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07 avril 2008

se sentir parmi les autres

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Franchement, n'aurait été cette amitié nouvelle pour un p'tit gars du Ch'nord, il était peu probable que j'aille au cinoche participer au phénomène du moment. Non pas que j'ai du déplaisir à faire partie des grands élans populaires, mais le ciné, depuis que je suis avec Igor, c'est plutôt à la maison sur écran plat que ça se passe, avec les premières exclusivités de Canal.

Mais bon, j'y suis allé, avec des gens que j'aime particulièrement, je me suis bien fendu la poire (avec en plus le fait qu'on a passé derrière une excellente soirée au resto). Et finalement... j'ai aimé avec Bienvenue chez les Ch’tis que le cinéma porte sur des gens du peuple un regard non condescendant, contrairement à ce qui se fait souvent. Je me suis donc laissé prendre par les traits culturels, l'humour, et les clichés, surtout tendres.

Si tout va bien, ce record est bon pour durer pour 10 ou 20 ans. Ou plus. Et c'est pour moi quand-même assez inexplicable. Gérard Mordillat signait, il y a huit jours dans l'humanité, sous le titre le désir inavoué de se sentir parmi les autres, une des chroniques les plus intelligentes que j'aie lue sur ce phénomène (à part l'évocation d'une ressemblance invraissemblable entre Kad Merad et Laurent Fabius, sortie de sa seule imagination...). Il y parlait, entre autres, de "ce respect de l’autre, cette générosité envers l’étranger qui nous touchent, alors que nous pouvons quotidiennement avoir honte d’accepter que le gouvernement français ait mis en place un ministère du racisme et de la xénophobie où l’on parle d’êtres humains en termes de chiffres, de pourcentages, de quotas, exactement comme les négriers du XIXe siècle, comme les nazis au XXe."597436991.jpg

Bon, c'était avant l'histoire de la banderolle de la honte. Qu'importe.

"C’est là le paradoxe du film Bienvenue chez les Ch’tis, ajoute-t-il : alors qu’il fait l’impasse sur la situation sociale et politique du Nord, et au-delà de la France tout entière, il ouvre le champ à une réflexion politique et sociale qui dépasse de loin son propos, ne serait-ce que par son éloge de la loi de l’hospitalité et celle de la commensalité qui sont les deux plus vieilles lois de l’humanité".