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01 septembre 2009

la buse et les margoulins

Un_violon_sur_le_toit.jpg

J'avais donc des problèmes d'étanchéité. Enfin, pas moi : ma toiture. Ce qui fait une sérieuse différence avec le virus de la grippe A, dont il est prouvé qu'il est, lui, parfaitement étanche - j'ai des amis qui ont une théorie solide à ce propos, ils en parleront peut être un de ces jours.

Mais mon toit, lui, il fuyait. Et plutôt d'une drôle de façon, tant et si bien que je suis resté plusieurs mois sans savoir exactement si l'eau se contentait de traverser mon toit les jours de pluie, ou si elle s'infiltrait aussi par le sol, insidieusement, en raison d'une perméabilité plus grave encore, ou d'une subite remontée de la nappe.

Bref, de tergiversations en tergiversations, le tout au milieu d'un chagrin qui me mobilisait plus que ces basses futilités matérielles, j'ai attendu presque un an pour m'attaquer au problème, et convoquer des professionnels de la profession, établir avec eux un diagnostic et envisager une solution.

6.000 euros, m'ont-ils annoncé. Pour 30 m2 de toiture. Car ça venait du toit, pas de doute ! Que pouvais-je dire ? Au beau milieu du mois d'août, leurs concurrents répondaient absent. Et de prime abord, ces messieurs avaient l'air sérieux. Un jeune plein d'énergie, au sourire comme ça, très sûr de lui, les jeunes d'aujourd'hui ils veulent plus bosser dans nos métiers, mais nous on a les tripes, avec un vieux-qui-a-roulé-sa-bosse, des mains grandes et calleuses, trente ans de métier dans la couverture, spécialiste du zinc et de l'ardoise. Bref, l'affaire fut conclue autour d'une bière. Il fallait faire vite, disaient-ils, début septembre, le calendrier des chantiers serait surchargé, il y avait juste là un créneau, et franchement, je voyais bien, ils s'étaient montré arrangeants, non ?

Bon, le devis, il ne ressemblait pas trop à la description des travaux qu'ils m'avaient faite à l'oral, du coup je refusais de le signer, mais quoi ! Au départ, on avait convenu 2.000 euros à l'ouverture du chantier, plus 500 euros au milieu, en espèces, c'est plus simple pour les fournitures, et le solde à la livraison. Et puis les 500 sont devenus 1.000, et c'est mieux si vous nous les payez tout de suite, vous savez, en cette période, nos fournisseurs habituels ils sont fermés, alors... Finalement, 50 % d'entrée de jeu en acompte, dont 1.000 euros sonnants et trébuchants : ma vigilance commençait à se mettre en veille, mais c'était déjà un peu tard.

Tu parles de fournitures : les tuiles, cassées pour nombre d'entre elles, comme tombées du camion. Le film-écran - eh bien nous avons pensé artisan-couvreur-sur-la-forest-landerneau-devis-gratuit.7966318-63850459.jpgqu'il valait mieux s'en passer, une histoire de condensation, vous savez...

Et soyez content, je ne vous facture pas de plus-value pour la gouttière qu'il a fallu rétrécir.

Le  problème, face à des baratineurs, c'est de se convaincre qu'il s'agit d'escrocs pour ne pas se laisser baratiner, justement, et assumer le contentieux sans se dégonfler. Qu'ils arrêtent de te prendre pour une buse, quoi !

Sur les conseils de mon ange-gardien, après une nuit perturbée dans ses bras, j'ai donc fini par faire une lettre recommandée en listant mes griefs. Mon assurance a appuyé cette démarche. Une condition pour qu'ils mettent leurs services juridiques à ma disposition, m'ont-ils dit.

Ça m'a donné l'occasion d'une séance thématique avec mon psy sur moi et le conflit... hmm, hmm !

Bon, finalement, malgré des promesses répétées de tout arranger, leur incompétence apparaît flagrante, patente et persistante, les solins en ciment, sur la rive comme le faîtage, débordent, dégoulinent, et chaque tentative d'améliorer les choses, sur mes injonctions, ne font que les aggraver. Je m'en vais donc finalement dénoncer notre contrat, tout arrêter avant qu'ils n'aient bousillé ce que ma petite maison conserve de cachet.

Les couvreurs, les vrais, sont rentrés de vacances. Je reçois leur avis et il n'y a plus de doute : je suis tombé sur des charlots, et la seule chose que je ne sais pas dire, c'est si cela relève de l'escroquerie ou de l'abus de confiance. En tout cas, j'entends bien les menacer de porter plainte, ou de saisir la DGCCRF, la fameuse répression des fraudes, pour obtenir remboursement avant de reprendre tout le chantier à partir de zéro. Avec de vrais artisans qui ont le goût du travail bien fait.

Je ne suis pas sorti des emmerdes, mais je suis déterminé. Je serai plus étanche que la grippe A !