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28 janvier 2011

prise de rôle

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J'ai eu une période où marcher avec une femme à mon bras m'était contre-nature. Au plus profond de moi, c'était m'enfermer dans une image qui confortait des faux-semblants opressants. Mais maintenant que je suis assumé, intérieurement, extérieurement, devant, derrière et de côté, je n'ai plus d'état d'âme, et avancer bras-dessus bras-dessous avec une femme m'amuse et me flatte. J'aime quand cela biaise la lecture des gens.

Je me souviens d'une époque où une collègue portait, à un détail orthographique près, le même nom que moi. Il est souvent arrivé, préparant une mission à l'étranger et réservant des nuitées dans un hôtel pour Monsieur M. et pour Madame M., que le réceptionniste finisse par réserver une chambre au nom de Monsieur et Madame M. Embarrassés au début, nous avons finalement pris le parti d'en rire.

La quarantaine aidant, mes amies sont désormais confrontées à des situations moins réjouissantes, et doivent passer l'épreuve d'examens, chirurgicalement lourds, nécessitant une sortie d'hôpital accompagnée. Voilà donc mon nouveau rôle, en guise de rendez-vous à la mode : preux chevalier, prince charmant, Jules César, en quelque sorte. Dans une clinique-donjon, j'enlève une princesse et la ramène, à mon bras, jusqu'à sa douceur domestique. J'ai eu ma première aujourd'hui, et j'ai une autre représentation le 12 février. Il n'y a que ma Cléopâtre d'Opéra, qui change. Et pour elles aussi, comme pour Natalie Dessay qui triomphe ces jours-ci au Palais Garnier, c'est une prise de rôle.