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27 janvier 2009

à la découverte de l'opéra

LadyMacbeth.jpg

L'opéra est un art majeur. A ce qu'on dit. Mais putain ! Comment ai-je pu rester si longtemps sans m'en offrir une tranche ? Bien sûr, en quatre ans de vie à Budapest, j'ai eu l'occasion, pour pas trop cher en plus, d'aller admirer les lustres et les lambris de l'opéra national à l'occasion d'une Gioconda de Pontchielli, ou d'un ballet quelconque. Mais Paris, pourquoi ai-je tant pensé, et si longtemps, que cela relevait d'un caprice inaccessible, réservé à une élite friquée et éduquée, et en aucun cas à quelqu'un comme moi, qui n'avait qu'à se contenter de la culture du bas de la cour.

Il s'est passé deux choses pourtant. L'autre jour, S. m'avait invité à aller écouter Georges Prêtre diriger l'orchestre de l'opéra qui jouait Brahms et Moussorgski. J'avais alors découvert les lieux, depuis la salle d'orchestre. Magnifique, grandiose, l'espace. Mais l'acoustique un peu étouffée, je me souviens que je l'avais regretté.

Et puis - aventure des blogs, via Paris Carnet - je me retrouve inscrit sur une liste de blogueurs lyriques, qui s'organisent pour acheter dès leur mise en vente, au prix d'une queue très matutinale, des places bon marché et bien placées. En gros, les meilleures des places pas chères. Avec vue sur le prompteur qui délivre les surtitres permettant de suivre le récit du livret.

Et de fait, pas de regret. Pour 20 euros, nous nous sommes offerts, avec S., avec qui nous poursuivons sur notre sentier à nous, non sans escarmouches, une soirée exceptionnelle avec Dimitri Chostakovitch, et un excellent angle de vue, une acoustique bien meilleure que depuis les fauteuils d'orchestre - enfin, j'ai trouvé.

Chostakovitch ? Bien sûr que tu le connais : il est le compositeur de ça :

Il a aussi des compositions plus modernes, très expressionnistes en général. Et je n'allais pas sans appréhension m'enfermer pour trois heures trente-cinq dans ce temple de l'art lyrique suivre un opéra que j'imaginais difficile, et où je redoutais une mise en scène excessivement avant-gardiste.

On s'imagine des choses, des fois... Bien sûr, ce fut un voyage en terre inconnue. Pour S. aussi, d'ailleurs, qui est pourtant fin connaisseur. Il faut dire que le "Lady MacBeth de Mzensk" n'a pas connu que des heures joyeuses. Interdit sous Staline, pour pornographie et intellectualisme, puis remanié par Chostakovitch lui-même, afin de lui laisser vivre sa vie dans l'Union soviétique post-stalinienne, ce n'est que depuis assez récemment qu'on s'aventure à le monter à nouveau dans sa version d'origine.

Eh bien, ce fut gran-diose. Tout. La partition : magnifique, jamais inaccessible, avec des changements de rythmes et de couleurs, qui relancent sans cesse l'écoute. L'interprétation : claire, limpide. Les voix : sublimes, surtout celle de Eva-Maria Westbroek, qui tient le rôle titre. La mise en scène : sobre et efficace, une cage de verre, une palissade, deux chiens policiers, des tableaux tous réussis, qui tirent le meilleur parti de l'espace. Un seul regret, un Sergueï un peu trop bedonnant pour ête totalement crédible en jeune journalier séducteur. Mais nous sommes ressortis heu-reux. Comment dire : comblés, emplis, comme si l'on avait dégotté une perle dans une huître. S. et moi, on avait une banane simple, pas snob pour deux sous, et tout le public avec nous.

Mais Fauvette en parle beaucoup mieux que moi

Et toi, sinon, il t'arrive d'y aller, à l'opéra ?