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12 mai 2008

fêter l'eau comme des mômes

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Je me suis échappé ce week-end avec ma copine Fiso pour une visite éclair dans le Ch’Nord. Pour elle, c’était un peu du pèlerinage, sur les traces de lieux où elle a vécu, brièvement, auprès d’une branche de sa famille. C’était aussi le plaisir d’être accueillie par un ami commun, et de faire la connaissance de sa petite famille.

Je retiens de ces 24 heures d’échappée belle - comme un délire d'adolescents - le long farniente d’une après-midi où se consolide en sourdine de l'amitié et de la fraternité.

Après le déjeuner, nous avons mis en place la piscine gonflable au milieu du jardin. Il a suffit de 4 ou 5 cm d’eau dans le fond pour que ce confetti bleu devienne vaste terrain de jeu et occupe les enfants pendant des heures.

1138373978.jpgAvec l’eau, tout s’oublie, tout devient rêve. L’eau, on s’y met, on s’en sort, on s'y remet, on y jette des objets, on les regarde flotter, on fait des plouf, des plaf, on éclabousse les alentours, et qu’est-ce qu’on rigole. Le crois que dès qu’ils sont dans l’eau, les enfants se voient devenus magiciens. Au seul contact de l’eau, les perceptions de leur corps changent. Ils font des choses tellement extraordinaires, qu’il faut tout le temps qu’on les regarde. Ne rien manquer de leurs performances. A d’autres moments, ils sont seuls dans leurs contes, ils font tous les personnages à la fois, les grands ne sont plus là… Quelles fables, et quel repos !

Quand on devient grand, on perd hélas! ce goût de l'eau. Enfin, je parle pour moi. Il m’a fallu faire tout un travail pour revenir à l’eau. L'eau est devenue un truc quelconque, d'une banalité terrible, innommable. Elle coule à ton robinet, d'ailleurs elle y a toujours coulé. Et puis quand tu t'en es servi, elle file à l'égout. Et oups, le tour est joué. Comment elle arrive, comment elle repart, qu'est-ce qu'elle devient, qui s'en préoccupe vraiment ?

On en a perdu aussi, du même coup, le sens de nos rivières. D'ailleurs en Région parisienne - en dehors de Paris où le patrimoine de pierre constitue un bel écrin historique à la Seine - que sont nos rivières devenues ? Sablières, bétonnières, activités portuaires, le tout enchassé entre des pérés en béton, derrières des murettes anti-crues...803310577.JPG

J’ai comme l’impression qu’on est en train d’y revenir. L'envie renaît d'avoir accès aux berges, de pouvoir s'y promener, d'y aménager des espaces naturels, peut-être un jour d'y faire plouf et plaf aussi !...

Conscience environnementale aidant - tout comme certaines préoccupations sur le cadre de vie - il y a même des temps pour la célébration de l’eau. J’en ai relevé un certain nombre, pour t’inviter toi aussi à rechausser tes yeux 1507392178.jpgd’enfant et à revenir vers l’eau.

Dans le Nord, ce sera les 6, 7 et 8 juin : il y a le festival de l’eau de Saint-Amand-les-Eaux, vieux déjà d’une dizaine d’années, et il y aura aux mêmes dates la Deûle en fête : à Lambersart et dans six autres communes situées en bord de Deûle (avec possibilité de prendre le bateau pour relier les fêtes entre elles…)

Dans le massif central, ce sont tous les Départements de la région qui accueillent des manifestations de découverte du paysage, avec le festival H2O, généralement durant la dernière semaine de juillet.591464680.jpg

Et puis très bientôt, les 24 et 25 mai, un événement qui me tient particulièrement à cœur sur les berges de la Seine et de la Marne, tu vas vite comprendre pourquoi : le festival de l’Oh !, avec ses innombrables spectacles sur l’eau et sur les berges, ses 25 villes-escales à Paris et en Val-de-Marne, ses jeux pour petits et grands où l’on s’interroge sur les enjeux de l’eau, les activités nautiques, de voyages sur l'eau, la solidarité qui y vit à travers la découverte des cultures de l’eau dans le monde…

Je te jure, de quoi redevenir môme.

01 mai 2008

l'autre et l'esprit de la fête

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Y a-t-il une façon française de faire la fête ? De se retrouver entre potes ? De brasser des mots, des rires, d'occuper le centre en balançant des blagues potaches ? De se couper la parole allègrement pour ne pas se laisser distancer ? d'être dans le cynisme, dans la vanne à deux balles, à l'encontre toujours de quelqu'exutoire consentant ?

Nous dînions l'autre soir avec Igor et Saiichi, deux étrangers, à l'apprentissage francophone tardif, mais désormais établis en France, tournés vers la France, "intégrés", comme on dit, plutôt bien que mal, dans la société française. Des gens avec qui il est agréable de discuter, qui connaissent bien notre langue, quoiqu'ils la pratiquent avec des degrés de compréhension ou de maîtrise de la syntaxe parfois aléatoires.

Ils me disaient la difficulté qu'ils avaient à être dans un groupe, parce que dès que la conversation ne se déroule plus dans le face-à-face, le débit s'accélère, les phrases ont du mal à se terminer, les mots se mangent, la langue elle-même se familiarise, s'argotise, et rapidement, le rire vient fermer tout ça, et si ce n'est le rire la polémique, la dynamique du groupe dissout l'attention à l'autre, à l'étranger. Celui-ci s'efforce de suivre au début, perd pied peu à peu, se démène seul pour se raccrocher à quelque récif, y parvient une fois, deux fois, mais s'épuise, et finit par se noyer dans l'ennui ou le sommeil.

C'est dur de se laisser couler dans la fête et de ne pas y perdre l'autre. De rechercher jusqu'au bout son bonheur à soi, surtout qu'on le sait éphémère, de se construire dans un rapport au groupe, dans "des" rapports au sein du groupe, sans être dans l'abandon de "l'autre". Ça n'est sans doute pas vrai que pour les problèmes de langues, ni que pour les étrangers, d'ailleurs. Je suppose que quand tu te laisses tarauder par ces histoires de fidélité et d'exclusivité, tu t'y confrontes aussi des fois dans le quotidien de ton propre couple.1097344927.jpg

Sur le chemin vers la maison ce soir-là avec Saiichi, alors que le soleil était à se coucher, nous nous sommes à nouveau laissés envahir par nos désirs et nos caresses. Dans l'habitacle de la voiture, avant d'arriver à la maison sous un ciel d'orage crépusculaire aux ourlets flamboyants, à l'abri d'un acacia à travers lequel perçait la majesté d'un arc-en-ciel souverain qui nous donnait son absolution, au fond du grand parking vidé de la gare-RER, pantalon et boxer ramenés à nos chevilles, nous nous sommes observés et aimés. Il m'a pris en bouche pour la première fois. Je me regardais et me trouvais dans cette pause incroyablement sexy. Dans ma main, son sexe avait cette résonance familière, ce goût de velours et de soie au contact duquel je me perds. Nous avons joui, et jouissant encore le soir avant le coucher, enivrés par de nouveaux attouchements, j'ai su que la lune était entrée dans sa phase croissante. C'était lundi soir.