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02 octobre 2008

le monstre gluant

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La lecture de ce billet n'est pas recommandée à jeun. Ni juste avant de passer à table. J'aurais prévenu. Enfin moi, ce que j'en dis...

Quand tu as l'amygdale en feu, le pire mal, c'est d'avaler. Et encore, avaler quelque chose d'un peu consistant, ça va, ça doit écarter un peu la glande inflammée de la luette, ça limite les frottements, c'est à peu près supportable. Mais avaler du liquide, donc boire, ou avaler sa salive, c'est le pire. La première nuit, ce fut donc une torture totale, jusqu'à ce qu'au réveil me vienne l'idée - bon sang mais c'est bien sûr ! - de garder un verre près de moi pour en faire... un crachoir.

Ainsi, toute cette salive, ces sécrétions que nous produisons en permanence sans même nous en rendre compte, que nous ravalons habituellement par réflexe, eh! bien moi, une fois qu'il s'en serait accumulé dans ma bouche une quantité incommodante, je n'aurais qu'à la cracher plutôt qu'à me livrer au supplice.

Dés que tu te mets à recueillir ce genre de choses dans un verre, tu te rends compte de l'énormité de ta production... En une journée, c'est un verre plein : ça vient de tes muqueuses, de la langue, du fond de la gorge, que sais-je, des dents peut-être. A la fin de la journée, quand tu observes ton oeuvre, ce monstre gluant, ces entrailles liquides sorties de toi, il y a d'abord plein de mousse sur le dessus, comme pour un verre de bière. Plus précisément, comme pour des blancs d'oeufs mal montés, qui dissimulent une couche inférieure épaisse où se confondent tes miasmes, tes glaires, remugles, morves et autres sécrétions bileuses...

Sans vouloir en rajouter sur ces considérations ragoûtantes, quand tu es lassé d'avoir sous les yeux ce bouillon de culture irisé de bruns clairs et d'orangés, tu t'avises de vider ton crachoir - évidemment pas dans l'évier, pour ne pas contaminer toute la maisonnée, mais plutôt dans les toilettes. Cette précaution coule de source, sauf que tu n'avais pas prévu que de longs fils persistants caractéristiques des solutions visqueuses allaient s'étirer, et s'étirer, entre ton verre et la cuvette des chiottes, et là, tu as beau dire, tu as beau faire, tu as beau compter que tu t'es épargné 100 ou 200 déglutitions douloureuses sur la journée, tu te sens terriblement seul.

Mais je parle, je parle. A mon tour de te tendre le crachoir !

00:05 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : grippe, angine, crachats