15 juin 2008

prononcer mi-zu

F1-AS-060039.gif
 Pause japonaise aujourd'hui. Seiji est aux fourneaux pour une petite réunion de famille. Ça s'annonce raffiné. Tiens, ici, on parle "bruits de l'eau", et on l'écrit aussi...

28 mai 2008

mahrajân lilma'

Je t'en ai parlé, on célébrait l'eau à Paris et dans le Val-de-Marne ce week-end. Je suis content parce qu'à cet étonnant festival de l'Oh!, qui a rassemblé des foules, notamment dimanche où le soleil a finalement prévalu, j'y ai vu plein de potes, et je sais que d'autres, que je n'ai pas vus y étaient aussi. Eh! bien figure-toi qu'on en parle jusque sur Dubaï-TV. C'est con que tu comprennes pas l'arabe, parce que les commentaires sont justes, et qu'ils ont bien capté l'esprit de cette fête.


 
Seiji, de son sôté, me signale deux liens trouvés au détour de ses navigations sur Internet, et c'est pas moins exotique : d'abord, un site qui annonce l'événement, et un blog, qui publie un reportage photographique intéressant, un aperçu de l'escale parisienne.
Autrement, on en parle aussi ici. Et là, ça se passe en français...

12 mai 2008

fêter l'eau comme des mômes

1164328018.JPG

Je me suis échappé ce week-end avec ma copine Fiso pour une visite éclair dans le Ch’Nord. Pour elle, c’était un peu du pèlerinage, sur les traces de lieux où elle a vécu, brièvement, auprès d’une branche de sa famille. C’était aussi le plaisir d’être accueillie par un ami commun, et de faire la connaissance de sa petite famille.

Je retiens de ces 24 heures d’échappée belle - comme un délire d'adolescents - le long farniente d’une après-midi où se consolide en sourdine de l'amitié et de la fraternité.

Après le déjeuner, nous avons mis en place la piscine gonflable au milieu du jardin. Il a suffit de 4 ou 5 cm d’eau dans le fond pour que ce confetti bleu devienne vaste terrain de jeu et occupe les enfants pendant des heures.

1138373978.jpgAvec l’eau, tout s’oublie, tout devient rêve. L’eau, on s’y met, on s’en sort, on s'y remet, on y jette des objets, on les regarde flotter, on fait des plouf, des plaf, on éclabousse les alentours, et qu’est-ce qu’on rigole. Le crois que dès qu’ils sont dans l’eau, les enfants se voient devenus magiciens. Au seul contact de l’eau, les perceptions de leur corps changent. Ils font des choses tellement extraordinaires, qu’il faut tout le temps qu’on les regarde. Ne rien manquer de leurs performances. A d’autres moments, ils sont seuls dans leurs contes, ils font tous les personnages à la fois, les grands ne sont plus là… Quelles fables, et quel repos !

Quand on devient grand, on perd hélas! ce goût de l'eau. Enfin, je parle pour moi. Il m’a fallu faire tout un travail pour revenir à l’eau. L'eau est devenue un truc quelconque, d'une banalité terrible, innommable. Elle coule à ton robinet, d'ailleurs elle y a toujours coulé. Et puis quand tu t'en es servi, elle file à l'égout. Et oups, le tour est joué. Comment elle arrive, comment elle repart, qu'est-ce qu'elle devient, qui s'en préoccupe vraiment ?

On en a perdu aussi, du même coup, le sens de nos rivières. D'ailleurs en Région parisienne - en dehors de Paris où le patrimoine de pierre constitue un bel écrin historique à la Seine - que sont nos rivières devenues ? Sablières, bétonnières, activités portuaires, le tout enchassé entre des pérés en béton, derrières des murettes anti-crues...803310577.JPG

J’ai comme l’impression qu’on est en train d’y revenir. L'envie renaît d'avoir accès aux berges, de pouvoir s'y promener, d'y aménager des espaces naturels, peut-être un jour d'y faire plouf et plaf aussi !...

