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29 avril 2011

Juliette, et autres poupées

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Figure-toi que pendant que mes deux blogo-copines n'en finissent pas d'arpenter le sol irlandais - déjà deux semaines que ça dure - ma blogo-fée préférée quitte sa colline et s'apprête à venir jouer la Juliette dans mon giron. Et en musique, s'il-te-plaît, puisque l'énergumène l'emmènera pour l'occasion à l'Opéra-Bastille voir et entendre le pas de deux d'un Roméo emmené par Noureev pour la dernière du ballet magique de Prokofiev. Il a le filon, le laron !

Ma Berline a été nettoyée de long en large, et j'espère bien que, même si nous rentrons après minuit, elle ne retournera pas citrouille avant les noces !

Ah, ben pas de risque : ma Cendrillon est quand-même bien trempée, ses noces, elle se les offre la veille. Un petit écart bien négocié dans les bras du prince charmant, avant de rejoindre, normalement rallumée, son Montaigu à l'heure du p'tit dèj !

Tiens, faut que je nous trouve une adresse sympa, pour le p'tit dèj, d'ailleurs. C'est noté.

Tout ceci pour te dire que, poupées russes à part, c'est pas des matriochka, mes copines. Elles dépotent ! Et moi je m'en délecte.

Si c'est pas de la littérature, ça !

17 juillet 2009

quatre petits ronds et puis s'en vont

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Il y a chez elle des ronds. Sa bannière en est pleine : une bougie, une pupille, un compteur, un vitrail, un bol, une lune, une bouée, un drapeau européen projeté dans le bleu de la nuit.... Comme pour dissimuler les piquants qui l'enserrent : la cloture comme sortie de ses gencives, les grains de sable qui font irruption le soir, le sommet de la Tour Eiffel, omniprésent, auto-immuno-présent. Des petits plaisirs accumulés, agglomérés les uns aux autres, des collages à la Max Ernst pour ne laisser transparaître qu'un monde irréel, en partie réenchanté, qui ne gomment pas le malaise mais s'en accommodent. Un bonne dose de courage pour charpenter tout ça.

Aujourd'hui, elle s'ajoute un rond bien rond derrière un chiffre carré, pour en élimer les angles, je présume. Et moi, j'allume une bougie à la gloire de ma marraine.

21 janvier 2009

le piège du théâtre

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Il m'est arrivé une drôle d'aventure.

Hier soir, mardi, je suis allé au théâtre. Un ami m'avait offert les places, en échange d'une petite mission : offrir des fleurs à l'une des comédiennes à la fin du spectacle.

C'était au Théâtre 14 Jean-Marie Serrault. Il s'agissait de l'avant-première de l'Alpenage de Knobst.

Avec Bougrenette, qui m'accompagnait, on a eu un peu de mal à trouver le théâtre, en toute périphérie de Paris, entre un stade et un centre culturel de quartier. Quand nous y sommes arrivés, il n'y avait quasiment personne.

L'ouvreuse a eu la gentillesse de m'ouvrir un des bureaux de l'administration du théâtre pour que je m'y soulage de mon bouquet - des espérances. Puis nous nous sommes installés.

En attendant le début de la pièce, nous parlions de la vie, Bougre et moi. Du petit resto chinois où nous étions allés juste avant, du théâtre, où nous n'allons pas souvent, ni elle ni moi, de Britannicus dont, va savoir pourquoi, j'essayais de me souvenir une tirade d'enfance.

A dire vrai, nous étions un peu étonnés de ne pas voir arriver beaucoup de monde, mais bon on se disait que, avec la télé, la difficulté à se garer aux alentours du théâtre, la cérémonie d'investiture d'Obama, tout ça, quoi, c'était peut-être normal.

Il y avait avec nous seulement deux autres couples : des retraités, lui en cravate, assurément un ancien cadre de la Générale, et elle, très élégante dans son tailleur cintré. Et des jeunes, lui un peu braillard, un comédien sans comédie, et elle un peu à fleur de peau de porter seule la vie du foyer.

C'était un peu bizarre, parce que la salle de spectacle était sacrément délabrée, il y avait ici ou là des débris de plâtre et de la poussière de brique.

