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28 juin 2008

le colosse change de main


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Voilà un tableau connu, attribué depuis toujours à Goya parce qu'on lui trouvait des accointances avec les oeuvres de sa période sombre. Les autorités muséales du Prado ont, face à l'apparition de doutes sur la paternité de la toile, procédé à des investigations poussées pour authentifier cette attribution. Les conclusions des experts sont sans ambiguité : le célèbre peintre aragonais n'est pas l'auteur du Colosse, mais plutôt l'un de ses disciples. Une désillusion pour la conservation en chef du Prado, qui a toutefois eu le courage de rendre publiques les conclusions des ses recherches, et de porter cette déclassification à la connaissance des visiteurs du musée.

Restent aux éditeurs, aux boutiques du musée et à tout le petit commerce de l'art d'en faire autant. Quant à toi, brûle tes livres d'art !

En tout cas, on a beau lui deviner des fesses à croquer derrière les brumes ibériques, à notre colosse, changer de main au milieu de l'affaire, c'est pas top pour atteindre l'extase.

25 juin 2008

l'hypnose

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Là où je suis, je traverse ces jours-ci des paysages étranges : étrangement verts, d'abord, alors qu'ils devraient en ce début d'été être déjà brûlés à vif. Étrangement tachetés de rouge ensuite, peuplés de coquelicots étonnamment résistants, ou plutôt revenus pour un deuxième printemps. Et surtout traversés d'une population étrange, de grandes tours métalliques blanches et étroites, surmontées chacune de trois longues pales de fer. Si Don-Quichotte de la Mancha voyait ça...! Tous ces ces moulins modernes, organisés en vastes forêts trans-paysages. Il y aurait de quoi lui faire tourner la tête quelques milliers de fois.

D'autant que, et c'est cela qui est étrange, moi je trouve ces paysages - pour le moins pourtant dénaturés - tout simplement beaux. Comme une vigne sur un vallon, comme la clairière à la lisière d'un bois... L'intervention humaine n'enlaidit pas toujours l'environnement, elle peut aussi parfois le sublimer. Et ces champs d'éoliennes sont incontestablement beaux. Ils sont, je vais te dire, carrément hypnotiques. Je me suis surpris, passager d'un véhicule qui traversait leur étendue, à ne pas pouvoir les quitter des yeux. Elles tournaient toutes en même temps, toutes au même rythme lent et entêtant. Simplement belles, envoûtantes.

En France aussi, il faudra bien que l'on s'y mette, que l'on choisisse des sites, qu'en accepte de les transformer, il va bien falloir qu'on paye le prix de politiques alternatives qui préserveront l'essentiel. Ici ou là, ça nous fera des horizons transformés, forcément. Mais je t'assure, ce ne sera pas laid.