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19 janvier 2013

madjnûn WajDi

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Puisqu'on en est aux statistiques, celles de nageurs.com viennent de tomber pour 2012. nageurs.com, c'est une communauté, un réseau social. Une amie, qui s'est mariée cet été, me l'a fait connaître en début d'année. Je m'y suis inscrit, j'en parlais là, et mes statistiques sont tenues à jour, semaine après semaine, mois après mois. Il y a une part de futilité narcissique, dans le suivi régulier de la performance. Mais la nage n'est pas la boxe. S'il y a combat, ce n'est que contre soi-même. Dans un couloir, une rivalité occasionnelle peut s'instaurer, et elle stimule, mais pour l'essentiel, les choses se jouent avec soi-même. C'est cogner dans un sac. Décider d'y aller, alors que le froid pique dehors. S'encombrer des opérations d'habillage et de déshabillage, dans des vestiaires trop ventilés ou trop étuvés. Se lancer dans le grand bain le corps fébrile, mal réveillé, la digestion inachevée, le dos endolori, les articulations engourdies - les prétextes au renoncement ne manquent jamais. Puis s'astreindre à un rythme, à une distance, à un comptage. La piscine, on est toujours plus content de l'avoir fait que d'avoir à le faire. Même si une séance a toujours ses instants de grâce, de glisse, d'harmonie, et quelques fois à l'heure de la douche, de virilité partagée.

Nous avons donc été 1.809 nageurs à barboter en 2012, pour un total de 87.361 kilomètres parcourus. Avec 226 km, je me retrouve 95è de la communauté, loin derrière Grosse baleine, qui a inscrit 3.714 km a son compteur personnel, mais tout de même dans les 6% les plus endurants. Avec 137 sorties piscines en 2012, je fais mieux en nombre de séances, puisque je me classe 50è. Mais c'est dans le vagabondage aquatique que j'explose les statistiques. J'ai éprouvé l'eau de 25 bassins différents au cours de l'année passée, profitant de missions professionnelles, de week-ends et des vacances pour découvrir de nouvelles installations nautiques, en France et en Europe. Me voilà, sur ce terrain, 14è de la communauté. Pour une année d'entrée en piste, je ne m'en sors pas si mal.

Samedi dernier, feekabossee était à Paris pour les 40 ans d'un ami à elle. Elle m'a piégé dans une après-midi shopping, que mes collègues ensuite n'ont pas manqué de remarquer... Puis j'étais, moi, à une autre fête, des cinquante ans d'un blogopote, celle-là, qui a vu se recomposer un cercle rare, un tout petit cercle, celui par lequel je suis un jour entré dans la blogosphère. WajDi était là, et Yo, et Fiso et... Zarxas, celui qui s'était laissé fasciner, tant par WajDi, son charisme rayonnant que par la force de l'amitié en train de naître entre nous, et dont, à cause de la distance, il était resté à l'écart, quoi que dans la toute proche périphérie.

Ce regroupement, rêvé depuis déjà cinq ans, fantasmé à perdre haleine, se réalisait à l'occasion de cette petite cérémonie intime dont Fiso avait pris les rênes. C'était touchant de nous voir, tous, de nous toucher, de nous sourire, de nous remémorer cette aventure, aussi intense que virtuelle, aussi réelle qu'improbable, quasi-maçonnique dans ses codes. Entre mythomanie et mythologie, entre amour et amitié, impudence et imprudence, nous étions tous un peu - y compris son créateur - Madjnûn WajDi, fous de WajDi, l'homme blessé mais droit, offrant son corps à distance, dévoilant à petites doses son cœur tendre et ses attentes déçues. Enfermé mais libre.

