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15 juillet 2011

l'accident et la capote

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Tout change, rien ne change...

Voilà un an que le pont Marguerite est désossé pour des travaux qui sont sans doute parmi les plus importants qu'il ait connus depuis sa construction. On aperçoit désormais les partis pris de sa nouvelle enveloppe : lui redonner un cachet d'autrefois. Une rambarde en ferronnerie, des piles et des escaliers en pierres de taille. La pierre est belle, d'ailleurs, fraîchement ciselée, écarlate. Les entrées de la station de tram, côté Buda, retrouvent une voûte à l'ancienne que l'on devine derrière des palissades grillagées, les cadres d'aluminium des années soixante-dix avaient trop mal vieilli.

J'aime beaucoup le pont Marguerite. Le seul pont coudé de Budapest. Il relie Pest à Buda, en desservant par son extrémité sud l'île Marguerite, poumon vert de la ville, où l'on trouve de nombreuses installations sportives, parmi lesquelles la vieille piscine olympique Hajós Alfréd (où j'appris à fait mes premiers crawls il y a quinze ans), le tout nouveau bassin de compétition où se sont déroulés en 2006 (j'y étais), puis en 2010, les championnats d'Europe de natation, et le complexe Palatinus, panthéon à ma première rencontre d'homme accompli.

Palatinus est la strand à la hongroise par excellence. Une multitude de bassins et d'animations 36_pala.jpg(tobogans, piscine à vagues, labirynthes, bassins à jets...) Toutes les générations s'y éclatent, on y mange des crêpes, des glaces, ou des lángos - beignets géants servis avec de la crème aigre, du fromage rapé et une sauce à l'ail... Ambiance familiale, ambiance de vacances... Peu se doutent sans doute que sur le toit de l'un des bâtiments, réservé au naturisme masculin, d'autres valeurs s'éprouvent.

Je n'avais pas vraiment prévu d'y aller hier. Mais deux facteurs sont intervenus. D'abord, la cicatrisation de mon doigt opère plus vite que prévu. Peut-être parce que j'ai décidé de ne pas laisser la plaie sous sparadrap, pour qu'elle respire le plus souvent possible. Alors m'étant procuré dans une pharmacie une gaine censée être hermétique, j'ai entrepris de tenter une immersion pour quelques longueurs dans la piscine Komyádi, où j'étais descendu en janvier dernier. Mais cette piscine que j'affectionne, qui se trouve derrière mon ancien appartement, s'est avérée fermée pour vidange et visite technique (ce n'est donc pas une spécialité parisienne, c'est rassurant).

Voilà comment j'ai finalement pris la décision de me replier sur Palatinus. J'y ai nagé 40 longueurs, dans un bassin dont nul ne sait dire l'exacte dimension (33, 38, 42m, selon le maître-nageur). La gaine au doigt a permis au pansement de ne pas se défaire, mais celui-ci a fini la séance tout trempé. Encore un accident de capote, dirait quelqu'un qui me connait bien !

Tout change, rien ne change...

Sans y avoir remis les pieds depuis deux ans, j'y ai retrouvé en grande partie les mêmes visages, les mêmes corps, les mêmes mimiques, les mêmes airs de ne pas y toucher, les mêmes regards fuyants, ou insistants... A dire vrai, c'est presque le dégoût que j'ai ressenti en premier, mais j'ai décidé de me laisser apprivoiser par le lieu, de m'efforcer d'y retrouver des sensations d'autrefois, de laisser ces bites étalées me passer par les yeux, certaines par les mains, et par la bouche pour une des plus élégantes. Mais si j'ai pu ainsi me vider les couilles, à genoux dans une obscure cabine de douche, et sous le regard appuyé de deux ou trois autres mâles envieux, le dégoût persistait. Il faudra que j'y retourne. Ça doit bien finir par se retrouver, le goût du sexe !...

