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14 juillet 2009

le regard qui tue

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Je pourrais décliner de toute autre manière ce débat sur le fond et la forme. La façon notamment dont je m'acharne à soigner ma forme pour occulter mon fond. Cette volonté de plaire, au mieux pour être aimé, au pire pour éviter le conflit. La question du regard.

Je dépends trop du regard de l'autre, paraît-il. Je passe mon temps à m'appliquer. Ou à m'excuser. Je donne et je mets en dette. J'escompte plus que je ne demande. Je m'intoxique du regard de l'autre. Je m'y efface. J'en perds le sens de mes propres désirs. Je ne suis personne, comme je l'analysais .

Mon psy m'a proposé lors de notre dernière séance de sortir de ce piège dans mon rapport avec lui. Et de passer sur le divan. "Vous attachez trop d'importance à mon regard, je crois qu'il faut vous en libérer." Puis il a ajouté : "pour moi aussi, ce sera mieux de ne plus avoir à affronter le poids de votre regard."

Comme d'habitude, ce furent ses derniers mots, et l'explication aura lieu à la prochaine séance, après une semaine de cogitation. Mais c'est terrible, parce que dans cette phrase, je revoyais les mots de S. qui, érigeant des principes de distance comme condition à la poursuite d'une relation amicale entre nous, me dit "ton regard amoureux m'étouffe".

En week-end à la campagne avec quelques amis, je les ai vus s'amuser des grands yeux que je leur offrais en trinquant avec eux à l'heure de l'apéro...

Qu'ai-je donc dans l'oeil qui à ce point dérange, ou affole, alors que je me vois transparent comme l'air ?