Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19 septembre 2008

les adieux du Capitaine

brutos8780_RickBauer - Copie.jpg

Il y avait une soirée un peu particulière, mercredi, à l'Assassin. Entre Paris-Carnet et soirée privée. Je n'y connaissais personne, sauf la fliquette de choc, qui m'y avait invité par un jeu malicieux de commentaires, sans m'en dire plus que "c'est le départ du capitaine". Le capitaine, le capitaine...?? le patron de l'Assassin ? Un blogueur commandant de bord ? L'inventeur-concepteur-manager de la blogosphère ?...

Donc en sortant de chez mon chiropraticien, je m'y rendis. Arrivé avec une petite heure d'avance, je m'offris une pinte en happy hour, m'essayai à percevoir parmi la clientèle encore clairsemée si je trouverai dans l'écoute indiscrète de quelque conversation un éclairage sur le sens de ma présence ici.

Les blogueurs étaient facilement repérables à leur allure mal rasée et une tenue plus ou moins vintage, quant aux blogueuses... Assez vite, on m'en dit plus.

Le Capitaine, c'est lui. Laurent, il s'appelle. J'allais faire furtivement sa connaissance quelques minutes plus tard, mais point trop car il fut fort sollicité. Un ancien de la blogosphère, influent c'est sûr, référent. En décembre 2002, il l'a ouvert, son Journal de bord, t'imagines ? Bon, moi, je ne connaissais pas, et j'ai alors pensé que la blogosphère, c'était comme un système solaire, avec de grosses planètes et de petits satellites, quelques poussières éparpillées et de vagues cailloux à l'orbite fuyante. On peut se tourner autour ou pas, mais on peut ne jamais s'y rencontrer.

Donc Laurent : il tient une multitude de blogs, toute une variété de genres, en fait, rassemblés sous le joli nom d'embruns, ce qui me fit lui demander, va savoir pourquoi, s'il était breton, il me le confirma.

Putain, ça impressionne le soin mis dans la gestion de ses blogs : clairs, ergonomiques, bien ordonnés, bien classés... y'a pas, il y faut du métier. Et puis malgré la diversité des sujets abordés, pas toujours consensuels, il brasse du monde. D'ailleurs, y'avait affluence, mercredi.

Mais c'est pas ce qui m'intéresse ici : si on fêtait son départ, c'est qu'il part. Et où va-t-il, je te le donne en mille : il file vivre à Montréal avec son mari. Parce que là-bas, son mariage est reconnu.

Ce qui m'a fait drôle, outre que j'ai fait la connaissance d'un autre Laurent (Ohlebeaujour) - que la fliquette avait embarqué dans son giron pour faire elle-même un peu mieux sa connaissance, après avoir joué avec lui à faire peur aux chatteurs de Blog-it - et que je crois qu'on s'est bien plu ensemble. Ce qui m'a fait drôle, donc, c'est que cette soirée célébrait le départ en exil d'un homo pour le Québec.

Et précisément le jour même, et le jour d'avant, je venais de consacrer deux billets à des homos partis s'installer au Québec : mon Laurent à moi, tout d'abord. Et puis Chiron, cet auteur-poète d'origine tunisienne, que je suis content de t'avoir fait découvrir...

Les hasards, les conjonctions, ça me fascine toujours. Merci fliquette, éclate-toi à Toulouse !

17 septembre 2008

l'aurore attendrie

auteur_6646.jpg

"Ô toi, visage de l'ennemi, toi l'amant, je me faufilerai chaque nuit, malgré la réalité blessante de notre époque, vers ton cœur. Je ferai de la mort une ironie, et de la résurrection une certitude. N'aime pas quelqu'un d'autre de mon pays après moi, ton amour est un outrage. Un châtiment insupportable. Écoute notre chanson sans se lasser, peut-être que l'aurore sera attendrie, et que l'aube portera en lui l'espoir."

J'ai rencontré Chiron par hasard, remontant le fil d'un commentaire il y a quelques jours à peine. Je suis depuis retourné plusieurs fois sur son blog découvrir des notes parcimonieuses, poétiques, déchirées parfois. Je suis sensible à leur rythme oriental qui vibre chez moi en réminiscences. Il y égraine plus qu'il n'y raconte, et quelque chose d'attachant perce de la personnalité de ce jeune auteur et de son histoire. J'y lis une sincérité à pas feutrés.

L'extrait ci-dessus n'est pas tiré de son blog, mais d'un de ses romans, La valse de l'amour et de la guerre, dont il dit ici comment il en a accouché, "sauvage, agité et pourtant habité d'une immense fatigue". Un coup de coeur.