Tout change, rien ne change.

budapest,palatinus,budapest gay,île marguerite,pont marguerite,place moscou,naturismeMoszkva Tér : un des nœuds du transport public, la correspondance entre la ligne 3 du métro et les tramways 4 et 6. Une station de béton au toit en éventail, datée comme ce n'est pas permis. Un traffic de main d’œuvre au black. Du petit commerce, tout petit petit, des bouquets de pissenlits, de minuscules napperons, de la revente, des biffins... Toujours ses buffets de gare, ses Internet'cafés. Moszkva Tér est aussi le titre d'un film qui racontait avec humour la Place Moscou des années 80, disait toute cette vie parallèle, la jeunesse prise entre le marteau de ses rêves et l'enclume du possible, embarquant ses espoirs dans une traband surchargée, et construisant dans sa quête une façon de vivre douce et amère, qui façonne encore aujourd'hui une budapest,palatinus,budapest gay,île marguerite,pont marguerite,place moscou,naturismecertaine agilité à appréhender le monde avec distance.

La jeunesse a gardé la douceur et l'amertume, le plateau de la balance penche juste de l'autre côté. La place Moscou vient d'être rebaptisée, dans la plus pure des traditions que l'on croyait réservées aux tournants idéologiques du soviétisme, et au grand dam de tout le monde, qui a l'impression que ses rêves aussi doivent être enterrés. Elle s'appelle désormais la Széll Kálmán Tér.

Il paraît que c'est parce qu'il n'y a pas de place Budapest à Moscou !

13 août 2009

500 notes pour une sonate

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Cette note est ma 500e note. Jolie partition, déjà, non ? Avec 500 notes, on peut faire quoi ? Un concerto ? Un quatuor ? Disons une sonate. La mienne a compté un premier mouvement allegro ma non troppo - classique du genre -, un deuxième andante molto mosso, puis un troisième lente quasi adagio. En toute logique, je devrais attaquer sur un final allegro vivace. Nous verrons bien, je n'en suis pas au final, il m'y faudra sans doute bien davantage de notes.

Puisque c'est l'occasion d'un bilan, en voici un sur ces petites vacances à Budapest, qui viennent de se finir :

- Je me suis reposé - de longues nuits de sept ou huit heures, des siestes, souvent courtes, sous le soleil ou sur un canapé, parfois au milieu d'amis, j'ai évacué toute pression, c'était le plus important.

underwaterpinkudstrip.jpg- J'ai nagé : 35 km, pile poil la distance qui sépare ma banlieue de Paris. Et pourquoi pas 42, me diras-tu, puisque j'y ai passé 21 jours, à Budapest ? Eh bien parce que je me suis autorisé trois journées de relâche, et que j'ai commencé doucement. Et puis 35 km, c'est une approximation, parce que nul n'a su me dire avec exactitude la longueur du bassin sportif à Palatinus, tantôt 38m, tantôt 40m, voire 42,5 - le décompte des distances était une gageure.

- J'ai baisé, ou plutôt j'ai tâté de la queue, j'en ai mâté, parfois sans en faire grand chose, peut-être juste pour m'assurer que la mécanique fonctionnait encore. Je suis allé pourtant peu aux bains - une fois aux Széchény, une rencontre fulgurante avec un homme marié, un Français, et une première approche avec Attila ; une seule fois au Király, ce qui me valut de rencontrer Federico et Roberto ; une fois aux Gellért (quel luxe ! - mais choux blanc) ; et deux fois au Rudas, où je underwaterbutts.jpgcrois bien avoir réussi à mettre dans mes filets les plus beaux specimens... Au terme de ces visites, je m'autorise à me placer dans la catégorie des beaux garçons qui peuvent choisir leurs victimes. Mais qui ne sont pas à l'abri de deux-trois gamelles. Attila est resté une histoire sans suite...

-
J'ai bronzé, surtout à Palatinus. Et j'ai pu observer à cette occasion que de longues heures de naturisme sous le soleil ne suffisent pas à effacer la fameuse marque du maillot, forgée par des heures de nage au quotidien. Ou alors j'ai passé trop de temps sous les douches ?

- J'ai lu, ce qui allait souvent de paire. 700 pages, quand-même, dont un thriller de Robin Cook, Facteur risque, où se jouait un complot criminel autour de la marchandisation de la santé aux États-Unis. Entre la fin d'un Murakami (Haruki) et le début d'un autre (Ryû).

