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21 octobre 2009

rebond foot (2), remballez le champagne !

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Le problème avec les rebonds, c'est qu'il peut y en avoir plusieurs.

On s'était pris à croire à une belle histoire d'amour. Commencée mal, dans les anathèmes, avec des noms d'oiseaux balancés-là, non dépourvus de relents xénophobes, mais finissant bien, dans une réconciliation générale sur l'oreiller. Je m'amusais à penser à la séquence vestiaire du match de gala, les Créteil-bébel et les PFG se congratulant d'une belle victoire, félicités par Thuram et Dhorasso, s'arrosant le slip au champagne et se savonnant le dos sous les douche... Las ! Le symbole était trop beau.

La connerie aura donc été la plus forte. Et ce sont les jeunes de banlieue qui sortent tout petits de cet épisode. Au moins l'incident ne leur aura-t-il pas été banal, puisqu'ils ont décidé de jeter l'éponge et de s'auto-dissoudre. Le vent médiatique les avait inspirés puis, ne leur laissant guère de répit, les a finalement emportés. Belle occasion manquée !

Je veux toujours croire que l'intelligence peut triompher des obscurantismes, j'y crois toujours, d'ailleurs, cet incident vient juste rappeler que la route n'est pas pavée que de bonnes intentions. Je suis peiné de ce gâchis, comme tu l'es toi, je présume.

Les seuls, au fond, à jubiler, ce sont les barbus et les bigots, les fachos et les réacs, les intégristes de tout bord, unis encore et toujours comme les doigts d'une seule main, s'évertuant à nous vendre la même vision haineuse de l'humanité. Eux ils rebondissent comme ils pêtent : de travers !

17 octobre 2009

rebond foot : vers un épilogue coloré

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L'Islam n'est donc pas une homophobie, et l'homosexualité pas une islamophobie. L'affaire que j'évoquais là, et qui fit le buzz toute la semaine passée, va donc connaître un bel épilogue.

Certains s'étaient délectés, derrière de fausses outrances, de la guéguerre entre un club de foot "musulman" de Créteil et le Paris foot gay, le premier ayant refusé de jouer un match contre le second en raison d'incompatibilités fondées sur de prétendues convictions religieuses.

La rencontre devait se dérouler dans le cadre de la coupe organisée par la commission foot-loisir de la fédération française de football. Mais tandis que les médias s'emparaient de l'affaire, stigmatisant à juste titre l'homophobie latente qu'elle révélait, et alors que la fédération décidait logiquement d'exclure de Créteil Bébel de la compétition "pour refus de jeu fondé sur un motif discriminatoire", un dialogue inattendu se nouait en coulisse.

Les membres du Créteil Bébel, "juste une bande de potes qui ont décidé, pour leur loisir après le boulot, de jouer au foot", selon leur avocate, dépassés par le vent médiatique, ont expliqué qu'en fait ce n'est pas jouer contre des homos qui les avait embarrassés, mais qu'ils n'avaient pas compris comment une équipe de foot pouvait "être un étendard pour une orientation sexuelle". Le Paris Foot Gay expliquait de son côté qu'il se trouvait gêné - parce que son combat vise toutes les discriminations - que cette affaire vienne stigmatiser des jeunes de banlieue qui n'en ont vraiment pas besoin.

Bref, ils se sont parlé, et ont décidé de dépasser ce qui relevait de l'ignorance et de la maladresse - comme hélas souvent - plus que de l'homophobie, et ils vont même jouer.

dhorasso_pfg.jpgLes deux clubs vont donc se retrouver dans un match de football. Mieux, ils ne vont pas jouer l'un contre l'autre, mais ils vont jouer ensemble, au stade Charletty, contre une équipe de gala constitutée entre autres, excusez du peu, de Dhorasso et Thuram. Ce sera le 14 novembre prochain.

Face aux dérives communautaires, on peut toujours attiser la haine, stigmatiser, figer les positions, envenimer les choses, et se complaire dans une position qu'on croit supérieure pour installer le communautarisme. Ou bien on peut être pédagogique, travailler au dialogue, et aider à dépasser les incompréhensions. Faire reculer l'ignorance. Je suis plutôt heureux de cette issue-là.

07 octobre 2009

ne confondons pas islam et homophobie

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Une bien triste histoire d'homophobie dans le foot est en train d'alimenter une bien triste campagne d'islamophobie. Suivez mon regard...

A l'origine, la pitoyable décision d'un club de foot de Créteil, inscrit à la coupe de France du foot-loisir de refuser de disputer un match contre le Paris Foot Gay, prétextant des "convictions" de "musulmans pratiquants". Et hop ! Voilà qu'on nous refait le coup de la burqa...

L'homophobie dans le sport, dans le football en particulier, n'est hélas pas l'apanage du Créteil Bébel. Le Paris Foot Gay lui même anime et soutient, par son objet même, la lutte contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle dans les milieux du football. Et il y a du travail.

Il a noté, par exemple, que la Fédération française de foot n'a toujours pas inscrit l'homophobie dans la liste des discriminations à proscrire dans les stades, qu'un seul acte homophobe, à ce jour, a été condamné dans un stade. Il révèle que pour un joueur, vivre librement son homosexualité sans avoir besoin de se cacher est une gageure, au point que jusqu’à présent, personne ne s’y est aventuré... et pire, que certains équipementiers demanderaient aux professionnels concernés de ne surtout pas dévoiler leur « secret ». Il rappelle en outre que chez les 15/25 ans pourtant, la découverte de leur homosexualité et la crainte de l’homophobie constituent un des principaux facteurs de risque de suicide.

Ce combat est donc légitime, vital, et mérite d'être soutenu sans réserve pour continuer à faire évoluer les mentalités et abattre les archaïsmes : rien n'est jamais acquis, dans ce domaine comme dans les autres.

h-20-1715993-1254139272.jpgMais la tournure qu'a prise cette affaire, et le buzz médiatique qui l'entoure, a quelque chose de dérangeant parce que, de rebonds en ricochets, de blogs en articles de presse, c'est encore une fois le procès de l'islam, et donc des musulmans, dans un joyeux amalgame à faire bander les conservateurs catholiques et autres racistes de tout poil, qui s'est peu à peu substitué au débat sur l'homophobie dans le sport.

En ce qui me concerne, je me souviens que c'est à Alep, en Syrie, dans mes tendres années, que j'ai pour la première fois ressenti le regard d'un homme sur moi, que c'est sur des chansons d'Oum Kalthoum qu'il m'arrive de baiser, sans retenue, dans le sauna gay du Ryad. Et je voudrais bien que celui qui, dans le hammam de la grande Mosquée de Paris, ne s'est jamais livré à de discrets attouchements me jette la première pierre !

Thomas Pitrel a pondu hier un excellent article sur ce sujet, qui constitue une salutaire mise en garde, et un rappel de ce que les jeunes musulmans ou d'origine musulmane, sont eux-même régulièrement stigmatisés pour ce qu'ils sont et n'ont nul besoin de l'être d'avantage sauf à se voir définitivement enfermés dans l'univers de la cité, où l'homophobie n'est hélas pas le seul travers...

J'ai hâte, d'ailleurs, de lire ce livre de Brahim Naït-Balk, paru cette semaine, Être homo dans la cité, où il témoigne de comment, musulman, il a enduré un double martyre parce qu'il n'était pas, dans sa banlieue, la figure type du mâle fouteux...

Autrement, puisque l'on parle foot et parce qu'il est urgent qu'on inverse les regards, je te propose de revoir ce petit bijou :