Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19 février 2010

appel d'offres

tel-pere-tel-fils-plus-belles-photos-randonnees_257186.jpg

Donc, j'en étais là : l'arbre de la méridienne venait d'être abattu par une sortie de route un matin de verglas. C'était une route départementale de la grande couronne, l'aménagement des bas côtés relevait d'une convention passée à l'époque avec la commune, qui en avait délégué la gestion depuis à la communauté de communes nouvellement créée. Nous étions sur la bordure d'un aérodrome de campagne placé sous la tutelle de la Direction générale de l'aviation civile, donc de l'État.

Après une analyse par les services juridiques compétents, il s'avérait que le terrain était propriété de l'État, que la voirie était sous la responsabilité du Département, et que les aménagements d'agrément relevaient de la Communauté de commune. L'arbre avait bien été planté avec l'aide de la Région, mais l'entretien relevait du niveau communal, c'était inscrit dans la convention. Le terrain, quant à lui, appartenait à l'État.

Le panneau "méridienne verte" relevait aussi de l'État, en charge de la signalisation routière. Mais ça tombait bien, il n'avait pas été endommagé. Il ne servait plus à rien, mais il tenait debout, l'État s'en laverait les mains, c'était plié.

Au terme de six mois de négociations, au cours desquelles la communauté de commune avait fait valoir qu'elle était exsangue, le Département avait accepté d'ouvrir sur son budget 2011 une ligne "restauration des aménagements de la RD19", et dès le budget voté, le 31 mars 2011, une note de service demandait à la Direction de la voirie, section "aménagements paysagés" de lancer un appel d'offre pour charger un bureau d'étude de diagnostiquer la nature du problème et formuler ses préconisations.

Après deux mois d'élaboration et de validation par la Directrice de la voirie, un appel d'offres fut lancé, il y eut une dizaine de postulants, dont la pépinière départementale qui devait désormais, règles de la concurrence oblige, candidater au même titre que les bureaux d'étude ou autres prestataires privés.

Deux mois plus tard, le marché fut notifié à un agronome de Province, en octobre 2011, qui rendit son verdict, l'arbre était bien mort, et préconisa soit d'enlever la pancarte, soit de planter un nouvel arbre.

La Direction générale saisit les services juridiques départementaux et son Contrôle de gestion pour analyse de ces préconisations, ce qui lui permit de soumettre un rapport au Bureau départemental - composé du Président du Conseil général et de ses Vice-présidents : il fut décidé, en décembre 2011, de planter un nouvel arbre, mais à la condition que la communauté de communes s'engage à en assurer l'entretien à l'avenir.

Cette clause serait inscrite dans une convention cadre, en cours de discussion.

Quelques lettres de riverains aidant - à qui l'on répondit que, dans la mesure où, et dans le cadre de, une procédure était en cours qui, tout en rappelant que... le service compétant avait été saisi de cette affaire - il fut décidé, en juillet 2012, que l'arbre serait replanté sans attendre l'aboutissement de la discussion avec la communauté de commune. Un Vice-président avait montré son agacement.

Dès la rentrée de septembre, les jardiniers de la pépinière départementale s'apprêtaient à extraire de ses plants un beau spécimen, assez avancé pour compenser les années perdues depuis l'an 2000, quand la Direction générale saisit l'Inspection générale d'un audit destiné à déterminer, dans le cadre d'une démarche Qualité, s'il relevait bien des missions d'un Département que d'élever des arbres au sein d'une pépinière. On recherchait des coûts à éliminer

Tout fut arrêté. Il fallait attendre le résultat de l'audit.

En mars 2013, alors que le jour se levait assez tôt, on découvrit un bel arbre, un hêtre, semblait-il, planté-là par une des riverains et des écologistes, en pleine nuit. Ils voulaient protester contre un projet d'élargissement de la départementale.

Cette histoire est évidemment une fiction, heu...! Un cauchemar.

Quoi que. Le bassin nautique départemental de l'Essonne est l'un des plus beaux d'ile de France, avec deux  bassins olympiques, dont un piscine.gifd'entraînement. Laure Manaudou elle-même y a imprimé des records. Il fut fermé pour vidange en janvier 2008. La fermeture devait durer 15 jours. Puis on découvrit qu'il fallait resceller des carreaux, puis que si les carreaux sautaient, c'est qu'il y avait des fuites. Le temps de réparer la fuite, on annonça une fermeture supplémentaire de deux mois, on en profita pour inspecter les faux plafonds, et il apparut que le système électrique n'était plus aux normes. Il fallut improviser le lancement d'appels d'offre. Depuis, devant les frais à engager, le département de l'Essonne et la communauté de communes autour de Mennecy se renvoient la balle pour savoir à qui il revient d'exploiter pareil équipement. La rumeur, dans les piscines alentour, c'est qu'elle ne rouvrira jamais...

Mise au point : ce billet ne vise pas à caricaturer le service public, mais à dénoncer une certaine perte des réalités à laquelle conduit la mise en oeuvre des méthodes libérales de management dans les administrations publiques. La prise de pouvoir par les gestionnaires, quoi, grâce à qui le public, justement, finit par compter moins que les procédures...