- Et j'ai écrit, ce qui n'a pas été le pire de mes petits plaisirs : une quinzaine de notes, même si nous étions vraiment entre-nous - je pourrais presque dire rien que pour toi et moi.

J'ai retrouvé Budapest. Au fond, j'y ai toujours nagé, j'y ai appris à aimer, j'y ai parfois lu, j'y ai souvent écrit. Il y règne un art de vivre et une paix propices à ces travers et à une certaine virtuosité, ce n'est sans doute pas un hasard si Liszt, Bartók et Ligeti s'y sont joués de leurs notes avec malice et inventivité...

Les valises sont posées. Le ciel est un peu gris, cela va sans dire. Mais ces petites musiques me restent dans la tête, et je crois que mon adagio est termiiné.

01 août 2009

le vrai tramway nommé désir (2) pour tous les goûts

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C'est bien ma veine : pile le jour où je prévois de t'emmener en excursion en ville avec le tramway n° 4-6, dont je te disais là le caractère stratégique , voilà qu'il est à l'arrêt pour travaux. Jusqu'au 19 août. Remplacé par des bus de substitution qui partent en rafale toutes les deux minutes pour absorber une capacité d'accueil équivalente.

Bon, ben il me reste à te proposer de faire comme si. Ferme les yeux, et dis-toi que tu es installé dans une rame confortable, raisonnablement climatisée, qui s'apprête à glisser en silence.

Nous voyageons dans le sens des aiguilles de la montre : démarrage, Place Moscou (Moszkva tér), au pied du quartier du château, le quartier le plus ancien de Budapest, d'où l'on a un point de vue remarquable sur la ville - et accessoirement située à trois minutes de notre appartement de vacances.

Notre premier arrêt : pont Marguerite, côté Buda. Tu peux aller rejoindre, à 500m vers le nord, donc sur ta gauche, la piscine Komjádi, ses trois bassins extérieurs, dont le plus grand a des dimensions olympiques, qui est partie intégrante de l'hôtel Csaszár où nous sommes descendus cet hiver avec Fiso et Yo - à deux pas de l'appartement où je vécus durant près de quatre ans. Ou bien, à droite, juste derrière le ministère des affaires étrangères, les fameux bains Király, dont je te reparlerai très bientôt car j'y ai vécu des choses intenses et inoubliables.

Margitsziget2_800.jpgArrêt île Marguerite : le tram s'engage ensuite sur le pont et marque l'arrêt au niveau de son coude. C'est de là que l'on peut accéder à l'île du même nom par sa pointe sud, et se ballader dans cet immense parc arboré qui est le précieux poumon vert de la ville, assister aux Grandes eaux de Budapest - en musique, et le soir en lumière -, retrouver son amoureux, bécoter, ou entrer dans l'une des installations aquatiques, pour nager ou draguer selon ses envies : la piscine Alfréd Hajós, celle où je fis mes premières armes en natation il y a 14 ans, la strand Palatinus avec sa terrasse naturiste où je fis ma première rencontre d'hommes à peine plus tard, où je retrouvai aussi Zoltan il y a deux ans, et où, ma foi, il fait toujours bon s'ébrouer.

Pont Marguerite, côté Pest : de l'autre côté du pont, c'est vers le quartier du Parlement que tu peux t'engager, avec ses superbes bâtiments qui sigent les heures de prospérité de la Hongrie d'avant la Première guerre.

Plus loin, le tram marque l'arrêt à la Gare de l'Ouest (Nyugati pályaudvar), magnifique construction attribuée à Eiffel, dont le restaurant a été livré en concession à... Mac Donald ! Enfin, je ne dis rien, parce que c'était devenu pour moi, plus par commodité que par goût, un point de rendez-vous fréquent avec Péter, ma première liaison sérieuse, à la fin de nos journées de travail. Ma première déception amoureuse aussi, s'entend. J'aurais du comprendre ce jour-là que les hommes, c'était trop compliqué.

