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17 février 2010

blogs, je ne lâche pas l'affaire

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Les blogs, c'est fini ! Dixit libé ce matin (même pas fichus de proposer un lien !). L'avenir appartient aux réseaux sociaux, facebook en tête. Et Twitter qui tient la corde... Finis les contenus, vive l'immédiateté. Tu partageais des opinions, des expériences, des émotions, tu partageras désormais des instantanés. Tu feras le buzz. 140 signes maxi... (Merde, j'en ai déjà mis presque le double).

Seulement voilà, l'histoire le dira, finalement : le besoin de dire, de se dire, d'agir et d'interagir, de défricher autour de soi, de rebondir, de se tendre un miroir ou d'en traverser la vitre, de dépasser les cloisons avec lesquelles la société compartimente, le besoin de s'assumer en entier, de s'arranger avec de fragiles anonymats, sans parler des opinions à défendre, ou des partis à prendre, tout cela dépasse les modes.

Donc en ce qui me concerne, pas question de lâcher l'affaire ! Salut les has-been !

14 octobre 2009

le blogueur n'est pas qu'un animal paranoïaque (3)

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(Suite d'une semaine de voyage en blogosphère)

C'est donc à nouveau aux aurores - l'horloge affichait 5h50 - que je me présentais devant l'Opéra-Bastille, vendredi dernier. Il s'agissait d'acheter des places à bon prix pour Salomé, de Richard Strauss, d'après l’œuvre d'Oscar Wilde. J'obtins le n°19 au rang des fous de service, ma meilleure performance depuis que je participe à ce rite. Encore un effort, et je serai bon pour Sainte-Anne.

 J'ai observé que le numéro 1, échappé sans doute de cette institution, ou détenteur d'une permission hebdomadaire puisqu'il avait été numéro 3 la semaine précédente, passait ses entre-appels, d'une heure sur l'autre, à faire de la marche à pieds dans les alentours de la Bastille... En ce qui me concerne, j'en suis resté à la farandole des petits cafés. La première heure, passa vite en compagnie de Joël. On évita le sujet des maths, ce qui facilita les choses. Je lui parlais de mes stratégies pour éviter d'arriver fatigué ou mal préparé à un opéra, il me racontait qu'au contraire, un certain état de fatigue l'avait conduit, un soir, à se laisser profondément chambouler par la puissance d'une émotion musicale.

C'est drôle car dès le lendemain, peut-être en raison de cette anecdote, je laissais les larmes s'écouler à grand flots devant une interprétation du concerto pour violon et orchestre de Beethoven par la virtuose japonaise Midori, au théâtre des Champs-Elysées. Je te reparlerai de ce moment intense.

Gilda nous rejoignit à l'appel de 7h, nous parlâmes coïncidences. Joël a une théorie très arrêtée sur ce point : un scénario, pour être crédible, ne peut pas comporter plus d'une coïncidence. Il en faut bien une, soit, pour qu'il y ait intrigue, mais au delà, on est dans la triche. Gilda elle nous raconta comment un jour elle rencontra un auteur dans le métro, alors qu'elle tenait justement sous son bras l'un de ses livres. Moi, je relatais ma rencontre avec Clara au milieu de la mer de Chine...

Au cours de l'heure suivante, alors que je retrouvais une connexion internet, j'évoquai la cyber-attaque dont je venais d'être l'objet la veille, et Gilda fut stupéfaite : elle avait été elle-même, à une autre époque, victime du même cyber-délinquant en mal de bouc-émissaires. Ce n'était sans doute pas qu'une coïncidence : homophobie, racisme et misogynie ont des racines communes.

On se mit à parler blogs, blogueurs, communautés de blogueurs, l'incompréhension que suscite parfois cette activité chez les autres, les fâcheries qui peuvent en découler. Ou au contraire de la propension des blogueurs à se sentir visés par un texte qui ne les concerne pourtant pas... Les exemples fusèrent, et l'on n'en conclut que le blogueur était un animal sacrément paranoïaque. D'où... le titre en contrepoint de cette série de billets. Car il n'est malgré tout pas que cela, le blogueur.

Une fois dans la file d'attente, entre 9h et 9h30, je pouvais confronter avec un autre mélomane mes impressions sur Vozzek, vu la semaine précédente. Je dis que j'avais apprécié la mise en scène, la puissance musicale, le jeu admirable des chanteurs, notamment de Waltraud Meïer, mais qu'il m'avait semblé que les partis-pris scénographiques avaient porté préjudice à l'intensité dramatique dans la scène de la mort de Marie. Le vieil homme, épris d'opéra depuis dix ans à peine et déjà éclairé, détenteur du numéro 17, m'approuva. Entre nous, la numéro 18 avait interrompu sa lecture. Elle avait l'air moins folle que nous. Quand je lui demandais si nous la dérangions, elle répondit qu'elle trouvait notre échange intéressant, mais qu'elle ne se sentait pas en capacité d'y prendre part. Moins dingue, je te dis !

Le vieil homme nous raconta alors son Barbier de Séville, vu l'avant-veille sans décor en raison d'une grève des machinistes de l'Opéra, mais en costumes, avec des chanteurs-comédiens qui s'impliquaient avec plus de cœur encore en raison de la situation. Ce rendez-vous matinal autour de l'Opéra vaut bien des sorties entre amis. Je te jure que j'y prends goût.

