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28 décembre 2007

Hommage au sport

Noël, c'est la saison des Best-off. J'ai glané quelques articles ici ou là qui m'ont particulièrement touché, et je te les livre, là, pendant les fêtes. Une façon de dissimuler ma petite paresse des confiseurs.

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Hommage au sport

publié le 6 novembre 2007 sur le blog de WajDi

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Faut rendre hommage régulièrement à ckon a inventé de mieux depuis k'on a un corps : toutes les disciplines ki le mettent en mouvement.

Le corps ki bouge dans l'air, ça fait du vent. Les accélérations du mouv, ça fait comme un massage à l'intérieur. Ca essore les liquides ki le composent. Moi j'kiff de sentir la sueur ki refroidit ma peau, la caresse de l'air... ou de l'eau comme mon blogpote Oh! ki explike mieux ke moi l'avantage de s'y mettre :

(là, WajDi me cite, dans un extrait que tu peux retrouver là)

J'crois ke bouger, ça rend intelligent. Ca apprend l'équilibre, l'esquive, l'exigence de la protection, la lecture de l'otre. Apprendre et progresser, c'est l'étape la plus constructive, la plus motivante.

Et puis au bout d'un moment, fo trouver la motivation dans des choses plus subtiles. Comme un musicien ki fait ses gammes, on répète des enchainements a l'infini. Pour lustrer les réflexes. Le corps est prêt mais les neurones désapprennent. Fo les réactiver encore et toujours. Pour gagner le centième de seconde ki fera la différence dans le combat.

Mon kiff, c'est la boxe. Peut être paske je sentais pas assez mon corps pour k'une caresse suffise à le faire exister. 6ac79f3cb6669c4e6f9f8190567fdd05.jpgMais cki compte, c'est les heures k'on passe ensemble. A se fritter, se chambrer, se contacter... se soigner ossi, pask'on laisse jamais un collègue dans la misère.

L'entrainement, c'est un moment où tu partages. Avec des personnes ke tu verrais pas forcement ailleurs. Une sorte de mixité pas donnée d'avance. On apprend à se connaitre, se comprendre et se respecter. A voir autre chose ke la face k'on montre. Il ya kelkechose de doux dans ces instants là.

Kan le rythme monte, tu prends de plus en plus confiance en toi. Tu te concentres. T'es vraiment là au lieu d'etre dans tes soucis et tes pensées.

Et kan t'es au bout de toi-même, t'es forcé de faire voir vraiment ki tu es. Le sang, la douleur, l'asphyxie, ca te donne plus la force de mentir. Tu apparais au monde, aux autres. Et tu te rends compte avec surprise, k'ils t'acceptent comme tu es.

Après si tu kiffs pas donner ou prendre des coups, tu peux te limiter aux assauts. C'est ke du style, sans appuyer les frappes. C'est moins authentik, mais c'est beau comme une danse et tout aussi interessant sur le plan technik :

Bonne pratik à tous !

16 novembre 2007

WajDi, hommage au guerrier

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D'abord, rendre à César ce qui lui appartient. C'est par ce WajDi-là, écrit comme ça avec un grand double V et un grand D, que tout a commencé. Moitié guerrier, moitié valet, j'étais tombé sur son blog par hasard fin mai. Encore assommé par le résultat désastreux des élections présidentielles, j'errais au petit matin, un samedi ou un dimanche, sur internet, à la recherche - c'est pas très glorieux - de photos de "mecs nus dans les vestiaires" (c’est pas un vice tellement pire qu’un autre !), et Google m'avait orienté sur lui ; un jeune boxeur, rebeu des cités à l'intelligence vive, partageant dans l'anonymat d'un blog les facettes complexes de sa personnalité et de sa sexualité.
J'avais d'abord eu une agréable surprise, comme celle que l’on a quand on croise le regard d'un mec débonnaire, souriant, qui s’offre le luxe d’une œillade : alors j'ai eu l'envie de me retourner pour voir si y’avait plus à en tirer…

Et puis peu à peu cette nécessité s'était imposée : y revenir, y revenir encore, jusqu'à me découvrir accroc à son blog - ou pire : amoureux du bonhomme ! Je m'étais rassuré, me disant que c'était normal, qu'il y avait du suspens dans ses histoires, que ses plans avec un certain Jason, un Cyprien ou un Yohan étaient encore en plein processus... Mais assez vite, après quelques visites, je m'étais rendu compte que le récit des plans sexe, ce n'était plus vraiment ce que je cherchais : ses conquêtes comptaient peu en fait, ni ses stratégies pour les réaliser.

"Au risque de flatter ton narcissisme". C'est sous ce titre provocateur que le 9 juin, je lui adressais un premier commentaire :
"Le sentier où tu nous emmènes, c’est bien celui qui mène à toi, cette impression que l’on va arriver, que l’on doit arriver au bout du bout de toi. Au risque que cela t’échappe. Ton écriture est belle d’une générosité totale, pleine d’intimité, d’impudeur - et tu le comprends, ce n’est pas de sexe dont je parle."

Sincère pour sincère, à chacune de mes visites, il y avait une petite branlette, évidemment – histoire de croire l’espace de quelques soubresauts que j’avais bien accédé à la réalité de l’amitié où il se proposait de hisser ses lecteurs. Et puis derrière, la lecture patiente de pages nouvelles, ou de pages anciennes, était comme la caresse qui se prolonge à un amant que l’on a pris ou qui vous a pris. "Tu nous laisses, je lui écrivais ce jour-là, dans l’état où nous laissent les bons livres, ou les grands films, quand on a la rage de quitter des gens qu’on a aimé tant on s’y est identifié, même quand leur histoire est dure et leur univers cruel."


Des commentateurs comparaient notre boxeur à Jean Genet, ça me parlait. Alors, un peu présomptueux, j'ajoutais : "Ce qui est puissant chez Jean Genet, c’est cette façon de nous introduire avec puissance dans des lieux mal-famés, les bas-fonds des villes portuaires, le monde carcéral, de nous les faire aimer parce que les personnage y ont, dans leur crue réalité, dans leur cruauté même, une immense part d’humanité. Dès le premier jour, j’ai pensé moi aussi à Genet en te lisant. Une simplicité introspective et à l’affût, une distanciation, un regard à la fois suave et politique. Querelle de Brest, bien sûr, pour ajouter à la liste de tes références, mais surtout, surtout, le Captif amoureux : une épopée, qui de la cause palestinienne à la révolte des Panthères noires, aborde la réalité politique du monde avec un regard toujours charnel sur les hommes. J’aime comment tu embrasses toi aussi, parfois d’un simple balayage du regard comme dans l’appartement de Jason, le politique et le sexe."


Je découvrais avec lui une autre forme d’équilibre, de présence, et donc de force, où la pratique de la boxe jouait comme une autre affirmation de soi.

Je trouvais drôle d’intervenir ainsi dans son histoire. C’était intrusif, peut-être déplacé. Mais ça m'avait brûlé, alors je l'avais fait. Et ce jour-là, ce 9 juin, en déposant pour la première fois un commentaire sur un blog, j'avais mis le doigt dans une chose qui allait s'emballer, m'emporter, jusqu'à l'ouverture de mon propre blog. Voilà, Seigneur WajDi, Maître guerrier, justice est faite à César.