Conscience environnementale aidant - tout comme certaines préoccupations sur le cadre de vie - il y a même des temps pour la célébration de l’eau. J’en ai relevé un certain nombre, pour t’inviter toi aussi à rechausser tes yeux 1507392178.jpgd’enfant et à revenir vers l’eau.

Dans le Nord, ce sera les 6, 7 et 8 juin : il y a le festival de l’eau de Saint-Amand-les-Eaux, vieux déjà d’une dizaine d’années, et il y aura aux mêmes dates la Deûle en fête : à Lambersart et dans six autres communes situées en bord de Deûle (avec possibilité de prendre le bateau pour relier les fêtes entre elles…)

Dans le massif central, ce sont tous les Départements de la région qui accueillent des manifestations de découverte du paysage, avec le festival H2O, généralement durant la dernière semaine de juillet.591464680.jpg

Et puis très bientôt, les 24 et 25 mai, un événement qui me tient particulièrement à cœur sur les berges de la Seine et de la Marne, tu vas vite comprendre pourquoi : le festival de l’Oh !, avec ses innombrables spectacles sur l’eau et sur les berges, ses 25 villes-escales à Paris et en Val-de-Marne, ses jeux pour petits et grands où l’on s’interroge sur les enjeux de l’eau, les activités nautiques, de voyages sur l'eau, la solidarité qui y vit à travers la découverte des cultures de l’eau dans le monde…

Je te jure, de quoi redevenir môme.

28 avril 2008

la dixième femme

 

813975603.jpg

Je t'ai parlé, il n'y a pas longtemps, de Dulcie September, représentante de l'ANC à Paris assassinée il y a vingt ans pour son combat anti-apartheid. Et puis je t'ai parlé de huit autres femmes, dont le courage m'inspire.

Céleste consacre ici son billet à une autre encore, admirable, que j'ai eu aussi la chance de rencontrer, qui mène en Inde, auprès des populations exploitées, un combat politique tout autant qu'écologique, qui exprime une vision altermondialiste et réaliste du monde, et qui mérite tout autant le respect : Vandana Shiva.

Elle est l'un des plus beaux témoins des combats d'aujourd'hui, où l'avenir de l'humanité se conjugue au devenir de la planète, et où l'on n'a pas peur de s'attaquer au pouvoir débridé des multinationales.

16 avril 2008

un peu d'eau

Histoire de pas laisser un blanc, encore un petit peu d'eau, c'est dans le ton... J'essaie de revenir bientôt avec un peu plus de consistance.

(Paroles: Françoise Hardy / Musique: Jean Noël Chaléat   1996)
Françoise Hardy (France)


un peu d'eau qui coule et scintille
puis s'arrête juste au bord de ses cils
et l'amour qui passe s'arrête aussi...
un peu d'eau... ce n'est rien dit-il
rien du tout: une petite escarbille
et le rêve qui passe s'envole aussi...
un peu d'eau et le temps change
le combat n'est pas fini
qui oppose le diable à l'ange
dresse la mort contre la vie...
accordez-lui
juste
un peu d'eau
dans son âme
un peu d'eau:
l'eau pure de ses larmes...
un peu d'eau au bord de ses cils
qui frémissent, redeviennent immobiles
et l'amour qui passe se fige aussi...
un peu d'eau... quand donc s'écrie-t-il
lâcherez-vous vos lubies infantiles?
et la haine qui passe le raffermit...
un peu d'eau et le ton change
le jour cède devant la nuit
quelque chose en lui se venge
quelque chose qui le détruit...
accordez-lui
juste
un peu d'eau
dans son âme
un peu d'eau:
l'eau pure de ses larmes
un peu d'eau
dans son cœur
un peu d'eau:
l'eau vive de ses pleurs...
un peu d'eau, un éclair qui brille
vient voiler un instant ses pupilles
et l'amour qui passe me trouble aussi...
un peu d'eau... c'en est trop dit-il
arrêtez ces délires imbéciles!
et le rêve qui passe se brise ainsi...
un peu d'eau pour qu'il s'épanche
-- il est son pire ennemi --
qu'il arrête de scier la branche
sur laquelle il est assis...
accordez-lui
juste
un peu d'eau
dans son âme
un peu d'eau
l'eau pure de ses larmes
un peu d'eau
dans son cœur
un peu d'eau
l'eau vive de ses pleurs...