Encore une fois, on a bien ri de ce défi qu'il m'avait lancé un jour par Messenger : faire le 100m crawl en 1'21'', comme lui. La course effrénée derrière ce record me valut plusieurs fois des tendinites à l'épaule, mais je ne m'en suis jamais approché qu'à dix secondes environ, avant de découvrir la supercherie.

arton2663.jpgComme en écho à ces souvenirs et au personnage touchant de WajDi, Daniel Mermet a consacré cette semaine des émissions à Lionel Cardon. Détenu pour un triple meurtre, ex-ennemi public n°1, plusieurs fois évadé, il raconte aujoud'hui comment, une fois passés l'isolement et les quartiers de haute sécurité, il a reconstruit des repères dans la pratique de la boxe, jusqu'à prétendre devenir entraîneur et acteur de l'insertion. Sujet sensible, plein d'humanité parce que n'éludant pas ce que l'humanité a toujours de complexe.

Cette année, je nagerai 250 kilomètres.

19 décembre 2009

la fin de la pub !

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Le père Noël a de grandes oreilles, c'est bien connu. Il entend tout. Je n'avais donc pas publié ce post depuis huit jours, te faisant part de mon dépit devant le bandeau publicitaire que m'infligeait Haut-et-Fort en tête de mon blog, que ma plateforme d'hébergement lançait une offre sous forme d'un jeu télébloguesque : un abonnement gratuit d'un an à la formule pro pour les quinze premiers utilisateurs qui en feraient la demande.

Alerté par mon ami Gee Mee, grand veilleur devant l'éternel, j'ai immédiatement pétitionné, et j'ai gagné : le bandeau a disparu, tu n'accèdes plus qu'à ma bannière, dans sa totale pureté - enfin, telle que je l'ai conçue un jour de l'été 2008, pour absorber des pans de mon chagrin et de ses ressorts, pour croire les dissoudre - toute ma bannière, rien que ma bannière. Finis, les gros ventres à aplatir, les madame Irma et autres séjours de rêve dans les îles... Rien que ma bannière !

J'y gagne aussi un gros paquet d'octets de stockage, des photoblogs à annexer, une plus grande variété dans la présentation des pages... bref, peut-être verras-tu bientôt d'autres effets de ce nouveau statut que le seul écrasement de la pub. Peut-être...

En attendant, sans être vraiment fier d'avoir réglé un problème général par une solution aussi individuelle, moi qui crois tant à l'action collective et à l'intérêt général, je suis content de recevoir ce cadeau - et ce faisant de te soulager d'un fardeau.

dyn007_original_400_411_pjpeg_2603216_e26d9d5bbe042f97deff681e6a6ade99.jpgAutrement, j'ai plein de billets en retard, trois spectacles de l'Opéra-Bastille, un concert au théâtre des Champs-Elysées, quelques états fluctuants de mon coeur, avec des épisodes tempétueux en pleine poitrine, une série d'anecdotes de dessous la ceinture (hé hé !...) , tout un rayon de coups de gueule, mais je ne sais pas trop quand j'aurais le temps de te préparer tout ça.

De toutes façons, tu vas bien prendre un peu de champ, non, pendant les fêtes ?

Alors, joyeux Noël à toi !

09 décembre 2009

de mon blog et de la publicité

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Mon blog était ouvert depuis quelques mois déjà quand il apparut que la plate-forme Hautetfort - que j'avais choisie en raison de sa simplicité d'utilisation - allait dorénavent imposer un bandeau publicitaire au dessus de la bannière des blogs gratuits qu'elle hébergeait. Ce changement, qui naturellement me contraria, avait été précédé d'une campagne d'information sur la "nouvelle offre" de la plateforme. "Liberté" m'avait été donnée de souscrire à une formule payante - oh! pas bien cher - qui m'aurait exonéré de cette intrusion.

