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28 août 2009

à oilp !

fin de baignade bis.jpg

Il y a, près de Paris, un grand parc. Un domaine, devrais-je dire, constitué de vastes étendues forestières, d'une piscine avec sauna et hammam, de nombreux emplacements de camping, de jeux d'enfants, d'un restaurant et d'une charte de vie. Tu me diras, des parcs de loisir et des domaines forestiers, les alentours de Paris n'en manquent pas.

Sauf que celui-ci est un peu spécial. En raison de sa charte de vie, justement. On y franchit une grande barrière après s'être acquitté d'un droit d'entrée dans une bâtisse de pierres anciennes, où l'on t'accueille avec le sourire. Au loin, tu aperçois des bungalows et des toiles de tente. Tu files garer ta voiture sous de grands arbres qui te rappellent immédiatement tes dernières vacances dans les Landes. Tu te délestes dans ton coffre de tes effets personnels et de tes vêtements. Oui, de tes vêtements, et de tous, encore ! Slip et caleçon compris. Car à Héliomonde, on y vit nu.

C'est un grand camp naturiste, ignoré de tous, sauf des initiés. J'en avais vaguement entendu parler depuis que je fréquente les nocturnes de Roger Le Gall, mais ne m'y étais pas intéressé plus que ça, et n'avais jamais envisagé m'y aventurer. Curieuse appréhension, sans doute parce que je ne suis pas de la culture naturiste. Et que cet univers m'apparaissait surtout réservé à certains cercles.

Pourtant, ce parc est à deux pas de chez moi, 15 minutes en voiture à peine. Portés pas une belle journée ensoleillée, encore dans l'enthousiasme de nos merveilleuses semaines hongroises, et profitant des récentes désinhibitions d'Igor, nous sommes donc allés y montrer le bout de notre... nez, c'était samedi dernier.

anf1.jpgPas question de draguer, l'échangisme et les rencontres y sont proscrits. Il s'agit d'un naturisme familial et bon enfant, où le beau et le moins beau se côtoient dans une esprit de tolérance.

C'est autour de la piscine, au bassin un peu petit, hélas, et aux caillebotis réservés aux premiers arrivants, que se concentre le monde pour profiter du soleil.

Les cicatrices sur les abdomens ou sur des seins y ont valeur de tatouage. Certaines filles à la peau dorée arborent une élégante épilation intégrale. Les maîtres nageurs impassibles sur le bord du bassin, le regard perdu et libre derrière l'écran fumé de leurs lunettes de soleil, sont beau comme des dieux, le sexe ballant, ils laissent s'écouler le temps dans une fausse torpeur.

Il y a de nombreux étrangers, des Franciliens habitués qui y louent un chalet à l'année, des familles pour qui le baignade_nat.jpgnaturisme semble une tradition partagée, des couples pour lesquels elle constitue au contraire un alibi facile pour mâter en toute discrétion. J'ai été surpris d'y trouver aussi un public handicapé accompagné. Bref, un petit peu de monsieur et de madame tout-le-monde... mais tout nu.

En une première après-midi d'approche, nous n'avons pu explorer l'ensemble de ce vaste domaine, ni des joies qu'il propose, préférant nous oublier près de la piscine. Nous ne nous sommes pas laissés perdre en forêt pour y croiser des yeux de biche ou des cornes de chevreuil, nous n'y avons pas joué au tennis, des baskets aux pieds : nous nous sommes contentés d'y humer une atmosphère aux relents boisés, en oubliant parfois ce qu'elle avait de singulier, tant c'est l'esprit des vacances qui y a surtout dominé.

J'y ai croisé un homme, dans les brumes épaisses du hammam, qui m'a juste dit le plaisir qu'il aurait à ce que je le retrouve dans son chalet, avec son ami. Ce sera peut-être pour dimanche si le soleil est au rendez-vous. D'autant qu'après un samedi de déménagement (ah! les copines !...) et avant le retour des collègues prévu pour lundi, j'aurais besoin, en piqure de rappel, d'une petite dose supplémentaire de... vacances.