22 février 2008

les mégalos du désert

 

74e5c943972827ad1950f1993ddeb17f.jpg

La ville de Saragosse, en Espagne (où je me trouvais ces jours-ci), et la province autonôme de l'Aragon, s'apprêtent à accueillir, de juin à septembre prochain, l'Exposition internationale sur le thème de l'eau et du développement durable. On comprend que dans cette Espagne si exangue, assoiffée, au point d'en avoir souvent épuisé ses cours d'eau, et de s'être constuit une culture de l'eau longtemps déraisonnable ("ne laissons pas se perdre une seule goutte d'eau dans l'océan"), cette thématique soit au coeur de leurs préoccupations.

Pour les promotteurs de l'EXPO, on peut penser qu'il s'agit de revenir à une approche plus rationnelle et plus durable du problème, restaurer l'image des fleuves et des rivières comme des écosystèmes qui font partie de l'équilibre de la vie, et non seulement comme des réservoirs à eau. Il s'agit aussi d'interroger les modes de développement, de remettre en cause les stratégies économiques fondées sur le tout-tourisme, ou sur la production agricole intensive.

Zaragoza 2008 fera ainsi écho à des luttes récentes qui ont conduit à l'abandon, par le gouvernement Zapatero, des projets démesurés de grands barrages sur l'Ebre, qui auraient conduit à submerger des villages entiers et tout un patrimoine culturel, ou de transferts massifs des eaux de l'Ebre vers Valence au profit d'une agriculture dévastatrice.

Vers un Las Vegas européen ?

Mais curieusement, je ne sais pas me l'expliquer, si ce n'est par des histoires de gros sous, la politique en Espagne 81f6b3b6d7a344892c219ef627c82cd5.jpgcomme ailleurs porte en elle une schyzophrénie chronique totalement déroutante. Ainsi, le même président socialiste de l'Aragon, qui inaugurera le 14 juin l'Exposition internationale sur l'eau devant les médias du monde entier, vient de signer avec un consortium de promotteurs privés un projet complètement démoniaque, dénommé Gran Scala, le Las vegas européen, au coeur du désert aragonais : 17 milliards d'euros d'investissement, 35 casinos, 70 hôtels, 200 restaurants, 500 commerces, un hippodrome et un terrain de golf, tout cela en plus des 4 parcs à thème...

On connait les délires mégalomaniaques des princes de la péninsule arabique et leurs projets pharaoniques à Dubaï et Abou-Dhabi, qui préparent à leur façon, et en sur-exploitant une main d'oeuvre asiatique dépourvue de tout droit et de toute protection (écouter ici les émissions de Gérard Mermet dans Là-bas si j'y suis), une reconversion touristique et économique pour un après-pétrole inéluctable. Soit.

Mais là, à nos portes, sur un continent plutôt plus conscient que les autres des enjeux environnementaux, au coeur d'une région qui s'est battue pour préserver ses ressources... comment le concevoir ? España, por favor, no los dejas hacerlo ! (merci de ton aide, Tisbea)

Qu'il y ait derrière de puissants groupes, à moitié maffieux (j'écris à moitié pour ne pas me retrouver avec un procès au cul, on ne connaît jamais la longueur exacte des bras de ces gens-là), complètement mégalos, sans aucun scrupule à l'égard de toutes les communautés villageoises qui cherchent, pour vivre, à simplement préserver leur rapport simple et modeste à l'eau, c'est évident.

