèle depuis presque le début. Et que lui m'est infidèle depuis presque le début. Lorsqu'il nous a fallu nous l'avouer, nous avons connu une première crise, mais nous l'avons surmontée, en nous autorisant tacitement, dans le secret, des "écarts".

On n'est pas responsable de ses sentiments, seulement de ses actes, dit WajDi, c'est vrai, le problème étant que les sentiments nous dictent souvent nos actes.

J'ai du faire l'apprentissage de ce que l'infidélité devient périlleuse quand elle laisse les sentiments prendre trop de place. Ce sont des élans qui échappent au contrôle, mais aussi au jugement moral, ils peuvent être bénéfiques, il faut alors savoir où l'on a envie d'aller, or souvent là on ne le sait plus. J'ai connu aussi cette étape, elle nous a valu une crise plus sérieuse. Nous l'avons encore surmontée... Et un équilibre particulier, qui nous est propre, s'est ainsi institué. Pas toujours facile à vivre. Mais qui tient. Nous nous trompons "en nous aimant beaucoup", comme dit Xélias. Oui, ça tient.

Alors peut être que si je me choisis de préférence des friandises sans nom, les anonymes des vestiaires de piscines, des vite-fait bien fait ; ou des bi, des gens attendus par bobonne, qui ne sauront pas me retenir parce qu'ils n'en ont pas le pouvoir,  des "hommes casés" en somme, comme dit Xelias, c'est pour éviter ces mises en danger.