Je ne tire de cette présence publicitaire aucun avantage, c'est juste le prix de la gratuité. Quand bien même, je trouve cela sujet à caution. Hautetfort aurait pu tout autant considérer que, produisant du contenu, et générant du flux, par ma seule appartenance à la communauté je contribuais à valoriser leur société, et donc à rémunérer leur prestation, et qu'une gratuité pouvait ainsi m'être octroyée sans aucune contrepartie publicitaire. Mais il en fut ainsi.publicite.jpg

Ce qui me dérange le plus, outre le brouillage que cette situation génère entre le lecteur et moi, et le préjudice porté à l'esthétique et à l'ergonomie générale de mon espace, c'est que je ne maîtrise jamais en rien le contenu de la publicité publiée. Ce peut être pour un site de rencontres, c'est amusant, ou pour des techiques destinées à rendre le ventre plat , c'est à la mode, pour des voyages au bout du monde, ça fait rêver, ou pour le dernier album de Renaud comme hier matin, c'est réjouissant. Mais ça peut être aussi pour un ouvrage ésotérique qui confine à la promotion d'un discours sectaire, pour vanter les mérites d'une destination touristique dans un pays dont je condamne la politique d'occupation militaire, ou je ne sais quoi encore.

J'ai d'ailleurs remarqué, depuis peu, que lorsque je me connectais sur mon blog depuis un pays étranger, la publicité qui apparaissait était dans la langue de ce pays et pour un produit de ce pays. J'ai été encore plus intrigué lorsque j'ai remarqué que la publicité était étroitement liée au thème du billet dont j'affichais la page. Disneyland quand je parle de mes problèmes de vue, un site de rencontre quand je consacre un billet à la fidélité, un site de méditation lorsque je parle de mes rêves ou de psychanalyse, un service de location de voiture lorsque je parle d'argent, etc. Finalement, ce n'est pas mon blog qui subit cette intrusion, c'est le lecteur, dont les goûts et les intérêts sont épiés à des fins commerciales.

Je ne sais en fait rien des publicités qui sont infligées à qui débarque par hasard sur mon blog via des mots clés. Ce qui est assez inconfortable. J'imagine une marque de cutter, pour qui arrive par le mot "prépuce", les mouchoirs en papier Lotus quand on y arrive avec "branlette", un séjour inoubliable à Jérusalem pour qui s'intéresse à la "guerre de Gaza"... ?!? C'est troublant, intrusif, et à mon avis déontologiquement condamnable.

C'est dit.

07 décembre 2009

de la blogosphère et de la liberté

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Il y a parfois, dans la lassitude de la blogomanie, dans les frustrations des reflets déformants, dans la peur de te perdre, à force, une envie de laisser filer son fiel. Je venais donc tout juste de lire cette contribution - cassante mais pensée - de mon amie Céleste, et les non moins intéressants commentaires, vaillants, polémiques, libres auxquels elle donnait lieu, quand je reçus ce mail. C'était aujourd'hui à 14h 55 :

"Bonjour,

C'est Adrien de Wikio et je me permets de vous contacter pour vous annoncer une grande nouvelle : nous fusionnons avec Ebuzzing !

Depuis notre ouverture en 2006, notre boulot est de faire connaître et apprécier les blogs pour le plus large public... C'est la raison pour laquelle nous publions nos classements thématiques chaque mois ou que nous développons des widgets et autres boutons de partage. En novembre, ce sont plus de 20 millions de visiteurs que nous avons renvoyé vers les blogs.

De son côté, Ebuzzing, lancé en 2007, a toujours cherché à être le meilleur ami commercial des blogueurs. Il s'agit d'une plateforme de mise en relation entre blogueurs et marques et probablement l'une des solutions de monétisation des blogs les plus rémunératrices. Vous pouvez découvrir ce service en suivant ce lien si vous ne le connaissez pas encore et leur blog pour des exemples de campagne.

Nous allons désormais mettre nos forces en commun pour être, encore et toujours, à votre service.

Plus d'info sur notre blog.

Adrien Plat
Directeur Marketing
www.wikio.fr
"

Et d'un coup, cette phrase de Céleste, lue la veille, prenait corps : "Internet est menacé, torpillé de l’intérieur par les blogueurs qui rentabilisent leurs productions, soit en monnaie sonnante et trébuchante par le biais de la publicité ou par la publication de leurs écrits par les sites appartenant aux grands médias, soit par la gratification de leurs égos affamés de reconnaissance."

