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09 novembre 2008

démasqué !

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J'ai été démasqué. Je l'ai appris d'un coup de fil habile. Un ami, un confrère, un camarade, un partenaire, un auteur, un constructeur de projets, presque un collègue : un militant de l'eau, avec qui je partage beaucoup, et qui tient sur le sujet un blog de référence.

Nous travaillons souvent ensemble. C'est un journaliste d'investigation, rigoureux et méticuleux, un rien fouineur, forcément, une mine d'informations à lui tout seul, une fabrique à analyses, aussi, une plume précise. Et précieuse. Bref le genre de gars pour lesquels j'ai un respect immense.

- Allo, O., bonjour ça va ?
- Tiens, Marc, ça me fait plaisir, comment vas-tu ?
- Je voulais te dire, j'ai découvert ton blog par hasard et...
- ...
- et j'ai donc vu que tu avais été hospitalisé, tu vas mieux j'espère ?
- Putain, Marc, tu n'en parles à personnes, hein ?
- Bien sûr que non, tu me connais. Mais le projet dont tu t'occupais, ils l'ont abandonné, c'est ça, j'ai bien compris ?
- Ben oui, les restrictions budgétaires. Mais comment tu l'as découvert, le blog ?
- C'est pas très dur, avec les liens, il y a très longtemps, déjà... ça doit être dur, pour ton équipe, vous vous étiez beaucoup donnés pour ce projet.
- C'est pas très facile, on accuse le coup, c'est regrettable, je crois... mais comment tu as compris que c'était moi ?
- ben déjà, ta photo, quand on te connaît. Et puis, à plein de choses, quelques recoupements, j'ai compris vite...

Je n'ose même pas imaginer la tête qu'il a faite, en tombant sur ce blog, puis en rapprochant les fils pour se convaincre qu'il était bien chez moi. Il a bien dû se marrer, en me découvrant sous ce jour branleur, queutard et frivole... Je suppose que ça le brûlait depuis longtemps de me le dire. Il a su trouver l'opportunité et s'en ai saisi avec tact, comme si c'était anecdotique.

Note que ce n'est rien comparé à la tête que j'ai faite moi en recevant son coup de fil mercredi : tous mes billets où je m'étais mis à nu, aux sens propre et figuré, ont défilé devant mes yeux, avec quelques points saillants, ces histoires de sauna, d'orgies, les mille et une petites perversités innocentes qui rythment les séquences secrètes de ma vie, et que je ne partage que dans le cercle secret, presque franc-maçonnique, des blogueurs, juste parmi ces faux anonymes qui ne se démasquent qu'entre soi...

- Bon, tu as vu, je m'amuse un peu, quoi, ça a du te surprendre. Mais j'essaie de pas prendre trop de risques, je ne parle pas du boulot, en général.
- Sauf là, quand-même, tu devrais faire attention.
- Mais je ne mords pas le trait, je ne désigne personne, si ?
- Hummm !... Fais attention quand-même. Si je t'ai trouvé, l'adversaire doit bien pouvoir te trouver aussi. D'ailleurs (...)

IMG_6843.JPGPutain. Marc, si tu me lis : voilà ce que j'aurais du te dire : oublie tout, c'est pas moi, c'est pas ma vie, j'écris des histoires, c'est tout, je réalise un vieux rêve en donnant vie à des personnages fantasques, à des faux sensibles arrogants, à des narcissiques pervers, et je les fais vivre à la première personne du singulier. Juste une question de style, un exercice. Accessoirement, j'essaie de leur donner une histoire, une filiation, des racines, une éthique et surtout, surtout, de la générosité et de l'attention aux autres. Histoire de se faire pardonner tout le reste.

Mais évidemment, toute ressemblance avec des personnes... et surtout avec moi ne serait que fortuite. Tu t'en doutes. Dans la vraie vie, je ne vis, je ne pense, que pour quelques bonnes causes, celle de l'eau évidemment, celle de la gauche accessoirement, celle de la révolution sociale au cas où, celle de ma collectivité par loyauté, un tout petit peu pour le remboursement des traites de la maison, par nécessité... Pour le reste, je vis une relation bien rangée, pile poil dans les clous des comportements socialement acceptables. Voilà. Tu me crois, là, hein ?

D'ailleurs, je vais essayer de faire abstraction de toi, Marc, comme de tous les autres qui sont passés de l'autre côté du miroir, rester bite tendue et masque rivé sur le nez en faisant semblant de rien. Et tâcher de conserver à ce blog son caractère propre, sa façon de conjuguer l'inconjugable, et de m'offrir une soupape salutaire.

00:55 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : blog, blog intime