Mais comment ce président - je le répète, socialiste - de l'Aragon, a pu ainsi s'engager, non seulement à autoriser le projet, mais à accorder des dérogations sur les lois relatives aux jeux, à mettre en place des infrastructures autoroutières, à y installer une gare pour la future liaison TGV, à consentir un volume invraissemblable d'investissements publics ?

Outre ces problèmes écologiques, un habitant sur six de la région aragonaise est qualifié de dépendant au jeu. Par conséquent, la réalisation de ce projet pourrait avoir des conséquences psychologiques et financières catastrophiques sur les habitants voisins du site.

Après la stupeur des premières annonces, un petit noyau de résistance est en train de se former. Ils étaient 600 réunis en assemblée, il y a une dizaine de jours, pour former un comité régional "Gran Scala, No!", ils ont décidé de former dans chaque village des comités du même nom, et dotés de leur bâton de pèlerins d'arpenter les sentiers du pouvoir, de la citoyenneté, et de l'action pour mettre ce projet fou en échec.

Heureusement, ils sont rompus aux causes désepérées qui se gagnent à la fin, il leur a fallu cinq ans de Marche bleue et l'élection de Zapatero pour gagner contre le "programme hydrographique national". Ils savent que la route peut être longue. Il n'est pas exclu, comme du temps de la Marche bleue, que les chemins vers Bruxelles leur fasse traverser notre pays. Si c'est le cas, ce ne sera pas une traversée du désert, j'espère, et ils trouveront du soutien sur leur route.

11 janvier 2008

Quelle eau boira-t-on en région parisienne ?

be08a119f1b6e220a6642b62f081fbe6.jpg

Est-ce qu'il t'arrive, quand tu portes un verre à tes lèvres, de t'interroger sur cette eau, si belle, si claire dans ce verre, si bonne en bouche, alors qu'elle sort à peine de ton robinet ? "C'est parce que tu n'as pas connu la guerre", aurait répondu ma grand-mère... Moi ça m'arrive, quelque fois, de m'interroger, et alors je suis toujours stupéfait qu'on n'en parle pas d'avantage, de l'eau. De sa gestion. De sa fabrication, de ses traitements, de son prix... (enfin si, moi, j'en ai déjà parlé ici)

Sous le titre La bataille du Sedif a commencé, Marc Laimé vient de publier un article qui devrait tous nous concerner (enfin au moins toi, si tu habites la région parisienne - sans faire mon Parigo - et si tu bois de l'eau - j'en profite pour te rappeler que, même dans le pastis, il y faut de l'eau ! Ca y est, là, tu te sens concerné ?...)

Il y parle du Syndicat des eaux d’lle-de-France (le Sedif) - présidé depuis 24 ans par M. André Santini, député-maire d’Issy-les-Moulineaux, actuel ministre de la Fonction publique, président du Comité de bassin Seine-Normandie (les a202fdc4749bc6abb8de1acddcae9664.jpgmauvaises langues prétendent qu'il ne cumule pas que les fonctions, cet homme-là, mais bien les primes qui vont avec) - qui regroupe pas moins de 144 communes de la région parisienne, et alimente en eau potable plus de 4 millions de Franciliens. (Pour savoir si ta ville en fait partie, tu as un lien )

Il y rappelle que le Sedif, donc, a confié sans discontinuer depuis 1923 à la Générale des Eaux (filiale de Veolia) la gestion de la production et de la distribution de l’eau potable. Sévèrement mis en cause depuis plusieurs années, notamment par l'UFC-Que Choisir, le mode de gestion du Sedif, qui conférerait des marges exceptionnelles au leader mondial de l’eau Veolia, pourrait évoluer à l’expiration de l’actuel contrat, le 31 décembre 2010. En coulisses tous les acteurs concernés retiennent leur souffle. Car des décisions doivent être prises dès le second semestre 2008. Demain matin, en somme. En as-tu entendu parler ?