Encore plus loin, c'est Oktogon, un nœud essentiel situé sur l'avenue Andrássy, les Champs-Elysées de Budapest. Sur ta droite, tu peux descendre vers le centre-ville, en croisant, dans l'ordre, le cours Ferenc Liszt où se trouve l'Académie de Musique - je crois bien que c'est là que je pris goût aux grands concerts classiques - ainsi que foison de bars et de restaurants branchés, aux terrasses agréables, la rue Nagymező, la Broadway de Budapest, et l'Opéra - nous irons y voir Rigoletto, de 62767089gSxHPW_fs.jpgVerdi, dans quelques jours.

Sur ta gauche, tu peux au contraire remonter vers la Place des héros et son somptueux statuaire qui retrace mille ans d'histoire de la Hongrie. Le mieux est d'y monter en métro, au moyen de la plus ancienne ligne d'Europe continentale, simplement creusée sous l'avenue. Une fois là-bas, tu peux t'arrêter au choix chez Gundel, probablement le meilleur restaurant de Budapest, à la Gallerie nationale, au zoo ou dans les installations de l'Exposition internationale de 1896. Moi, si tu permets, je vais aux bains Szechényi : ce complexe thermal au style 12hours.3-782308.jpgnéo-classique comprend un grand bassin extérieur à 37 degrés. On y voit immanquablement de vieux Hongrois jouer aux échecs ou s'amuser à faire jaillir des petits jets entre leurs pouces, en comprimant leurs paumes l'une contre l'autre. Et puis, que ce soit dans les douches du sous-sol ou sur la terrasse naturiste située sur le toit, les sensations ne manquent pas pour les indécrottables comme moi.zsinagoga.jpg

Poursuivons notre voyage. Si tu descends à l'arrrêt de la rue Wesselény, tu peux t'enfoncer par la droite dans des ruelles étroites, et pénétrer l'ancien ghetto juif de Budapest, t'y perdre jusqu'à la synagogue, la plus grande d'Europe aujourd'hui, magnifique (photo ci-contre).

Puis juste avant d'arriver à la Place Luiza Blaha, nous allons dépasser le café New-York. Impérial ! Il vient d'être refait à neuf. Durant les presque quatre ans de mon séjour à Budapest, entre 95 et 99, je ne lui connaissais qu'une informe façade noire, dissimulée derrière un épais échafaudage de poutres larges comme des troncs d'arbre. Le bâtiment avait été ébranlé par la construction du métro, et il a fallu le désosser totalement pour recouler ses fondations. Il a désormais retrouvé ses ors et ses colonnades en marbre torsadées, ses couleurs chargées typiques d'un art nouveau tortueux au point qu'on l'appelle aussi l'art nouille. On y boit d'excellents cafés viennois. J'y ai retrouvé mardi soir Federico et Roberto, deux napolitains rencontrés l'après-midi aux bains Király, mais c'est une autre histoire que je te conterai plus tard, je te l'ai promis.

37museum_of_applied_arts.jpgEnsuite, le trajet perd de son charme. Arrivé à l'intersection avec l'avenue Üllői, tu y as le Musée des arts appliqués, dont l'intérêt est variable selon les expositions du moment, mais dont le bâtiment, caractéristique de l'art nouveau, mérite le détour avec son grand escalier blanc torsadé. Ça me rappelle aussi les premières leçons de hongrois que j'allais prendre chez une étudiante francophone. Que devient-elle, Zsuzsa, tiens ?

Puis tu retrouves le Danube à hauteur du Pont Pétőfi, mais il n'y a là plus aucun attrait. Le mieux est donc de descendre, et de remonter vers le nord le long du fleuve, pour t'offrir un instant de simple contemplation.

A moins que tu ne préfères le prendre dans l'autre sens ? Mais alors je te préviens, ce sera sans mes commentaires !

26 juillet 2009

Palatinus par grand vent

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Il ne faisait pas vraiment froid, hier. En comparaison à Paris. Pas vraiment chaud non plus, mais surtout en raison du grand vent qui envoyait quelques rafales à 50 km/h. Du coup, le grand complexe aquatique situé sur l'île Marguerite, que j'aime à fréquenter autant pour la qualité de ses installations nautiques que pour les rencontres que l'on peut y faire, était presque désert. Un samedi après-midi, pourtant !