Les ami(e)s, justement, blogueuses elles aussi, c'est le dimanche autour d'un brunch, que je les retrouvais. Et quoi qu'elles en disent, c'était bien un rendez-vous de filles, j'en apporte la preuve demain.

à suivre

21 avril 2009

le cobaye (14) un solstice de la vie

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Bonjour Le Prof,

Je vous ai un peu négligé ces derniers temps. Pas par désintérêt, vous vous en doutez, ni que vos réponses à mes questions ou le lien vers des études précédentes m'aient refroidi, mais la vie est ainsi faite que je traverse une période émotionnellement tourmentée de ma vie, et que mes priorités s'en trouvent chamboulées, tout comme le fonctionnement et le contenu de mon blog, qui retombe - j'espère provisoirement - dans ce qu'il a déjà été l'été dernier : une sorte d'exutoire à ma tristesse et à mes angoisses. Qui plus est à un moment où traditionnellement, avec le printemps, ma charge de travail se densifie, professionnellement parlant.

Bref, je vais tenter de reprendre le fil de notre entretien et de répondre à vos nouvelles questions. En vous remerciant de votre patience.

(Lire l'entretien par le début. Ou par l'article le plus récent)

Le Prof : je vous cite : « Au fil du blog, qu'est-ce qui s'est transformé dans mes relations avec les internautes ? Probablement y a-t-il moins de passion qu'au tout début. Dans les premiers mois, quand un lecteur venait à passer, et à me laisser un commentaire flatteur, je mettais beaucoup de cœur à entretenir cette relation naissante, j'y plaçais d'emblée beaucoup d'affect, pour peu qu'il ou elle fut lui-même blogueur, je m'investissais assez intensément dans le suivi de son propre travail... Et puis avec le temps, avec la répétition des schémas, un peu de lassitude ou de routine s'est installée, et je crois me situer aujourd'hui davantage dans le fond des sujets abordés et moins dans la forme de l'image que je construis à travers un échange. »

- Y a-t-il une bifurcation des objectifs initiaux depuis la création de votre site ?

- Par ailleurs : Avez-vous parfois envie d’abandonner, pourquoi abandon ? sur un coup de tête ? Pour d’autres raisons : changement de vie, de profession, de ville, lassitude, etc. ? Des manques enfin comblés, plus d’intérêt à faire un
blog ?


images.jpgOh!91 : D'abord, sur la bifurcation : je peux dire que oui, même si il m'est difficile de parler d'"objectifs initiaux". Au tout début, comme je vous l'ai expliqué, ce blog n'avait pas d'objectif clair : c'était faire de la chronique intime, revenir sur des moments de ma vie qui me paraissaient particulièrement structurants de ma personnalité, pour mieux me comprendre moi-même, pour m'accepter à travers le regard des autres, et tenter un exercice de vérité totale grâce au bénéfice de l'anonymat. Il y avait en outre comme un jeu avec les trois blogueurs devenus précédemment des amis et vis-à-vis desquels il y avait un enjeu de "maintenance" de cette jeune amitié.

Puis peu à peu, une sorte de "ligne éditoriale" s'est façonnée, comme une marque de fabrique conçue à mon insu, et relevée par les lecteurs, une façon de porter une espèce de solstice de la vie, assumer un certain libertinage tout en promouvant des valeurs, exprimer un certain engagement politique tout en l'encrant dans des relations pleines d'intime, vivre et exprimer des expériences totales.

L'eau voulait en être une sorte de fil conducteur, à partir de ma passion pour la natation, et de mon combat citoyen sur cette question. De fait, ce thème de l'eau n'a pas franchement tenu la rampe, même si les lecteurs qui connaissent le mieux mon blog s'amusent parfois à faire des commentaires en s'y référant. Et puis Entre deux eaux reste son titre.

Depuis, le "libertinage" et l'intimité corporelle ont presque disparu de ce blog. Il reste une intimité, mais que je qualifierais d'émotionnelle. Je ne saurais trop dire si c'est un passage ou une bifurcation, mais surtout cela tient aux évolutions de ma propre vie, plus qu'à celles du blog.

Abandonner le blog ? J'en ai parfois l'envie, oui. Mais je ne suis pas du genre à agir sur un coup de tête, l'étape de la jachère ouverte précèdera sans doute celle de l'abandon. Je ressens en tout cas parfois comme une extinction de la passion, une lassitude, comme vous dites. Je suis actuellement dans une telle phase. Mes émotions battent ailleurs. L'essentiel de ma vie se joue ailleurs. Et le partage devient surfait ou superflu - mais voyez que je prends malgré tout le soin de vous répondre. Et je le regrette car cette expérience, depuis que je la vis, a été d'une richesse inouïe au plan personnel. Elle se trouve peut-être même à l'origine de la déstabilisation psychologique où je me sens verser actuellement.

"Des manques enfin comblés", cette expression m'interroge. Le blog n'a pas été pour moi une façon d'aller vers les autres, je n'avais pas de manque de ce côté-là. J'avais surtout besoin d'exprimer des choses qui vont au delà des tabous familiaux et sociaux. Et j'ai satisfait ce besoin avec le blog. Parfois, j'ai l'impression d'avoir tout "déballé", qu'il ne me reste plus rien à dire, que j'ai fait le tour, ou de n'avoir plus de tabou à transgresser, et l'intérêt à tenir le blog peut s'en trouver estompé.

(la suite)