Personnellement, je ne suis pas de ceux qui crachent dans la soupe de la blogosphère, car même si des contenus racistes me révulsent, si parfois des tonalités puériles m'irritent, si des regroupements m'intriguent, si des dérives commerciales ou publicitaires me révoltent, si les jeux inter-liens m'agacent - peut-être surtout parce que je ne suis pas capable de tenir la distance - je considère que cet outil, tel que j'ai choisi de le pratiquer, m'ouvre à de nouveaux plaisirs : celui de l'écriture, et celui du partage des valeurs. Il m'ouvre à de nouveaux amis, délicats, sensibles, brillants, simples, généreux, quand bien même se glisseraient-ils parfois dans certaines de ces ornières. Au féminin comme au masculin. Avec lui, je dépasse aussi nombre de mes inhibitions, et la mise à nu que je pratique avec toi chaque jour m'est une précieuse compagne.

Libre, libertaire et libertin, sachons défendre ensemble l'espace internet et une certaine éthique de la blogosphère, qu'il ne lui arrive pas ce qui arriva aux radios libre dans les années 80 !

16 novembre 2009

et de deux !

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Deux ans, donc. 731 jours exactement, 553 billets, 331 commentateurs pour 5.171 commentaires (dont 1.332 réponses).

57 millions sept-cent trente mille octets à viser le réel et me jouer de son improbable reflet.

Ça nous fait un bon paquet d'états d'âme, d'amants, de coups de gueule. De larmes.

Deux printemps. Un été à la dérive, un été en réanimation. Un long entretien d'introspection. Une trilogie pour exorciser l'impossibilité amoureuse. Un miroir qui scintille toujours. Malgré tout. Des rendez-vous et des rencontres. Des belles. Des qui ont transformé, dans une large mesure, la physionomie de ma vie et son rythme. De la musique aussi, même à l'Opéra. Oui madame !

Au premier jour, je trouvais ma marraine. A une semaine je m'épatais. A deux semaines, je jubilais. Au premier mois, au pied du mur, je croyais la source tarie. Pour les six mois, je convoquais tout ce que la terre comptait de fanfares et de tambours. Pour mes un an, je reluquais déjà mes godasses, rappelé à l'humilité par un chagrin qui me rongeait comme un cancer.

Deux ans, donc. Deux ans de narcissisme débridé, d'exhibitionnisme total, de mise à nu sans retenue.

Deux ans à en raconter quarante, en faut-il davantage ? Y a-t-il encore des recoins de mon âme que je n'ai décortiqués devant toi ? Y a-t-il d'autres hésitations qui me taraudent. Devrais-je aborder ici ma peur de vieillir, l'anorexie de ma nièce, et son entrée, aujourd'hui-même, à l'hôpital ? Me faut-il redire mon kif pour la masturbation ? Celui pour l'eau, pour les eaux chaudes de Budapest, pour les eaux de piscine, pour les eaux libres des rivières et des montagnes ?

J'écris trop souvent, paraît-il. Trop long. Les séries découragent. La politique rebute les tendres. Le sexe est futile aux politiques. Je suis partout, je suis nulle part, entre deux mondes, entre deux eaux. Mais j'ai besoin de chier de cette copie et de t'en balancer chaque soir. La logorrhée m'est une thérapie bien plus sûre que celle qui me coûte 60 euros chaque semaine.

Alors je continue. A l'aveugle, mais en confiance. Je continue.

09 juillet 2009

le fond et la forme, ou le retour du cobaye

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Nous vivons dans la société des paillettes. Tout doit aller vite, il faut plaire, et ne pas laisser à l'ongle le temps de gratter la couche de verni. Allez-y messieurs-dames, approchez vous, le spectacle va commencer ! Tout est or, regardez donc comme ça brille ! Le fond prime sur la forme. Même moi, face à mon psy, je m'applique, voyez comme je travaille bien avec vous... ! Et au travail, pfiou !... Toujours donner le change, se montrer à la hauteur. La forme, toujours cette putain de forme qui prend le pas sur tout le reste. Et le regard de l'autre, par la même occasion, qui prend le pouvoir, inhibe ou stimule le fond. Plaire, plaire, toujours plaire !