Les deux hommes se sont un peu pris le bec, à un moment, le vieux s'était agacé des simagrées de l'artiste, qui l'avait mal pris. Puis le jeune couple s'est disputé, on a pensé un temps qu'elle allait rentrer avant le début du spectacle.

Et puis tandis qu'on s'impatientait, justement, un jeune gars, très impertinent est arrivé, apparemment le petit copain de l'ouvreuse, qui s'est installé au premier rang et s'est mis à fumer une cigarette, suscitant l'irritation de la salle, surtout de l'ingénieur à la retraite, d'ailleurs. Ça m'a bien amusé, en fait, surtout parce que ce jeune mec était super canon. J'ai même pensé un temps aller chercher les fleurs pour les lui offrir à lui. Mais Bougre m'en a dissuadé. Ah, les promesses !

Au plus fort des engueulades, un morceau du mur s'est détaché et est tombé dans la salle, puis un morceau du balcon. Là, plus personne n'était vraiment rassuré. On ne comprenait pas, d'ailleurs, que le spectacle ne commence pas encore. Je ne sais plus bien qui est sorti pour essayer de comprendre ce qui se passait. En tout cas, il revint blême, en expliquant que les portes du théâtre avaient été fermées, et qu'il n'y avait personne. Et là, l'ouvreuse s'est mise à frémir et à sangloter. Elle nous a avoué que c'était comme ça tous les soirs, qu'hier, même, un comédien avait disparu à travers une trappe. Tout le monde lui est tombé dessus, à cette pauvre fille, le ton est monté d'un cran, et le balcon s'est effondré. Nous étions sous les gravats, des miraculés, quasi des rescapés de Gaza.

Et là, un homme soudain est apparu. Écharpe dandy. L'ange Gabriel. Ah! on a vite compris que c'était l'auteur de la pièce, mais il prenait tout à la légère, ce qui renforçait encore notre hystérie. Et il s'amusait de nous. Ça en devenait insupportable.

Bougre était restée assez placide au milieu de tout ce fatras. Elle regardait tout ça comme si elle était au spectacle. Et en fait c'est ça, nous étions au spectacle. Nos hystéries, nos stratégies, nos tentatives de fuite, c'était ça, le numéro. Nous étions au théâtre, mais c'était nous, les comédiens. Trop fort, franchement. Le renversement du point de vue.

Un peu comme si le jeune pilote d'un F-16 israélien, au moment où il lâchait sa bombe, au lieu de s'en retourner tranquillement sur sa base s'empressait de rejoindre ses mômes à l'hôpital de Gaza qu'il venait de viser, et se découvrait le père des jeunes victimes.

Finalement, c'est à l'ouvreuse que nous remîmes les fleurs, mais pas à celle qui nous avait accueillis dans la salle, tout en noir, et qui travaille au théâtre 14, mais à la comédienne Letti Laubiès, qui était habillée de rouge sur la scène du théâtre.

D'ailleurs, à y regarder de plus près, la salle était comble, évidemment, ce qui est bien pour une avant-première...

Le texte de la pièce est assez drôle, la distribution est brillante, la mise en scène est vive, pleine de trouvailles, appuyée par un décor ingénieux. On a passé une bonne soirée. Pas vrai, ma Bougre ? Et merci Laurent.

C'est jusqu'au 7 mars. Les mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h 30, jeudi à 19h. Matinée samedi à 16h.

Texte de Jean-Loup Horwitz, mise en scène de Xavier Lemaire, avec Katia Tchenko, Laurence Breheret, Letti Laubiès, Benjamen Brénière (mon chouchou de la soirée), jacques Brunet, Xavier Lemaire et Guy Moign.

De 11 à 25 euros.

28 décembre 2008

la flamboyance des miroirs

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"" …je te rends ton amour. "

C’était une dernière fois dans tes bras, je ne compte plus le temps qui passe, j’oublie les dates et ce soir, comme pour attiser le feu de l’absence, je te lis, je relis inlassablement, je regarde les photos, ce nous à jamais figé, je sais que tu n’es plus là et pourtant. Graver dans ma mémoire, sur ma peau, chaque seconde, minute, heure, passées entre tes bras, contre ta tendresse, à me pincer pour dissiper un rêve, qui s’est finalement, évidemment, briser en mille chagrins, de ne pouvoir t’entendre, te voir, te conjuguer au futur, juste t’imaginer heureux.