J'avais une ligne d'eau pour moi tout seul. Si tu ne connais pas le plaisir de nager le papillon dans une ligne vierge, quand la surface est lisse devant toi, à peine irisée par le vent, que tu ondules en profondeur avec une claire perception de tes appuis, que tu émerges en surface comme à travers un miroir et que tu peux ramener tes bras vers l'avant dans toute leur amplitude, puis plonger, t'immerger encore et suivre la ligne noire du fond du bassin qui te conduit de l'autre côté, si tu ne connais pas ça, tu ne sais rien du plaisir de la nage. Sans te soucier alors de ce qui vient en face ou peut te croiser, tu peux te concentrer totalement sur les seules sensations de ton corps, bander l'abdomen en pénétrant dans l'eau pour rester le plus droit possible, parfaitement horizontal, profiler ta trajectoire pour optimiser tes impulsions.... Et là je te jure, tu es épuisé au bout de la ligne, tu reprends ton souffle, mais tu t'es cru poisson et faire ainsi corps avec l'eau jusqu'à l'oublier est une jouissance.

La contre-partie, c'est qu'il n'y avait personne non plus sur ma terrasse préférée. Juste un quinqua, enrobé mais bien monté. On a fait affaire ensemble en dix minutes. Je l'ai fait jouir et j'en étais content. Puis deux quadras sont arrivés, un vieux couple, déjà, ou de bons amis. Ils se sont installés à l'ombre du grand peuplier, de l'autre côté de la terrasse et n'ont pas ôté leur maillot. Je me suis demandé ce qui pouvait bien les conduire sur une terrasse naturiste, s'ils ne recherchaient ni le soleil, ni les sensations de la nudité, ni même une joyeuse foule gay rassemblée. Ils sont restés là pourtant bien deux heures. Et une seule personne a rejoint la terrasse durant tout ce temps.

Chaque demi-heure, les haut-parleurs jouaient la petite musique America de West-Side Story pour annoncer le début d'une nouvelle session de vagues dans le bassin dédié.

Je suis reparti comblé de soleil. Peu diverti au vrai par les événements, j'ai tranquillement pu terminer mon livre - et je t'en parlerai parce qu'il m'a assez profondément troublé.

En sortant, une autre explications m'est venue, quant à la désaffection d'un tel équipement aquatique un samedi après-midi. Le prix. C'est désormais de la folie. Lorsque je vivais à Budapest, à la fin des années 90, l'entrée des piscines ne coûtait rien. L'équivalent de quelqus francs, moins d'un euro. Désormais, dans les grands bassins nautiques, l'entrée est à presque 6 euros. Elles est à 8 euros pour la strand Palatinus. Je comprends qu'à ce prix-là les gens veuillent en avoir pour leur argent, et hésitent à faire le déplacement si la météo se montre un peu menaçante.

Tout est devenu si cher. Vu de loin, on pourrait se dire que c'est normal, il faut bien que la vie peu à peu se rapproche du niveau occidental. Après tout, l'Europe doit bien servir à ça. Sauf qu'il y a une chose qui n'augmente pas. Mais alors pas du tout. Ce sont les salaires. Depuis la crise financière, le gouvernement annonce même que le plus difficile est à venir.

On voit du coup de plus en plus dans les rues, dans les trams, une jeunesse désorientée, en proie à du repli, de la violence, de la malveillance, dégradant à dessein les biens publics sous les yeux horrifiés des "bons Hongrois", peu habitués à ces phénomènes. La "racaille" de là-bas est bien blanche, bien blonde, cheveu très court et tatouage ostensible, un tantinet rondouillarde, et elle parle fort, très fort, de préférence pour proférer des injures grossières. Et la fracture se lit dans les yeux, avec de la peur et de la colère dont on ne sait pas ce qu'ils pourraient donner dans ce contexte de difficultés et d'absence d'issues.

Je ne l'avais encore jamais perçu à ce point. Finalement, Budapest change.