Moi, ce silence me fait drôle. L'eau, c'est quand même vital, non ?

La bataille du Sedif, qui s'annonce rude, est donc à lire ici. Et c'est instructif.

Je ne sais pas si tu as l'intention de t'en mêler. Mais moi, je serais toi (ben oui, mon petit village de la grande couronne n'appartient pas au Sedif) je crois que je demanderais à mon futur maire ce qu'il compte faire.

20 décembre 2007

L'eau : quand l'exemple vient de Suisse

On peut vraiment penser ce qu’on veut des Suisses, de leurs pâturages, de leur fromage, de leur lac de Genève et de leur goût pour le secret bancaire. Mais eux, ils l’ont fait : inscrire dans leur constitution – graver dans le marbre, quoi – que l’eau, c’est un Bien commun, et qu’à ce titre, elle doit être gérée par le secteur public, et par personne d’autre. Un belle leçon pour nous, si fiers de nos « exceptions à la française », mais qui avons délégué au privé pratiquement partout, le service de la potabilisation et de la distribution de l’eau, même si ça nous coûte jusqu’à 50 % plus cher (voir ici)…

Les Genevois disent oui au monopole public des services de l’eau

Les citoyennes et citoyens genevois, à une large majorité, ont décidé ce week-end d’inscrire dans leur Constitution cantonale le monopole public de l’approvisionnement et de la distribution d’eau. Ce sont les Services industriels de Genève qui ont mandat d’exercer ces tâches de même que celles concernant l’évacuation et le traitement des eaux usées, activité qui ne peut être sous-traitée à des tiers.

Ce scrutin est l’aboutissement d’un processus démocratique qui a commencé en 2004 avec la récolte des 10.000 signatures nécessaires au lancement d’une initiative populaire. Le gouvernement cantonal l’a approuvée, estimant qu’un tel monopole permettrait de légaliser une situation de fait (les Services Industriels sont les seuls à fournir de l’eau à tous les habitants du canton de Genève). Le Parlement genevois lui aussi a par la suite donné son aval à l’initiative. Ne restait plus qu’à confier le verdict définitif aux citoyens et citoyennes : 75,89% de oui contre 24,11% de non (43 communes sur 45 ont voté en faveur de l’initiative).

Pour mémoire, l'eau est en Suisse un bien protégé par la Constitution fédérale. Mais c’est aux 26 États cantonaux qu’il appartient de disposer des ressources en eau et notamment de réglementer la distribution de l’eau potable.
Dans la foulée, les Genevois ont également accepté par 58 % de oui le principe du monopole public de l’approvisionnement et de la distribution de l’électricité, qui, contrairement au domaine de l’eau, avait pourtant été rejeté par le législatif cantonal. (en savoir plus ici)

Une Commune des Vosges reprend le contrôle de la gestion de l’eau

Dans le même ordre d’idées, il n’est pas anodin qu’une commune des Vosges ait repris en main la gestion de l’eau. Marc Laimé t’en parle ici et t’explique que c’est pratiquement une mise en œuvre du principe de précaution.

A quand nos grandes villes ?

19 décembre 2007

Anna Perenna, déesse des eaux éternelles

46229f36df3a9498c360a46d727a93fe.jpgLa ville de Paris et la société Eau de Paris ont récemment ouvert, dans l’ancienne usine des eaux qui autrefois alimentait les réservoirs de Passy et du Bois de Boulogne, un Pavillon de l’eau qui se veut un lieu d’information des Parisiens sur la gestion de l’eau à Paris. Cette grande halle lumineuse située en bord de Seine (75-77 avenue de Versaille) accueille des expositions et des spectacles. Jeudi dernier, il était ainsi possible d’assister à une Métamorphose lyrique et musicale Anna Perenna,  un Opéra nomade de 50 minutes.