C’est d’une banalité, à en pleurer, quand je regarde autour de moi, ce ne sont que des histoires comme nous, des âmes perdues qui s’accrochent désespérément aux espoirs de retrouver ailleurs d’autres, et ainsi de suites, sans coeurs ni têtes, sans raison, alors évidemment ça vacille, et ça sombre dans de perverses relations ambiguës de rêves avortés, d’êtres recherchés, et de vagues substituts d’amours qu’on égratigne au passage, l’air de rien, sans y prendre garde, en toutes sincérités.

J’ai le silence qui m’assassine et qui hante mes nuits, je tourne en rond sur mes fantômes de toi face à une réalité qui ne me convient pas, qui me blesse, douloureusement, sans que je comprenne ni pourquoi ni comment. Je voudrais tant pouvoir détruire les traces, mais je n’y arrive pas, reformater les souvenirs et te détester ne serais ce qu’un peu, un tout petit peu, mais je ne peux pas et je reste là, laissant naître les mots qui me parlent de toi, qui te parlent à toi, qui m'aime sans réserves, dans ce rêve sans promesses. Sans réellement réfléchir, et tout semble intacte, comme au premier jour, posé sur ton rire en éclats de bonheurs, tes souvenirs, tes caresses, nos jeux d'enfants, tes erreurs, tes confidences, tes chagrins, tes blagues débiles, ta confiance, ta force vive, notre complicité torturée, tes peurs, ton amour, et l'abandon, inévitable, imparable, normal. Pourtant Tu m’as offert le plus beau des cadeaux, celui de pouvoir, enfin, croire, en tout, surtout en rien, avec une force incroyable. Cruelle évidence.

"
…et c'est pour toujours."

Tu me manques, tant.

Perdue, c'est vers toi, une fois encore, que je me suis tournée, en te parlant de nous, de moi, de toi, et tu m'as répondu, comme toujours.
"

Bougrenette

Voyages de nuit, le 18 août 2008

_________________________

C'était en août, je voulais moi-même passer de l'autre côté du miroir flamboyant quand Bougrenette publiait ce texte, avec ses nuits hantées de silences assassins, l'amour rendu pour toujours, la banalité à pleurer des coups d'oeil vers l'arrière, vers des impossibles... à portée de main pourtant, et pourtant impossibles.

22 novembre 2008

mon tournesol

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Vous la prenez là où vous la trouvez, enfin, elle vous trouvera peut-être la première, vous la cueillez, vous la regardez de temps en temps, vous n'oubliez pas de l'arroser, elle en a besoin quelque fois, vous la voyez s'épanouir, se livrer, vous l'entendez rire, vous la laissez un peu vous guider, conduire à vous ses jeunes pousses, et puis vous l'emmenez avec vous en vacances. Pour quelques jours, au moins. Dans des lieux où ne se trouvent que des gens que vous aimez. Vous n'oubliez pas de lui donner du coucher de soleil. Un par jour, c'est un minimum. Alors vous vous laissez flotter, vous êtes comme en apesanteur, le cœur est léger et reconnaissant. Et vous n'avez plus que des envieux autour de vous. Vous vivez.

Voilà. J'avais écrit ça avant hier sur le blog de Bougrenette, en commentaire de la mosaïque - de mots et d'image - par laquelle elle racontait nos quelques jours de vacance en Provence. Et plutôt que d'en dire à mon tour les plaisirs, d'y rendre à mon tour hommage à ma mère et à nos hôtes, je vais plutôt t'inviter à aller y voir par toi même : tout y est.

28 octobre 2008

la jouïssance de la beauté

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Oum Kalthoum aurait eu 100 ans cette année. Ou 110 ans, nul ne connaît exactement son année de naissance. Elle fut plus qu'une chanteuse, plus encore qu'une diva, bien plus qu'une icône. Elle fut un emblème. Et elle le reste.

Lors de ses obsèques, en 1975, on dénombra plus de cinq millions de personnes dans les rues du Caire, d'avantage encore que pour les obsèques nationales du grand dirigeant égyptien Abdel-Nasser, quelques mois plus tôt.

