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04 janvier 2009

Zsolt, le diamant ébréché

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Comment parler de Zsolt ? Il te faut imaginer un corps de magazine. Un torse musculeux, pas un gramme de graisse sur les abdos, de magnifiques épaules tatouées encadrant un abdomen sec et soulignées d'un débardeur, enfilé ou ôté selon l'humeur. Une gueule ombragée, le cheveu clair et court, la lèvre supérieure fendue, dissimulée derrière un léger duvet, le regard amusé par l'alcool, un ceinturon de cuir noir autour du cou à la façon d'une cravate.

J'étais entré au Capella avec mon compagnon et mes amis un peu après minuit. C'était bondé. Normal, pour une nouvelle année. Tout y était transformé. Onze ans auparavant, lorsque j'y avais rencontré Igor, les espaces étaient agencés de façon assez classique, on passait d'un étage à l'autre, d'une pièce à l'autre, et l'on débouchait au terme d'un parcours un peu sinueux sur la piste de danse. La structure a été désossée, des morceaux de plafond ont été abattus pour laisser place à des coursives et des mezzanines, qui permettent de voir les performances d'un peu partout. Yo a dit qu'il aimait ce genre d'ambiance. La piste de danse est restée sous la légère voûte de l'ancienne chapelle.

L'ambiance est déjà de feu. Est-ce l'effet des bains ? De l'hiver ? De ce retour vers le passé ? Est-ce l'effet Brokeback Mountain ? Déjà devant la glace, au matin, je m'étais trouvé dix ans de moins. Et là, malgré ma chemise à carreau façon bûcheron, j'ai vu aux premiers déhanchements des regards insistants se poser sur moi. Et de beaux danseurs se poster face à moi. Dire que mon mec n'arrête pas de me dire que je danse comme une barrique !

J'avais en début de soirée l'inquiétude de savoir si Shinji, rencontré la veille au Kiraly, mon amant de substitution, d'illusion fugitive, nous rejoindrait. A ma première pause, assis près de l'escalier, je le vis arriver et j'en fus heureux.

Le temps de quelques enlacements, un petit spectacle commença, des travestis se succédèrent dans des play-back improbables, parmi lesquels une Gloria Gaynor en plumes de pan enflamma la salle avec un I will survive d'anthologie. A notre grande surprise, Shinji gagna le premier prix à la tombola organisée avec les tickets du vestiaire : pas une entrée gratuite pour la semaine suivante (ça, c'était le 3ème prix), ni la bouteille de champagne (c'était le 2ème), mais un magnifique gogo-boy, en chair et en os, dont il ne sut finalement que faire. Mais il ne s'est pas démonté devant la petite plaisanterie, et est monté fièrement sur l'estrade réceptionner son lot.

brutos8999.jpgC'est en commençant une troisième partie de nuit, dansant l'un en face de l'autre avec Shinji, nous touchant discrètement l'un l'autre, glissant parfois quelques bécots dans nos approches, que Zsolt entreprit de nous tester. Il s'avançait tantôt vers moi, tantôt vers Shinji. Il avait un mouvement un peu frénétique, sans doute moins que le mien, mais il y avait une vraie grâce dans ses gestes, probablement due au magnétisme de son torse.

J'ai le premier entrepris de poser ma main droite sur son pecto, m'assurant que Shinji n'y verrait rien à redire, voire qu'il trouverait cette intrusion amusante.

Il en rit, et se laissa aller à la formation de notre petite triplette. Une fois qu'il se fut assuré de notre complicité, Zsolt s'est engagé dans des mouvements plus explicites, se glissant entre nous, nous enlaçant par devant et par derrière de ses deux mains, et ondulant joyeusement dans un contact resserré.

J'ai fait déplacer notre groupe vers un recoin sombre, pour échapper au regard de mon compagnon et de mes amis, je crus comprendre à l'échange qu'il eut avec une jeune femme que Zsolt était Gitan, ce qui collait bien avec son côté gueule cassée. Ce n'est peut-être qu'un cliché.

Au fil des danses, nos mains se firent plus intrusives, nos sexes s'empoignaient, et Zsolt fut absolument radieux et tellurique lorsqu'il jouit dans son jeans, le sexe pris entre nos mains.

J'avais espéré en montant aux toilettes avec Shinji me nettoyer les avant-bras que les circonstances se prêteraient à un retour sur intimité, juste entre nous, mais l'état des lieux nous découragea à l'avance de toute impatience dans ce domaine.

Le joyau brut à la gueule ébréchée était apaisé lorsque nous le retrouvâmes un peu plus tard, il avait repris un ballet plus innocent, l'élastique du boxer dépassait à peine de son jeans, et son bas ventre restait terriblement excitant.

Le lendemain, Shinji me confirma qu'il avait trouvé fun cet épisode improvisé, ce petit piment de la nuit.

Décidément, même si je n'y passe qu'une fois tous les onze ans, ce Capella me réserve toujours de bonnes surprises.

Boldog új évet kívánok.