Et le fond, alors ! Et le temps de la réflexion, et celui de l'échange ! Et les idées ! Et la pensée construite, argumentée ! On le prend quand, ce temps citoyen, bordel de merde ! Avec nos blogs ?

Nous les blogueurs, j'ai lu quelque part qu'on nous appelait des "créateurs de contenus" - une invention des marchands, sans doute - donc des fabricants de fond. Quoi que sur le fond, faut voir... En tout cas, c'est comme ça que nous générons du trafic, parait-il. Quel horrible sémantique !

Mais c'est quoi, le fond, au juste. Une opinion politique jetée en pâture ? Une vague plaisanterie sur la vie comme elle va ? Une analyse comparative, une mise en perspective ? Un discours disséqué ? L'expression désolée d'un état d'âme, le récit d'une biture, d'une orgie ? La chronique d'un quotidien terne, pour lui insuffler de la vie ? Un récit littéraire, une nouvelle ? Des photos, des vidéos ? La création d'un personnage imaginaire, susceptible d'aller à la rencontre de l'autre, inaccessible ? Des concessions à la société du spectacle, ou des actes de résistances aussi futiles que vaniteux ?

C'est bizarre de se dire que nous sommes des créateurs de fond. Parce qu'au fond, nous n'avons qu'une quête : c'est rendre ce fond accessible, de sorte qu'on y parvienne aussi nombreux que possible. Sans toucher le fond, à toutes jambes ou d'un pas léger, mais qu'on vienne s'y pavaner, s'y écorcher. Qu'il ne soit ni rebutant, ni transparent, qu'on lui trouve des couleurs, de l'attrait, de l'épaisseur.

Et alors, c'est là que la forme fait un retour en force, même si l'on s'en défie. Les sauts de ligne, la typographie, la justification à gauche, l'équilibre général du propos, les illustrations, les intertitres, et accessoirement les liens, la longueur d'ensemble du texte... Alors là, tout compte fait, parce qu'il y a du fond, la forme retrouve grâce à tes yeux, tu oublies les paillettes.

Au fond, le seul problème avec la forme, c'est quand il n'y a pas de fond.

Gee Mee est un blogueur qui fait de la forme une question de fond. Il l'explore de fond en comble, il la dissèque, il l'expérimente, il l'outille et te mets à disposition ses astuces, la soumet à ton avis, exprime le sien. Et puis il prend des initiatives. La dernière en date, il a voulu montrer la différence qu'il pouvait y avoir entre "imprimer" un blog, et un vrai travail d'édition - donc de mise en forme - donc de valorisation, par des éléments structurels, d'un fond porté par un texte ou un ensemble de textes.

Et pour illustrer son propos, il s'est tourné vers moi. A ma grande surprise, car mon blog s'intéresse peu à la forme - quoi qu'il s'efforce de pirater des illustrations à propos. Il y a donc de cela deux semaines environ, d'un air flatteur (ça c'est pour la forme, car il avait sans doute perçu que j'y serai sensible), il m'a demandé l'autorisation de réaliser un travail d'édition succinct à partir de certaines de mes notes. Succinct, mais je sais qu'il y a passé de longues heures. Il s'en explique là.

Mais s'agissant d'un travail d'édition, quoi de plus important qu'un contenu ? Il m'a donc dit avoir trouvé du fond dans cette série d'entretiens que j'avais accordée à un sociologue de la communication de l'Université de Clermont-Ferrand dans le cadre d'une recherche post-doctorale sur les blogs, les blogueurs et la blogosphère. Et du reste, sans fausse modestie, m'y replongeant tout de go pour l'accompagner dans son projet, je me suis surpris moi-même d'être allé si loin dans l'exposé de mon expérience. Et dans la mise à nu de mes ressorts. J'étais donc plutôt content du fond, et plutôt satisfait qu'il me proposa de les mettre en forme.

1755879982.jpgVoilà comment est né ce document, qu'il a appelé Les chroniques du cobaye, qui reprend non seulement les entretiens tels que je les ai publiés à l'époque, mais tes commentaires et les liens afférents.