L'Institut du Monde arabe lui a consacré une exposition ces derniers mois. J'y étais ce week-end avec ma Bougre, toujours curieuse et un tantinet aventurière, et mon copain Yo, qui a déjà souvent goûté, par-ci par-là, aux saveurs musicales d'Orient et qui avait envie d'y revenir.

Précipite-toi, si tu es dans les parages, car l'exposition se termine ce dimanche, et c'est une belle occasion de découvrir en musique cette figure exceptionnelle de la chanson arabe, plus précisément du tarab, dont l'écrivain Naguib Mahfouz disait qu'il est "le paroxysme de l'émotion, de l'amour, dans la jouissance de la beauté". Et peut être de comprendre comment chaque phrase musicale, dans un soupir ininterrompu vibrant au quart de ton, peut-être au 8ème, chaque performance suspendue à un souffle, faisait se lever le public dans un fracas d'applaudissements.

Lorsqu'elle vint chanter à l'Olympia, en 1967, elle offrit au public parisien trois chansons. Pas une de plus. Chacune durait 65 minutes, et il y eut entre chaque un entracte d'une heure.

Si son engagement auprès des dirigeants arabes, au plus fort du conflit avec Israël, après la guerre des six jours en 1967 - et notamment une tournée au cours de laquelle elle fit don du montant de ses cachets au gouvernement égyptien pour participer à l'effort de reconstruction - lui valut une notoriété colossale dans tout le monde arabe, c'est surtout son art et son talent que l'on retient, au détour de cette étonnante exposition musicale.

Pour nous, tout s'est terminé autour d'un plat de pâtes bio, mais dans le quartier de Jussieu, tu as mille autre façons de prolonger ton plaisir. Au hammam de la Mosquée, à deux pas, par exemple. Pour les femmes ce sera le samedi. Pour les hommes, plutôt le dimanche. Qu'on se le dise !

09 septembre 2008

On se voit à "la fête" ?

 

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La fête de l'Huma, on va être quelques uns à y aller, c'est comme ça. Par goût de la fête. Ou parce qu'on a le coeur à gauche. Ou pour l'occasion d'y retrouver de vieilles connaissances...

En constatant, à quelques uns, qu'on était parti pour y être, on s'est dit : et si on filait rencart à nos potes, à nos lecteurs, à nos amis blogueurs ?... Histoire de leur proposer de passer un bon moment ensemble, ou pourquoi pas, de faire connaissance.

A l'initiative de ce rendez-vous, il y a donc : Fiso, François, Bougrenette, Nicolas, Tonnegrande (un peu malgré lui) et moi. Surtout, si tu veux t'y joindre, ou le relayer, n'hésite pas, c'est un rencart complètement open.

Ca se passera samedi 13, à 14h,

au stand du Rhône.

On pourra y boire, ou y manger, chacun fera sa vie, un peu comme à Paris-Carnet. L'essentiel, ce sera de nous y retrouver et de passer un bon moment.

Alors, on se voit à la fête ? (le programme complet se trouve là)

18 août 2008

au dernier rang de sa section

 

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Je n'ai pas été tagué. Qui aurait pu d'ailleurs, les gens tristes font peur.

Pourtant cette fois-ci, j'aurais aimé l'être. Juste pour cette chaîne-là que j'ai trouvée plaisante. Prendre un de tes livres de vacances, l'ouvrir à la page 123, aller à la ligne 5 et reproduire les 5 lignes suivantes... C'est insolite, ça doit donner de drôles de choses, sauf à choisir soigneusement son ouvrage...

Moi par exemple, j'aurais plongé les mains dans ma période japonaise, j'aurais encore ouvert Yukio Mishima, Confession d'un masque. Et ça aurait donné ça : (je commence à la fin de la ligne 5 pour que le paragraphe soit cohérent) :

"A ce moment le travail du moniteur était terminé, puisque le professeur de gymnastique dirigeait les exercices. Alors il courait se placer au dernier rang de sa section où, à son tour, il se mettait nu jusqu'à la ceinture et prenait part aux exercices."

Voilà. C'aurait été tout con.

Et alors il m'aurait fallu taguer cinq comparses. Et j'aurais été bien embêté. Peut-être, d'ailleurs, n'en aurais-je taguée qu'une ce soir, à cause de ces miroirs flamboyants qui m'ont touché si fort.