Tragique destin de l’humanité et espoir de l’amour dans la résurrection d’une déesse archaïque de la Rome Antique… Un expert de l’eau, Ovide et un vieil archéologue supplient successivement Anna Perenna de revenir les sauver… Anna Perenna, déesse de l’eau et de la source pérenne, pure et claire… Une prière pour gagner la guerre de l’eau…

La pièce livrait un beau témoignage sur l’eau et sa dimension symbolique dans les sociétés humaines, de l'Antiquité à nos jours. Les récitants, hélas un peu hésitants, comme parfois les violons en balade sur une partition contemporaine subtile, tintante de Anthony Girard, se sont heureusement laissés enchanter par Solenn’ Lavanant-Linke, mezzo-soprano à la voix sublime, envoûtante, et à la silhouette gracile.

Dans le public, Martine m’a reconnu. Je ne la connais pas, Martine, sauf qu’elle a l’habitude de tenir la caisse à la piscine Roger Le Gall lors des soirées naturistes. Quel rapport ? Aucun, un hasard, elle était invitée là parce que goûteuse d’eau pour la ville de Paris. Une curieuse fonction dont il faudra reparler. Elle s’est étonnée de ne plus me voir aux nocturnes depuis cet été. Je lui ai expliqué qu’habitant loin, les horaires étaient peu adaptés pour moi. Elle m’a fait promettre d’essayer d’y retourner le lundi suivant. J’ai tenu ma promesse (lundi dernier, donc). C’est elle qui n’y était pas (un mauvais rhume ?). Mais je n’ai pas eu à le regretter, je t’en parle dans un prochain billet.

27 novembre 2007

Eaux troubles : l’alchimie des multinationales

54220ff8564db214ead6d65dc360744b.jpg
Tu en as sûrement entendu parler : l’UFC-Que choisir a récemment révélé que le prix de l’eau pouvait aller du simple au double, selon que la distribution était assurée par une régie municipale, ou déléguée à une entreprise privée.
A Lyon, à la veille de la renégociation de son contrat, et de peur de perdre le marché, Veolia vient même de baisser ses tarifs de 16 % du jour au lendemain, preuve que ses marges étaient… disons : confortables.
Elles sont comme ça, nos multinationales de l’eau : elles ont acquis l’art de transformer l’eau en or. Elles prennent l’eau qui appartient à tout le monde, la distribuent à chacun, et au passage empochent le pactole. Des décennies que ça dure. Elles ont tellement amassé qu’en quinze ans, elles ont pu investir dans les media, dans les télécommunications, dans les pompes funèbres, dans les transports, dans les déchets, dans les loisirs… jusqu’à acheter un jour les studios Universal (Vivendi et Jean-Marie Messier, tu te souviens ?). La Générale des Eaux (Veolia)  et la Lyonnaise des Eaux (Suez) sont ainsi devenues des géantes planétaires.
Au passage, elles ont arrosé un peu le personnel politique. Bref, elles ont fait en sorte que non seulement le débat sur le sujet ne fasse jamais trop de vagues, mais qu’on prenne l’habitude de les encenser comme des fleurons de la réussite économique à la française…
La France est ainsi le seul pays au monde où plus de 80 % de la distribution de l’eau est entre les mains de sociétés privées. Nos services public y ont perdu du contrôle, des compétences et des savoir-faire.
On comprend pourquoi elles aimeraient bien convaincre que promouvoir l’accès de tous à l’eau (rappelons qu’un tiers de l’humanité n’a pas d’accès à l’eau potable) passe par la privatisation des services partout dans le monde. C'est un marché quasiment vierge, et potentiellement colossal.
Si le sujet t’intéresse, tu pourras consulter un site très bien documenté sur le sujet (Les eaux glacées du calcul égoïste), qui fait une large place au débat sur le prix de l’eau en France. Ou revenir vers ces pages, car j’en reparlerai…