C'est ainsi la première fois que je mets à disposition, en téléchargement sur mon blog, un document dont je suis l'auteur, guidé par toi et tes commentaires, et par le chercheur, bien évidemment.

Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'une telle initiative pourra bien donner, de ce qu'il pourra advenir de ce fond ainsi mis en forme. Mais rien que pour l'intérêt qu'il a porté à cet exercice, et pour ce qu'il a cru y déceler de ma personnalité, je veux dire un grand merci à Gee Mee. C'est drôle, mais au fond, une rencontre comme celle-là, même si elle s'effectue à distance, me remet en forme et fonde - en le légitimant - le choix d'avoir un jour de novembre 2007 formalisé ce blog.

25 mai 2009

le cobaye (19 et fin) l'équilibre

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Les meilleures histoires ont une fin. C'est le cas de celle-ci. J'étais surpris, il y a trois mois, déjà quatre, de recevoir le courriel d'un professeur d'université, un professeur engagé dans une étude sur la blogosphère et les nouvelles formes de socialisation dont elle accouche, et qui me demandait si je serai disponible pour participer à sa recherche en répondant à quelques questions. Un peu excité à l'idée de rentrer dans ce jeu, j'ignorai que j'allais être si longuement cuisiné, et que cette aventure irait si loin. Je ne regrette pas de l'avoir partagée avec toi, de t'y avoir impliqué. Désolé si elle t'a lassé. Et promis, dès que j'ai vent de la parution des résultats, je t'en reparle.

(Lire l'entretien par le début. Ou par l'article le plus récent)

Le Prof : en ce qui concerne les commentaires, votre « sentiment, avec le blog, c'est d'être en situation d'exposer une opinion, ou une non-opinion, ou une hésitation, pas vraiment d'engager un débat ».
-    Malgré tout, y a-t-il des sujets que vous n’auriez pas ou beaucoup moins abordés sans les réactions des commentaires ? Si oui, lesquels ?
-    Finalement, quelle proportion de sujets naissent de ces conversations, quelle proportion de ce qui vous arrive dans votre vie quotidienne (ou était arrive), quelle proportion de ce que vous lisez, entendez, etc. ?


Oh!91 : Il y a des projets qui n'auraient jamais vu le jour sur mon blog sans les réactions positives, les invites implicites que j'y ai lues, de la part des lecteurs : la série sur les lettres imaginaires de Laurent, suite à la publication de lettres bien réelles qui étaient restées sans réponse, toute la série sur cette enquête, mes articles sur Gaza au moment de l'intervention israélienne cet hiver... J'ai aussi parfois senti, de la part de certains lecteurs, que je me devais d'écrire sur des sujets à propos desquels j'étais attendu : la sortie d'un film sur l'homosexualité, la question de l'homoparentalité. Disons les réactions écrites, ou des suppositions que je me fais mais qui reposent sur la prise en compte des lecteurs, orientent parfois le contenu du blog, c'est certain.

S'il fallait attribuer des "proportions" aux choses, je dirais que 80 % de mon blog se nourrit de ce qui m'arrive dans la vie, sorties culturelles incluses, ainsi que les états d'âme, ou les souvenirs anciens, 10 % de mes lectures, 10 % de mes échanges. C'est très approximatif, et sans doute très faux, mais c'est un équilibre.

Le Prof : Merci, Oh!91, pour cette dernière salve de questions. J'espère que cette expérience vous aura intéressé. Pour ma part, c'est un des "exercices" que je préfère réaliser dans mon travail. On apprend toujours beaucoup, pas seulement professionnellement.

Oh!91 : Sachez que j'ai participé avec plaisir à cette enquête. J'ai essayé de répondre avec sincérité. Évidemment, à relire mes réponses à mon tour, je me rends compte que je n'aurais pas nécessairement répondu à toutes de la même manière aujourd'hui, plus de trois mois après m'être engagé dans ce jeu avec vous. Mais ce dont je suis sûr, c'est que je me suis efforcé d'être aussi sincère que possible à chaque fois que je me suis livré à cet exercice. Je suis plutôt satisfait de la réaction de mes lecteurs à cet entretien. Alors que c'est la plus longue série jamais produite sur mon blog, j'ai reçu de nombreux témoignages de lecteurs me disant en avoir tout lu. Et de nombreuses notes ou commentaires sont venus approfondir nos échanges. J'ignore si ces commentaires feront ou non partie de votre étude...

En tout cas, vous remerciant à mon tour de vous être ainsi penché sur moi et sur cet investissement un peu étrange dans cette aventure bloguesque, je vous souhaite beaucoup de réussite pour cette étude, et dans le reste de vos travaux.

Le Prof : Cette fois-ci, plusieurs mois après avoir commencé, nous sommes arrivés au terme de cet entretien. Il me reste à vous remercier de votre patience et du temps consacré à mes questions.

En passant, remerciez également vos lecteurs pour leurs nombreux commentaires. Je viens de les lire tous, visiblement bien de vos  impressions sont partagées par vos lecteurs/blogueurs. Vous les remercierez aussi pour vous avoir encouragé à continuer cette expérience par leur réponse au questionnaire. Ces réflexions greffées sur cet entretien réflexif ne manquent pas de piquant et donnent un tour original à celui-ci.

Je vous souhaite une bonne continuation Oh!91.

FIN

18 mai 2009

le cobaye (18) la tête toujours sur les épaules

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Avant-dernier billet consacré à mon entretien avec le sociologue du centre de la France engagé dans l'étude sur les blogs. Il y est question de la fragmentation des audiences, comme en écho à mon billet précédent et à tes commentaires...

(Lire l'entretien par le début. Ou par l'article le plus récent)

Le prof : en tant que blogueur soucieux d’être lu, comment, percevez-vous l’immensité du web, la fragmentation des audiences, l’obligation de se mettre dans un réseau de liens qui se citent mutuellement pour augmenter sa visibilité (pratique du net-linking) ? Ou bien cette parcellisation ne vous concerne-t-elle pas ?

Oh!91 : J'ai le souci d'être lu, et je perçois l'immensité du cyber-espace. Franchement, je crois avoir la tête sur les épaules. Je n'ai jamais voulu faire de mon blog un outil d'influence. J'avais juste envie de livrer à qui voudrait bien l'entendre de petites histoires sur ma vie, décrire des cheminements personnels, me mettre à nu parce que la société n'offre pas, sinon, de lieux de totale sincérité. Et de ce point de vue, le blog m'a comblé. Quand au hasard d'un mot clé, je découvre que sur tel livre, sur tel spectacle, sur tel phénomène de société, mon blog apparaît en première page sur Google, j'exulte, évidemment, mais cela concerne un lectorat tellement marginal que je ne m'en raconte pas trop quand même.

Je n'appartiens à aucun réseau de liens. Je suis heureux quand l'intérêt pour un article que j'ai écrit conduit un blogueur à faire un lien vers chez moi, mais pas tellement parce que cela génère du trafic, plutôt parce que cela veut dire que j'ai touché. Ou interpelé. Et c'est ce retour-là qui me plait.

Ce que vous appelez la fragmentation des audiences n'est au fond un problème que si l'on ambitionne de rivaliser avec les grands médias traditionnels. En ce qui me concerne, j'aurais trop peur en sortant de cette sorte de confidentialité où je me trouve, soit d'avoir à supporter une pression trop forte, soit de mettre en péril mon anonymat.

Le Prof : Qu’est-ce que vous ajouteriez, changeriez dans les dispositifs des blogs clés en mains généralement proposés par les hébergeurs ?

Oh!91 : Ma foi pas grand chose. Je suis plutôt satisfait de mon hébergeur, même si j'ai parfois eu des petits soucis techniques passagers. J'accorde c'est vrai une attention minimale à l'ergonomie et à l'univers graphique de mon blog, ne m'amusant finalement qu'avec les photos d'ouverture et les titres. Et du reste, je n'ai pas pris le temps d'explorer les potentiels d'autres hébergeurs...

(la suite et la fin)